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 Pause clope [PV Aislinn][Clos]

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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Jeu 4 Juin - 4:07

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas été un tel tombeur. »

Plaît-il ? La chasseuse le regarda un moment, comme si elle ne l'avait encore jamais vu et rougit. Il était vraiment beau vu d'ici. Plus beau que Ben. Mais Ben était différent, Ben était un frère, pas un garçon. Et de toute façon, Ace ne s'intéressait pas à ce genre de chose. Pas le temps. La gosse mit un moment à comprendre, et encore, elle comprit de travers.

« Mais c'est pas vous c'est la bottle'… »

Finalement, quelque chose percuta dans l'esprit de la jeune fille, comme le chien contre le barillet, et elle rougit de plus belle.

« Vous ne parliez pas de ce qui m'a fait trébuché, n'est ce pas ? »

Oui, bon. Félicitation Little D. Tu as compris. Mais on passe à la suite, tu veux bien ? L'adolescente soupira et s'agenouilla doucement, en faisant attention à ne pas prendre appui quelque part sur le corps de son compagnon, où que ce soit. Il était peut être blessé, et la jeune fille ne tenait pas vraiment à empirer les choses. Un picotement désagréable lui remémora la blessure de sa cuisse, et sa main s'y posa doucement, ôtant la saleté que le sang attirait comme à un aimant. C'était plus dégoûtant que douloureux, et Aislinn commençait à imaginer la douche qui l'attendait. Une eau bien chaude, salvatrice. Une vague bande faite plus pour le principe qu'autre chose, et ça irait. C'était gênant, mais vraiment rien.

Elle posa une main à terre et se releva totalement, observant le médecin, toujours au sol, son épaule droite bizarrement disposée, et la pierre qui avait un peu bougé, toujours bien trop près de lui pour être innocente. Ce qui expliquait aussi pourquoi il n'avait pas pu se défendre, même avant que la lumière ne disparaisse totalement. Un des réverbères grésilla, et la jeune fille le fusilla du regard. S'il croyait que c'était le moment de s'allumer, celui-là. Comme la Fédération, toujours trois ans après la bataille, inutile, pitoyable et détestable.

La sortant de ses pensées, Riagal lui demanda un pu d'aide et la jeune fille hocha la tête, n'écoutant même pas la fin de sa phrase. Elle ne lui avait pas sauvé la vie pour le laisser croupir là. D'une parce que ça n'était pas bon pour lui (ni pour elle : qu'il aille dire à tout le monde qu'une gamine livreuse de nouilles avait causé ce désastre, et elle était bien), et ensuite, parce que si d'autres macchabées débarquaient, son sauvetage éclair n'aurait servi à rien, et retour à la case départ. Autant dire qu'elle n'aurait servi à rien. Passant une jambe au dessus du médecin pour se retrouver face à lui, elle cala ses pieds de chaque côté de ses hanches, rattacha rapidement ses cheveux pour qu'ils ne la gênent pas et se pencha. Saisissant son poignet gauche, elle le redressa un peu et passa l'autre bras dans son dos pour le plaquer contre elle et ainsi le relever plus facilement.

N'allez pas vous imaginer qu'elle recherchait une quelconque proximité. Pas son genre. C'était simplement la meilleure solution pour que l'homme se retrouve sur ses pieds sans tirer sur son épaule blessée. Ni plus ni moins. Et la jeune fille ne se préoccupait pas de ses mouvements un peu ambigus dans ce genre de situation. Même dans les autres, quand on y réfléchissait un peu. Elle l'avait donc aidé à se relever, le tenant bien contre elle pour qu'il ne tombe pas. Un ou deux pas en arrière et elle le détailla du regard, ramassa son poignard et son beretta, s'abstenant de tout commentaire concernant ses goûts en matière d'armes. Non mais vraiment, un beretta…

Puis suivit l'inquisition qui fit rire la jeune fille, maintenant totalement détendu. Un rire clair et souple. Oui, parce que certain rires n'ont aucune souplesse. Clair et souple, donc, bien qu'un peu agacé sur la fin. Elle avait devant elle un médecin, un vrai. Terrible inspecteur du monde médical, Riagal questionnait, comme si leur vie ne tenait plus qu'à ça.

« Je vais bien, vraiment ! Juste une petite coupure et bon, la cuisse, ça va passer. Un peu d'eau, un peu d'alcool, une jolie bande bien propre et demain, je remonte sur mon vélo. »

Elle sourit pour le rassurer un peu, parce qu'il n'avait pas l'air méchant quand même, et reprit.

« Non, vraiment, tout va… »


« Qui es-tu vraiment ? »

« Pardon ? »

L'adolescente se figea, sa tête bascula sur le côté, doucement, comme ces jouets étranges importés du japon qu'elle avait trouvé dans le grenier. Des noho… Nono… des jouets, quoi. Ses yeux bleu-vert le fixèrent longuement, empreints de surprise, et elle se ressaisit et s'ébroua.

« Comment ça je suis qui ? »

La chasseuse posa une main sur le front du chasseur, l'autre sur le sien. Non, il n'avait pas de fièvre, il ne délirait pas. Ses souvenirs étaient intacts. D'ailleurs, il l'avait appelé Little Darling. Ça voulait tout dire, non ? Ace soupira. S'il ne l'avait pas oublié, c'est qu'il doutait encore d'elle.

« Vous croyez quoi encore, hein ? Que je suis une méchante rebelle qui vient voler des seringues pour tous ses petits copains drogués ? Non, je suis toujours Ace, et je livre toujours des nouilles. Et je ne vais pas à l'hôpital pour trois griffures. D'une parce que ça n'est vraiment rien, de deux parce que vous allez encore douter de moi, et que ça suffit maintenant. J'ai fait mes preuves, non ? »

Le ton était un peu monté, et elle parlait en agitant son glock, comme toujours. Pas pour être menaçante, juste parce que quand elle était en colère, les gestes allaient de pair avec son discours et là, ben elle avait une arme dans la main. Ça n'allait pas plus loin.

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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Jeu 4 Juin - 4:08

Faolàn se mit à rire devant tant de naïveté. Non, il ne parlait pas de ce qui l’avait fait trébucher. Il devait même s’avouer que dans un autre contexte, cela ne l’aurait pas plus gêné que ça. Elle était un peu jeune mais parfaitement adorable. Quand on oubliait qu’elle vous tuait un type en moins de temps qu’il ne lui en fallait pour vous faire une œillade.

Voulait-il d’ailleurs seulement y penser ? Elle lui avait sauvé la vie, s’était liguée avec lui contre les Seigneurs des Ténèbres sans la moindre hésitation et s’était occupée des transfuges mieux qu’il n’aurait pu le faire. Il le lui avait demandé, pouvait-il vraiment le lui reprocher à présent ? Simplement parce qu’il ne s’y était pas attendu de la part d’une simple livreuse de nouille ? Et pourquoi n’aurait-elle pas le droit de savoir se battre elle aussi ? Parce qu’elle ne faisait pas partie de la Fédération ? Broutille. Elle ne faisait pas encore partie de la Fédération mais elle était jeune et avait le temps de les rejoindre. Une battante de ce calibre serait un plus certain. Ça changerait des bras cassés qui arrivaient ces temps-ci. Et pour les curieux, il ne pensait pas du tout à Deneb qu’il respectait au fond mais à d’autres personnes que nous ne nommerons pas.

Pendant ce temps, Little Darling s’était relevée et il réussit à lui demander de l’aide sans rien révéler de ses pensées. Il était trop embrouillé pour savoir quelle ligne de conduite choisir et préférait garder son attitude habituelle, détendue, blagueuse mais sévère au fond. Il la coupa sans ménagement de ses pensées et la laissa l’aider à se relever. Evidement, avec l’élan il se retrouva dans ses bras, savourant une seconde le contact de ce corps contre le sien. Juste une seconde. C’était une gamine quand même. Il se dégagea rapidement et fit un pas en arrière pour reprendre ses esprits. Le coup sur la tête et la douleur à son épaule, conjugués à la fatigue évidemment, ne lui faisaient pas de bien du tout.

Il la laissa chercher ses armes sans la suivre du regard, profitant de ce répit pour fixer bêtement le lampadaire grésillant en essayant d’ignorer son épaule. Difficile en effet de réfléchir quand tout ce que vous arrivez à formuler sont des dérivés de Ouch, Aïe ou Ouïlle. Une lumière jaune apparu soudain dans un grésillement plus fort que les autres et éclaira l’hécatombe. Un, deux, trois… il n’arrivait même pas à compter le nombre de corps à terre. L’un d’entre eux gémissait péniblement, toujours conscient mais, cela se voyait à la blancheur de son visage de cire, plus pour longtemps. Il allait avoir besoin de soin. Monsieur Doussoux aussi d’ailleurs. Où était-il dans ce charnier ? Les yeux gris du médecin fouillèrent les cadavres à la recherche du sien qu’il finit par retrouver. Il ne bougeait plus. Avait-il seulement bougé un moment ?

Le médecin, curieux et surtout concentré sur sa mission, fit un pas, puis deux, jusqu’à arriver près du corps du vigile. Il lui prit rapidement le pouls. Rien. Tout ça… pour rien du tout. Une vague de découragement le saisit. Seul point positif de l’histoire, il n’y avait pas de traces de balle dans son corps. Il avait visiblement été tué avant qu’ils n’interviennent. Restait à s’assurer qu’il reste mort. Avec un soupir, Faolàn fit une prière pour recommander l’âme du type à Dieu et chercha sa dague par réflexe avant de se souvenir que c’était Little Darling qui l’avait. Il se releva donc tranquillement pour la rejoindre, récupéra ses armes et l’interrogea sur sa santé. Les vivants d’abord.

Le rire enfantin de la jeune fille tranchait toujours autant avec son efficacité au combat. La lune choisit ce moment précis pour sortir d’un nuage, auréolant le massacre de sa lumière argentée se mêlant à l’or sale du réverbère. Et comme toutes les gamines «dures » elle se récria que ce n’était rien. Comme s’il n’était pas capable de juger lui-même de la gravité d’une blessure. Certes, les coups n’avaient percé que la chair sans toucher ni les muscles, ni les os, ni – le Tout Puissant en soit loué – aucun tendon mais on ne pouvait décemment laisser de telles égratignures sans soins. Ce n’était même pas négociable et elle pourrait râler tout ce qu’elle voudrait, ils étaient assez nombreux à l’hôpital pour lui imposer les soins nécessaires. Ce n’était pas la première dont il viendrait à bout.


« Tu vas aller à l’hôpital pour te faire soigner, et ce n’est pas négociable jeune fille. »

Bon, ça c’était dit, et avec un ton et un regard qui soulignaient bien le côté irrémédiable de l’ordre. Il l’avait décidé et ce n’était pas une gamine tête brûlée qui allait faire la loi. Toutefois, le sourire n’avait pas quitté son visage et adoucissait son air autoritaire.

« Et je connais peu de livreuses de nouilles qui se baladent avec un glock chargé et puisse venir seule à bout d’une demi-douzaine d’hommes armés. Ou alors c’est que je connais bien peu de livreuses de nouilles. »

Oui, bon, des livreuses de nouilles il n’en connaissait pas, ou presque pas, quelques occasionnelles comme Little Darling, mais c’était tout. Et sa main sur son front était trop fraîche pour prendre une quelconque température, surtout qu’elle n’y connaissait rien. Et ce n’était pas le sujet.

« Franchement, tu serais à ma place tu ne te poserais pas de questions Little Darling ? C’était presque trop belle que tu sois venue ce soir. Sans toi j’aurais probablement succombé sous le nombre ou de fatigue. »

Non ce n’étaient pas des remerciements. Un Riagal ne remerciait pas, il interrogeait. Il n’était pas en tort, il ne se posait pas de questions et c’était lui qui donnait les ordres. Ça avait toujours été ainsi et ce n’était pas prêt de changer.

« C’est la Divine Providence qui t’a conduite ici ? Tu t’es vraiment perdue ? Tu veux vraiment me faire croire que tout ceci n’était qu’un hasard ? J’ai bien compris quel était ton camp, je ne « doute » plus de toi mais j’ai également bien compris que tu n’étais pas celle que tu prétends être by day. »

Sans vraiment s’en rendre compte, il rangea dague et Beretta qu’il avait gardés en main, les yeux fixés sur le pistolet qui décrivait d’étranges signes devant lui. Finalement, d’un geste sur et un peu impatient, il lui choppa le poignet au vol, serrant juste un peu pour qu’elle arrête ses gestes. Pas que ça l’agaçait ce gros truc noir devant ses yeux mais un peu quand même.

« Laisse moi deux minutes pour m’occuper du pauvre Monsieur Doussoux’s soul et on rentre à l’hôpital tirer tout ça au clair pendant qu’on s’occupe de tes blessures. Et n’essaie pas de t’enfuir ou tu ne pourras plus jamais livrer ici, ce serait dommage. D’autant plus dommage que l’on est in the same team. »

Et qu’elle lui plaisait bien, la gamine.

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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Mar 9 Juin - 20:04

Le français c’est compliqué. Quelle idée dites moi de donner des genres aux objets au lieu de garder le neutre inconditionnel venant à la fois du latin et de la plupart des langues antiques ? Et pourquoi le masculin l’emporterait lorsqu’il n’y a pas d’objet prédéfini ? C’était ridicule dans un pays qui se disait aussi libéré que la France. L’égalité des sexes ne se retrouvait pas dans leur langue. Et on critiquait le conservatisme des celtes. Ah !

Mis à part cette parenthèse socio-linguistique, les pensées du médecin restaient très floues. Le coup qu’il avait pris faisait encore sonner son implant et il se réfugiait dans la routine, par réflexe. Cela ne voulait pas dire qu’il ne pensait pas ce qu’il disait ou que son discours était incohérent mais il n’était pas gêné par ses habituellement nombreuses pensées parasites. Pas plus qu’il ne se rendait compte de son insistance ou de son effet sur la jeune fille. La seule chose qu’il pouvait faire c’était se concentrer sur ses deux buts. S’occuper du vigile et faire entrer la livreuse de nouille dans l’hôpital.

Quelques secondes plus tard, c’était chose faite. Monsieur Doussoux perdit la tête (simple précaution pour éviter sa vampirisation) et sauva son âme. Faolàn se releva en continuant à prier, essuyant sa dague de son mouchoir en tissu et rejoignit sa complice. Pendant son recueillement, il avait pu noter à quel point sa réaction concernant son pistolet avait été étrange. Une fille normale se serait excusée ou ne se serait simplement pas laissée parler avec une arme dans les mains. Mais elle s’était contentée de protester d’une voix neutre avec des paroles plus que sibylline. Cette gamine était une énigme vivante qu’il était de plus en plus tenté de percer à jour.

Malheureusement il n’en avait pas le loisir pour le moment. Il fallait nettoyer le charnier, donner des sépultures chrétiennes aux humains morts, soigner le blessé et détruire les corps des vampires pour empêcher leur résurrection. Aussi, à peine était-il rentré dans la blancheur rassurante de l’hôpital que le Docteur Riagal se redressa de toute sa hauteur et donna ses ordres aux infirmiers de passage. Peu lui importait qu’ils aient à faire ailleurs. Le mot allait se répandre et il y aurait toujours quelqu’un pour faire le travail. L’hôpital était une énorme machine bien huilée, entièrement focalisée sur le bien être d’autrui et dont chaque membre était, à son échelle, irremplaçable. Un bruit de roulettes sur le sol blanc annonça l’arrivée imminente d’un brancard. Sans réfléchir, par réflexe, Faolàn se serra contre le mur et fit signe à la gamine de faire de même. Deux infirmiers dont Le Suédois se précipitaient au secours du seul survivant de l’équipe adverse. Il serait bien soigné. Peut-être même assez choqué pour repenser sa manière de vivre. Avec de la chance.

Ils arrivèrent finalement dans une salle vide (la 1087 – premier étage bâtiment B) et c’est avec un soupir de soulagement qu’il s’assit sur le lit qui y trônait. L’atmosphère était blanche, propre et calme. Son univers. Pas aussi beau que l’Irlande mais ce qui s’en rapprochait le plus en terme de confort émotionnel. Ici il était en sécurité. Ici il pouvait accepter d’être blessé voire d’avoir mal. L’implant cessa d’ailleurs d’un coup de fonctionner lui renvoyant sa douleur en pleine face. Il grimaça, ferma les yeux avec un mouvement involontaire de la main valide vers le membre blessé. Il déglutit, serra les dents, rouvrit les yeux et regarda à nouveau la gamine en face de lui.


« Tu as un nom Little Darling ? »

L’infirmier entra sur ses entrefaites, n’attirant pas même un regard du médecin. Ses yeux gris, sérieux et professionnels détaillaient la jeune fille pour déterminer la position de ses blessures. Sous la lumière crue les deux coups qu’elle avait pris semblaient plus handicapant encore. Le plus étonnant n’était plus qu’elle ait réussi à tuer tant d’ennemis mais qu’elle puisse seulement rester debout. Oui c’était superficiel et aucun organe n’avait été touché mais mince, il y avait des nerfs là aussi.

Avec un sourire (un peu forcé malheureusement), il salua le dénommé Pierre (c’était écrit sur son badge) et lui indiqua de commencer par la jeune femme. Soucieux de ne pas interférer dans les soins, il se recula encore un peu, dos (ou presque) au mur et se prépara mentalement à observer la technique de l’inconnu. Une vision de Pierre avec un Glock 19 sous le menton passa rapidement dans son esprit avant qu’il ne la chasse. Souhaiter des ennuis aux collègues, c’était pas fair-play. Même quand ledit collègue avait à peu près autant de tact qu’un korrigan à qui on aurait volé son or.


« Faut pas pousser non plus ! »

Son sourire se transforma en un éclat de rire joyeux. Bon, ce n’était peut-être pas si drôle mais après le moment qu’ils venaient de passer, l’incongruité de la situation le faisait rire. Sans oublier qu’il était fatigué et qu’il avait faim. Même que ça faisait bien dix minutes qu’il ne s’en était pas plaint mentalement.

« Ne t’en fais pas Little Darling. Il en a vu d’autre. Des dizaines par jour même, n’est-ce pas Pierre ? »

Il patina un peu pour retrouver le bord du lit et se laissa tomber sur ses pieds. Direction un paravent d’alu et de toile blanche qui reposait, pliée, contre le mur. Sans aider Pierre qui bafouillait des arguments minables pour la convaincre, le médecin attrapa le cadre de sa main valide et le déplia tant bien que mal au milieu de la pièce. Le truc pencha, oscilla, refusa de se soumettre aux lois de l’équilibre, insista pour obéir à celle de la gravité, tomba enfin sur le pied du médecin qui, vexé, fit une nouvelle grimace.

« Vous m’aidez oui ou non ? »

Un ordre sec aboyé à Pierre. Il n’aimait pas échouer et encore moins avoir a demander de l’aide. Cet incapable aurait pourtant du comprendre tout de suite ce qu’il avait en tête voire même y penser tout seul ! C’était normal pour une adolescente d’être réticente à l’idée de se déshabiller devant deux hommes.

« On ne peut pas te soigner à travers tes vêtements, il va vraiment falloir que tu les enlèves mais tu pourras le faire derrière le paravent comme ça je ne verrais rien et il n’y aura que Pierre pour s’occuper de toi. Je l’aurais bien fait moi-même mais j’ai peur de manquer de dextérité ce soir. C’est le dernier service que je te demande. S’il te plait.»

Il ne demandait pas vraiment, il s’agissait plus de formules de politesses. Parce que, hein, bon. Genre il demandait lui.

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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Ven 19 Juin - 17:55

Maintenant que tout était fini, lointain, le médecin avait vraiment l'air de souffrir. Assis sur le lit d'hôpital, laissant Aislinn s'adosser au mur, il semblait plus... fragile. Plus humain encore. La douleur était lisible sur son visage et la jeune fille l'observait comme si elle ne l'avait jamais vu. Un instant, il se laissa un peu aller, oubliant visiblement sa présence, avant de reprendre le contrôle. Calme, neutre. Normal.

« Tu as un nom Little Darling ? »

La question, tournée un peu bizarrement, la fit sourire.

« J'en ai même quatre. »

Elle fit la moue, à la fois amusée et gênée par sa remarque. Cela correspondait parfaitement à sa question, mais ça n'était probablement pas ce qu'il voulait. La jeune fille ouvrit la bouche pour rectifier quand l'infirmier entra, troublant le calme qui avait envahi la pièce. Crétin d'infirmier. Il était brun, pâle, ordinaire et même pas souriant. Pierre. Même son nom était classique. Il salua ses deux patients, ne saluant qu'une brève réponse d'Aislinn avant que l'Irlandais, l'ignorant totalement, ne lâche

« Un seul suffira, il est tard »


La gamine sourit. Il ne se vexait même pas. Intéressant. Elle laissa Pierre la détailler comme si elle revenait d'entre les morts, se décollant péniblement du mur pour qu'il puisse mieux voir.

« Aislinn. C'est Irlandais, c'est pour ça que c'est pas courant. »

Nouveau sourire, un peu plus faible. Elle ne savait pas vraiment pourquoi mais là, d'un coup, elle se sentait fatiguée. Très fatiguée. La voix de Pierre, monocorde, lui parvenait particulièrement grave et forte, comme si le son l'enveloppait totalement. C'en était presque douloureux et Aislinn, se concentrant plus sur les nausées naissantes qu'autre chose, se contentait de hocher la tête à chaque phrase. Jusqu'à ce qu'il lui demande de se déshabiller. La phrase, plus claire, plus distincte que les autres, semblait se détacher du flot de paroles. La gamine cligna des yeux de surprise avant de réagir un peu brusquement, retenant de peu une menace soulignée d'une brève démonstration de l'utilisation d'un glock 19. Non mais oh ! C'était quoi cette idée, hein ? Elle en oublia le solo de batterie qui se jouait à l'intérieur de son crâne pour rejeter l'idée d'une simple phrase la proposition indécente, braquant son regard furieux sur un Irlandais visiblement très amusé.

Réaction naturelle, conséquence du rire communicatif de l'homme, Aislinn sourit à son tour, retenant un rire léger, sous le regard abruti d'un infirmier qui n'y comprenait plus rien. Reprenant son sérieux, Riagal se voulut rassurant, ce qui ne fonctionna pas vraiment. C'était idiot. Qu'est ce que ça pouvait bien lui faire à elle que toute une ribambelle de filles vienne se faire tripoter par tout l'hôpital, hein ? Ça n'était pas parce que d'autres le faisaient que c'était plus agréable. Le médecin, apparemment certain de l'avoir convaincue, ne leur porta plus la moindre attention et se leva pour tenter de mettre un grand truc en place, en vain.


« Mais je dois bien voir votre plaie mademoiselle, elle risque de s'infecter et... »

« Vous êtes pas infecté vous peut être... Je ne me déshabille pas devant lui. »

L'air vaguement hautain, la jeune Aberlin pointa du doigt le médecin qui, au même instant, lâchait le paravent qui s'écroulait avec lourdeur sur son pieds, comme s'il n'avait pas eu assez d'un combat pour la soirée. Visiblement irrité par la rébellion de l'objet, il gronda et Pierre, gêné, bafouilla quelques excuses, ne sachant certainement pas duquel des deux patients il devait le plus se méfier. Finalement, il opta pour la crainte de l'homme – un sexiste de plus en ce bas-monde – et se précipita pour lui venir en aide, installant le paravent avec une concentration exagérée pendant que son supérieur en rajoutait une couche pour convaincre une Aislinn épuisée.

« Je vais le faire, je vous l'ai déjà dit. Je pourrai rentrer chez moi après ? Ça sera fini ? Parce que je travaille tôt demain et si vous voulez une livraison correcte, il va falloir que je dorme un peu. »

Le médecin, plus coopératif que son collègue, hocha la tête et Ace se dirigea derrière le paravent, intimant à l'infirmier d'attendre qu'elle se soit déshabillée avant de passer de son côté. Péniblement, elle fit glisser le jean le long de ses jambes, décollant dans un soupir de douleur le tissu qui tentait de pénétrer la plaie, tentant de rester aussi silencieuse que possible. Elle n'allait pas non plus se mettre a gémir comme une pauvre petite malheureuse maintenant, alors que tout était presque fini. C'était hors de question.

« Je fais comment pour rentrer d'ailleurs ? Je ne vais pas pouvoir remettre mon jean, il est tout... il est fichu. »

Elle shoota dans le dit-jean, un peu dégoûtée de l'état du vêtement quasi-neuf avant cette chasse et se rattrapa péniblement au paravent qui tangua dangereusement puis, sous son regard furieux, se stabilisa. Elle remercia l'objet d'un sourire bref et autorisa l'infirmier à venir s'occuper d'elle, l'ignorant pendant qu'il s'occupait de désinfecter la blessure de sa cuisse. Serrant les dents, elle inspira longuement et tenta de faire abstraction de la douleur.

« Docteur Riagal ? Votre bras, ça va ? »

Pierre banda sa plaie et elle lui tendit négligemment son bras, bien consciente qu'aucun des deux ne la laisserait repartir sans y avoir appliqué un pansement. Il sembla hésiter un peu et reprit la parole, lui posant tout un tas de questions auxquelles elle répondait toujours par la négative. Non elle n'avait personne pour la ramener chez elle. Non on ne pouvait pas appeler ses parents. Non elle n'était pas mineure. Non il n'y avait aucun problème. Non elle e savait pas si ses vaccins étaient a jour. Non elle n'avait pas son carnet de santé sur elle, n'ayant pas eu l'intention d'être blessée et non, il ne l'ennuyait pas avec ses questions. Presque pas.

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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Mer 24 Juin - 5:10

Il y avait un progrès. Ils arrivaient presque à parler comme deux êtres humains normaux maintenant. Il avait fallu que l’arrivée de Pierre et la remarque anodine de la jeune fille mettent fin à la discussion juste quand elle devenait intéressante. C’était dit. Il n’aimait pas cet infirmier. C’était un idiot, probablement doublé d’un incompétent. Un médecin qui n’avait pas d’humour ne pouvait pas être un bon soignant, c’était impossible. Avoir la vie d’autrui entre les mains était extrêmement stressant. Il n’y avait que l’humour idiot, l’humour comme mode de vie j’entends, celui qui devient un réflexe, même s’il n’est pas drôle, qui permettait de garder les pieds sur terre et la tête froide. Et Pierre, lui, n’en avait pas une once. Pire qu’un British.

Aislinn – la rêveuse – était un joli prénom qui ne lui allait pas du tout pour ce qu’il en savait. La fille qu’il avait devant les yeux avait montré un esprit terriblement terre à terre et continuait à l’impressionner par son désir farouche de rester dans la réalité. Beaucoup se serait écroulées à sa place. De fatigue, de peur ou de douleur. Silencieusement ou en pleurs, de mille et une façons peu importait, mais elle, non. Elle continuait à écouter distraitement les divagations de l’infirmier et de répondre à ses bêtises, par un signe de tête, par un sourire. Elle était belle. Et lui fatigué pour penser des choses pareilles.

Une phrase plus forte que les autres déchira toutefois la brume que la lassitude avait tissée autour de sa douleur. Un doigt hautain qui lui fit hausser les sourcils puis les épaules l’épaule. Elle semblait lui en vouloir malgré tout. Tant pis, dommage. Il n’allait pas s’excuser d’être lui-même. Une vague d’irritation le submergea face à ce rejet incompréhensible. Elle le prenait pour quoi ? Un pervers ? Comme s’il n’avait que ça à faire de s’intéresser à une gamine ! Il en avait vu des dizaines comme elle, des centaines. D’ailleurs ce n’était vraiment pas la peine de s’énerver pour si peu.

Fermant les yeux pour éloigner toute pensée négative, il inspira longuement, essayant de se concentrer sur les trucs qu’on lui avait enseignés. Faire le vide, se répéter des phrases sans suite, chercher la lumière dans les ténèbres de ses pensées. Et se détendre. Oublier les émotions, la douleur, l’ego. S’oublier soi-même. Il n’y arrivait jamais totalement mais au moins il souriait quand Pierre passa la tête pour voir s’il était encore vivant. Détendu, calme et neutre quand la gamine reprit ses questions. Il hocha la tête, conscient qu’elle ne pouvait pas le voir.


« Oui, je te ferais raccompagner. Pas par Pierre. » – ça c’était sorti tout seul – « Mais si je peux me permettre, je te conseille de ne pas trop forcer sur ton jambe demain. Enfin tu fais comme tu l’entends bien entendu. »

Neuf chances sur dix pour qu’elle l’envoie paître. Les gens fiers n’aiment pas entendre parler de leurs faiblesses. Il en savait quelque chose… il avait beaucoup de patients fiers.

« Pour ton jean, on verra s’il y a quelque chose à ton taille dans les objets trouvés ou si l’une des infirmières peut te prêter something. Je crois qu’il y a une petite qui fait ta taille mais j’ai peur qu’elle ne soit pas de garde ce soir. Dommage. Sinon on pourra te donner une pantalon en papier mais je doute que cela te plaise. Au pire tu remets ton jean. Il n’y en aura pas pour longtemps. »

Comme quoi, mine de rien, Little Darling restait une fille. Rassurant dans un sens, ce n’était pas un être de lumière qui disparaîtrait au petit matin. Elle avait des réactions étranges, certes mais restait humaine. Et, comme pour l’encourager dans cette voie, l’Irlandais appela une aide soignante à qui il confia la mission de trouver de quoi habiller la gamine.

Le paravent tangua soudain comme en réponse à ses pensées, faisant se lever Pierre qui en profita pour faire tomber son tabouret. Tombera, tombera pas ? Le sourire du médecin s’accentua à chaque déséquilibre, amusé par la situation et imaginant sans peine la réaction de la gamine. Finalement l’objet sembla se résigner à rester sage et l’infirmier fut convié à procéder à ses soins. Faolàn aurait fumé qu’il aurait tiré une cigarette. Il s’ennuyait ferme.


« Docteur Riagal ? Votre bras, ça va ? »

«Ça ira. Ne t’en fais pas pour moi Little Darling.»

Il nota distraitement qu’elle ne semblait avoir personne mais ne dit rien, ne voulant pas entrer sur un terrain douloureux. Il fallait dire ce qui était, il n’était pas doué pour faire la conversation en présence d’un tiers en pleine nuit après un combat avec une fille qu’il ne connaissait ni d’Eve, ni d’Adam et qu’il n’était pas sur d’apprécier.

Finalement Pierre sortit de derrière le panneau de tissu et se tourna vers lui, lui demandant, presque timidement, de se mettre torse nu. Sans protester, maladroitement, Faolàn obéit, voulant montrer l’exemple et peu inquiet à l’idée d’être vu par son…ses collègues si on comptait la fille et les trois pantalons qu’elle avait discrètement posé à portée de main d’Aislinn avant de ressortir sans un mot. Pierre se mit à parler de luxation, d’immobilisation et de bandage, multipliant les recommandations inutiles et…


« Oui, oui c’est bon je sais. Tu me la remets et tu ne fais pas chier. »

« Ça va être douloureux Doc’… »

« Dépêche toi et fait pas… In aimn Dé… »

La fin de sa phrase s’était fondue dans un souffle. La douleur l’avait transpercé comme ça d’un coup sans prévenir et se diffusait à présent un peu partout. Son cœur battait à toute allure et il n’avait pu s’empêcher de se mordre la lèvre inférieure sous le choc. Enfin c’était passé et déjà son corps oubliait. Il s’obligea a sourire et lâcha les draps qui n’avaient rien demandés tandis que l’infirmier, s’abîmant en excuses futiles lui bandait le torse et lui proposait des anti-douleurs qu’il refusa d’un geste. Puis, l’oubliant totalement, il reporta son attention sur la jeune fille qui l’avait sauvé.

« Tu as trouvé ton bonheur ? Tu es prête ? Tu habites loin ? Que je sache si je sors la voiture ou si ce n’est pas la peine.

Tout en parlant, il s’arracha aux mains de l’infirmier (qui sortit sans demander son reste) et, passant devant Aislinn sans la regarder, ouvrit une armoire dont il sortit un T-shirt propre, noir, avec un Triskel d’argent sur le sein gauche. Il l’enfila maladroitement et jeta un coup d’œil distrait dans la glace, prenant une seconde pour repeigner ses cheveux avant de jeter un dernier coup d’œil à la livreuse de nouilles.

« Allons-y. Et si tu y penses un jour, ce serait bien qu’on regarde tes vaccins ensemble. Ce n’est pas urgent mais ce serait idiot que tu attrapes une cochonneries alors que l’on a de quoi l’empêcher. »

Et oui, c’est bien connu, les médecins n’en ont jamais assez. Surtout lui.

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Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pause clope [PV Aislinn][Clos]   Dim 28 Juin - 14:15

Comme elle l'avait fait depuis le début de cette histoire, Aislinn corrigea quelques fautes – ta jambe et non ton jambe, ta taille et non ton taille – mais, pour une fois, ne riposta pas lorsqu'il lui conseilla de ne pas trop forcer ou quand il lui parla de pantalon en papier. Déjà, parce qu'elle ne voyait pas bien ce que pouvait être un pantalon en papier, ensuite, parce que se plaindre encore aurait été dépourvu d'intérêt et finalement parce que de derrière son paravent, elle ne le voyait pas et n'avait aucun moyen de lui faire comprendre clairement qu'elle n'allait pas se laisser marcher sur les pieds, non mais oh. Et puis il faisait son boulot, avec ses vagues conseils. Toujours mieux que l'autre infirmier qui la questionnait sans cesse alors qu'elle avait juste envie de se reposer un peu. Parce que mine de rien, guerrière ou pas, elle commençait à sentir la fatigue l'entraver et l'envahir dangereusement.

Pierre la laissa, visiblement ravi de ne plus avoir à s'occuper d'elle, et une jeune femme le remplaça un court instant derrière le paravent, posant quelques pantalons de rechange et lui adressant un vague sourire aimable avant de disparaître comme elle était venue, laissant la jeune chasseuse seule et amusée de la conversation entre les deux médecins. Il avait beau être très convaincant pour faire soigner les autres, le docteur Riagal ne semblait pas vraiment ravi de voir les rôles changer et de se trouver dans la peau du patient. Triant dans les jeans, Aislinn opta pour un un peu trop grand pour elle, de sorte qu'il ne touche qu'un minimum son bandage et qu'il de gène pas ses mouvements en serrant ses armes contre son mollet et repoussa le paravent au moment ou l'homme jurait.

Elle sourit, puis hésita un instant. In aimn Dé... Nom de Dieu en Irlandais. Probablement une des seules expressions qu'elle connaissait dans cette langue, héritage d'une grand mère Irlandaises et d'une mère attachée à ses origines. Riagal était Irlandais ? A vrai dire, ça expliquait son accent chantant et le fait qu'il n'ait pas commenté son nom. Enfin quand même, elle avait précisé que c'était de l'Irlandais, il aurait pu ajouter une vague remarque pour lui dire qu'il connaissait. Pas grand chose, juste pour le principe. Enfin, on ne pouvait pas tout avoir, et au fond, il n'allait pas commencer à lui raconter sa vie.

Elle écouta d'une oreille distraite les recommandations que faisaient l'infirmier au médecin – comme si celui-ci n'y connaissait rien... - en récupérant les balles d'argent qui restaient dans son jean et posa le vêtement dans un coin, laissant à l'infirmier le soin de s'en débarrasser, pas vraiment enchantée par l'idée de le traîner avec elle, poisseux de sang. Riagal s'adressa à elle et elle releva les yeux en souriant doucement.


« J'ai pris ça, je vous le rapporterai demain, si vous commandez. »


Elle rajusta le pantalon qui ne semblait pas vouloir tenir sur ses hanches et observa le médecin pendant qu'il se préparait, amusée par le soin qu'il portait à son apparence, après avoir été traîné dans la poussière de la cour. Rien à voir avec son apparence à elle, ses cheveux bouclés maintenant détachés, un peu emmêlés, son t-shirt d'une propreté douteuse et son jean trop grand. A croire qu'il avait ramassé une gamine dans la rue, comme celles qu'elle ramenait parfois à Missy.

« Je suis à Montmartre. On pourrait sans doute y aller à pieds, mais ça grimpe. »


Il réagit à peine et lui parla de ses vaccins, comme si elle n'avait pas passé assez de temps à l'hôpital pour la décennie complète. Elle hocha la tête, le suivant simplement jusqu'à sa voiture, hésitant un peu à monter de peur de salir les sièges. Il démarra, roulant bien trop doucement au goût de la jeune fille (une vitesse normale quoi) et elle se détendit un peu.

« Merci de me ramener. J'aurais pu marcher, mais bon... »

Ne pas faire la fière quand on vous rend un service

« Enfin merci quoi. »


Elle le dirigea pour le mener à bon port et lui fit arrêter la voiture un peu avant d'arriver chez elle, juste quelques rues plus loin. Il ne semblait déjà pas avoir une haute opinion d'elle, ça n'était pas forcément le meilleur moment pour lui faire visiter les lieux et le laisser voir sa rue, sa maison. Il lui proposerait sans aucun doute son aide, ou quelque chose du genre, ou il la jugerait un peu plus encore, et ça n'était pas le bon moment.

« Je vais faire le reste du trajet à pieds, ça vous évitera de rentrer trop tard. »



[Voilà, c'plus pour clore qu'autre chose, j'aurais pu continuer, mais ça aurait relancé et on aurait jamais fini. Parce qu'elle voulait lui demander s'il était Irlandais, s'il voulait commander direct pour le lendemain, tout ça...]

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Pause clope [PV Aislinn][Clos]

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