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 The only living girl in Paris

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Joranne Ogerau
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MessageSujet: The only living girl in Paris   Dim 9 Aoû - 13:01

Quand vous êtes gosse, on vous traîne souvent au boulot des parents. Voire même, vous y allez de votre plein gré, on vous donne un biscuit et tout le monde s’extasie à grands coups de « Comme elle est jolie ! » et autres idioties du style. Des humains ordinaires quoi. A croire qu’ils n’ont jamais vu un enfant de leur vie. Ça n’était pas le cas de Joranne enfant. Elle, les rares fois où son père l’autorisait à venir avec lui, elle se tenait derrière lui, dans l’ombre, déjà bien camouflée par la nuit. Le but du jeu, c’était d’éviter d’être vue par un des boss de son père, à savoir les vamp’, et non de montrer comme les autres gamines d’un temps plus paisible qu’elle savait faire comme Papa.

Les seules visites détendues, c’était les visites diurnes. Parce que les vamps ne sortent pas sous le soleil, et que le tournesol s’en donnait à cœur joie. Rôder sur le territoire ennemi, ça avait quelque chose d’amusant. Ce qui s’est transformé avec le temps en un jeu un peu provocateur, même si personne ne peut en saisir le but. Maintenant, c’est aussi pour éviter que son père s’approche trop de son domaine. Elle va le voir, et il la laisse avoir ses zones de replis. Parce que la mioche de transfuges a grandi, et qu’aucun de ses jobs n’est fait pour les gens comme son paternel. Parce qu’il pourrait nuire à l’hôpital, et parce qu’il serait plus que dangereux pour les clients du Hunter. Parce qu’on ne laisse pas un vendu au milieu de rebelles, ça finit mal.

Alors à quatorze heures pétantes, Jay avait appelé son père et l’avait prévenu de sa visite imminente. Le temps qu’il sorte de sa guérite et qu’il s’avance devant l’opéra, et la jeune femme était là, un sourire faux cloué sur ses lèvres de menteuse pro et un sac en plastique (recyclable) à la main, prête à lui offrir un festin. Sandwichs et pommes, de quoi en faire baver d’envie tous les buveurs de sang du quartier. Ils mangèrent sans un mot, comme à leur habitude, laissant Jay s’interroger sur ce qu’elle pourrait lui dire sur sa vie sans rien risquer pour lui ou pour ses amis, et le repas se conclut sur une discussion concernant l’opéra, les vamps, Maeva et sa mère.

La discussion s’était un peu éternisée, et la jeune femme s’était décidée à laisser son père quand le ciel s’était doucement assombri, avançant qu’elle n’allait pas ressortir au moindre vamp’ qui l’aborderait que « mon papa il est transfuge ». D’une part parce que c’était d’un niais pas possible, et surtout parce que ça ne servirait à rien. Au mieux, le prédateur prendrait cinq minutes avant de commencer son repas, lui ferait un grand sourire moqueur et répliquerait que « oui mais c’est pas ton papa que je vais vider de son sang ma jolie ». Le paternel lui répondit qu’il ne dirait probablement ça, elle lui demanda si elle n’était pas jolie et finit par lui plaquer une bise sur la joue et tourner les talons, le laissant à sa planque silencieuse. Vendu.

En bon tournesol, elle chercha le soleil déjà bien planqué, comme s’il avait du sang à offrir, lui, et soupira


« Eh merde. »

Pas très féminin ou délicat, mais assez approprié. Elle vérifia que son S&W était toujours dans son sac, plus pour se rassurer que pour être prête à l’utiliser. Quand vous vous tenez au cœur d’une ruche, vous évitez d’écraser une abeille, ou les autres rappliquent. Et elle avait beau mépriser un peu son cher papa, tout au fond d’elle, elle n’avait pas la moindre envie de lui attirer des ennuis. Si on la cherchait, elle devrait s’arranger pour qu’on ne la trouve pas, point. L’air plus détendu qu’elle ne l’était en réalité (les détraqués s’en prennent toujours plus aux gens un peu perdus, c’est bien connu), elle inspira un grand coup et s’avança tranquillement.

Sans trop frôler les murs mais pas bien fière quand même, elle s’efforça de penser au lendemain matin, comme tout bon tournesol qui se respecte se tourne vers l’est quand le soleil disparaît. Il fallait penser lumière, et oublier les ténèbres flippants et les cadavres qui s’éveillaient peu à peu. Rien que pour vivre la nuit, il fallait être totalement jeté. Parce qu’une bonne virée nocturne, de temps à autre, elle n’avait rien contre mais là… Pas étonnant qu’ils aient tous un teint mortel. De toute façon, si le soleil ne les aimait pas, ça voulait tout dire. Ses pensées un peu louches mais rassurantes tourbillonnant dans son crâne d’imbécile, elle laissa un sourire détendre un peu ses traits et tourna au premier carrefour, avisant une rue plus calme, puis une autre, puis retourna sur un quartier plus animé, moins coupe-gorge pour finir… quelque part. Où il n’y avait pas âme qui vive et pas la moindre indication. Même pas une bouche de métro toute bien disposée à l’avaler. De toute façon, le métro craignait là nuit.

Elle envoya un message à Rosalie, sa patronne, pour la prévenir de son retard, évitant d’en préciser les raisons pour éviter une expédition sauvetage de ses amis rebelles, une catastrophe et des moqueries à la clé et soupira, s’asseyant sur le trottoir, contre un mur. Même la nuit un tournesol trouve une solution. Il lui fallait juste quelqu’un. Humain ou non, elle saurait y faire sans souci avec un vamp’, elle en était presque pas du tout certaine. Mais elle ferait comme si. Les yeux fermés, son sac sur les genoux et les doigts refermés sur l’arme qui s’y trouvait, Jay se contenta d’attendre, pas franchement réjouie de son début de soirée, sans trop savoir si elle était toujours en territoire ennemi.


« Eh merde. »
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Lun 10 Aoû - 3:15

La lumière, lorsque vous n'y êtes pas habitué, a quelque chose de sauvage et d'impérieux qui fait peur. Comme l'enfant a peur de la cascade ou du tonnerre, il est des êtres qui craignent la lumière tout en étant irrémédiablement attirée par elle. Certains se prennent pour Icare et se brûlent les ailes. Ce sont les plus audacieux, les plus fous, les plus bruyants. D'autres se contentent de la regarder de loin, cachés dans l'obscurité pour mieux sentir sa chaleur, emmitouflés de froid pour voir sa lumière.

Si Siriel a un jour fait partie d'un groupe, c'est bien de celui-ci. Enfant, il n'allait pas au travail de son père, il travaillait. Modèle réduit de petit adulte, peinant avant l'âge sans même penser à se plaindre. La lumière c'était le jour. Le repos. Les transfuges de la réserve qui en profitaient pour vous donner à manger quand ils étaient gentils, pour vous accabler de travail quand ce n'était pas le cas. Les pires étant ceux qui vous traitaient comme des humains alors qu'il était tellement plus facile de se comporter en animal. Une mule n'est pas malheureuse parce qu'elle ne pense pas. Elle mange quand il y a à manger, ignorant la faim, elle supporte les coups s'il n'y a pas de caresses et abat le travail demandé par ennui ou paresse.

En grandissant, la curiosité s'en était allée. Le jour n'était plus qu'un état, la nuit une couverture. Son soleil c'était sa sœur. Son aube, son sourire, son crépuscule, une agonie. Depuis, il traînait dans les ténèbres, jalousant presque la lumière. Presque. Parce que la jalousie est un sentiment et que ceux-ci étaient incompatibles avec l'état de mule recherché.

La nuit était jeune, Siriel aussi. A à peine 50 ans, un vampire est presque encore un humain. Sa vie ne s'en est pas allée dans l'infini continuité de l'immortalité. Ceux que vous connaissez sont toujours vivants, un peu plus vieux peut-être mais tout le monde est vieux quand on a 16 ans. L'époque est la votre, le langage aussi. Les peines, les joies, les modes, tout cela semble immuable. On ne voit pas encore le temps passer mais on s'amuse toujours à le compter.

Siriel jeune se levait donc tôt et, comme tous les nourrisson, il se sentait affamé. Il avait donc laissé la bête le conduire dans les rues loin de la bibliothèque et de la réserve. Il se sentait également l'envie de faire une cure d'humilité auprès de Maître Fitzroy. Ça le prenait de temps en temps, il ne savait pas pourquoi (et n'avait - pour tout vous dire - pas spécialement envie de s'interroger là-dessus). Il allait voir Earl Fostern, restait silencieux dans son ombre un moment et, selon l'humeur du Maître, se faisait insulter ou instruire. Pas vraiment pressé, il cherchait sans le vouloir une jeune créature de son âge pour se nourrir un peu. Peu d'humains libres fréquentaient la Cité, la plupart étant esclaves ou transfuges mais il y en avait parfois. Souvent des Chasseurs d'ailleurs. Feux follets dans les marécages pour perdre les vampires insouciants.

Il avait traversé la frontière, puis un quartier animé, trop lumineux pour ses yeux clairs et surtout trop peuplé pour ses sens vampiriques. Les odeurs d'une dizaine de personne fait facilement tourner la tête lorsque l'on a faim pour procurer une sensation proche du vertige. Ce n'est pas de la peur, c'est une surcharge de stimuli impossible à ordonner. C'est un plantage total. Blue Screen. On redémarre et on recommence. Comme dans les machines à vent de la bibliothèque.

Bref, il avait courageusement fuit le quartier et avisé une fille de son âge, peut-être un peu plus, qui semblait plus ou moins savoir où elle allait. Le truc bien quand on est condamné à l'éternité c'est qu'on a du temps à perdre. Le truc mauvais c'est qu'on ne le perd jamais comme il faut. Siriel suivait la fille.

Au bout d'un moment, elle s'arrêta dans un quartier désert. Il n'y avait ici pas de lampadaires pour lui abîmer les yeux, pas d'autres humains que la demoiselle pour enflammer ses sens et lui brouiller l'esprit, pas même un de ces monuments que Fitzroy appelait métro et qui ressemblaient à des caveaux ouverts sur le monde. Les gens, comme Jonas, ne se cachaient à l'intérieur de ces baleines là que pour perdre leur âme. Moby Dick n'était jamais loin.


"Eh merde !"

L'accent de Paris dans ce qu'il a de plus pur et de moins joli se reflétait dans ces deux mots. Une allocution familière que Siriel avait entendue toute sa vie. Jusqu'ici, le vampire n'avait faim que de sang. En entendant cette simple exclamation, la faim avait changé de camp et la jeune fille s'était sauvée. A présent, le garçon avait envie de compagnie. Pas forcément pour parler évidemment. Les conversations ce n'était pas son truc à lui. Mais simplement d'entendre le son d'une voix, comme celle qu'aurait pu avoir Sarah si la vie l'avait laissée en paix ou la mort refusé de la prendre. Il fit deux pas dans la lumière.

La lune choisit ce moment pour dévoiler son quartier, tombant droit sur le garçon. Sa peau pâle, presque maladive restait tirée sur ses joues d'enfants qu'à peine un soupçon de barbe claire pouvait venir troubler. Ses cheveux d'un blond presque blanc donnaient à son air juvénile quelque chose de grave, presque vénérable. Il était l'enfant vieillard, le vieil adolescent. Il n'était rien, il était tout.


"Mal à la tête ?"

Quelle autre raison pourrait pousser une humaine à fermer les yeux dans les ténèbres de la cité des vampires ?
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Joranne Ogerau
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 6 Sep - 16:05

Il y a toujours un truc bizarre qu’il faut savoir avec la vie : Rien ne se passe jamais normalement. Par exemple, vous vous trouvez de nuit, à la frontière d’un quartier infesté de vampires. Vous ne savez pas vous battre correctement et, pour ne pas changer, vous avez très certainement oublié de charger votre arme. Le chargeur se trouve soit à la maison, soit, comme tout ce dont on a besoin, au fond du sac. Et qui pourrait se vanter de trouver en un instant un chargeur perdu dans un sac de fille, hein ? A part une certaine personne que l’on ne nommera pas, personne. Dans ce cas, il y a deux situations envisageables. Soit un bel inconnu vous sort du pétrin, soit vous vous faites simplement déchiqueter par un cadavre ambulant. La dernière hypothèse étant d’ailleurs la moins réjouissante et la plus probable. Il y a donc ces deux idées, et l’image que l’on en a. Le combat héroïque face à la bête affamée, tout ce qui motive un humain et l’aide à ne pas flancher quand il est perdu là où il ne devrait jamais avoir mis les pieds. Seulement le problème, c’est que si les choses se passaient ainsi, ça ne serait pas drôle.

Après un deuxième grognement en dix minutes, Jay soupira et tenta vainement de chercher le chargeur dans son sac, effleurant chaque objet du bout des doigts, se maudissant pour n’avoir pas penser à faire ça avant de venir. Ses clients – et accessoirement amis – la tueraient de leurs propres mains s’ils savaient, et la jeune femme n’aurait rien de pertinent à leur répondre pour les calmer. Les armes chargées en permanence, c’était juste trop… trop. Elle n’avait pas envie de passer son temps à craindre l’éventuelle attaque d’un éventuel vampire qui, éventuellement, pourrait rôder dans les environs. C’était chercher trop loin pour pas grand-chose, et elle avait vu suffisamment de vampires dans sa vie pour savoir que, dans trois quarts des situations, n’étant pas une bonne chasseuse et même pas une bonne tireuse, son arme ne lui servirait a rien.

Alors il n’y avait plus qu’à attendre ce qui voudrait bien venir, quoi que ce soit, et profiter un moment du silence. Pas de cris, pas de rires, pas de lumière, rien. C’était agréable. Si elle n’avait pas risqué sa vie, elle aurait même pu s’endormir. Si une voix étrange ne l’avait pas sortie de ses pensées un peu étranges, aussi.

Joranne ouvrit les yeux, surprise, pour dévisager le type qui se tenait devant elle. Pas un enfant, pas un adulte, juste un individu. Il semblait perché sur un fil trop fin, les bras tendus, à hésiter entre grandir ou rajeunir. C’était un type, il n’y avait pas de meilleures description. Et assez bizarre, pour ne rien arranger. Mal à la tête ? Pourquoi aurait-elle mal à la tête ? Pourquoi tous ceux qui l’abordaient le faisaient toujours d’une façon étrange ? Il y en avait même un qui l’avait entrainée dans une valse, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Jay soupira et lâcha l’arme pour poser son sac à côté d’elle. Il avait quel âge celui-là ? Quinze ans ? Trois siècles ? Parce qu’il n’avait peut être pas l’air de grand-chose, mais c’était un vamp’, elle en était certaine. Ou alors, il était tellement camé qu’il en donnait une image parfaite.

Il lui faisait penser à cette histoire, au Petit Prince, sans vraiment qu’elle sache pourquoi, sans qu’elle sache non plus pourquoi elle, d’un coup, elle se retrouvait dans le rôle du renard. Elle ne connaissait pas bien l’histoire, mais l’avait toujours vue comme une drôle d’excentricité, une histoire un peu bizarre pour décrire ce qui n’existait pas. Elle se redressa un peu et lui accorda un sourire, Sans vraiment savoir comment s’y prendre, ni lequel des deux était sensé apprivoiser l’autre.


« Pas vraiment non. J’attends. Parce que je suis perdue. »

C’était logique. Surtout quand elle ne s’entendait pas le dire en fait. Parce que là, d’un coup, prononcée comme ça, sa phrase ne lui semblait pas forcément correct. Il aurait fallu pouvoir mélanger tout ça, comme au scrabble, pour sortir les bons mots dans le bon ordre. Mais en même temps, c’était tout ce qu’il y avait de plus vrai. De plus simple aussi, elle n’allait pas non plus raconter sa vie à un type étrange qui, s’il ne s’était pas encore montré dangereux, ne manquerait probablement pas de vouloir goûter son sang, une fois qu’il l’aurait mise en confiance. Où alors, si elle avait un peu de chance, il serait de ces vampires qui soutiennent les humains. Il serait son est et il lui suffirait de le suivre pour retrouver la lumière du soleil, une fois de plus… Oui bon, a vrai dire, elle n’était pas vraiment plus avancée qu’avant son arrivée. Il était là, comme un autre lampadaire, grésillant et incertain.

« Tu veux quelque chose ? »


Après tout, quand rien n’est déjà normal, pourquoi devrait-on tenter de trouver des questions pertinentes, hein ? Et avec un peu de chance, elle serait fixée.
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 20 Sep - 2:23

Ne me demandez pas comment ni pourquoi Deneb s’est retrouvé à divaguer dans les rues du « territoire ennemi ». Je pourrais encore moins vous renseigner quand à la raison de la boite de nouilles chinoise dans se main gauche et des baguettes dans sa main droite. Toujours est-il que tout ceci est réel, on ne peut plus réel. Sachez qu’il n’est pas suicidaire, malgré les apparences. Il est probable qu’il ait suivit quelqu’un qui se rendait dans le mauvais lieu au mauvais moment. Bref. Den’ le parisien aux poches remplies de billets et aux mains occupées par des nouilles était paumé du côté de chez vous. Du côté vampirique. Là où il ne fait pas bon d’être beau et tentant.
Encore moins quand votre cœur bats à un rythme irrégulier et excessif. Non bon d’accord ça c’est un effet de son imagination, après tout le vampire ne sont pas si supérieur que cela. Ils n’entendent pas un cœur sans avoir l’oreille colée dessus. Si ? Non soyons réaliste et puis de manière générale il n’est pas bon d’être humain dans le quartier vampirique, à moins d’être un esclave chouchouter ce qui, croyez moi, arrive plus souvent qu’on ne l’imagine. Avoir son humain de compagnie doit être divertissant. Nous nous entourons bien de chats ; chiens ; poissons ; amis, n’est-ce pas là même chose. Hm un ami n’est pas un animal de compagnie ? Ouais probable. Essayez d’expliquer ça au parisien mangeur de repas asiatique qui nous préoccupe et on en reparle.

Rassurez-vous, en estimant que ça vous préoccupait. Deneb est peut-être au mauvais endroit pour on-ne-sait-qu’elle-raison, mais il y est en compagnie de son arme. Flingue classique, mais chargé de balles d’argent. Bon tireur. Bien entendu il éviterait de tirer, l’idée était justement de s’en sortir sain, sauf et discrètement se soir.
S’il avait été avec la fédé peut-être qu’être dans le nid d’abeilles aurait été amusant. Peut-être que le plat de nouilles aurait été une simple provocation, mais là il était seul et pas au bon endroit pour attirer l’attention. Oui, même s’il passe son temps à attirer l’attention justement.
D’ailleurs pourquoi la fédération ne venait-elle pas directement dans le quartier vampirique ? Une bonne opération suicide et l’affaire était réglée ? Un instant Den’ se dit que s’ils clamsaient tous le problème serait réglé. Plus d’humains ? Plus de bouffe. Plus de bouffe ? Plus de vamp ‘. Simple, expéditif et efficace. C’est probablement ce genre de raisonnement qui faisait de lui quelqu’un qu’on regardait comme un type étrange.
Il ponctua cette réflexion fertile, mais avouons-le, sans but, en tournant dans une rue en espérant que celle-ci le mène où il l’espérait. Son appartement étant le lieu espéré. Vous le suivez toujours ? Tant mieux.
Bref, sans discrétion il s’engagea donc dans la rue mal éclairée, avalant une bouchée de pâtes. Il les aspirait en les faisant glisser à travers ses baguettes, comme il l’avait vu faire dans les films asiatiques qu’il avait visionnés. Pourquoi mal éclairé ? Aucune idée. Peut-être par ce que les vampires avaient une vue plus développée que la vision humaine ou pour renforcer l’angoisse de l’instant ?

Evidemment, puisque ça se passe toujours comme ça dans les moments qui commencent mal, la rue était déjà occupée. Deux silhouettes, une debout, masculine, mais pas imposante. L’autre accroupie, à peine plus fine, mais clairement féminine. L’homme ou le garçon qui se trouvait déjà dans la rue semblait bien mince. Pour une fois Den’ se sentirait presque imposant. Presque parce qu’il y avait de fortes chances pour que le « gamin » soit bien plus puissant que le parisien qui n’a évidemment pas d’implant. Ah ah ah.

Croire qu’il n’allait tomber sur aucun vampire en se baladant chez eux était clairement utopique, c’est pour ça qu’il marcha vers eux. Fuir était stérile et une sacrée perte d’énergie. Les deux individus semblaient calmes. Autant en profiter non ?


« La réceptionniste ? »


Une minute. C’est le temps qu’avait mit Deneb pour pouvoir distinguer clairement les deux individus. Sa surprise, agréable, n’avait donc rien de théâtral et il s’était exprimé d’un ton neutre. D’un vois égale et sans hausser particulièrement le ton.
La femme accroupie n’était autre que Joranne une des réceptionnistes de l’hôpital. Elle y bossait de temps en temps et subissait les avances volontairement lourdes de Deneb. Ce qui explique probablement le sourire amusé du garçon dans ces circonstances étranges.
L’autre avait l’air soit très malade soit très mort, il était donc probablement vampire.

Comme pour les nouilles il ne faut pas à chercher pourquoi la présence de Deneb semblait si décalée à cet instant. Tellement décalée qu’il en était conscient lui-même. Comme s’il était arrivé au mauvais moment. C’était peut-être l’air du vampire qui lui procurait ce sentiment. Vampire qu’il observait autant qu’il observait la demoiselle. Tout en mangeant ses nouilles. Vraiment, ce soir le blond avait l’air de sortir d’on ne sait où pour aller nulle part…
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Mar 22 Sep - 19:18

Il y a une force dans la nuit qui tranquillise même les plus nerveux. Comme si l’air lui-même était légèrement narcotique, grisant les plus faibles, calmant les colères et apaisant les conflits. Les plus grandes victoires se gagnaient à l’aube, pas durant le règne de la lune.

Siriel ne bougea pas une seule fois. Il ne répondit pas aux gestes désordonnés et humains de la jeune fille, ne paru aucunement surprit de sa curieuse formule, pas plus qu’il ne s’inquiéta de l’arrivée de l’autre humain, le garçon, celui dont les pas faisaient trembler les pierres. En fait, il était tellement prit dans ses sens qu’elle aurait aussi bien pu s’asseoir sur le sol, vider son sac, trouver son chargeur et lui tirer dessus qu’il ne s’en serait pas rendu compte. Il avait faim. De sang, d’humanité, de mouvements. Mais il ne pouvait se permettre de rompre le jeûne. Il restait donc là, indécis, apparemment immuable, à regarder la nourriture spirituelle s’étaler devant lui.


« Non. »

Il avait hésité à secouer la tête mais prononcer ce simple mot était moins dérangeant pour la sérénité qui les enveloppait. Il ne voulait rien. Il n’allait pas non plus proposer à la jeune fille de la reconduire, d’abord parce que c’était idiot, ensuite parce que c’était fatiguant, et finalement, parce que cela voulait dire retourner au milieu des humains et risquer à nouveau l’éveil de la bête.

Il ouvrit à nouveau la bouche pour dire quelque chose mais l’odeur de nouilles grasses et parfumées lui prit la gorge et il ne pu que se concentrer sur la rue autour de lui pour oublier la faim qui le saisissait à nouveau. Il oubliait souvent combien il était dangereux de se trouver trop près d’humain quand on n’avait pas chassé. Il fit un pas en arrière, regardant l’inconnu. Blond, comme lui mais plus foncé. Maigre comme lui mais moins. Perdu, comme lui mais autrement. Et son cœur battant comme le balancier d’une horloge en fin de course. Quelque chose n’allait pas dans ce garçon, il avait le sang orange, presque comme le cornet de ramen qu’il avait dans les mains.

Probablement perdu lui aussi. Comme si la nuit avait guidé leurs âmes au même endroit. Il avait faim. Il avait un couple d’humains sous les yeux comme ceux qu’il chassait habituellement. Le garçon lui ressemblait, comme souvent, la fille était intéressante et il était orange. Il avait faim. Il fit encore un pas en arrière tandis que la bête se faisait de plus en plus présente, martelant sa volonté de cette simple syllabe. Faim, faim, faim. Difficile de penser à autre chose. Faim, faim, faim. Comme une bête en cage. Faim, faim, faim. Comme un flocon dans une tempête. Faim, faim, faim. Il avait envie de fuir. Faim, faim, faim. Leur poul, la jugulaire, leur cou. Faim, faim faim. On ne veut pas de toi ici. Faim, faim. Il était Siriel. Faim. Il était au dessus de ça. Faim ? Même pas en rêve.

Les deux humains parlaient, comme inconscient de ce qui venait de se passer. Ils étaient sauvés pour le moment, la bête domptée. Mais il allait falloir qu’il trouve quelque chose à leur dire aux deux fous. Avant que le monde ne les engloutissent à nouveau.


« Vous devriez partir. »

Pas la peine de leur rappeler que c’était dangereux, ils le savaient probablement déjà, cela se sentait à la nervosité de leurs mouvements. Il n’allait pas non plus faire le gentil vampire, ce n’était pas son genre. Il n’était pas gentil. Il voulait juste retrouver la vide tranquillité de sa ruelle. Après tout, il n’envahissait pas leur cité lui.
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Joranne Ogerau
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Lun 5 Oct - 21:01

Rien. Il ne voulait rien. Et pour le lui dire, il n'avait même pas pris la peine d'être rassurant, moqueur ou ennuyé par sa question que certains auraient considérée impolie (elle avait connu des vampires très attachés à la courtoisie, même alors qu'ils vous pompaient le sang sans scrupule). Un simple non. Il ne voulait rien et n'était pas grand chose, du moins c'est l'impression qu'avait Joranne. Mais qu'est ce qu'il faisait là ? Qu'est ce qui l'avait amené à la voir, au milieu de nulle part ? Ballade nocturne ? Il y avait peu de chance pour que le vampire l'ait trouvé là, d'un coup, sans raison. Combien de chances pour qu'elle trouve un peu de compagnie à peine assise ? Il l'avait suivie. Chassée, sans doute. Restait à savoir pourquoi il s'était arrêté, et s'il avait l'intention de recommencer.

Bon. Elle avait beau retourner la situation dans sa tête, maintes et maintes fois, les choses n'en devenaient pas plus claire. Jay était incapable de savoir quoi faire. Elle s'était déjà surprise à plaisanter, à charmer, fuir ou amuser. Elle avait été mordue aussi, quelques rares fois. Mais elle savait toujours comment agir, ou du moins, elle avait toujours une idée, bonne ou non. Sauf là. Le vampire en face d'elle était déroutant, et elle était incapable de prendre une putain de décision. Si ça se trouve, elle lui aurait pointé son S&W dessus qu'il n'aurait pas bougé. Et sans munition, si rien que la menace n'avait aucun effet, cela ne servait à rien.

Les yeux levés vers lui, elle le regarda ouvrir la bouche sans pour autant dire un mot, stoppé dans son élan par un bruit, un parfum ou une sensation qu'elle ne percevait pas. Elle avait trouvé le moyen de tomber sur le vampire le moins loquace de tout Paris. Et le nouveau venu, ami ou ennemi ? Parce qu'elle entendait les pas sur le pavé maintenant. Un son sourd qui résonnait chaque fois alors qu'elle voyait la silhouette du nouveau de plus en plus clairement. Le lampadaire s'éteignit une seconde et se ralluma, illuminant le visage connu de l'homme. Alors qu'il s'étonnait à haute voix, elle déduisait en silence. Peterson. Deneb Peterson. Un abruti de plus qui fréquentait Necker. Dragueur (et lourd), puéril et une vraie calamité pour le matériel médical tant il tapait sur les nerfs du cardiologue le moins commode de Paris. Satané garçon.


« On dit Joranne, pas la réceptionniste. J'suis pas une plante, idiot. »

Mademoiselle Ogerau dans toute sa splendeur. Douce, délicate et d'une affection sans borne. En même temps il la cherchait. Avec les avances qu'il lui avait parfois faite (sans qu'elle s'y intéresse, elle ne donnait pas dans le baby-sitting, même quand l'enfant à garder avait son âge), il était impossible qu'il ne connaisse pas son nom. Il était écrit sur le badge affiché sur sa poitrine, aucun homme ne pouvait manquer ce machin. L'odeur des nouilles, qui pourtant aurait dû s'élever et donc l'épargner, lui rappela qu'elle n'avait pas assez mangé et son ventre grogna dans une plainte des moins discrète, lui arrachant un soupir et la poussant à se lever pour récupérer le repas. Si monsieur Peterson croyait bon de jouer, elle allait bien en profiter. Et puis il mangeait bien assez de saloperies comme ça, avec tous les cachets qu'il devait prendre.

« J'espère que ça ne te fait rien si je me sers ? »

Un sourire et elle engloutit quelques nouilles, oubliant le vampire, la rue et les lampadaires. Bon, les choses évoluaient. On ne pouvait pas dire qu'elles s'arrangeaient, mais au moins, il y avait du changement. Elle était maintenant perdue avec deux idiots, un mort et un vivant, et avec de quoi se remplir l'estomac. Le mort recula un peu, en proie à un dilemme intérieur qui ne l'intéressait pas vraiment, pour être franche, et sa voix, toujours aussi décalée, interrompit le repas de Jay.

« Moui, c'est marrant, j'y avait pas pensé. »

Il était gentil, lui, partir. C'était pas comme si elle ne lui avait pas dit qu'elle était perdue. Elle le dévisagea un moment, s'interrogeant sur le mal-être qu'il dissimulait vraiment mal, ne comprenant pas vraiment pourquoi il réprimait une soif visiblement douloureuse. Il avait peur de ne pas pouvoir tenir face à deux humains ? Si Deneb n'était pas arrivé, il l'aurait tuée ? Jay fit la moue. Ce gamin, pardon, ce vampire avait un air trop perdu pour sembler dangereux. Comme si l'on parlait d'un chaton en disant qu'il risquait à tout moment de vous sauter dessus, de vous briser les vertèbres ou de vous mordre et vous vider de votre sang sans en laisser une goutte. Il n'était même pas beau, comme la plupart des vampires l'étaient. Pas qu'il soit moche non plus, mais il était... frêle. Et vraiment mort, aussi. Jay haussa les épaules, sans trop savoir quoi lui dire et changea d'interlocuteur.

« Tu allais quelque part Peterson ? »
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 18 Oct - 13:21

La situation était, il faut l’avouer, fort peu avantageuse pour les deux humains. Ils étaient en compagnie d’un vampire absolument imprévisible. Pas qu’ils soient prévisibles d’ordinaire. Disons plutôt que celui-là ne correspondait à aucun de ceux que Deneb avait croisé jusqu’à présent. Loin d’être loquace il n’en imposait pas non plus par ça présence. Il ressemblait presque plutôt à un ado mal en point qu’à un vampire sur son territoire. C’est surement pour ça que l’ambiance était si étrange. Joranne et lui étaient tendus, comme les humains perdus qu’ils étaient.
Tendus, mais presque inconscients du danger. Sinon pourquoi la jeune femme aurait-elle prit la peine de le corriger sur son nom ? Elle savait pertinemment qu’il connaissait son prénom. Il lui avait fait de nombreuses remarques, maladroites et usantes, à ce propos. Bien entendu elle était en droit d’exiger être considérée comme une personne, mais là. Maintenant. Vous croyez ? Elle glissa ses doigts dans les baguettes et se servit. Toute impolie qu’elle était, c’est ça qui amusait Den’. Un instant ce fut comme si le vampire n’était que spectateur d’une scène étrange, du moins c’est l’impression qu’il donnait à Deneb.

Deneb qui ne cessait de l’observer furtivement. Il recula un instant, il n’avait pas décroché un mot depuis que le gamin s’était imposé. Il aurait pourtant juré les avoir entendu parler. Sans comprendre le sens de leurs mots. Juste distinguer deux voix. Etait-il sur le point de croquer la réceptionniste ? Vraiment ça aurait été dommage. Elle amusait pas mal Den’. Et il avait bien l’intention de l’amener jusque chez lui. Vivante et piquante c’était donc mieux.
Il la regarda un instant avaler ses nouilles. Sourit. Râla.


« J’te demanderais bien de recracher mais j’suis certain que t’es pleine de virus. »

C’était pour la forme qu’il râlait, évidemment. Il reporta son attention sur le vampire. Ils étaient clairement dans une mauvaise posture. Pour le moment ils n’avaient à faire qu’à un vampire qui, malgré son étrange attitude, n’avait pas l’air de vouloir les goûter. Il semblait plutôt absorbé par une réflexion éreintante ou une douleur physique. Il n’avait réellement pas l’air bien. Après tout est ton jamais bien lorsqu’on est mort ? Pour le savoir il faudrait que le gamin se fasse mortifié. Mordre. Vampirisé. Pas trop envie de le découvrir donc.
Le mort ouvrit la bouche et des mots tout cassé en sortir. Un conseil. Pas par gentillesse, presque indifférent.


« Ouais c’était l’idée. »

La menace sous-jacente était peut-être un effet de son imagination. Peut-être que le vampire était indifférent à leur présence. Il n’avait peut-être même pas faim. Peut-être, mais il valait mieux être top parano que pas assez.
Deneb reprit son bien, à savoir les ramens, et s’empara de Jay. Qui allait très certainement se dégager dans la seconde en n’oubliant pas de lui assener un coup bien sentit. Il avait donc le cornet de nouilles dans une main, les baguettes dans l’autre et Joranne sous l’épaule. Il était à peine plus grand. Elle venait de lui demander, sèchement évidemment, où il comptait aller.
Amusé et provocateur il répondit sur le ton du naturel.


« Chez moi, tu viens ? »

Il mangea quelques nouilles et fixa de nouveau le vampire. La douleur dans son expression semblait physique, vraiment, il devait avoir la dalle. Le repas c’était eux.
Deneb lui sourit. Un vrai sourire. Pas de moquerie, pas de charme là dedans, aucune compassion. Le gamin en était-il seulement capable. Amusé, un peu. Amusement sordide on en conviendra. Quelle souris s’amuserait devant son chat ? Une souris vraiment trop barrée.


« C’par où la sortie ? »
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Mer 28 Oct - 21:14

Pour avoir l’air de la chanson


Comme un spectre, il souffrait contre ce mur sous le regard indifférent des deux humains. Il était mort, il ne souffrait plus. C’était en tout cas ce qu’enseignaient les dizaines de religions de part le monde, enfin de ce qu’il en connaissait. Et il avait faim à en vivre. A en avoir mal. Comme si chaque respiration était douloureuse. Et sa poitrine se soulevait, arythmique, pompant un air dont il n’avait pas besoin.

Le couple parlait, se connaissait, chahutait. Lui rappelant Sarah quand elle lui cherchait des noises un demi-siècle plus tôt. Il y avait de l’affection, grise, dans tout ce blanc. Un rien de nuage sur la cruauté du soleil. Ils n’avaient pas besoin de lui. Mieux, ils ne voulaient pas de lui. Et pourtant, il restait à les regarder. La faim d’humanité surpassait même la fatigue physique. Ils formaient un joli tableau. De ceux que l’on voyait au Louvres et devant lesquels il se sentait pousser les ailes de l’éternité. Et comme un sentiment agréable ne vient jamais seul, il y eut également sa contrepartie. La solitude lourde et pesante qui vous prenait au milieu de la plus grande foule. Se savoir différent. Sans personne pour vous accepter tel que vous êtes, sans chercher à vous comprendre.


« Pleurez Pierrots, poètes et chats noirs, la Lune est morte ce soir... »

Le refrain, triste et sombre s’échappait de ses lèvres, rythmé par sa voix grave tandis que ses yeux d’argent fouillaient les cieux à la recherche de son astre favori. Les étoiles étaient des soleils. Il l’avait apprit récemment dans un de ses livres d’astrologies. Comme lui, elles détruisaient et brûlaient les adolescents perdus. Mais la lune, elle, n’était qu’un caillou, subissant l’emprise de la boule de feu géante. Elle protégeait et éclairait les enfants des ténèbres. Elle était son alliée. Et ce soir, invisible.

Sentant vaguement le poids de quatre prunelles sur lui, le vampire revint sur ses pavés et rendit leur regard aux tourtereaux. Son esprit repassait en vitesse les quelques mots qu’il avait laissés se perdre, peu soucieux de se mettre en travers de leur chemin.


« Mh. Oh. Par là. »

Il leva le bras, doucement, montrant la ruelle par laquelle ils étaient tous arrivés. Pourquoi n’avaient-ils pas pensés à revenir sur leurs pas ? Pourquoi être entrés dans la cité vampirique avant toute chose ? Là où l’on prenait tout être vivant comme un repas potentiel.

« Sauf si vous cherchez les miens. Eux sont là-bas. »

Il montra un autre bout de la rue et redescendit le bras. Il ne pouvait pas faire grand-chose si les oiseaux avaient envie de mourir. Il n’allait pas les tuer lui, il avait horreur de ça et refusait de lâcher la bête, mais il n’allait pas non plus pleurer sur leur sort pendant des heures. D’autres vampires avaient faim comme lui. Non, leur sort l’indifférait profondément. Il était juste un tout petit peu curieux de voir ce qu’ils allaient faire. Peut-être même les suivraient-ils pour en savoir plus. La connaissance. Ça aussi c’était une forme de nourriture. De celle qui lui avait le plus manqué sa vie durant.

« Quoiqu’il en soit, vous ne devriez pas rester là. Mon maître ne doit pas être loin. »

Et il espérait avoir été clair cette fois-ci. Même s’il était peu probable que Lord Fostern se ballade dans les rues à l’écart. A cette heure, il devait probablement s’amuser avec une fille, lire un livre ou s’admirer devant un portrait de sa propre personne fait à la va-vite par un peintre flatteur et avide comme il en avait tant. Mais au moins ils partiraient. Et avec eux l’exquise douleur qui l’envahissait ce soir.
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Joranne Ogerau
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 8 Nov - 18:02

Mais qu'est ce qu'elle avait bien pu faire au bon dieu pour se retrouver là, au milieu de nulle part, avec ces deux originaux ? Entre le malade un peu givré et le vampire fantomatique, sans l'oublier, elle, qui s'était retrouvée là par le plus pur des hasards, simplement perdue, c'était à n'y rien comprendre. Ils avaient l'air d'être tous les trois dans la même ruelle, mais pas dans le même monde. Une sorte d'univers parallèles qui leur permettait de se parler de s'entendre mais pas de se comprendre. Le vampire avait faim, mais ne tentait rien contre eux. Un abstinent ? Il y en avait, elle le savait, qui évitaient de se nourrir sur les humains qu'ils croisaient comme ça. Des vampires pro-humanité. Mais d'après son père, lui humain pro-vampires, ces gars-là évitaient de trop montrer leur nature, souvent traqués à la fois par les humains et par les autres vampires.

Quoi qu'il en soit, la situation était vraiment bizarre et leur attitude à tous, à demie détendue alors qu'ils étaient tous trois mal à l'aise, n'aidait en rien. C'était comme ces jeux dont elle avait perdu le nom. On prenait un bout de papier et chacun notait un bout de phrase. Le rassemblement de ces quelques mots donnaient une phrase généralement incompréhensible. Comme là : La réceptionniste vole des nouilles au malade avec un vampire affamé. Ça ne tenait pas debout, et pourtant... Ils restaient là, étrangement reliés et déconnectés. Et le pire dans tout cela, c'est que c'était du vampire dont elle se sentait le plus proche, cet espèce d'adolescent trop mort pour être un buveur de sang ordinaire. Il avait faim ? Elle pourrait lui donner son sang. Il ne réclamait même pas, et il devait se sentir mal. Mais pourquoi elle l'aurait laissé boire ? Elle n'était pas transfuge, il ne lui apportait rien. Ni protection, ni rien. Coucher avec Deneb lui aurait été plus utile que de servir de souper à ce garçon là.

Elle aspira bruyamment les ramens pour toute réponse lorsque Deneb lui parla de ses virus, pas vraiment vexée. Il était toujours pareil, qu'il drague ou non. Toujours trop lourd, trop peu à sa place. Pas étonnant que Faolàn dégomme le matériel avec lui comme patient. Elle aurait pu l'insulter, mais il était habitué à sa vulgarité mal retenue, et les noms d'oiseaux ne semblaient pas l'atteindre. De toute façon, ce qui intéressait Joranne, c'était de rentrer. Et chez elle, si possible, pas avec cet idiot.


« Et je te paye l'hébergement en nature Peterson ? T'as trouvé mieux que la drague pour coucher avec moi ? »

Un sourire pour atténuer la sécheresse de ses mots et elle leva les yeux au ciel. De toute façon, il ne se vexerait pas, c'était un jeu, et ils jouaient au même, à priori. C'était bien plus simple de suivre les règles de l'imbécile plutôt que de le repousser inlassablement. Elle hésita un moment et le laissa prendre la direction des opérations, et la garder contre lui par la même occasion. Monsieur jouait les grands seigneurs protecteurs. Mal d'ailleurs. Il était moqueur, et il les mettait presque plus en danger qu'ils ne l'étaient déjà. Enfin s'il était possible d'être en danger face au vampire inconnu. Est-ce qu'il ne venait pas de chanter, là ? Un truc qu'elle connaissait en plus. La réceptionniste fronça les sourcils, tentant de remettre les mots dans leur contexte, un peu surprise de trouver cet air démodé si familier. Ça n'était pas un poème à la base ? Peu importait. Le vampire chantait, et le cadavre exquis se faisait plus complexe.

La réceptionniste perdue vole des nouilles au malade moqueur et le vampire affamé chante.


« Ben tiens. »

Avec ça, ils étaient bien avancés. Il fallu un moment au mort pour leur répondre correctement, leur indiquant d'un geste vague le bout de la ruelle. Elle était arrivée perdue par là, alors ça ne l'aidait pas. Bien sûr pour partir, il fallait avancer mais...


« Sauf si vous cherchez les miens. Eux sont là-bas. »

Oh. Donc elle venait de la bonne direction. Elle avait presque atteint son but, avant d'entrer dans cette ruelle. Elle aurait même pu éviter ses deux compagnons du moment. Joranne se contenta de le dévisager, sans bouger. Pourquoi l'idée de le laisser tout seul là lui semblait si anormale ? Comme abandonner un chien sur le rebord d'une route, en fait. Il leur conseilla de nouveau de partir, la faisant sourire.

« Bon ben ouais, on part. Tu viens avec nous ? »
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 6 Déc - 19:19

Deneb abandonna son cornet de nouilles à la réceptionniste, conservant cependant une baguette. Histoire de s’occuper les mains. Il n’avait plus faim, il avait trouvé une occupation bien plus intéressante : comprendre cet étrange vampire.
Pourquoi leur montrait il la sortit alors qu’ils semblaient à sa merci ? Vraiment étrange ce vampire. Deneb lui sourit plus encore. Bientôt il déclencherait probablement le malaise d’un de ses deux compagnons. Il mettait tous le monde mal à l’aise et ce vampire ressemblait plus à un ado qu’à un tueur. L’ado se demanderait pourquoi l’humain lui souriait avec autant d’insistance, d’un sourire aussi étrange. C’était inévitable et si l’ado était en réalité un dangereux buveur de sang il ne comprendrait pas le paradoxe qu’était Deneb. Inévitable.
Enfin si la sangsue était dangereuse pourquoi leur avoir désigné la direction à suivre? Encore un jeu vicieux peut être ?... hm probable.
Den’ suivit le bras du vampire, au bout de son doigt la rue. Il observa la rue l’air de la découvrir. Elle lui rappelait vaguement quelque chose.
Il haussa les épaules, caressa la mâchoire de Jay –sans la regarder- et se décida enfin à lui répondre. Lui rendit sa mobilité par la même occasion.


« Si tu veux j’te raccompagnerais chez toi ensuite. As a perfect gentleman. »

S’il ne la regardait pas c’est qu’il n’en voyait pas l’utilité. Le bout de la rue était bien plus intéressant. L’expression du vampire marquait l’étonnement, comme si « la sortie » était évidente. Pourtant il n’y avait pas de panneau indiquant « direction menant à la survie humaine » ?

Vous étonnez vous toujours de savoir pourquoi Deneb est ici et comment il y est arrivé ? Lui pas. Si vaguement, soyons honnête, disons simplement qu’il s’étonne de ne pas reconnaître la rue qu’il à emprunté pour rejoindre le couple ici présent.
Ca doit être la faute aux ramens, il les regardait en venant au lieu de regarder devant lui. Maintenant le bras du vampire désignait l’opposé, « les siens ». Information inutile. Deneb avait beau s’intéresser de trop près aux sangsues il n’avait aucune envie de finir en coktail.

Joranne restait plantée là. Sans se concerté les deux humains s’étaient épris du vampire. Oui, éprit. Pour quelques minutes ou pour l’éternité. Sinon pourquoi n’avaient-ils pas filé dès qu’ils avaient été informé de la sortie à suivre ?[ /i]

« Bon ben ouais, on part. Tu viens avec nous ? »

[i]Le sourire de Deneb contamina ses yeux. Cette fille avait un vrai sens pratique ! De bonnes idées du moins. Parce que cette idée n’était peut être pas la plus sûre. Le vampire avait évoqué un maitre. Piquer le vampire d’un autre, même pour une soirée, n’était certainement pas conseillé.
Les vampires sont possessifs voyez vous et toucher à leurs esclaves ou à leurs « novices » peut aisément être prit pour un affront. Le sourire du parisien ce fit amusé. Décidément il trouvait cette perspective très alléchante.
Son bras s’enroula donc autour des épaules de Jay. Une fois encore.


« On te feras pas de mal. »

Stupide. Spontané. Irréfléchis. Du grand Deneb. Le danger ici c’est pas eux, c’est le blond dégingandé. Alors, le rassurer ? Sérieusement ?
Deneb avait pourtant l’air sérieux. Souriant. Jay devait passer d’étonnement en surprise. A l’hôpital il boudait tel un enfant, il ennuyait les infirmières et exaspérait les médecins. La harcelait, elle la réceptionniste qui l’envoyait inlassablement chier. Toute en aimable vulgarité. Et là ? Il avait certes l’air paumé, mais il était raisonnablement supportable en comparaison de ce qu’elle connaissait de lui.
Il sortit une clope de son paquet et l’alluma avant de reposer l’objet dans la poche arrière de son jean. Un cercle de fumé encadra une seconde le visage du vampire.


« Tu viens ? »


Dernière édition par Deneb Peterson le Mer 17 Fév - 17:11, édité 1 fois
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Dim 20 Déc - 19:14

On était dans le grotesque. Les pantins de la Comedia Dell’Arte. Mascarille faisait la cour à Colombine sous l’œil blasé de Pedrolino. Manquait plus qu’un Pantalon accompagné de son Arlequin et la farce prendrait tout son sens. Même le ciel se la jouait son et lumière avec ses nuages d’orage se profilant à l’horizon, loin au dessus des têtes des deux amoureux. Ça sentait le drame, l’instant tragique de la farce où tout devient perdu. Et, comme un enfant devant les planches de bois mal ajustée, Siriel retenait son souffle, luttant pour ne pas crier à l’arrivée des barbons.

Bon, peut-être pas à ce point là mais quel est le sens de la culture si ce n’était pour faire des métaphores, hein ? Siriel se leva. Il voulait connaître la fin de la pièce. Une faim qui le tenaillait au moins autant que toutes les autres. Jamais il n’avait ressenti autant d’émotions en si peu de temps. C’était étrange, humain mais en même temps, cela lui faisait un peu peur. Il n’était pas fait pour ressentir. Qu’adviendrait-il de lui si on lui arrachait sa brume ? L’exposait sans protection aux assauts de l’humanité ? La peine reviendrait. Immense, affreuse, et elle l’engloutirait sans remords. Ou il deviendrait fou. Comme Maître Fitz. Détruisant l’humanité pour refuser celle qu’il portait en lui. Inconscient, sauvage, n’aimant rien que lui-même. Plutôt souffrir que de devenir ainsi.

Le monde tourna un peu, dissipant l’illusion de la réalité pour révéler un vrai pot-pourri de textures et de sons. Les deux autres parlaient mais leurs mots ne voulaient rien dire. Un pas en avant pour récupérer son équilibre et le sol redevint solide. Et la faim, le sentant faible, attaqua de nouveau, l’obligeant à fermer les yeux un instant. Il faudrait qu’il se nourrisse aujourd’hui. Mais il ne toucherait pas aux deux comédiens. Pas ce soir en tout cas. Il doutait de pouvoir les reconnaître plus tard.

Un nuage de fumée le rappela au moment présent, éveillant en lui une peur du feu qui éteignit celle de l’inanition. La bête gronda, mordant les barreaux de sa cache psychiques dans une vaine tentative pour retrouver sa liberté. Siriel tint bon. Il fixa simplement l’humain qui l’avait agressé, sans tousser, avec une expression qui n’était pas sans rappeler celle que Deneb avait eue lorsqu’il leur avait montré le chemin. Aucune lueur dans ses prunelles incolores. Lui n’avait pas besoin de s’empoisonner pour avoir l’air perdu. Il l’était naturellement. Bon. Et maintenant ?

Le vampire ouvrit la bouche pour se présenter, transformant soudain son hésitation en un petit sourire pensif. Les comédiens allaient masqués. Il l’avait lu dans son bouquin. Pas de présentation donc, mais une surprise de sa part.

Ses yeux se transformèrent en premier, toujours éteint mais avec une nuance dorée au fond des prunelles. Il resta une seconde ainsi, contemplant les humains de toute son étrangeté puis laissa sa forme le prendre. Loup il devint, de la pointe de la queue jusqu’au bout du museau. Ebouriffé, efflanqué, affamé, mais lupin. Et avec son humanité disparurent tous les tourments que les oisillons avaient inconsciemment fait naître. Juste l’assurance tranquille du loup. Celui qui sait qu’il peut vous arracher la gorge en quelques secondes mais qui n’a pas encore décidé si vous en valiez la peine pas. Sous cette forme, tout devenait simple. Exactement comme elles devaient être. Silencieuses.
Il s’assit, les regarda, puis trottina jusqu’au bout de la rue avec toute nouvelle dignité neutre. Là encore, il s’assit, attendant qu’ils viennent le rejoindre. Il savait ce qu’il allait en faire. Il allait leur offrir un café. Bien noir avec la crème qui le zèbrait de jaune. Il allait les regarder, jusqu’à ce que leur rôle le laisse indifférent. Puis il allait les laisser vivre leur vie et retourner à sa mort. C’étaient des choses qui se faisaient…non ?
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Joranne Ogerau
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Mar 2 Fév - 0:47

De tout temps; il était dangereux pour une jeune femme – un peu plus féminine que Joranne s'entend – de traîner avec deux hommes quasiment inconnus, en pleine nuit et dans un endroit perdu. Les décennies sous le joug vampirique n'avait rien arrangé, surtout quand l'un était buveur de sang et l'autre Deneb Peterson. Restait à savoir lequel des deux était le plus dangereux d'ailleurs. Un peu désabusée et pas franchement du genre à s'alarmer des situations totalement anormales, dignes d'une sitcom de mauvaise qualité où s'enchaînent les drames ridicules, regardant son... son ami, puisqu'il était dans son camp – et aussi dur que ce soit pour elle de voir le parasite comme un allié – avec un regard empli d'incompréhension, ne comprenant pas comment il comptait la laisser manger son repas en ne lui laissant qu'une seule baguette. S'il savait comment piocher des nouilles avec un unique bout de bois, c'était son affaire, mais elle n'était pas aussi bizarre. Peu soucieuse du dérangement et du fait qu'elle venait déjà de se servir sans la moindre gêne, elle récupéra la deuxième baguette dès qu'il l'eut lâchée et éloigné ses doigts de son visage, lui fourrant quelques pâtes dans le bec pour pas qu'il proteste.

Loin d'être la plus normale du trio donc, elle continua son repas en écoutant ses compagnons d'une oreille, n'intervenant que quand elle savait exactement quoi dire, ce qui était assez peu fréquent. Situation bizarre, gens bizarres... Jay sourit, songeant à « Dieu » et au destin. Si jamais toutes ces foutaises avaient un sens, elle se demandait quel idiot supérieur les avait collé dans la même ruelle, tous les trois, et quel était son but à ce moment. Surtout, est-ce qu'ils allaient dans la direction qu'Il avait tracé pour eux ? Deneb était inconscient, il marchait vers une mort certaine. Quand au vampire, il avait faim et l'avait donc suivi pour goûter son sang, avant de décider de discuter avec elle. Probablement pas un plan de l'« Ange du Destin ». Était-ce possible d'être déconnecté de la réalité au point que l'irréel n'ait plus d'emprise sur vous ? Aspirant de nouvelles nouilles, la jeune femme secoua la tête pour oublier ses idées sans intérêts et se recentra sur la conversation. Si tant est que leur échange puisse être autre chose qu'un vague mélange de mots sans suite et sans logique. Elle en aurait rit si la situation – à savoir être perdue en territoire ennemi avec un tueur et un junkie – avait été autre. Ils étaient tous les trois ridicules et, finalement, étaient faits pour s'entendre.

Deneb tenta de rassurer le mort et Joranne sourit, à la fois amusée par sa naïveté et par leur supériorité (au moins numérique) qui aurait en effet pu inquiéter le vampire. Elle savait que certains humains, sortes de transfuges pour la plupart, faisaient ça. Ils attiraient des vampires solitaires dans un piège pour les tuer ou leur voler leur sang. Elle avait accueilli un groupe d'étudiants comme ça, un soir de garde à l'hôpital. Ils avaient tué un vampire et l'avaient vidé de leur sang. Puis ils avaient saigné un de leurs amis pour tenter de lui faire boire le sang de vampire, voir s'il se transformerait. Leur petite expérience s'était soldée par un coma, et ils n'avaient probablement jamais recommencé, mais il n'empêchait pas que le frêle cadavre devant eux pouvait s'inquiéter. Enfin s'il lui arrivait d'éprouver des émotions autre que la faim qui semblait le dévorer parfois, en tout cas.

Un haussement d'épaules et la réceptionniste soupira, n'essayant même pas de repousser le bras qui la maintenait contre Deneb. S'il voulait faire d'elle une conquête, il aurait besoin de plus que ça, et sa possessivité étrange n'était pas si dérangeante que ça. Elle pouvait toujours marcher et suivre le vampire dans les ruelles, sans même lui demander où il les conduisait, supposant simplement qu'il les guidait vers des terres moins hostiles. Jetant le carton des pâtes maintenant bien vidé dans une poubelle juste à côté, elle tendit les baguettes à Deneb pour qu'il puisse continuer à jouer avec et lui sourit, plus ou moins aimable.


« Un gentleman Peterson ? J'aurais plus confiance en ce type qu'on connaît pas qu'en toi pour me ramener chez moi. »

Elle se retint de lui tirer la langue et cessa de le regarder pour questionner le vampire sur son nom mais ne le trouva pas. Pas à la hauteur à laquelle elle le cherchait en tout cas. Baissant les yeux, elle découvrit le loup qu'il était devenu et soupira, déçue de voir ses questions informulées condamnées à rester sans réponse. Elle le regarda trotter sans le suivre, passant son bras autour de la taille de Deneb par réflexe et sourit quand le vampire-loup s'assit de nouveau, patient. Décidée à le suivre, elle questionna Den.

« On va où à ton avis ? »

[c'est un peu décousu, mais faut que je me remette dans le bain et j'ai eu vraiment du mal avec ce post ^^. ]
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: The only living girl in Paris   Mer 17 Fév - 17:46

Malgré l’ambiance grise et menaçante du Paris vampirique, malgré la présence d’un vampire et le mordant de la réceptionniste Deneb ne s’était pas sentit particulièrement menacé. Certes il se méfiait vaguement de l’adolescent, par principe seulement, mais certainement pas de Joranne l’adorable. C’est pourtant d’elle que survient l’attaque, une fois qu’elle eu volé la seconde baguette, -ne savait-elle donc pas manger avec une seule d’entre elles ??- la demoiselle tenta d’étouffer son compagnon à coup de nouilles. Malhonnête et imprévisible gamine ! Den’ ne fit pourtant pas décontenancé très longtemps et si la surprise avait marqué ses traits il n’en fit pas grand cas, se contentant de manger sa dernière part de nouilles.
Il se retint de lui mordre l’oreille en guise de « punition », mordre quelqu’un devant un vampire n’était peut-être pas très inspiré. Ça risquerait de lui donner des idées et ça n’était pas le but.
Jay mangeait dans un silence relatif pendant que Den’ débitait toute sortes d’absurdités, le vampire écoutait avait –semble-t-il- une certaine attention. Jusqu’au moment où il ouvrit la bouche, peut-être un début d’échange ? Mais non. Il ravala ses mots et préféra choisir un autre moyen de communication, radicale : Le silence. Sous sa forme humaine certains auraient prit ça pour du mépris, maintenant que ses yeux prenaient une forme plus animal personne n’oserait juger ce silence. Etrange Deneb, plus inquiété par un changement physique que par la réalité du danger vampirique. Pire, il était désormais plus apte à liquide le vampire et il n’y voyait encore moins d’intérêt qu’avant. Non, il ne ferait certainement pas de mal à ce vampire. Jay déclarait préférer rentrer accompagnée du vampire que de lui. Den s’en amusa sans cesser d’observer la transformation.


« J’imagine que moi aussi, mais c’est une histoire de politesse. Ça se fait de proposer à une jeune femme de lui servir d’escorte. Même quand celle-ci s’apparente à une pie voleuse. »

La forme de l’animal se consolidait, un loup calme et débraillé. Un loup se tenait à la place du gamin, pas mon étrange que celui-ci. Den lui sourit alors que Jay lui rendait ses baguettes, mécaniquement il se remit à les faire tourner entre ses doigts fins.
Le loup assis le regarda une seconde encore, le temps que Jay le voit se lever et aller vers le bout de la rue. Den’ aspira une longue bouffée de nicotine. Jay posa sa main contre lui. Sourire pour ses deux compagnons. Il enfuma l’air de tabac. S’adressa au loup.

« Tu n’avais qu’à me dire que tu n’aime pas le tabac, pas besoin d’être si radical dans tes non-propos. »

Calme et amusé. Il entraina la réceptionniste à la suite du loup. Absorba une nouvelle bouffé de nicotine et répondit vaguement à sa compagne.

« Au bout de la rue derrière un loup qui n’en est pas un. »

Deneb ne regardait toujours pas vraiment Joranne. Etrange, la touchant, se l’appropriant sans pour autant avoir l’air de s’intéresser à elle. Il lâcha sa cigarette qui chuta jusqu’aux pavés. Deneb s’intéressait pourtant bien plus à Joranne qu’il ne la laissait le voir. L’observant à demi, cette fille l’amusait à chaque fois qu’il passait à l’hôpital. Aucune politesse chez elle, combien de fois l’avait-il fait enrager en semant le troubler à l’accueil qu’elle menait tant bien que mal. A deux elles étaient submergées d’humains plus ou moins paniqués, tous impatients.
Oui s’était très drôle de la trouver, elle en ces lieux, accompagnée du vampire affamé, mais courtois. Deneb glissa une main dans sa poche afin de prendre une gélule pat habitude, mais changea d’avis. Elle pouvait attendre cinq minutes cette gélule.
Pourquoi cette soudaine contenance ? Jay était une fouine de la pire espèce. Capable d’aller fouiller des dossiers médicaux pour savoir qu’elle était la raison de son traitement et même pas par intérêt. Par curiosité, pas défis.
C’est pour ça que le parisien ne la lâchait plus, elle l’amusait.


" Hm Garet on va où ?"

Garet, le vampire venait d'être rebaptisé histoire de pouvoir mettre un nom sur une truffe.
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The only living girl in Paris

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