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 Anciennes versions des fiches - v1 (Faolán)

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Faolán Riagal
Loupiot Solitaire †

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Date d'inscription : 05/04/2009
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Age : 38
Doublon : Siriel Silver
Maître : Dieu tout Puissant - quoiqu'en dise Torin
Esclave : De mon travail (et d'Ace)
Métamorphose : Lorsque vient la nuit je me transforme en Chasseur.

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MessageSujet: Anciennes versions des fiches - v1 (Faolán)   Mar 15 Sep - 6:19

Salle de repos
Hôpital Necker,
Paris, 2154 – 02h34.


Enfin une pause. Cela fait près de quatre heures que les urgences s’enchaînent. Des miracles aux fatalités, la salle d’Urgence n’a pas désemplie. Un accident de la route à ce que l’on m’a dit. Mon œil. Je n’ai jamais vu d’accident avec autant de perte de sang. Les réserves de l’hôpital sont presque vides et j’ai moi-même du donner mon sang pour une petite fille qui avait la chance d’être du même groupe que moi. Elle a d’ailleurs survécu. Elle est belle comme un ange de s’appelle Suzie. Je n’ai pas eu le cœur de lui dire que ses parents n’avaient pas été aussi chanceux, je laisse ça à l’assistance sociale.

Dieu que je suis fatigué. Mais ma vocation me tient à cœur et je suis heureux de pouvoir être utile à quelque chose. Je ne supporterais pas de rester assit à rien faire tandis que les gens souffrent autour de moi. Ce jour là aussi je n’avais pas pu. Je me souviens du chaos et du silence et puis mon cri. Le seul, l’unique, tandis que mes yeux cherchaient désespérément le corps de celle qui était sensée devenir ma femme. Ils ne l’ont jamais trouvée. Je me souviens de la course dans cette forêt d’Irlande. J’étais fou, je crois que je voulais mourir. Courir ainsi droit devant moi, avec pour seul objectif retrouver une horde de vampire cachés on ne savait ou et leur faire…je ne savais quoi à l’époque. Ce n’était pas mon jour de chance ou ils étaient plus intelligents que moi, voire les deux. Je ne les ai jamais retrouvés. Je ne l’ai jamais retrouvée. Et si je ne la cherche plus, cette pensée m’obsède toujours.

L’on m’a retrouvé deux jours plus tard, effondré dans les bois, en état de choc. Il m’a fallu une bonne année pour me remettre de cette horreur. 365 jours pour comprendre que Dieu m’avait prit sous Son aile ce jour là. Parce que j’étais dans l’église lors de l’attaque, perdu dans mes prières pour mon père qui était partit je ne savais où négocier je ne savais quoi, pour ma mère qui, je le sais, me regarde de ses yeux grave depuis son paradis, et pour le futur brillant qui s’annonçait à moi. J’allais me marier dans moins de trois jours. Je venais de passer le dernier diplôme qui allait me permettre d’exercer dans toute l’Europe, j’avais même réussi brillamment mes derniers examens. Le seul médecin possédant également une licence de Sciences Politiques avec option diplomatie. Père était fier de moi, Ternoc également. Et Seena… je ne puis dire que je l’aimais mais nous devions nous marier et je lui portais une affection certaine. Oui, j’aurais pu être très heureux. Au lieu de cela, je suis un paria, un Chasseur. Je tue et je guéris. Pour la préservation de MON espèce face à ces enfarinés du dimanche qui se prennent pour des prédateurs. Ils n’ont rien inventés et ils s’apercevront un jour que le dernier maillon de la chaîne alimentaire c’est nous.

On m’appelle. C’est repartit pour un tour. Vivement la retraite. Quoique.

Faolàn

Salle de repos
Hôpital Necker,
Paris, 2154 – 05h34.


Il m’énerve, il m’énerve, il m’énerve ! Mais de quoi il se mêle cet idiot arrogant et vaniteux ? Et maintenant on m’a mit au repos forcé pour le reste de la nuit. Bon, d’accord, faire deux gardes à la suite dans ce genre d’environnement n’était peut-être pas une bonne idée. Et éclater le téléphone contre le mur peut montrer une légère fatigue nerveuse mais merde. Ce n’est pas parce que je suis sur les nerfs que je suis incapable d’être utile. Et leur aveuglement lâche et borné. « Les vampires n’auraient jamais fait ça ! Vous délirez Docteur Riagal. La paranoïa se soigne vous savez ? » Crétins condescendants avec leurs sourires maladroitement tirés d’une publicité télévisée, vous refusez de voir ce que vous avez devant les yeux. Vous avez peur. Où vous êtes sous le charme. Comme moi, avant le drame.

Je me souviens encore de la première fois que j’ai vu un vamp’. Il faisait nuit noire dehors. Nouvelle lune, nuages et pluie. Il est arrivé à la porte du domaine, beau comme un ange, asexué comme eux aussi. Il avait un visage ovale sans aucun défaut, un teint comme vous et moi et deux magnifiques yeux mordorés qui semblaient absorber toutes les particules de lumière autour. Ses habits étaient visiblement de très bonne facture et sa cape (toute noire avec une attache dorée arborant une perle d’ambre) lui donnait un air « cliché » absolument adorable. J’aurais fait n’importe quoi pour cet être fabuleux aussi c’est transporté de joie que je le menais jusqu’au bureau de mon père. J’avais 6 ans et pour moi, il était un envoyé de Dieu. Une bénédiction. J’ai charrié Ternoc deux bonnes années avec ça. C’était moi que l’ange était venu voir, et même pas lui.

Curieux comme je l’étais à l’époque… Diable, comme je le suis toujours, je m’étais arrangé pour me fondre dans un coin et me faire oublier. L’entretien passa loin au dessus de la ma tête mais je me souviens que même alors je n’avais pas aimé le ton qu’avait prit l’inconnu. Mon père avait toujours été l’homme le plus puissant que j’avais connu. Même si je savais que les vampires étaient les vrais chefs, les présidents, les comtes, etc, ma famille avait dirigé la région pendant plusieurs siècles et les gens se tournaient souvent vers nous. J’avais déjà l’habitude de donner des ordres et entendre mon père en recevoir, et pis même, y obéir m’avait profondément bouleversé. Mais le pire c’était les implications sur le sort de sa femme…ma mère. Ma mère morte en couches à ce que l’on m’avait toujours dit. A ce que l’on me dit toujours d’ailleurs. Si je suis borné, ce n’est pas par l’intervention du Saint Esprit, Le Tout Puissant en est témoin.

Je revis l’ange. Pas souvent mais régulièrement. Tous les 7/8 ans à peu près. Il vint une fois lors de l’anniversaire de Ternoc. J’avais 13 ans, lui 15. L’inconnu, lui, n’avait pas vieillit d’une seconde. J’étais assez vieux pour trouver ça louche mais j’avais également apprit à me taire. Quoique, au vu du sourire narquois qu’il me rendit, je n’en suis pas sûr. Le soir même je posais des questions à mon père. C’est là que j’appris deux choses fondamentales. Le diable a deux visages dont l’un est plus charmant encore que celui de Dieu et la liberté n’est qu’une illusion.
Faolan

Salle de repos
Hôpital Necker,
Paris, 2154 – 11h17.


Mmmm. J’aime cet hôpital. Quoi de plus agréable de se faire réveiller par une jolie infirmière vous apportant du café, des œufs et des toasts ? Au risque de passer pour un pervers, je laisse mon regard suivre les courbes de Stéphanie. Elle le sent certainement mais ne semble pas s’en offusquer. D’ailleurs pourquoi aimer la beauté féminine est toujours synonyme de perversion ? Je n’ai jamais obligé personne, je n’en ai pas vraiment besoin. Vous pensiez peut-être que je suis fidèle à la mémoire de ma pauvre Seena ? Allons bon, je ne l’ai connue que trois mois, et si nous avions été promis l’un à l’autre par nos familles respectives, nous nous n’avons pas eu le temps de tomber amoureux l’un de l’autre. Cela aurait pu mais ces choses là demandent du temps (oui je ne crois pas au coup de foudre, c’est bon pour faire vendre des bouquins ça). Donc non, pas de célibat forcé par le pauvre cœur brisé. Je ne suis pas un héros pour films romantiques. Je suis un être humain. Normal.

N’empêche que c’est la mort d’une femme qui m’a fait connaître la malice des vampires (dans le sens étymologique du terme malice -> malin -> maléfique -> qui appartient aux diables de l’enfer, vous voyez le cheminement ?), et s’en est une autre qui m’a donné le moyen de me dresser contre eux.

C’était il y a maintenant cinq ans, quelques mois après la mort de Seena. J’étais partit en France, officiellement pour me changer les idées, officieusement parce que je ne supportais plus la couardise de mon père. Perdu dans Paris, mes pas m’avaient menés vers Notre Dame. J’entrais, m’agenouillais devant la Croix et commençait à me lamenter silencieusement sur mon sort comme j’en avais alors l’habitude. Elle était rousse, avec de beaux yeux verts et un sourire à se damner. Elle avait l’attrait du Diable comme les vampires ont des airs angéliques. Aussi je la suivis en sortant, par hasard, sans me poser de questions. Elle me coinça dans une ruelle et allait me coller une rouste lorsqu’un couple de vamp’ se pointa. Ils n’avaient rien de l’ange de mon enfance. Ils étaient perdus, crades, et leur beauté était repoussante. Nous les tuâmes, tous les deux, et j’appris que je n’étais plus seul. Je ne le serais plus jamais. Car je sais que si je meurs, d’autres reprendront le flambeau.

Je n’ai pas attendu longtemps pour me faire un trou chez les Chasseurs. Bien sûr ils ne m’ont pas fait confiance tout de suite. J’ai du faire mes preuves, obéir à un « tuteur » qui m’apprit les meilleures méthodes contre les buveurs de sang. J’avais déjà ma Foi et ma Croix contre eux, j’eus les pieux et un pistolet en plus. Un [url= http://fr.wikipedia.org/wiki/Beretta_9000_S]Beretta 9000S[/url] dont j’ai du apprendre à me servir. Je ne me débrouille pas trop mal. J’ai également eu des cours de combat au couteau (ou au pieu, c’est pareil) et j’ai repris les arts martiaux que j’avais laissé tomber. Je ne suis pas monsieur muscle, capable de mettre KO une brute qui fait deux fois ma taille et mon poids comme on le voit dans les films d’actions mais je me débrouille. Plus encore d’ailleurs depuis que j’ai un petit ami dans la tête qui m’aide à concentrer ma force.

Faolàn

Ma tour
Hôtel de Cluny,
Paris, 2154 – 20h43


De retour chez moi pour une douche, un bon repas et une soirée de chasse. J’ai toujours été de la nuit, un vrai noctambule. Après une nouvelle journée à l’hosto je suis encore un peu fatigué mais l’implant me donne la force de continuer puis j’ai dormi 6 heures assit sur une chaise la nuit dernière donc ça devrait aller. Ce truc est vraiment génial, jamais je ne regretterais la fortune que j’ai investie dedans. D’abord parce que l’argent n’est pas un problème – je gagne plutôt bien ma vie en tant que médecin et j’ai un certain avoir qui me vient de ma famille. Après tout, quitte a ce que cet argent soit sale, autant qu’il serve à une cause juste – ensuite parce qu’il me rend réellement plus efficace. Bon, y a des petits soucis et il a l’air de vouloir que je me repose plus souvent qu’il n’est nécessaire mais saigner du nez ou avoir mal au crâne ne m’arrête pas et il est quand même assez rare que je perde connaissance.

Je vérifie une nouvelle fois mon arsenal. Du feu et de l’argent, tout ce que j’aime. Une petite prière pour mes frères tombés au combat depuis la dernière fois que j’ai fait le point et c’est partit. Je ne sais pas ce qui va se passer ce soir mais une chose est sure. Les vamp’ vont morfler. Je veux leur faire payer la mort des parents de la petite Suzie. Je veux qu’isl comprennent ce que c’est que d’avoir une morgue pleine, et des cellules capitonnées pour ceux que la salive à rendu fou sans pour autant mettre un terme à leur existence. Et pour tous les vampires que vous avez voulu créer hier soir, nous tuerons deux d’entre vous. J’ai fini de sauver des vies avec le sourire. Ce soir, ce sont vos morts que je vais prendre, pour renvoyer les âmes que vous avez volées vers le Créateur et réduire vos corps impies en poussières.

Préparez-vous, la guerre se poursuit ce soir.

Et tous les soirs qui suivront.

Jusqu’à ce qu’à mon tour, je sois emporté par la mort.

Ou que tout espoir disparaisse du cœur des hommes.

The only thing necessary for the triumph of evil, is for good men to do nothing

Lug
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Première fiche, version longue (V1.5)   Mar 15 Sep - 6:20

_} Biographie :
Contre le passé y a rien à faire,
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau
Reste à faire.

Daniel Balavoine –
Tous les cris les SOS



L’hôpital ressemble au manoir de mon enfance. Une vraie fourmilière où chacun connaît sa place, et effectue son travail sans se soucier des autres. Et pourtant, nous savons tous que sans les autres, l’immense machine ne saurait fonctionner. Il y a un mélange d’indifférence et de co-dépendance qui me plait. Tout n’est que chaos. Tout est à sa place. Les gens entrent et sortent. Parfois presque morts, parfois pas encore vivants. Tous ne survivent pas, certains sont des miraculés. L’injustice de la vie et de la mort est toute autour de nous, nous rappelant sans cesse que le monde est en déséquilibre. Mais il y a aussi toute la beauté de l’espèce humaine. Cette force qui a fait de nous – pauvres bestioles chétives et sans grandes chances de survies, l’un des prédateurs les plus important de la planète. Après les vampires bien entendu, mais j’y reviendrais.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu devenir médecin. Lorsque nous étions enfants, Ternoc aimait me taquiner là-dessus. Selon lui, quelqu’un qui détestait autant la laideur et la pauvreté que moi ne pouvait vraiment désirer être utile à la société. Il me dépeignait en termes crus les différentes maladies, les odeurs, les fluides divers du corps humain, sans penser que chaque illustration colorée de la misère humaine me donnait plus envie de la combattre. Eliminer le malheur, la vieillesse et le mal au mieux de mes forces. Et comme le Créateur n’a pas été avare en ce qui me concerne, je savais que je pourrais beaucoup. Il est amusant de noter que de nous deux, c’est maintenant mon aîné qui ne supporte pas l’idée de la mort alors que celle-ci est devenue ma compagne.

Père également n’était pas vraiment pour ma vocation. Il ne doutait pas – quand à lui – de mes capacités mais aurait préféré que je montre plus d’intérêt aux affaires de mon peuple, histoire de pouvoir seconder Ter’ à sa mort voire prendre sa place s’il lui arrivait quoique ce soit. Il faut dire que notre famille est dans une situation pour le moins cocasse. Enfin si on arrive à voir le côté comique du truc ce qui n’est pas – paraît-il, le cas de tout le monde.

Cela fait des siècles que les Riagal contrôlent ce petit bout de terrain. Maires, conseillers, intendants, nobles même parfois entre les guerres et les révolutions, nous avons toujours joué un rôle important pour les habitants de la région. Et puis, il y a un peu plus d’un siècle quelque chose comme ça, les vampires sont arrivés. Nous autres, humains étions totalement sans défense devant ces êtres sortis tous droits de romans pour adolescentes et à une époque ou la Foi perdait chaque jour du terrain au profit du rationalisme froid de la science. Ce qui arriva chez nous n’est que le reflet à son échelle de ce qui arriva au monde. Les Créatures de l’Enfer prirent le pouvoir. De prédateurs nous sommes devenus proies en moins d’une génération et d’immortels seigneurs se partageaient nos terres, prenant les demeures les plus riches, les postes les plus importants, et rabaissant les « diurne ». Le peuple se tourna vers son maire, mon aïeul. Que fallait-il faire ? Toute résistance semblait futile aussi, Julian se résolu, la mort dans l’âme, à la seule solution qui lui paru raisonnable. Il composa. Le vampire qui s’occupe de notre bout de terre était plutôt indolent et n’avait pas spécialement envie de connaître les raisons de la querelle ancestrale entre les Connor et les O’Telry, aussi tout se passa plutôt bien. D’un point de vue de perdant évidemment.

Nous les Irlandais, sommes un peuple fier, farouche mais plutôt casanier. Nous avons NOS terres, NOS coutumes, NOS religions et peu nous importe l’envahisseur puisque nous les gardons intactes dans nos cœurs, passant les gloires et les défaites à la génération suivante par le biais de nos contes et nos chansons. Le vampire ne vieillissait pas, mais notre comportement ne changeait pas plus. Mon arrière grand-père, son fils et mon père après eux reprirent exactement les termes de l’accord sans en changer une miette. Sans comprendre que le monde continue à tourner même lorsque l’on ferme les yeux et que si le Vampire ne changeait pas physiquement, cela ne voulait pas dire qu’il allait accepter d’honorer les termes du traité ad vitam eternam. Les gens de parole ont souvent du mal à imaginer la duplicité chez leurs semblables. C’est crétin, mais c’est ainsi. J’ai tendance à avoir le même problème.

Mon père et ma mère étaient étrangement proches quand on pense qu’un mariage arrangé décida de leur union. Enfin c’est ce que l’on m’a dit. Personnellement, je ne l’ai pas connue et Ternoc, de trois ans mon aîné, était trop jeune pour me donner des détails. Elle est morte à ma naissance, d’hémorragie. J’ai longtemps vaguement pensé être le responsable de son décès mais certaines révélations peu avant mon départ d’Irlande me portent à réviser mon jugement. Il semblerait que notre autorité héréditaire sur la population locale ait fini par agacer notre merveilleux Seigneur et (qu’il pense) Maître. D’après moi, ce n’est pas un hasard si mon infortunée génitrice perdit tant de sang lors de ma naissance et bien un miracle que j’y survive.

Un miracle qui explique pourquoi le premier lieu ou mes yeux se posèrent fut une église. L’on me baptisa sans attendre, en présence de qui était là et c’est dans le lieu saint que ma nourrice m’éleva la première semaine. Comme je le disais, j’ignorais les détails de ma naissance jusque très récemment mais j’ai toujours aimé les églises, tout comme j’ai depuis tout petit une foi en Dieu qui, je pense, ne peux s’expliquer que par cette anecdote. Croire est quelque chose que l’on ne peut feindre. La foi est (ou n’est pas) présente en nous. Elle nous soutient, elle nous permet également de s’abandonner à son sort, se mettre dans la Main du Créateur, fermer les yeux face à un vampire et se savoir invincible.

Je finis toutefois par sortir de l’église (mon père ayant réussi à convaincre l’autre demeuré que je n’étais pas une menace pour lui) et à rentrer chez moi. Je grandis donc, ma nourrice suppléant à l’amour maternel qui nous avait été enlevé. Mon père était un homme normal, sans grandeur d’âme ni bassesse spécifique qui nous éleva dans la plus pure tradition irlandaise. Il s’occupait surtout des autres, jamais de lui-même et ne s’abaissait que devant le Vamp’.

J’étais heureux à cette époque, je le crois bien. Tout était si clair dans ma tête, si ordonné. Je n’étais entouré que de gens souriants, riches et en bonne santé. Le plus magnifique de tous étant sans conteste le « Vamp ». Oui il a un nom. Non, je ne vous le donnerais pas, vous en savez déjà bien assez sur moi. Je me souviens encore de la première fois où je l’ai vu. Il faisait nuit noire dehors. Nouvelle lune, nuages et pluie. Il est arrivé à la porte du domaine, beau comme un ange, asexué comme eux aussi. Il avait un visage ovale sans aucun défaut, un teint comme vous et moi et deux magnifiques yeux mordorés qui semblaient absorber toutes les particules de lumière autour. Ses habits étaient visiblement de très bonne facture et sa cape (toute noire avec une attache dorée arborant une perle d’ambre) lui donnait un air « cliché » absolument adorable. J’aurais fait n’importe quoi pour cet être fabuleux aussi c’est transporté de joie que je le menais jusqu’au bureau de mon père. J’avais 6 ans et pour moi, il était un envoyé de Dieu. Une bénédiction. J’ai charrié Ternoc deux bonnes années avec ça. C’était moi que l’ange était venu voir, et même pas lui.

Curieux comme je l’étais à l’époque… Diable, comme je le suis toujours, je m’étais arrangé pour me fondre dans un coin et me faire oublier. L’entretien passa loin au dessus de la ma tête mais je me souviens que même alors je n’avais pas aimé le ton qu’avait prit l’inconnu. Mon père avait toujours été l’homme le plus puissant que j’avais connu. Même si je savais que les vampires étaient les vrais chefs, les présidents, les comtes, etc, ma famille avait dirigé la région pendant plusieurs siècles et les gens se tournaient souvent vers nous. J’avais déjà l’habitude de donner des ordres et entendre mon père en recevoir, et pis même, y obéir m’avait profondément bouleversé. Mais le pire c’était les implications sur le sort de sa femme…ma mère. Ma mère morte en couches à ce que l’on m’avait toujours dit. A ce que l’on me dit toujours d’ailleurs. Si je suis borné, ce n’est pas par l’intervention du Saint Esprit, Le Tout Puissant en est témoin.

J’oubliais toutefois rapidement mes doutes. J’étais jeune, j’étais un garçon et je venais tout juste d’apprendre que ceux de mon sexe n’étaient pas censés montrer leurs sentiments. Elle ne m’avait jamais manqué finalement, cette femme à laquelle je ressemblais parait-il comme deux gouttes d’eau. Et l’enfance est une force formidable pour oublier les soucis. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que sa préférence à mon égard n’était pas le fruit du hasard. J’avais échappé pour un instant à ses griffes mais que sont une vingtaine d’année pour quelqu’un qui a l’éternité devant soi ? C’est d’ailleurs principalement pour cette raison que je suis partit.

Je revis l’ange. Pas souvent mais régulièrement. Tous les 7/8 ans à peu près. Il vint une fois lors de l’anniversaire de Ternoc. J’avais 13 ans, lui 15. L’inconnu, lui, n’avait pas vieillit d’une seconde. J’étais assez vieux pour trouver ça louche mais j’avais également apprit à me taire. Quoique, au vu du sourire narquois qu’il me rendit, je n’en suis pas sûr. Le soir même je posais des questions à mon père. C’est là que j’appris deux choses fondamentales. Le diable a deux visages dont l’un est plus charmant encore que celui de Dieu et la liberté n’est qu’une illusion.

Mais trêves de pensées pessimistes. On pourrait croire que je passe mon temps à me lamenter sur mon sort alors que ce n’est pas du tout le cas. J’ai une vie agréable, beaucoup d’argent, un beau logement, un métier qui me plait, des amis, une vocation et si ma vie a comporté quelques épisodes tristes, je préfère en général me concentrer sur les évènements joyeux.

Une voix synthétique me tire de ma rêverie et m’appelle d’urgence chez un patient quelconque. Je sens un franc sourire se dessiner sur mon visage. D’urgence. Ici, tout est toujours urgent. C’est à croire que mes patients n’attendent que ma venue pour rendre ou non le dernier soupir. Mais je sais que cette salle n’est pas utilisée pour les vraies urgences aussi je la laisse parler et me dirige sans me presser parmi les longs couloirs en ignorant la voix monocorde de la jeune Nadia de l’accueil. Cet épisode me rappelle le jour où j’ai rencontré cette fille. Je vous vois déjà hausser les sourcils et pourtant non, ce n’est pas quelque chose qui porte à conséquence, juste un moment agréable de la vie. J’étais en salle de repos, appréciant une pause durement gagnée dans la fourmilière. J’avais au tellement de boulot avec Madame Trespos et ses douleurs imaginaires que c’était à peine si j’avais eu le temps de me saisir d’un prospectus qui traînait dans la salle et de commander un repas. Il faut rendre justice à cette Miss Wong. Le temps de livraison est très acceptable, les prix corrects et la nourriture plutôt bonne. J’en ai d’ailleurs fait ma cantine lorsque le self ne me propose rien de reluisant (je ne suis pas malade moi).

Elle déboula comme ça, un sourire aux lèvres tandis que je goûtais à un repos que je trouvais bien mérité.


« Rouleaux de printemps et lychees, comme prévu. Par contre, Miss Wong s'excuse, pour les nouilles il ne restait plus que du poulet, pas de porc ni de bœuf. Vous en ai pris quand même, au cas où... »

Elle sourit et posa le tout devant elle, sur une petite table tandis que j’haussais les épaules.

« Et bie … »

Mais je n’eu pas le temps de parler d’avantage que la même voix plate et neutre me rappela à l’ordre, me faisant légèrement froncer les sourcils.

« Le Dr Riagal est demandé d'urgence en salle 203 »

« Le Dr Riagal il mange, il est 15h30 bordel »

Pas fâché mais pas content tout de même, je levais des yeux furibonds vers le haut parleur qui venait de gâcher tout mon repas. La salle 203 était celle des transfusions et de l’Hémofi. J’avais opéré un patient la veille pour lui éviter une vampirisation mais le résultat de ce truc chimique n’est jamais très prévisible. Je savais que je devais y aller mais cela me gonflait terriblement. Le rire de la jeune fille écarta pourtant bien vite toutes ces considérations médicales. Elle était vraiment charmante et rappelait une chanson des Beatles sur l’arrivée du printemps.

« Le Dr Riagal est demandé d'urgence en salle 203 »

« Ouais c'est bon j'arrive, combien pour le repas Little Darling ? »

C’était venu tout seul, à la suite de cette chanson justement qui me trottait dans la tête. Et puis ça lui allait tellement bien à cette petite femme, totalement inconsciente de l’élégance qu’elle cachait derrière la brusquerie de ses paroles.

« ... »

« Le Dr Riagal est demandé d'urgence en salle 203 »

Cette fois son rire se fit plus franc et elle alla même jusqu’à arquer un sourcil ce qui me fit sourire à mon tour.

« Ils vont continuer comme ça jusqu'à ce que vous y alliez ? »

« Non, ils vont probablement s'arrêter maintenant, ils doivent penser que personne n'est assez bête pour ne pas comprendre après trois fois. Quoique…y a des obstinés parfois. »

Elle me dit un prix sans arguer davantage, je payais et la gratifiait d’un nouveau Little Darling en la saluant. J’ouvre la porte de la salle 203, passe la porte pour retourner vers le présent.
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MessageSujet: Re: Anciennes versions des fiches - v1 (Faolán)   Mar 15 Sep - 6:21

Car telle est ma vie. Bien éloignée du préadolescent dans son manoir d’Irlande n’est-ce pas ? Vous vous demandez peut-être quels sont les évènements qui m’ont fait quitter ma terre natale et mon rôle de cadet de bonne famille pour venir ici, travailler chaque jour à améliorer la vie des humains et chaque nuit à tuer le plus de vampires possibles. Cela se résume en deux mots. Les Femmes. Une femme pour m’envoyer en exil, une autre pour me sortir de ma déprime et me donner un but dans la vie.

La première s’appelait Sheena. Elle devait devenir ma femme et disparut de ma vie aussi soudainement qu’elle y était entrée. Un mariage arrangé, vous vous en doutez sans doute. D’abord pour Ternoc qui refusa avec hauteur de se lier avec une femme qu’il ne connaissait pas – je le soupçonne sérieusement d’être gay mais ça le regarde n’est-ce pas ? Puis, par ricochet, pour moi. Je ne la connaissais pas vraiment avant que nous soyons fiancés mais elle était belle, intelligente et nous avions un certain nombre de centres d’intérêt en commun. Avec le temps, l’affection voire même l’amour aurait sûrement pu se tisser entre nous. Mais le Vamp’ ne le voyait pas vraiment de cet œil là. Il ne dit rien cependant, ne donnant pour seule condition de notre union qu’elle eut lieu le soir tombé afin qu’il puisse nous honorer de sa présence. J’étais assez vieux alors pour avoir vu les dégâts que les siens pouvaient provoquer et cela faisait quelques temps déjà que je ne me laissais plus berner par ses airs angéliques mais l’éducation fut la plus forte et puis Père accepta pour nous donc nous n’eûmes pas tellement le choix. Toutefois, il eut la délicatesse de ne pas attendre le mariage pour se servir. L’attaque eut lieu trois jours avant, lors de la répétition de la cérémonie. Je sais que cela peut paraître orgueilleux mais je crois que j’étais visé aussi. On avait promis que je ne serais pas une menace et cela seul m’avait sauvé la vie jusqu’ici hors il se révélait que j’étais bien moins docile que mon aîné. Toutefois, Dieu me protégea à sa façon. En effet, j’étais encore dans l’église, à prier le Créateur pour que ma mère bénisse mon hymen prochain lorsqu’ils apparurent. Quelque chose tomba en travers de la porte. Le temps que j’arrive à sortir, il était trop tard.


Je me souviens du chaos et du silence et puis mon cri. Le seul, l’unique, tandis que mes yeux cherchaient désespérément le corps de celle qui était sensée devenir ma femme. Ils ne l’ont jamais trouvée. Je me souviens de la course dans cette forêt d’Irlande. J’étais fou, je crois que je voulais mourir. Courir ainsi droit devant moi, avec pour seul objectif retrouver une horde de vampire cachés on ne savait ou et leur faire…je ne savais quoi à l’époque. Ce n’était pas mon jour de chance ou ils étaient plus intelligents que moi, voire les deux. Je ne les ai jamais retrouvés. Je ne l’ai jamais retrouvée. Et si je ne la cherche plus, cette pensée m’obsède toujours.

L’on m’a retrouvé deux jours plus tard, effondré dans les bois, en état de choc. Il m’a fallu une bonne année pour me remettre de cette horreur. 365 jours pour ne plus supporter l’hypocrisie des miens, leurs silences et la peur qui rôdait. 7830 heures et 60 fois plus de minutes pour enfin comprendre que, moi en Irlande, je ne serais ni libre, ni heureux. Je pris donc ma tristesse, ma rancœur et mon diplôme de médecin et traversait l’océan pour me rendre en France. J’errais là bas un moment puis mes pas m’amenèrent à Paris et de Paris, à Notre Dame.

La cathédrale n’avait rien de l’humilité de ma petite église de campagne mais je m’y sentis rapidement à ma place. J’entrais, fatigué, sale et posait mon sac comme n’importe quel vagabond. La lune jouait avec la Grande Rosace et le Christ ne semblait regarder que moi. Tremblant, je trempais ma main dans l’eau bénite, fit le signe de croix et m’agenouillait pour prier. Encore une fois, je perdis la notion du temps. Je me souviens juste de l’arrivée de cette fille.

Elle était rousse, avec de beaux yeux verts et un sourire à se damner. Elle avait l’attrait du Diable comme les vampires ont des airs angéliques. Aussi je la suivis en sortant, par hasard, sans me poser de questions. Elle me coinça dans une ruelle et allait me coller une rouste lorsqu’un couple de vamp’ se pointa. Ils n’avaient rien de l’ange de mon enfance. Ils étaient perdus, crades, et leur beauté était repoussante. Nous les tuâmes, tous les deux, et j’appris que je n’étais plus seul. Je ne le serais plus jamais. Car je sais que si je meurs, d’autres reprendront le flambeau. C’est elle qui m’a fait entrer dans la Fédération. Elle encore qui m’a apprit à me battre selon leurs règles. Elle fut mon mentor pendant plus de deux ans bien qu’elle soit plus jeune que moi. Elle fut…elle est encore d’ailleurs, mon amante des jours de pluie, mon amie, ma confidente. Bien sûr, depuis, j’ai eu d’autres filles, des copines qui me supportaient un certain temps avant de partir voler de leurs propres ailes, comme lorsque j’étais à l’Université. Mais depuis Seena - Kate mise à part, jamais aucune fille n’a réussi à m’attacher à elle. Je ne confierais plus mon bonheur à quelque chose d’aussi fragile qu’une vie. J’ai trouvé bien mieux. Une raison pour me battre chaque jour. Une vraie Cause.

Je n’ai pas attendu longtemps pour me faire un trou chez les Chasseurs. Bien sûr ils ne m’ont pas fait confiance tout de suite, il me fallu obéir à leurs règles, d’abord sous Kate, puis sous les ordres d’un type nommé Aberlin et enfin sous ma propre autorité. J’avais déjà ma Foi et ma Croix contre eux, j’eus les pieux et un pistolet en plus sans parler d’une petite merveille de technologie sous la tempe gauche. Cela fait bientôt quatre ans que je combats et soigne dans l’imprenable Forteresse lorsque j’ai du temps libre. Et voilà que pour s’amuser, ils viennent de me donner l’honneur ultime. Me confier – à moi et moi seul – un petit nouveau nommé Deneb.

Deneb. J’aurais du me douter que ce nom était source d’ennuis.
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