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 Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]

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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mar 6 Oct - 17:49

Ranger ou ne pas ranger... Aislinn soupira et jeta un dernier regard à la grande mezzanine qui tenait toujours par l'opération du Saint-Esprit. Elle n'allait pas lui faire visiter la maison, de toute façon. Sauf s'il le demandait, auquel cas elle ne se voyait pas refuser. Mais il n'allait pas demander. Elle n'était même pas sure qu'il veuille passer l'après midi là une fois la vieille bâtisse en vue. La maison de la sorcière n'avait probablement jamais autant mérité son nom qu'au cours du siècle passé, avec le bois qui craquait et la pierre qui s'effritait, les bâches qui claquait et le planchait qui grinçait et soupirait à chaque pas. Le docteur Riagal n'était certainement pas habitué à ce genre d'environnement. Il avait les moyens, d'une part, et d'autre part il passait le plus clair de son temps à l'hôpital, dans un univers désaffecté ou la pauvreté et la saleté ne passait pas le hall, se cantonnant dans un secteur assez restreint.

Il n'allait pas aimer, et elle ne voulait même pas imaginer ce qu'il penserait d'elle. Avec un peu de chance seulement, il garderait sa suffisance pour lui et se retiendrait de commenter ou de lui offrir sa pitié. Elle n'avait pas besoin de son aide ou de son argent. Elle savait jouer sans la fédération et ses membres, et elle était heureuse, dans sa maison en ruines. Un sourire de contentement étira ses lèvres, effaçant l'inquiétude. Il pouvait penser ce qu'il voulait, elle était chez elle. En territoire connu. Là où elle était le plus à l'aise, comme un poisson dans l'eau. Elle pourrait même lui montrer la pluie, s'il restait suffisamment tard pour qu'elle fasse ça bien. C'était assez enfantin, en fait. Mais ça l'amuserait.

En attendant, il fallait préparer les armes, préparer la cour. Elle allait lui montrer de quoi elle était capable, montrer qu'elle était plus qu'une simple gamine rougissante et mal à l'aise, pour ne pas dire un peu idiote. Elle savait se battre, elle. Qu'est ce que le reste pouvait bien faire ? Arbalète et armes diverses, avec un bocal plein de balles normales. Pas d'argent, gaspiller serait idiot. Si elle se souvenait bien, il avait un beretta, et donc il avait beaucoup de chances de prendre du 9mm, comme son glock. Dans le pire des cas, il pourrait trouver un autre pistolet, ça n'était pas ce qui manquait. Les armes pour le paint-ball (bien plus pratique pour tirer sur des cibles en mouvement) étaient en état et rangées, elle pourrait lui montrer. Retenant rapidement ses cheveux avec des baguettes piquées au China, elle examina les lieux, ramassant les balles qui pouvaient trainer et remettant le mannequin de paille plus dans un coin, pour libérer les caisses et bouteilles, et tout le fatras sur lequel ils pourraient tirer. Normalement, il n'y avait rien de précieux, tout irait bien, et les murs en avaient vu d'autres.

Passant dans la cuisine, elle vérifia l'heure. Midi trente. Il devait venir à treize heures. Elle lui avait expliquer comment trouver la maison, avec le rocher, tout ça. Il pouvait se débrouiller tout seul, et la porte d'entrée était ouverte. Ils pourrait rentrer tout seul non ? Porte de la cuisine ouverte aussi, il lui suffirait de suivre la lumière dans le corridor comme toujours trop sombre, et il verrait la cour, et elle. Elle n'avait donc pas besoin de l'attendre devant. Sauf que là, elle s'ennuyait. Et qu'elle avait encore une demi heure. Trente minutes. Elle le détestait. Pourquoi trouvait-il le moyen de la faire attendre, hein ? Se mordant les lèvres, elle s'installa en tailleur sur la table en fer, un peu bancale, et observa le ciel en jouant avec quelques balles, les faisant glisser d'une main dans l'autre. Il faisait beau. Les tuyaux d'arrosage, qui avaient toujours été là, zébraient le ciel, délimitant l'espace qui était à elle. Il ne faisait pas chaud, mais il faisait beau, ils pourraient s'entraîner longtemps.

Lassée d'attendre, elle reporta son attention sur l'épouvantail et se calma un instant. Puisqu'il tardait, elle commencerait sans lui, imaginant la voix de son père, comme toujours. Un peu de sentimentalisme ne faisait pas de mal, et elle appréciait l'idée que les choses ne changeaient pas. Énonçant à haute voix ses cibles – épaule, épaule, droite, torse, tête, genou – avant de lancer ses coups, elle ferma les yeux, se concentrant sur le corps de paille qu'elle connaissait bien. C'était simple, reposant, agréable. C'était enfantin. Tout était pareil, les sons, la maison qui murmurait, comme à son habitude, soufflant sa désapprobation. L'odeur de la nourriture chinoise, les nouilles encore chaudes qu'elle avait prévues au cas où Faolàn n'aurait pas mangé, avaient remplacé celle des plats bien français que préparaient sa mère, mais à part ça, rien n'avait changé. Elle entendait même les pas de son père dans le couloir, dans la cuisine, et des coups portés à la porte. La porte. Ouvrant les yeux, elle délaissa sa cible et se retourna, pointa son glock et tira juste à côté de la porte, trop concentrée pour penser à ne pas presser la détente et à son invité. La balle était passée assez loin, un bon mètre, et le canon du glock glissa plus vers l'homme, tandis qu'elle réalisait doucement et souriait.


« Bonjour. »


Dernière édition par Aislinn A. Aberlin le Ven 16 Oct - 8:50, édité 1 fois
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mar 6 Oct - 19:17

Rien ne montrait ce jour là que le Docteur Riagal avait la tête ailleurs. Il restait aussi précis, autoritaire et souriant que jamais, soignant ses patients avec son efficacité habituelle. Prises de sang, tension, électrocardiogrammes, tests d’efforts, ce genre de chose lui était devenu aussi automatique que respirer et il avait à peine besoin de réfléchir pour poser ses diagnostics. Pareil lorsqu’il s’agissait d’un suivit de traitement ou d’un simple lendemain d’opération. Il comprenait toutefois l’utilité de ce genre de démarches, plus là pour rassurer le patient que par besoin. Ah, que ne donnerait-il pas pour une vraie énigme, un cas, un gamin à sauver des vampires, Deneb.

Hum. Pour que cet idiot lui manque, il fallait vraiment qu’il s’ennuie. Quelle heure était-il déjà ? Dix heures ? Humpf.

Finalement, le reste de la matinée se passa bien. Son dernier patient surtout. Sept ans, deux marques dans le cou et une tendance aux malaises vagaux qui s’accentuait. Inutile de lui dire que sa carence lui avait sauvé la vie, il valait mieux se concentrer sur le positif. Les enfants étaient faits pour rire, tirer la langue, se rouler dans l’herbe ou courir sur les pavés en criant pour sentir le son vibrer. Pas pour avoir peur du noir. Et voir celui-ci sortir le sourire aux lèvres alors qu’il était rentré en larmes était une victoire en soi. Et il était en retard. Il se surprit à courir vers son casier et ralentit soudain. Il serait en retard si Dieu voulait. Pas question d’avoir en plus l’air ridicule.

Montmartre. Après le blanc pastel de l’hôpital, les ruelles des ruines étaient sombres. Le jardin sauvage aurait bien eu besoin d’une coupe. Comment pouvait-on en arriver à vivre ici ? Dans des maisons qui menaçaient de vous tomber dessus au moindre coup de vent, des morceaux de tuiles sur les trottoirs sous-entendais des douches les soirs de pluie, bref, un état de délabrement et de misère à peine croyable. Sur les Terres, tout le monde se débrouillait et les maisons restaient en bon état. Même quand ils étaient neuf dans un trois pièces.

Les mains dans les poches de son jean, le médecin se redressa, empêchant l’air qui lui trottait dans la tête de passer la barrière de ses lèvres. Il y avait quelque chose ici, derrière la crasse et la pauvreté. Une sorte de légèreté faite de flonflons, un accordéon semblant résonner dans la pierre, une envie de chanter en se promenant, la tête loin de la guerre et des soucis. Montmartre était comme Paris. Eternel.

Enfin. Ce n’était pas tout ça mais il avait un rendez-vous. Une promesse idiote, arraché un soir au détour d’un moment de faiblesse. Il savait n’avoir besoin de personne pour s’entraîner et, après réflexion, il n’éprouvait pas vraiment le besoin de revoir la jeune sauvage. Seulement, malgré tout, la gamine était bien une femme et était venue réclamer. Elle avait de la chance qu’il soit un homme de parole tiens. Ah, ce n’était pas le rocher ça ? Il passa sa main dans ses cheveux laissés libres sur ses épaules et tira son T-shirt noir vers le bas pour ne pas dévoiler les couteaux qu’il avait à sa ceinture. Son berretta, lui, restait bien visible dans son holster. Il chercha la maison des yeux, trouva une porte ouverte, frappa, entra. Bon. Personne.

Sans hésiter bien longtemps, il suivit le chemin qu’on lui avait préparé et se retrouva dans la cour. Un vrai champ de bataille cet endroit. Avec des bouteilles, des cibles, des armes, un mannequin et une ravissante…euh…sauvage enfant qui tapait dessus de toute son âme. Il était temps de l’interrompre. Il frappa.

La détonation faillit le faire sursauter. Pendant une fraction de seconde, l’instinct de survie prit le dessus et, comme lors de leur première rencontre, il roula sur le coté et sortit un couteau. Réflexe. Seulement lui, il ne le lança pas. Non. Il était civilisé.


« Si c’est pour tirer comme ça je n’ai pas besoin de cours, je sais déjà faire. »

Il lui rendit son sourire. Après tout, elle l’avait loupé d’au moins un mètre et ce, même s’il n’avait pas bougé. Le couteau retrouva sa place à la ceinture et le médecin se releva, essuyant distraitement la poussière qui s’était agglutinée sur son genou.

« Tu tues souvent les gens qui viennent te voir ? Non parce que dans ce cas là je comprends que tu n’aies pas d’élèves. »

Surtout rester dans la provoc, c’était plus prudent. Et arrêter de penser à la décoiffer même si ces espèces de pics qui dépassaient criaient pour qu’on les enlève. Il s’approcha d’elle, tranquille, détendu, l’ignorant au moment de la dépasser et prit un des fusils de paintball. C’était la première fois qu’il voyait ce genre de truc. Elle n’allait tout de même pas lui faire faire une bataille d’eau…il avait passé l’âge et ce n’était plus la saison…

« On commence par quoi ? »
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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mar 6 Oct - 19:54

Il était réactif. Beau aussi, mais bien que ce soit la première chose qui soit venu à l'esprit de la jeune fille, ça n'avait aucun rapport avec la situation et était tout à fait déplacé (et faux, cela va de soit. C'était un homme bon, et alors ?). Alors qu'elle n'avait pas cessé de le viser, impassible, il avait roulé sur le côté et sorti sa dague, prêt à combattre. Ce genre de salutation lui rappelait quelques souvenirs et l'adolescente sourit, posant son arme sur la table, entre un S&W et un Taurus. Le médecin était comme toujours, collant parfaitement à l'image qu'elle avait de lui. Arrogant, doué, moqueur, combattant. Avant toute chose, répondant à son sourire et visiblement de bonne humeur, malgré le fait que la détonation avait été son premier accueil, il railla, sûr de lui et visiblement persuadé qu'elle n'avait pas fait exprès de le manquer. Ben tiens. Elle tirait peut être avant de réfléchir, mais elle n'était pas totalement idiote et évitait généralement d'assassiner la moindre personne qui entrait chez elle. Cela faisait mauvais genre. Amusée plus que gênée, encore plus ravie en songeant qu'elle n'était pas mal à l'aise, cette fois, elle haussa les épaules et le laissa ranger son arme.

« Vous auriez préféré que je vise où ? L'épaule, le flanc, le genou ? Parce que je peux aussi hein, si vous voulez, mais j'avais pas envie de vous abîmer. Mes réflexes prennent mes goûts en compte, et j'vous aime bien. Au fond. »

Ce n'était pas une réplique merveilleuse, mais c'était la première chose qui lui avait traversé l'esprit, et il s'en contenterait. Innocent, fier (et beau), il se releva et frotta son jean, arrachant un sourire à la chasseuse. De la poussière, hm ? S'il avait peur de se salir, l'entraînement n'était pas la meilleure idée, et surtout pas à Montmartre. Quand on se battait pour de vrai – et pas avec un groupe de clowns dirigés par un abruti, on n'avait pas peur de la saleté et d'abimer ses pantalons. Bien sûr, quand on vivait dans les ruines et que le tissu n'était pas payé bien cher, cela facilitait les choses. Ne relevant pas sa deuxième remarque comme quoi elle avait tenté de le tuer (il était difficile de le nier, depuis qu'ils se connaissaient, l'idée avait bien dû lui venir une bonne demi douzaine de fois), elle se contenta de lui faire remarquer qu'il était en retard sans en avoir la moindre idée et l'observa.

Il n'allait pas vraiment avec le décor, quand on faisait attention à sa classe et à son style bien travaillé. Mais la dague qui dépassait de son t shirt et son pistolet apparent, le haut noir un peu près du corps qui laissaient voir ses muscles en faisaient un combattant et donc, il avait parfaitement sa place au milieu du champ de bataille qu'était l'arrière-cour.


« Et puis pour les élèves... »

Elle avait beau se moquer de ce qu'il pensait et savoir qu'il ne faisait que la provoquer, elle peinait toujours à ne pas répondre à ce genre de choses.

« J'en ai une, elle a douze ans. C'est plus difficile de former des adultes quand on ne l'est pas. »

Elle le regarda faire comme si elle n'était qu'un meuble au milieu d'un vide grenier et prendre une des armes de paint-ball, intrigué et amusant. Il pouvait faire le fier, elle avait des choses à lui apprendre. Alors quoi ? Il n'avait jamais essayé ça ? Il était plus coutumier des pistolets à eau peut être. Dans le cas contraire, il s'était toujours entraîné sur des cibles fixes, et ça n'était donc pas étonnant qu'il ait quelques difficultés. Elle le laissa observer l'arme, pas pressée maintenant qu'il était là, et déchira le sachet d'un nougat qui trainait sur la table, le coinçant entre ses dents, comme à son habitude, chargeant le taurus. Avalant la sucrerie, elle le lui tendit.

« Vous avez une arme de fille. Le Taurus ressemble beaucoup au beretta, mais ça n'est pas un jouet, donc vous pouvez vous en servir, ça vous changera un peu. C'est la fédération qui impose cette arme ? Mon père avait le même. »

Nouveau sourire, puis elle chercha son regard, curieuse de voir comment il réagirait. Elle n'avait pas pris la peine de rendre ses propos implicite, et touchait à sa virilité. Du peu qu'elle avait vu, il devrait réagir à ça.

« Pour le paint-ball on verra après, au Jardin Sauvage. On reste a la maison pour le moment, les cibles fixes c'est cool aussi. Vous pouvez tirer sur ce que vous voulez à deux exceptions, moi et la cuisine. Les murs n'aident pas avec les ricochets, donc ça oblige à faire attention, et évitez d'abimer trop le bonhomme, je l'ai depuis que je suis petite et sa paille se fait suffisamment la malle comme ça. »

Elle sourit et chargea son propre glock, hésitant avant de se libérer de ses autres armes pour être plus légère. Plus de deuxième glock, plus de Bodyguard ni de pieu. La bottleflame était déjà posée sur la table et ses poches étaient vides. A part le trésor qu'elle conservait dans les mains, elle était désarmée. Ça n'avait pas d'intérêt visible mais s'il lui montrait le corps à corps, il faudrait qu'elle n'ait aucun moyen de prendre ses armes.

« Vous me dites ce que vous visez avant, parce que c'est trop facile de tirer au hasard. Genre tu vois la caisse avec écrit fragile dessus ? J'vise la flèche. »

C'était facile. La cible était proche, et la marque rouge. Une détonation,une balle, et un trou dans le bois.

« Enfin là c'est trop facile, ça sera mieux quand on sera l'un contre l'autre. Et puis j'sais pas trop comment faire non plus, vous êtes vieux, donc j'ai du mal a savoir comment m'y prendre, je suis habituée à faire ça avec une adolescente. Si vous voulez faire autre chose, vous me dites, ok ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mer 7 Oct - 0:53

« J’aurais préféré que tu ne me vises pas. Même si je suis flatté d’apprendre que c’est mon charme qui te pousse à appuyer sur le gâchette. »

Il sourit, conscient d’avoir déformé ses propos. Alors comme ça elle l’aimait bien. Au fond en plus ! Les filles ne se rendaient parfois pas compte de ce qu’elles révélaient. Comme si aimer quelqu’un profondément était moins bien que de rester superficiels. Pauvres utopistes. Ce qui était profond ne guérissait jamais complètement et il n’y avait pas grand-chose qu’il appréciait plus que de marquer à vie ceux qui croisaient son chemin.

Ignorant sa remarque sur son pseudo-retard (il avait été pile à l’heure, il le savait parfaitement.), il l’écouta parler d’une élève de douze ans. Une. Douze. En gros, elle gâchait la vie d’une autre fillette qui, comme le gamin de la matinée, perdait son enfance dans une guerre qui n’était pas la sienne. Il ne pouvait pas vraiment le lui reprocher pas plus qu’il ne pouvait en conscience critiquer le père qui mettait un pistolet dans la main d’une gamine mais cautionner ça était trop difficile pour lui. Lui qui avait apprit le combat comme un loisir. Qui avait passé sa jeunesse à courir la nuit sans être inquiété. Lui qui n’avait découvert l’existence des vampires qu’à 15 ans passé. Les parisiens n’avaient pas cette chance. Ils ne pouvaient pas protéger leurs femmes tous seuls. Et c’était pour ça que la Fédération existait. Le seul espoir d’arriver un jour à frapper assez fort pour déstabiliser le gouvernement entier. Renverser la vapeur, rétablir la supériorité des humains sur le monde. Parce qu’après tout, malgré leur force, leur beauté et leur intelligence, les vampires étaient incapables de vivre sans eux. Alors que les humains se passaient tout à fait de morts vivants.

Ne sachant quoi dire, il acquiesça et se concentra sur l’examen de l’arme qu’il avait dans les mains. Apparemment indifférent aux déplacements de la jeune fille et pourtant douloureusement conscient de sa présence dans la cour. Il devait se concentrer pour ignorer le bruit du plastique que l’on tord et le sucre sésamé du nougat. Aislinn devait en consommer des quantités indécente car même ses cheveux en avaient l’odeur. Il se souvenait l’avoir noté quand ils avaient dansé ensemble. Ses sourcils se froncèrent. Elle ne venait pas de le traiter de gamin là ? C’était un comble tout de même.


« Les vampires sont de fillettes aussi. Pas besoin d’un fusil aux pompes pour les trouer. »

Il saisit le Taurus, lui rendant son regard, neutre mais sombre. Sans baisser les yeux, il vérifia que l’instrument était bien chargé et fit jouer la sécurité avant de la remettre souriant soudain. De l’autre main (être ambidextre avait toujours été un atout pour lui), il attrapa son beretta et le lança violement sur le sol. Tout autre arme aurait tiré mais la double sécurité de ce modèle particulier joua. Il n’y eut pas de balles perdues.

« Pour ça. Je préfère autant pas ma tirer dessus quand je tombe. Mais chaque chasseur à son modèle de prédilection je suppose, à la Fédération comme ailleurs. Mon mentor comme votre père utilisait ce modèle et j’avoue l’avoir laissé choisir pour moi. Ça me est égal. Les armes à feu ne sont utiles que si l’on craint le corps à corps ou que l’on est désespéré. Je ne suis jamais dans aucun de ces cas là. »

Il s’était retenu de lui retourner le qualificatif de fillette. Après tout, c’était ce qu’elle était et même avec un implant et de l’entraînement, un poids plume dans son style n’aurait pas beaucoup de chance face à un mort-vivant bien nourri. Bruce Lee qui renversait des hommes faisant quatre fois son volume c’était bien beau mais dans la réalité, le poids et l’allonge restaient importants. L’adolescente arrêta soudain ses provocations et entra (enfin) dans le vif du sujet.

« Je vois, donc si je dis que je vise, au hasard la bouteille à gauche de la caisse, il faut que je la touche, right ? »

Il enleva la sécurité de son arme, visa et tira. Ses bras et ses épaules réussirent à absorber la majeure partie du recul et le verre vola en éclat. Toutefois, il avait un peu trop dévié sur la droite et au lieu de toucher en plein centre, c’était tout juste s’il n’avait pas été trop haut. Stupides engins. Au moins, avec le couteau, il y allait avec l’épaule, le bras, le poignet, le bassin même. Tout le corps participait à la victoire mais là, il suffisait de bouger vaguement un index pour toucher vaguement une cible. Pouah.

« Au fait, tu peux me dire tu, tu sais. Si je dois être ton élève, autant ne pas s’ennuyer avec les formes de politesse isn’t it ? »

Il la regarda mais laissa rapidement son regard glisser vers autre chose de plus intéressant. Comme ses armes par exemple. La bottle, le pistolet genre vieux films français, le second glock, le vieux pieu mal taillé, ce genre de trucs. Il hésita un moment à lui demander pourquoi elle s’ennuyait avec autant d’armes en plein jour mais préféra s’intéresser à son entraînement plutôt qu’à sa vie à elle. Pas que cela ne l’intéressait pas mais…si en fait.

« Bon, ce n’est pas tout ça mais si tu me disais comment faire pour viser mieux ? Parce que je te dégomme tout ce que tu veux avec une couteau donc ce n’est pas l’œil qui fait défaut, l’entraînement je l’ai, pas de soucis. La théorie either. Il doit bien y avoir quelque chose qui cloche, non ? »

Il ramassa son propre pistolet, essuya distraitement la saleté dessus avec un mouchoir en tissu tiré de sa poche et le rangea avant de se redresser distraitement. Ses yeux étaient fixés sur la bouteille, pas totalement détruite à cause de sa maladresse. Certes, il ne connaissait pas l’arme et c’était un peu stressant de faire une démonstration comme ça mais tout de même ! Il en fallait plus pour l’angoisser et il aurait du y arriver. Pour le coup, Richard avait du se retourner dans sa tombe. Enfin. Au moins la bouteille lui donnait une bonne excuse pour ne pas la regarder elle. Tout plutôt que de croiser son regard.
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mer 7 Oct - 18:10

Mais mais mais... Mais non ! Il ne comprenait rien, il était idiot, il était énervant. C'était quoi cette histoire ? Elle avait dit qu'il avait du charme elle ? Elle aurait jamais dit ça. C'était pas vrai de toute façon. Elle hésita a répondre et se retint, réalisant que ce n'était pas la bonne solution. Elle ne pouvait pas répliquer, face a lui. Parce qu'elle était spontanée, naturelle, et qu'il décortiquait tout pour vous mettre mal à l'aise. Il analysait, trouvait les défauts et se moquait. Il était désagréable. Avec elle, comme avec les armes. Aislinn l'observa jeter son beretta au sol, violent. Non mais c'était quoi ce type ? Pauvre arme ! Bon, d'accord, elle était consciente que l'arme ne souffrait pas et n'était pas assez atteinte pour craindre pour leurs sentiments. Mais même, une arme, ça se respectait, c'est ce qui lui sauvait la vie. C'était quoi son problème ? Son regard bleu se planta dans le sien quand il s'expliqua, et elle réprima un rire moqueur.

« Si vous ne le balancez pas par terre il n'y a pas de problème. Je tombe parfois, et je ne me suis jamais tirée dessus. Je dors avec mon glock, et je n'ai jamais eu de problème. Il suffit de ne pas être barbare. »

Il allait sans doute faire une réflexion sur le fait qu'elle était sauvage, et que lancer une arme n'avait rien de barbare. Peut être admettrait-il tout juste que ça ne se faisait pas, et encore. Avec un sourire plus doux, sachant d'un coup comment s'y prendre pour lui faire comprendre les choses, elle souffla.

« C'est comme une seringue. Si vous la balancez, vous pouvez vous piquer. Mais quel idiot ferait ça a du matériel médical ? »

Une moue tordit ses lèvres alors qu'elle regrettait ses mots, n'ayant pas la moindre envie de le vexer, et haussa les épaules pour clore la discussion. Ils étaient là pour s'entraîner, pas pour se chamailler, et elle avait envie de commencer. Il se tairait, et les choses seraient plus faciles, plus reposantes. Les armes étaient simples, et leur fonctionnement prévisible. Pas comme lui. Elle lui montra ce qu'il attendait de lui, confirma qu'il avait bien compris et le regarda faire, détaillant le moindre geste, ses positions et se façon d'être, ravie qu'il ne la voit pas rougir. Il était beau, et mal placé. Bien sûr il allait la toucher, elle était à cinq pas. Mais c'était mal fait. Il se concentra sur le recul, et si la bouteille vola en éclat, ce fut plus grâce à sa force qu'à sa précision. Aislinn sourit.

« Si mon père avait vu ça, il se serait moqué, aurait réduit la cible, l'aurait éloigné et aurait tenté de vous distraire. Vous êtes trop concentré sur vous, c'est pas ce qui est important. »

Un sourire et elle passa son glock à la ceinture pour changer d'arme, au cas où il croirait, avec la prétention qui semblait ne jamais le lâcher, que c'était à cause de l'arme. Doucement, elle lui pris le taurus des mains, ne réagissant même pas au contact, alors qu'elle avait passé sa dernière soirée avec lui à rougir, se raidir ou frissonner. Elle lui fit signe de se décaler, de lui laisser plus de place et recula un peu, jusqu'à buter contre la table.

« J'aime bien dire vous. Parce que vous êtes plus vieux, et quand je respecte, je dis vous. Vous tutoyer c'est bizarre. »

Et maladroit, et tout ce qui allait avec. Si elle commençait à le tutoyer, elle allait oublier de faire attention, oublier qu'il l'exaspérait, et elle serait encore ridicule.

« Je vise le bout de la bouteille avec l'étiquette, tu vois ? Regardez moi, regardez comment je me tiens, vous aller voir. »

Elle vérifia le chargeur, visa, tira. Elle accusait moins bien le recul, y consacrant moins de force, mais la souplesse de ses bras l'empêchait de se faire mal. Il suffisait de faire confiance à l'arme au lieu de se croire au dessus de tout. Elle lui rendit le pistolet et reprit un nougat, hésitante.

« Non, vous êtes doué, c'est sûr. Et puis je risque pas de l'oublier, vous le dites tout le temps. Et je vous ai vu vous battre. Le problème, c'est vous. Pas l'arme, pas vos mains, pas vos bras. Vous êtes juste... Trop dur. »

Elle fronça les sourcils, sans trop savoir comment s'y prendre. Avec Leah, elle tenait l'arme avec elle. Elle se mettait dans son dos et l'aidait. Mais être si proche du médecin, c'était autre chose, et on ne pouvait pas dire que c'était des plus agréable. Ceci dit, il lui avait demandé. Il était d'accord pour qu'elle l'aide, et concédait qu'il avait un problème qu'elle pouvait régler, au moins un peu. Et puis il n'y avait pas d'autre solution. Et ils avaient dansé ensemble, c'était pareil. Elle le fixa un moment, essayant de deviner ce à quoi il pensait, face à ses bouts de bouteille. Vu comme ça, il avait l'air gentil. Bon.

« Attendez voir... »

Posée, elle se glissa derrière lui et posa ses mains sur sa taille pour se placer comme il faut. Oublié le malaise, dissipée la gêne. C'était de l'entrainement, avec des armes. De la préparation au combat. Elle ne lui trouvait rien, elle ne l'attirait pas. Qu'est ce qu'il pouvait bien y avoir de dérangeant ? C'était un élève. Grand et fort, qui l'empêcherait de voir devant et ne serait-ce que d'atteindre l'arme, même plaquée contre son dos. Se détendant, elle étouffa un rire, elle défit ses mains de sa taille et s'éloigna.

« Vous êtes trop grand, ça craint. Avec Leah, j'y arrive. T'es nul doc', j'vais devoir m'y prendre autrement. »

Au lieu de se mettre dans son dos, elle se glissa dans ses bras, hésitant une seconde. Ôter les baguettes pour ne pas l'éborgner, entortiller ses cheveux pour ne pas être gênée. Un pas en arrière, et elle se plaqua contre son torse (beaucoup plus innocente que sa joueuse), glissant ses bras contre les siens.

« Faites pas attention a moi, ou voyez moi juste comme un handicap. De toute façon en chasse, c'est jamais aussi facile. Vous êtes prêt ? »

Un énième sourire et, sans attendre sa réponse, elle lui prit l'arme des mains.

« Posez vos mains sur les miennes, comme ça vous sentirez le mouvement comme il doit être. »

Un tir, une balle, et un mouvement irréprochable. Normalement, il devrait comprendre. Aislinn leva les yeux vers son élève, ravie.

« Ça va ou on recommence ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mer 7 Oct - 19:56

Faolán sourit. On voyait bien qu’elle n’était pas une adepte de la bagarre, la vraie, celle qui n’était ni noble, ni belle mais efficace. Parce qu’au corps à corps, on tombait. C’était presque inévitable. Et, que ce soit par stratégie ou par déséquilibre, le choc était toujours violent. A vous couper le souffle, casser les os, meurtrir les muscles. Si en plus on se prenait un coup de feu, il était probable que l’on ne puisse jamais se relever.

Alors oui, évidement, il était possible qu’une seule sécurité soit suffisante mais, personnellement, il préférait en avoir deux. Pas qu’il lui arrive souvent d’être violent… elle ne venait pas de dire qu’elle dormait avec son arme ? Comme d’autres avec un nounours ? Impressionnant. Presque effrayant même. Et elle osait sous entendre qu’il était barbare ou idiot. Son sourire s’accentua. C’était elle l’amazone, pas lui.


« Ça dépend, vous verriez certains de mes patients, je suis certain que vous envisageriez très sérieusement cette solution. »

Il n’avait pas fait attention à son français irréprochable et soutenu que seul son accent déformait un peu. Il était rare qu’il utilise un français aussi scolaire, et, généralement, il ne le faisait qu’en face de gens important ou qu’il voulait impressionner. Bah. Ce devait être le passage au mode Professeur qui avait réveillé l’éternel étudiant en lui. Mieux valait tirer que se poser des questions idiotes.

Et il tira. Manquant presque sa cible malgré la proximité. Une seconde, le rouge de la honte lui monta aux joues, heureusement caché par sa barbe et rapidement repoussé d’un froncement de sourcil. Il tirait quand même mieux que ça d’habitude. Little Darling avait raison, Richard se serait moqué de lui. Plus ou moins de la même façon que son père d’ailleurs. Les deux hommes avaient du être amis pour se ressembler autant. A moins qu’elle ait (encore) raison que cette génération de chasseur avait toute était formée sur le même moule.

Perdu dans ses pensées, il la laissa le désarmer, se décala et la regarder tirer, sans vraiment faire attention à ce qu’il devait. Evidemment elle toucha, évidemment, quand c’était elle, cela paraissait facile et heureusement qu’elle avait la table derrière elle pour absorber le recul et lui éviter de se retrouver les quatre fers en l’air. Franchement, il se demandait à moitié ce qu’il fichait là. C’était bruyant, odorant et pas pratique. Un couteau que l’on lançait vous tuait un vampire sans donner l’alerte aux autres mais là…autant y aller avec la mitraillette, c’était toujours plus vite fait. Les armes à feu étaient barbares. Et lâches. Et s’il comprenait leur utilité dans le cas de certaines femmes comme Kate ou Aislinn ou faiblesses comme Richard et Deneb (le premier a cause de son âge, le second avec sa malformation), lui n’en avait pas besoin.


« Mais si je suis plus souple, je risque plus de subir le recul et cela va ralentir mon enchaînement. Sans parler du fait que ma visée risque d’être moins ferme et qu’il sera plus aisé de me désarmer. Tu me donnes quel âge by the way ? »

En situation de combat, l’irlandais pensait toujours au corps à corps. Les arts martiaux étaient certes très efficaces mais si l’on exceptait le tir à l’arc, ils cherchaient tous une certaine proximité. Même le lancé de couteau ou de shurikens ne pouvait se faire à plus d’un certain nombre de pas. Il n’avait rien d’un sniper.

Il reprit l’arme, toujours pensif, ni humble ni fier, et la regarda, perplexe. Ce Taurus était un étranger pour lui. Comme son Beretta. Chacune de ses lames avaient des noms, ses bijoux également, jusqu’aux pieux qu’il lui arrivait de nommer mais le pistolet, non. Il ne se sentait aucun atome crochu avec cet objet. C’était même pas joli. Enfin. Il pouvait lui sauver la vie au besoin alors pourquoi pas.

Quand à être « dur » c’était un autre problème. Le genre qu’il ne règlerait pas en sa présence.

Perdu cette fois dans d’autres pensées bien moins belliqueuses, il la laissa utiliser son corps, poser ses mains sur sa taille, si petites, les mains, qu’il avait presque peur de lui faire mal avec un faux mouvement. Elle retint un gloussement et le lâcha, le soulageant d’un poids qui n’avait pas grand-chose à faire avec la réalité. C’était son tour de réagir comme un collégien. Avec une exception près. Il acceptait parfaitement les exigences de son corps. Il les connaissait et savait agir comme si de rien n’était. Elle l’attirait. Bon. Et alors ? C’était le cas avec la plupart des filles en bonne santé et elle avait de la chance d’être encore une gamine où il ne l’aurait pas laissée jouer plus longtemps avec lui comme ça. Il aurait sa revanche. D’ici un an, ou deux, peu importait. Les Irlandais étaient de ceux qui savaient attendre le bon moment.

Apparemment innocente, Aislinn continua son petit jeu, lâchant sa chevelure brune avant de la torsader pour lui montrer sa nuque comme dans un mauvais film pour adolescent. Le genre de ceux qu’il regardait à 14 ans quand Ternoc était sorti. Histoire de se changer les idées, le médecin choppa une bouteille d’eau sur la table et la vida d’une traite. Il suivit mentalement le trajet de l’onde dans son corps, nommant les organes adjacents puis les vaisseaux, la composition d’un sang normal, les anomalies possibles…

Une profonde inspiration plus tard, il réussit à se détendre un peu, ne réagissant que peu lorsqu’elle se glissa entre ses bras. Son corps fin serré sur le sien, sa tête sur son torse et son cœur à lui qui accélérait le mouvement. Humpf. Il n’allait pas se laisser faire. Même s’il devait se réciter le tableau périodique des éléments à l’envers.


« Néon, Fluor, Oxygène, Azote, Carbone… Tu ne me (h)andicape pas Little Darling, c’est à peine si je sais que tu es là.»

Les mains posées sur les siennes, elle tira et toucha à nouveau. Il lui semblait voir le mouvement à présent.

« On recommence. »

Il raffermit sa prise sur ses doigts, prenant cette fois le contrôle et visa une canette un peu plus loin. Il fut une seconde tenté de viser le petit anneau d’aluminium (magnésium, sodium) mais se décida finalement à ne pas tenter le diable et faire preuve d’humilité. La balle toucha le corps du récipient mais encore une fois un peu trop haut. Sans prendre la peine de prévenir Ace ou de la lâcher, il visa la cible d’à côté. Encore, et encore. Toujours. Jusqu’à ce qu’après le quatrième tir réussi consécutif, le percuteur ne trouve que le vide. Plus de munitions.

D’abord surprit, Faolán laissa le silence s’installe puis, lentement, lâcha les mains de son professeur, à nouveau douloureusement conscient de sa proximité. Il hésita entre être gêné ou en colère et, finalement, éclata de rire en se passant la main dans les cheveux. Il avait l’air ridicule mais c’était drôle. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas pu se perdre ainsi totalement dans une tâche simple et répétitive.

Toujours à moitié riant, il plia les genoux et déposa une rapide bise sur la joue de la gamine, lui murmurant un merci à peine prononcé à l’oreille. Puis, toujours d’excellente humeur, il fit un pas en arrière, récupérant ainsi son espace vital et se mit en devoir de recharger le Taurus.


« Je te rembourserais les balles, by the way. Qu’est ce qu’il y a au programme à présent Professeur ? »
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mer 7 Oct - 21:57

« 34 ans. »

La réponse à sa question apportée, elle pouvait passer à ce qui était intéressant.

« Si vous êtes plus souple, le recul se perdra. Vous devriez le savoir. Si vous luttez, c'est toujours plus douloureux. Bon, vous, vous êtes fort, donc pas tant que ça. Mais c'est comme le roseau. Ça plie mais c'est tout. Si on vous frappe dans la main par exemple, avec le poing. Si vous résistez, le choc va se sentir dans le poignet, peut être le coude, vous allez rester immobile mais bon. Si vous restez souple, la main va reculer et accompagner le coup. La douleur va se répartir, et ça sera moins chiant. »

Débarrassée de l'arme, elle hésita un moment à lui montrer et haussa les épaules.

« Vous accusez le coup sans problème, même sans ça. Mais du coup vous pensez plus à ça et vous ne vous occupez pas de l'arme, donc elle fait ce qu'elle veut, logique. »

C'était simple et étonnant que son mentor, qu'il avait dit bon, ne le lui ait pas expliqué. Il aurait fallu qu'il ait son père, il aurait appris le respect des armes à feu qu'il semblait voir comme des outils, un secours, mais pas indispensable. Bien sûr, quand on tire comme un bourrin, ça n'a aucun intérêt, mais s'il faisait plus attention au pistolet, sans le mépriser et penser qu'il aimerait mieux avoir autre chose... Mais finalement, c'était bien le problème de l'homme ça. Le médecin n'était pas fichu de se contenter de ce qu'il avait, comme chez Berthillon. La serveuse était mieux qu'elle, ses lames mieux que les armes de la chasseuse... Avec un sourire, Aislinn décida qu'il était juste capricieux et se reconcentra sur le « cours » et sur l'Irlandais. Poser ses mains correctement pour ne pas qu'il se fasse d'idée, et oublier totalement tout ce qui n'était pas entraînement. Le contact était naturel, facile, et son innocence mise à part, Aislinn n'était plus enfantine. C'était bien.

Faolàn ne broncha pas. Il la laissa s'installer contre lui, impassible, et posa ses mains sur les siennes en se contentant d'énumérer une liste de trucs scientifiques, sans que la gamine ne comprenne ce que ça venait faire là. À peine s'il savait qu'elle était là... Alors la liste, c'était pour prouver ça ? Qu'il pouvait se concentrer sur autre chose ? Étrange et hors-sujet, Ace tira. Juste, comme toujours. C'était quoi cette liste ? Quel rapport avec le jeu ? Concentrée sur ses interrogations, l'adolescente le laissa distraitement diriger leurs mains, pas vraiment dérangée par sa fermeté et son assurance, bien au contraire. Les gestes, même si parfois un peu brusques, étaient assez fluides et naturels, et il glissait d'une cible à l'autre sans souci. Elle le laissa tirer, ne corrigeant sa trajectoire qu'après coup, pour lui montrer son problème, et le laissa continuer, patiente. Sa détermination l'amusait et, finalement, elle était plutôt bien. Rien à voir avec les ruelles sombres et crasseuses dans lesquelles elle était d'habitude. Chez elle, avec un homme qui, si elle ne faisait pas attention aux détails (voix, respiration, parfum) ressemblait un peu à son père. C'était agréable, malgré les secousses du recul.

Il avait l'air de prendre plaisir à l'exercice, de ne plus considérer l'arme comme une plaie, un vulgaire objet sans âme, et elle le laissa vider le chargeur sans se soucier du gaspillage de balles, décomptant au fur et à mesure. Il tira à vide et sembla ne plus trop savoir, laissant un silence assez agréable s'installer, après le vacarme des tirs successifs. Un soupir heureux lui échappa et il la lâcha enfin, lui donnant l'impression que l'arme pesait soudain une tonne. Baissant le canon, elle resta immobile et ferma les yeux lorsqu'il la remercia, réprimant un frisson. Idiot. Avec l'impression que des diapositives défilaient dans sa tête – un claquement, Faolàn, un claquement, ses mains, un claquement... bref – elle le laissa bouger sans broncher se concentrant sur la couleur de ses joues qui lui semblaient de plus en plus rouges. Idiot.

Lorsqu'il reprit la parole, le malaise se dissipa rapidement et elle leva les yeux au ciel.


« T'as vu la taille du bocal ? J'en ai trois autres. Et c'est que du 9mm ça. Et sans argent. J'ai cinq bocaux de 45. sans argent, toujours, et des boites en pagaille. Plein de chargeurs, et j'te raconte même pas pour les armes elle même. Si tu veux me rembourser, achète moi du sucre, mais j'ai besoin de rien, tu crois que je manque de quelque chose ? »

Non mais oh ! Il croyait quoi lui avec ses beaux costumes et ses cheveux toujours bien mis (oui ça a un rapport !). Elle vivait peut être dans les ruines, peut être orpheline (et encore, ça restait à prouver), mais elle ne manquait pas d'argent au point de lui faire rembourser quinze malheureuse balles. Non quatorze, elle en avait utilisé une. C'était idiot, qui avait besoin de compter comme ça ? Il ne pouvait pas oublier ça cinq minutes ? C'était drôle, pas besoin de faire des comptes.

« J'ai pas envie d'être payée pour m'amuser. »

C'est vrai quoi.

« Après je sais pas trop, je vous ai dit, j'ai pas de programme, je suis pas habituée. Ma seule élève est une amie, et vous n'êtes pas vraiment un élève, je vous montre juste. En plus vous devez aussi me montrer pour le corps à corps. Alors c'est comme fous voulez. Je peux vous montrer avec les fusils de paint-ball, mais il faut sortir. Ou alors on continue un peu avec les armes, voir si vous y arrivez sans que je tienne, ou alors vous me montrez ce que vous voulez. Ya le temps de toute façon. Sauf si vous voulez partir tôt. Vous voulez partir tôt ? »

Elle parlait trop, trop vite, sans savoir quoi faire. Ne pas le regarder. Son regard glissa vers la table et elle récupéra le bodyguard, vérifiant qu'il était bien chargé.

« On peut faire la roulette russe avec ça. Comme dans les films... »

Et la seule fois où son père l'avait surprise à jouer à ça, elle en avait entendu parler des mois. Ça ne valait pas la peine. Bien sûr, c'était amusant, ça faisait peur, ça rendait fier et incroyablement confiant. Ça accordait la chance des Dieux. Mais ça ne valait pas des mois de réprimandes. Armant le revolver, elle visa un des tessons de la bouteille qu'il avait fait exploser, au début. Tirer, toucher. A tous les coups. Elle ne comprenait pas comment il manquait ses tirs.

« Vous me montreriez avec le couteau ? Sur ce que vous voulez toujours, mais vous êtes doué avec non ? Après je sais pas trop, dites moi ce que vous voulez. Juste si on sort, faudra que je me change, le paint ball sur les bras nus, ça fait mal. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Jeu 8 Oct - 20:12

« Et pourquoi 34 ? »

La plupart des gens donnaient des nombres ronds. A la rigueur en les modulant d’un cinq bien pratique mais il fallait toujours que Little Darling se démarque du lot. Elle n’était toutefois pas si loin. A l’entendre le traiter de vieux à tout vent, il s’était presque attendu à ce qu’elle dise cinquante.

Bref, il ne s’était pas vexé donc l’honneur était sauf. Cette fois encore, il écouta le cours avec attention, essayant de concilier ce qu’il savait déjà avec ce qu’elle lui disait. Ils avaient une technique de combat totalement opposée aussi il était difficile e s’adapter. On l’avait formée au roseau, lui au chêne. Elle comptait sur la multitude mais se battait seul, il était solitaire et chassait en meute. Et aucun des deux ne commençait seulement à se dire qu’il y avait peut-être là un problème. Quand à l’arme qui faisait ce qu’elle voulait… elle ne pouvait pas vouloir la même chose que lui, hein ?


« Je tire mieux en combat qu’à l’entraînement anyway. »

C’était vrai. Il ne savait pas pourquoi, Richard lui-même n’avait jamais compris mais c’était comme si l’adrénaline le poussait à se surpasser. Ou alors que la perspective de tuer un être approximativement vivant plaisait au pistolet. Ou qu’il se concentrait moins sur son public. Allez savoir.

L’entraînement se passait bien. C’était simple, presque agréable si on oubliait le bruit et, lorsque finalement il la lâcha ce fut comme une rupture dans l’ordre naturel des choses. Le silence semblait déplacé, tout comme l’absence de poids sur sa poitrine. Il fallait avancer. Faire quelque chose. Dire quelque chose. N’importe quoi. Et si possible du n’importe quoi de qualité. Hum. Dans le genre n’importe quoi ça se posait là mais au moins sa phrase avait eu l’effet escomptée. Aislinn était repartie dans un de ces monologues à la fois nerveux et décousu dont elle avait le secret et qui le faisait toujours sourire. Il nota de lui offrir l’équivalent d’une cartouche de balles en sucres (il demanderait à Jay de l’aider à trouver. A moins que les caramels au chocolat qu’il avait vu dans la vitrine de son chocolatier habituel suffisent ?) et lui sourit doucement.


« Heureux de savoir que tu t’amuses alors. Et non, je n’ai pas prévu de partir tôt. J’ai bien une chasse de prévue mais pas avant la coucher de la soleil. »

Il suivit son regard jusqu’au Bodyguard et la laissa jouer avec la molette, levant à peine les sourcils.

« Dans les films ce sont des balles à blanc. Ce serait vraiment un façon stupide de mourir Little Darling. Franchement. Personnellement je considère plus courageux de vivre vieux dans le climat actuel que de montrer une pseudo bravoure avec ce truc. Tu n’as rien à me prouver tu sais. Je sais déjà ce que tu vaux. »

Il fallait absolument qu’elle s’enlève cette idée stupide de la tête. Il refusait de la voir arriver aux urgences avec un trou dans la tête juste parce qu’elle aurait voulu impressionner il ne savait quel imbécile Denebien.

« Surtout que tu ne risques pas seulement ton vie. Pas vraiment même, il est assez rare de réussir à mourir en partant de la tempe. Non, il y a bien plus de chance que tu te retrouves quadriplégique. Aphone. Stupide. Ou bien lestrois en même temps. Oh, tu serais courageux, personne ne le nierait mais dans cet état, je ne suis même pas sur que le mot « courage » ait un sens. »

Il se sentait comme un vieux grincheux qui ne trouvait son plaisir qu’en gâchant celui des autres mais il voulait qu’il comprenne. Il ne savait pas pourquoi, juste que c’était important pour lui. Elle tira à nouveau...sur un tesson. Le pire était passé, elle semblait avoir même oublié sa proposition. Tant mieux. Restait à trouver quoi faire. Ils avaient plusieurs heures de jours devant eux encore et des milliers de choses à faire. Trop pour faire un choix correct.

Machinalement, comme la gamine tirait, l’irlandais lança son couteau droit dans le cœur du mannequin de paille, et s’amusa avec un autre, le faisant tenir en équilibre sur son index tendu. Il resta ainsi quelques secondes et pris sa décision. Le corps à corps c’était bien. Tant que cela ne devenait pas du contact. Et peut-être qu’enseigner a quelqu’un de moins obtus que Deneb lui donnerait plus d’assurance. Parce que, franchement, Gavroche faisait chier. D’un mouvement de poignet, il fit sauter le couteau, le rattrapa par le bout de la lame et lui tendit, le manche en avant.


« Exercice simple, essaie de me toucher »

Il enleva lui aussi toutes les armes qui lui restaient (dague et couteaux) qu’il posa sur la table, fit jouer ses épaules pour se détendre, chercha un morceau de bois qu’il coupa approximativement à la bonne taille et se déplaça, silencieux, vers le milieu de la cours.

« Vas-y et n’aie pas peur, you cannot hurt me, donne toi à fond. »

S’il voulait lui enseigner quelque chose, il fallait d’abord qu’il voie sa technique. Mais il était confiant. Des années d’expérience, une plus grande force et une allonge vraiment supérieure, il ne pouvait pas perdre.
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Sam 10 Oct - 15:17

« J'en sais rien, 34, c'est pas mal. Et puis j'vous vois pas plus vieux, même d'un an. Et je déteste les chiffres ronds, en général, c'est toujours 2 4 7 qui vient, sinon ça sonne mal. »

Mais ses manies sans logiques n'étaient pas vraiment intéressante, elle était là pour l'entraînement, pour lui montrer à la fois ce qu'il pouvait faire pour tirer mieux et qu'elle n'avait rien de la gamine idiote et maladroite qu'il avait vue à l'hôpital, gênée par une danse, rendue jalouse par son comportement qui, il fallait l'avouer, était de toute façon stupide, immature, prétentieux, provocateur et puéril. Masculin. Même Ben avait passé l'âge de ce genre de stupidités. Et pourtant son ami avait été un moment coutumier de ce genre de trucs. Pourquoi les hommes – si tant est que Ben soit considérable comme un homme à part entière et pas comme un frère/ami/nounours – avaient-ils toujours besoin de draguer en sa présence ? Elle faisait un genre de porte bonheur ou quoi ?

Elle le laissa se défendre de son tir sans répondre, pas vraiment intéressé par ses justifications. Il y avait toujours des trucs qu'on arrivait mieux à faire en chassant. Ne pas avoir peur de la mort, par exemple. Ne pas penser aux repas, ne pas penser à la solitude qui allait suivre, ne pas se dégoûter du sang, ni se demander ce que cet état ni mort ni vivant faisait à Richard. Ne pas craindre l'ennemi, ne pas penser à une technique quelconque pour ne pas perdre de temps ou de force, et parce que les gestes naturels, ceux qui venaient dans le feu de l'action étaient toujours meilleurs. La chasse facilitait beaucoup de choses, ça n'était pas utile de le faire remarquer, tout le monde le savait. Elle se concentra donc sur l'entraînement et l'explication, se collant dans ses bras pour lui faire comprendre les mouvements. Il était médecin, il savait décrypter le corps humain, alors avec celui de la chasseuse dans les mains, il devrait comprendre. Il comprit, d'ailleurs.

Il enchaina les tirs, finissant par réussir chacun de ses coups, laissant une Aislinn souriante et ravie d'avoir réussi à lui montrer comment il devait faire. Non seulement elle s'était montrée meilleure, mais en plus, elle avait prouvé que ça n'était pas le fruit du hasard puisqu'en lui montrant bien, avec ses explications et son aide, il avait progressé. Bon, il n'avait pas vraiment eu besoin de la garder dans ses bras tout le long, dirigeant l'arme presque seul, bien qu'elle ait corrigé certaines de ses trajectoires après coup pour lui montrer ses erreurs. Pas besoin non plus de lui faire remarquer, tout à la fin, avec un remerciement qui lui colla des frissons, que la situation n'était pas si naturelle que ça. Mais au moins, il avait compris ce qu'elle tentait de lui expliquer. Et peu importe qu'il fanfaronne encore après coup, qu'il parle d'argent ou de remboursement.


La chasseuse leva les yeux au ciel. En plus, ça l'amusait cet imbécile.

« Avant le. C'est le coucher, un coucher de soleil. »

Elle l'oublia pour son arme, plaisantant sur les possibilités de jeu qu'elle offrait, et cette fois, ce fut lui qui réagit au quart de tour, malgré son air calme et indifférent. Un joli sermon, digne d'un Richard au mieux de sa forme. Des balles à blanc ? Elle n'y avait pas pensé à vrai dire. Enfin la nature de la balle ne changeait rien, puisque le but était de gagner. Si on ne tombait pas sur la balle, qu'elle soit a blanc, en argent, chargée de peinture ou normale, ça ne changeait rien. Et son énumération de souffrances maladives n'y changeait rien. C'était fait, et franchement, si on commençait à penser à tout ça, le jeu perdait tout son piquant, et l'adrénaline se transformait en trouille monstre. Elle réprima l'envie de le corriger, songeant que ça n'était pas le moment, et haussa simplement les épaules avec un air las.

« On dirait mon père, je disais juste ça pour rire là. Et je vaux quoi ? »

Parce que bon, ça n'était pas parce qu'il « savait » que son idée était bonne. Elle était quoi pour lui ? Son tir eut pour écho un couteau planté dans le mannequin et Ace l'observait s'amuser avec un autre. Il allait devenir le professeur, maintenant ? Elle prit l'arme et effleura le fil de la lame du doigt, juste pour voir. Longtemps que personne ne lui avait imposé d'exercice. Un sourire accueillit l'idée, avant qu'elle ne fronce les sourcils.

Ne pas le blesser. Elle ne pouvait pas le blesser. Avec une arme tranchante, en argent, elle ne pouvait pas le blesser. Ben tiens, et la prochaine fois, il lui proposerait de lui servir de cible de tir en lui annonçant que les balles d'argent ne pouvaient pas lui faire le moindre mal... Il était confiant à ce point ? Pourquoi ? A cause de son entraînement à lui, de ce qu'il savait de ses capacités à elle ? La dernière fois qu'il l'avait vu se battre avec une lame, elle s'était plutôt bien débrouillée, elle avait même reçu une médaille pour ça. Il faudrait peut être qu'elle la retrouve d'ailleurs, au moins pour savoir à quoi elle ressemblait, au cas où le médecin le lui demanderait pour une raison X ou Y.

Il avait vu qu'elle savait se servir d'une lame, donc c'était bien son entraînement à lui qui lui donnait cette assurance. Enfin doué ou pas, il s'était quand même retrouvé au sol la dernière fois, avec sa précieuse lame. Et pour le coup, il n'avait rien trouvé à redire concernant les armes à feu. Il était plus fort, elle était plus souple. Il était sans doute un peu plus rapide, puisque si elle ne se trompait pas il avait aussi un implant, mais sa taille rendait ses mouvements un peu moins fluides et s'il excellait probablement en attaque, elle avait appris à fuir. Ce qui pouvait paraître lâche lui permettait de penser d'abord à esquiver et de ne pas se retrouver trop vit en difficulté. Ce qui restait, c'était son aisance à lui avec les couteaux, alors qu'elle aimait le tir, ou même les pieux, quand rien ne limitait ses mouvements, quand rien n'obligeait sa main à une place précise.

Avec un pieu, elle pouvait le retourner dans sa main. Les lames empêchaient ça. Pour un entraînement, c'était pire. Quand elle s'entrainait avec des adultes, au pieu, elle pouvait le tenir à l'envers pour frapper sans transpercer. Le poignard ne permettait pas cette sécurité. Elle serait donc moins à l'aise par peur de blesser, quoi qu'il en dise, et donc maladroite, faible. Là, c'était certain, il ne pouvait que gagner. Et puis elle détestait attaquer sans raison. L'entraînement n'avait jamais réussi à lui faire passer l'attaque compréhensible. Contre un vampire ou un transfuge, c'était facile, elle était là pour ça. Mais un type qu'elle appréciait qui se plantait devant elle en lui disant « attaque-moi »... C'était juste étrange, et pas très rationnel.

S'il attaquait d'abord, elle aurait besoin de se défendre et les mouvements seraient naturels. Là, elle devait l'observer sans que son esprit ne lui impose des images qui n'avaient rien à faire dans l'esprit d'une guerrière, qu'elle réfléchisse, qu'elle analyse. Et l'analyse rendait le combat moins drôle. La réflexion et l'étude tuaient le jeu. Idiot d'Irlandais qui allait croire qu'elle était faible. Aislinn soupira, sans la moindre envie d'attaquer. Elle n'avait pas envie d'être contre lui, c'était idiot, aucune logique. Pas envie d'avancer, de frapper, d'esquiver. C'était ennuyeux. Il rendait les choses ennuyeuses. Elle allait vraiment devoir le faire, hein ?

Les pensées en vrac, son monologue silencieux ne changerait rien, elle devait frapper. Inspirer, fermer les yeux une seconde, sourire et avancer. Frapper vers le flanc, retenir la main qui voulait chercher le glock pour se rassurer. Pas de pieu, pas d'autre arme. Elle devait lui faire confiance, se faire confiance, retourner rapidement la dague, perdant du temps, pour frapper avec le manche. Maintenant qu'elle y était, son geste lui semblait mauvais. Elle aurait du viser le coeur. Mais comment faisait-elle avec un type qui n'attendait que ça ? Aucun vampire ne l'avait encore attendue en souriant, la regardant dans le blanc des yeux en attendant qu'elle tente de le tuer. Rah, les entrainements au corps à corps étaient idiots.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Sam 10 Oct - 16:53

« Tu vaux de mourir vieille dans mon lit. Ton lit. Whatever. »

Si même sa langue s’amusait à le déstabiliser c’était mal barré. Oh, et puis le français, franchement, c’était pourri comme langue. Plus personne ne parlait comme ça de nos jours. Ils s’étaient tous mis d’accord sur l’anglais qui, bien que moche, avait le grand avantage d’être facile et évolutif. On pouvait inventer des mots. Pas comme dans ce pays étrange où les enfants vous reprenaient pour une simple erreur de genre. Le coucher, la coucher. Quelle importance. Tant que l’on comprenait. Oh et puis zut. Au combat au moins, il n’y avait pas besoin de parler. Et il n’allait pas lui laisser le plaisir de lui montrer qu’elle avait touché un point sensible. Non monsieur. Il était au dessus de ça. C’était partit.

Il y eut un moment de flottement. Une première erreur de la part de la jeune fille qui lui permettait de se concentrer sur le combat à venir. Il prit une respiration, se centrant sur lui-même. Sa place dans la ville, sur le continent, dans l’univers. Un simple point autour duquel tout se rééquilibrait. Pendant quelques minutes, l’infini tout entier allait tourner autour de lui. Pas que cela change quelque chose mais c’était une question de référentiel. Il savait parfaitement où il était. Une seconde respiration pour mieux sentir son corps et en prendre possession. Chaque muscle devait lui obéir, c’était crucial. Il ne tolérait ni fatigue, ni crampe, ni hésitation, ni même une mèche de cheveux tombant dans ses yeux. Une troisième respiration (le nombre clé d’Aristote, rien à voir avec ces histoires de 2, 4 ou 7) et il était prêt. Elle pas.

Pas vraiment là, le médecin attendit patiemment qu’elle se décide, surveillant son « body-language »…langage corporel probablement – pour ne pas être surprit. Il regarda ses poumons se remplir, elle était tendue. Fermer les yeux étaient une mauvaise idée. Sa main était trop basse, elle ne viserait pas le cœur. Il sourit.

Pas de côté, demi-volte et l’on esquive. Le combat n’était rien d’autre qu’une danse mortelle, il l’avait toujours pensé. Quand à l’attaque en elle-même, elle était très mauvaise. Visiblement, Aislinn n’était malgré tout pas de celles qui arrivaient à faire abstraction du contexte dans un combat. Ce n’était pas la première fois qu’il se trouvait confronté à ce problème. Lui-même l’avait vécu au début, contre Kate. Il n’y avait qu’avec Deneb qu’il ne voyait aucune raison de retenir ses coups.


« Si tu n’y mets pas du tiens, ne perds pas mon temps, déclare forfait. »

Et il attaqua d’un enchaînement rapide. Courir vers elle, s’accroupir, lancer le pied pour une balayette, frapper de l’avant bras dans les côtes flottantes pour l’essouffler. Se relever. Un pas en arrière pour retrouver l’équilibre, un autre en avant et on lance le poing tenant le bâton droit vers le cœur. Normalement, elle devait réussir à le bloquer et c’est alors qu’il pouvait lui donner un coup de pied (ou plutôt de tibia) sur les mêmes côtes, de l’autre côté. Il n’allait pas lui laisser le temps de souffler. Les états d’âme n’avaient rien à faire en combat. Qu’est ce qu’elle croyait la gamine ? Qu’on pouvait dire : non, merci, je ne suis pas d’humeur ce soir, une autre fois ? Stupide. Comme tous ces chasseurs qui chassaient par sadisme, par pseudo vengeance ou par amusement. Les vampires n’étaient pas des clowns (enfin la plupart), ils avaient été humains autrefois. Ils pouvaient revêtir le visage d’amis tombés à vos côtés. Parler, railler, jouer sur vos sentiments. Il ne voulait pas qu’elle tombe parce qu’elle avait rencontré un vampire sexy qui l’aurait fait rougir avec des sous-entendus à deux shillings.

Ses réflexions n’avaient même pas ralentit son corps concentré. Pied, pied, main bâton, pied, bâton, main. Partout, tout autour d’elle, sans chercher à modérer ses coups. Il la savait résistante à la douleur et il n’était pas vraiment en situation de combat, il ne visait aucun organe fragile. Kate et Richard l’avaient bien formé. Il valait mieux avoir deux fractures causées par un ami qu’une mort rapide offerte par un ennemi. Un bond en arrière pour esquiver une riposte. Le harcèlement commençait-il à porter ses fruits ? Parce que bon, c’était bien joli la danse, mais si c’était pour en mettre plein les mirettes à une gamine, il aurait commencé par enlever son T-shirt.
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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Sam 10 Oct - 18:08

Un moment, la gamine se contenta de cligner des yeux, surprise. Si le lapsus aurait pu être une simple moquerie, un sous-entendu pour la faire rougir et la mettre mal à l'aise, l'expression du cardiologue excluait l'hypothèse du mauvais jeu de mots. Visiblement, la faute n'avait pas été volontaire, et il était agacé d'avoir encore fait un contresens, arrachant un vague sourire à l'adolescente. Sourire qui s'estompa dès qu'une fichue saloperie de voix, du genre de celles qui résonnent dans votre crâne quand vous n'en voulez pas, lui souffla qu'elle était en réalité bien ravie qu'il se soit trompé comme ça. Peut être qu'il s'intéressait à elle, en fin de compte... Elle soupira. Comme si les états d'âmes d'un homme de deux fois son âge (à peu de choses près) l'intéressaient. De toute façon, elle avait bien vu avec Violette ou l'interne, il s'intéressait à tout ce qui bougeait et était féminin. Avec une voix un peu grave et d'un calme forcé, elle osa se moquer dans un murmure.

« Je pensais pas que vous pouviez vouloir coucher même avec moi... »

Bref. Déglutir et se concentrer sur le couteau pour qu'il ne la voit pas rougir. Tous ces trucs, ça n'était pas pour elle. S'il était là pour le sexe, il pouvait bien repartir, elle n'était pas intéressée. Non mais il croyait quoi à la fin ? Et en plus, il voulait la faire combattre, se concentrer. Elle était sûre qu'il le faisait exprès. Oublier l'idée et se concentrer. Ce qui pour beaucoup n'aurait pas été bien simple fut pour elle aisé. Il suffisait de ne pas vouloir y penser. Non, il n'avait pas fait exprès. Non elle n'imaginait rien avec lui. Ni son corps, ni ses envies. Elle était trop jeune, trop désintéressée, et il était vieux, moqueur et désagréable la plupart du temps. Il avait de l'argent, ne vivait pas dans son monde. Pourquoi elle pensait à ça au fait ? Souriant, ne creusant pas pour redécouvrir ce qui l'avait fait rougir, elle se prépara à attaquer. Mal. Ne pas blesser, ne pas blesser... Et frapper où dans tout ça ? Elle avait visé le flanc, changé d'orientation, ses pas s'étaient confondus et elle n'avait pas son glock. Il était où ? Elle voulait son glock, son trésor. Pourquoi se battait-elle sans lui ? Elle n'avait jamais fait ça. Et on ne pouvait même pas avancer qu'il fallait s'attendre à combattre dans tout type de situation, celle-ci était encore plus improbable que chasser de nouveau aux côtés du médecin. Son glock, elle ne le laissait presque jamais. Pas la nuit en tous cas. Au pire elle abandonnait les autres armes mais pas ça. Déclarer forfait ? Oubliant un peu le reste, respect et compagnie, la gamine fronça les sourcils

« Allez-vous faire voir Faolàn. »

Idiot qui la prenait pour un jouet. Elle lui faisait perdre son temps ? Ou peut être s'était-il trompé, comme pour le lit... Il avança, elle recula et lâcha le couteau pour récupérer son pieu, maintenant à sa portée tandis qu'elle butait contre la table. Trouver un échappatoire. Elle frappa vers le flanc droit cette fois, sans même avoir l'intention de le toucher, juste pour qu'il recule, qu'il dégage. De l'air. Le bras de l'Irlandais se balança dans ses côtes et elle retint un gémissement, serrant les dents. Qu'il bouge, qu'il recule, encore. Se décalant sur la droite, rapidement, sa main libre survola la table sans qu'elle n'attrape quoi que ce soit. Si elle prenait le glock, si elle tirait, elle gagnait. Mais si elle se savait capable de ne pas le tuer, elle tirerait probablement, et la balle toucherait l'épaule, ou la jambe, ou frôlerait son corps de façon à ce qu'il la laisse un peu. Et il ne fallait pas. Ça n'était pas du paint-ball, bien pire que la roulette russe contre laquelle il avait râlé tout à l'heure. Ne pas toucher aux armes, partir, fuir, frapper. Ne pas tuer. Il allait vite, elle ne voulait pas se battre, elle était où déjà ?

Le regard de l'adolescente se posa sur son camarade de paille et elle saisit le mouvement de Faolàn du coin de l'oeil. Un entrainement. C'était juste un entraînement. Et il frappait diablement juste, ne se retenait pas. Il n'avait pas peur de lui faire mal, elle ne devait rien craindre non plus. Repoussant son bras en frappant contre son poignet, l'argent qui enserrait ses avants-bras rendant sans doute le choc un peu douloureux pour lui, comme elle sentait les maillons marquer sa peau. Aislinn sourit. C'était plutôt cool en fait. Elle aimait bien. Elle l'aimait bien. Il allait faire quoi maintenant ? La jambe partit et la chasseuse ne perdit pas son sourire. Se servir de l'environnement. Son père l'avait bien éduquée et, toujours trop proche de la table, elle frappa dans une chaise en fer, la faisant tomber et avec elle un bocal vide qui se brisa. Bruyant et sans doute déroutant, elle évita le coup lancé sans trop de difficulté, ne tentant rien elle-même. Il allait se fatiguer à frapper dans le vide. Dégageant la chaise qui la gênait d'un coup de pied, elle se plaça mieux dans la cour. Plus d'espace, plus de liberté, plus de vie. Et avec ça, elle n'avait pas récupéré son glock. Elle était essoufflée, mais elle riait. Son rire de gamine qui éclatait toujours quand le combat devenait logique pour elle. C'était bruyant, mouvementé, ça éclatait dans tous les sens, bref, c'était drôle. Plein de vie. Et ça lui rappelait des tonnes de souvenirs. Le médecin frappait, encore et encore. Rapide, fort. Il touchait assez souvent, sans atteindre l'humeur de la jeune femme. Elle frappa en réponse à un coup qui l'avait fait vaciller et le bouscula, redevenant d'un coup sérieuse. Le rire s'éteignit et le pieu partit, sa main et tout son corps suivit le mouvement. Elle le tenait à l'envers au cas où et toucha. Le ventre pour lui couper la respiration. A son tour, elle le fit reculer, cessa un moment ses coups quand il récupéra son couteau, hésitant à lui demander son glock. Il dirait non. Et de toute façon, il frappait déjà. Encore, encore et encore. Un coup bien porté lui fit plier les genoux et elle se rattrapa vite, se décidant à tenter sa chance quand même.


« Dis, j'peux avoir mon glock ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Sam 10 Oct - 20:53

Même avec elle. La gamine était encore assez innocente pour ne pas être consciente de son charme. S’en était…touchant. Mais ce n’était pas le moment de badiner. Faolán retint donc la demi-douzaine de répliques légère qui lui avaient traversé l’esprit et se concentra sur le combat avant de s’y perdre totalement. Frapper, frapper, frapper. Le corps est une arme, le cœur un outil. La tête, elle, doit rester en dehors de tout ça, à la fois absente pour ne pas consommer d’oxygène superflu mais disponible en cas de besoin. Parfois il fallait réfléchir vite. Pas là cependant, elle se défendait comme… et bien comme une fillette, aussi curieux que cela puisse paraître.

Finalement, sa technique paya et elle sembla comprendre où était son intérêt. Elle lui lança un défi dont la pseudo vulgarité le fit sourire et reprit du poil de la bête. Sa retraite devint plus organisée, elle le menait contre la table. Il suivit, notant sans vraiment le voir le couteau tomber. C’était malin ça encore. Comment elle voulait apprendre à se battre au couteau si elle s’obstinait à s’entraîner au pieu ? Stupide.

Il continuait à la harceler, moins précis cependant, se demandant vaguement ce qu’elle fichait. Elle le frappa au flanc droit, il esquiva, lui donnant un peu d’air avant de reprendre de plus belle, inconscient du dilemme qui la travaillait. Si elle avait du temps pour se poser des questions alors c’était qu’il ne la maltraitait pas assez. Il redoubla d’efforts.

Une chaise tomba quelque part, brisant un truc en verre dans un étrange vacarme. Pas vraiment surprit mais trop prudent pour ne pas vérifier quand même, le médecin perdit un quart de seconde que son adversaire sut mettre à profit pour s’éloigner, l’attendant au milieu de la cour, riant aux éclats. Si elle voulait. Rapidement, il la rejoignit, la salua avec un sourire (sa joie était communicative) et, retrouvant sa concentration, reprit ses enchaînements. Main, bâton, pieds, main, main, bâton, pied, bâton, avançant pas après pas, reculant parfois quand elle trouvait une ouverture. La main de la gamine jaillit soudain pour lui cogner le ventre, assez durement. Par réflexe, le médecin contracta ses abdominaux et fit quelques pas en arrière, surprit. Sans louper un mouvement, il changea le bâton de main et ramassa son arme qu’il tint du côté gauche, en back-up. Elle hésita, il frappa. De la paume sur son cœur. Il aurait été armé, elle serait morte. Pour la cinquième fois de l’exercice, au moins.


« Dis, j'peux avoir mon glock ? »

La surprise lui arracha un nouveau pas en arrière. Ben voyons. Et la prochaine fois elle allait lui demander de l’eau ? De se rendre peut-être pendant qu’on y était ? Si elle voulait son machin elle n’avait cas le prendre. Le « Pouce » ne marchait pas ici, ils étaient dans le cour des grands. Ou du moins le pensait-il jusque là.

« C’est idiot. Maintenant je sais ce que tu vises. Mais vas-y, essaie toujours. »

Il fit un pas de côté, se plaçant entre elle et la table pour corser un peu les choses, jouant machinalement avec son couteau. Et il frappa. Encore, lui frôlant cette fois le cou de son bâton tandis qu’elle se dégageait souplement. Il se redressa lui aussi, cherchant à retrouver son centre d’équilibre. Beaucoup se seraient précipitées vers la table, profitant de la pseudo ouverture qu’il lui offrait. Elle ne fit pas l’erreur, remontant encore un peu dans son estime. Maintenant qu’elle se donnait à fond, elle se battait mieux. Pas encore bien, mais l’égratignure qu’il avait au poignet droit était la preuve qu’elle se défendait plus ou moins. Il se baissa, envoyant sa jambe lui balayer les chevilles tandis qu’elle esquivait. Il se releva alors et, profitant de son élan, lança sa main gauche, parfaitement dans l’axe, frôler la bretelle gauche de son débardeur au niveau du décolleté. Normalement, si tout s’était passé comme prévu, il la lui avait coupée sans même la toucher. La preuve qu’il aurait pu avoir le cœur ou la gorge comme il le voulait. Pas de côté.

Le chemin vers la table était maintenant totalement dégagé. Tant pis. Il ne comptait pas lui laisser assez d’air pour qu’elle ait le temps d’y penser anyway. Coup. Coup. Coup. Presque au même rythme que son cœur. Il commençait à avoir chaud et ses cheveux se collaient sur sa nuque mais la respiration tenait le coup et son pouls ne s’emballait pas. Les heures de course à pied finissaient par payer. Elle se fatiguerait avant lui. Même s’il se donnait plus à fond. Un coup de poing vers le flanc, un autre vers la mâchoire. Sans relâche. Coup, après coup, après coup.
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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Sam 10 Oct - 22:54

Visiblement, ce dernier coup avait été bien porté, et malgré ses abdominaux et sa résistance, le docteur Riagal semblait accuser le coup, lui laissant encore un peu plus d'espace, lui conférant toujours un peu plus de confiance. L'entrainement était certes quelque chose de sérieux, mais il ne fallait pas oublier que l'autre n'était pas un ennemi, et que ses coups étaient plus un service qu'autre chose, en réalité. Quand ils n'étaient pas trop forts, ni donner avec la suffisance du médecin en tout cas. Alors qu'elle s'efforçait de ne pas trop piétiner le verre qu'elle-même avait fait tomber, elle s'intéressa plus à ce qu'il faisait qu'au combat, le regardant changer de main et récupérer son couteau. Deux armes, c'était deux fois plus à surveiller. D'un coup, la gamine se sentait lasse. Il était doué, il était fort, et il se moquait suffisamment d'elle pour ne pas avoir peur de lui faire mal. D'un autre côté, elle aimait le combat et savait assez bien esquiver. Le combat promettait d'être long. Si elle se concentrait sur ce qu'elle faisait du moins, et si elle ne le laissait pas ronger l'espace qu'elle avait mis entre eux.

Un moment de lassitude un peu bizarre. Elle ne savait pas quoi faire. Perdue. Absente. Elle le regarda avancer, sans trop réagir, et finit par frapper, maladroite, sans volonté. Lui, par contre, n'avait pas perdu de son énergie et de son envie de vaincre. Sa main frappa, cognant contre sa poitrine, répondant aux battements de son coeur, un peu forts, un peu bizarres. Le choc lui fit fléchir les jambes et elle se ressaisit, reculant. Trouver un truc, gagner du temps. Surprendre. Le voyant reculer, elle sourit. Gagné. Il pouvait bien la mépriser encore un peu, lui dire que ses idées étaient idiotes et même – il l'avait certainement pensé – qu'elle n'était qu'une môme. Il n'empêche qu'elle avait du temps pour reprendre ses esprits, son calme, et qu'il avait été, l'espace d'un instant, déboussolé.

Non, elle ne tenterait pas de récupérer son arme adorée. Pas un pas. Ses doigts se replacèrent sur le corps en bois du pieu et elle attendit, patiente, qu'il s'élance, puis qu'il frappe, et ce ne fut que lorsque son bras fut lancé et que le bout de bois qu'il tenait lui frôla la gorge qu'elle bougea, se dégageant doucement, reprenant sa place au centre de la cour, évitant de justesse le second coup porté aux chevilles. Il s'était relevé beaucoup trop vite, résultat de l'implant. Il n'aurait pas pu retrouver son équilibre avant qu'elle ne soit hors de portée sinon. Et elle voulait toujours son glock. De nouveau, Faolàn frappa, et la déchirure du tissu la surprit, lui faisant écarquiller les yeux. Non... Il... Dégueulasse. Il essayait quoi là, avec ses coups minables, ses frappes idiotes ? Il ne s'amusait pas. Il devait lui apprendre, mais il ne faisait qu'essayer de la mettre en difficulté, de la blesser ou de lui montrer quoi ? Qu'elle n'était rien ? Imbécile.

Il ne cessa pas de frapper, la rapprochant dans un premier temps de la table, puis tentant de l'en éloigner, de la mettre en difficulté, puis de se mettre entre elle et son glock. Mauvaise idée. On n'empêchait pas Ace de toucher à son arme, on ne la privait pas de la chose à laquelle elle tenait le plus au monde. Rapide, décidée, elle n'eut plus peur de blesser et frappa de nouveau, sans le toucher, mais l'empêchant de se mettre sur son chemin.

Ramassant la chaise qu'elle avait fait tomber plus tôt, la tenant fermement par le dossier, elle le frappa directement, rapidement, et les pieds de fer heurtèrent ses hanches, le repoussant, lui laissant de l'air. Il allait avoir mal... Ne pas hésiter. Elle lâcha la chaise et quelques rapides pas en arrièrent la menèrent vers la table. Pendant qu'il reprenait son équilibre et avançait vers lui, elle glissa le glock à la ceinture, de nouveau souriante, et s'élança vers lui, faisant mine de frapper vers l'aine, puis changea rapidement de main pour relancer son coup vers la gorge. L'arrêtant avant de ne pouvoir le toucher, et l'empêchant ainsi de lui faire mal en parant. Elle voulait juste qu'il fatigue, qu'il s'épuise. Lui faire perdre du terrain, toujours, le coincer. Elle était chez elle, elle connaissait tous les pavés, elle savait ce qui se cachait dans les recoins, elle ne pouvait pas perdre, c'était illogique.

En face, le médecin continuait, semblant avoir toujours plus chaud. Il frappait sans relâche, sans hésitation visible, sans la moindre réaction quand elle grimaçait de douleur ou quand elle ne retenait pas un gémissement. Insensible, comme s'il voulait réellement la blesser, la troublant un peu par moment. Sa volonté la déstabilisait, et l'adolescente commettait quelques erreurs idiotes chaque fois qu'il était indifférent à sa douleur. D'un geste, elle remonta le débardeur du côté où la bretelle ne retenait plus rien, et il frappa le flanc, l'envoyant cogner contre la table. Machinalement, sa main se porta à son glock, et elle soupira.


« Pourquoi vous faites ça déjà ? »

Pas pour s'apitoyer ni pour gagner du temps, la jeune fille fonçait déjà, lui envoyant son coude dans l'estomac, retournant de nouveau le pieu pour frapper ses côtes sans que la pointe ne le blesse trop. Elle peinait un peu à respirer, mais ça ne comptait pas. Si elle ne faisait pas attention, il allait frapper. Et il ne s'arrêterait pas juste parce qu'elle se sentirait mal. Il frapperait jusqu'au bout. Idiot. Avec un soupir, elle repoussa ses assauts et recula contre le mur, juste à côté de la porte. Si elle calculait bien son coup, il n'allait rien voir, et la surprise le rendrait moins agressif. Elle s'adossa contre le mur, appuyant contre l'interrupteur qui « faisait la pluie ». Doucement, l'eau commença à couler des tuyaux suspendus, se déversant sur eux en une averse, la faisant frissonner.

Comme prévu, le chasseur s'interrompit et leva le nez, laissant Aislinn souffler un peu. Alors le gros dur se laissait surprendre par une petite pluie ? Ben tiens. Elle fit glisser le pieu dans sa main, pour qu'il dépasse à peine. S'élançant, elle frappa de son poing fermé, laissant le bois cogner en premier, dans l'estomac, encore.


« S'il pleut face a un vampire, vous ferez comment ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Dim 11 Oct - 3:20

Le combat continuait son cours. La tête plus libre puisqu’il laissait son corps réagir un peu comme il voulait, Faolán laissait ses pensées errer un peu partout et principalement sur son « élève » du jour. En fait, il n’avit pas grand-chose à lui apprendre quand elle se donnait à fond. Mais c’était là que le bas blessait. Il n’avait que rarement vu un niveau aussi peu homogène. Elle passait de la guerrière à la gamine limite pleurnicharde sans aucune raison. Sans parler des moments entre où elle se battait plutôt pas mal mais hésitait à porter ses coups. Stupide. Comme si l’on pouvait s’entraîner sérieusement sans se donner à fond. Lorsque l’on apprend à ne pas frapper, on se retrouve comme un con en combat avec des réflexes pacifiques. Il accéléra le mouvement. Il ne voulait pas qu’elle meure. Elle n’avait pas le droit.

Il continua à la frapper, restant obstinément entre elle et la table, concentré uniquement sur son propre corps. Ne pas, respirer trop vite pour ne pas hyperventiler, faire attention au moins un minimum à sa lame, et surtout, ne pas… ouch !

Une douleur sourde parti de sa hanche, le faisant soudain tituber. Ses genoux plièrent pour accuser le choc, plus d’un côté que de l’autre. Il lâcha le bâton dans une vaine tentative pour retrouver son équilibre, boita encore quelque pas et s’arrêta pour reprendre son souffle. Une vague de vraie colère le saisit. Elle était folle ou quoi ? Certes, il n’avait pas retenu ses coups mais il ne l’avait jamais frappée qu’avec ses mains nues. Le couteau ou le bâton ne la touchaient quasiment pas. Il savait qu’il ne pouvait pas la blesser. Tandis qu’elle, elle aurait aussi bien pu lui briser la hanche. Elle était dingue ! Et savait parfaitement bien utiliser son environnement.

Entre temps, elle avait reprit son glock et le combat, le forçant à son tour à lutter pour retrouver sa concentration de départ. Son équilibre. Sa jambe lui faisait un mal de chien dès qu’il bougeait, l’entravant énormément et il avait perdu son second souffle. Il réussit à grand peine à parer son coup au cou, trop tard pour l’attraper vraiment et tenta une vaine parade avant de reculer à nouveau, les sourcils froncés. Il n’aimait pas perdre. Il ne perdrait pas. Jamais. Contre personne. Il était un Riagal. Pas le premier péquenot venu !

Petit à petit, il réussit à se reprendre, retrouvant son rythme de croisière. Il avait chaud, commençait à fatiguer, boitait même mais cela ne troublait plus sa concentration. Il l’aurait. Et il continuait. Toujours. Main, main, pied, main, main …main. Rester sur une jambe lui faisait trop mal pour le moment. Il vit une ouverture, se concentra, frappa au flanc.


« Pourquoi vous faites ça déjà ? »

Il sourit. Non, ce n’était pas du sadisme. Pas plus que la simple envie de gagner. Il lui avait promis un cours, elle l’aurait. Et il lui expliquerait tout à la fin. Mais pas tout de suite. Hors de question de casser son rythme et sa respiration en parlant. Il répondit simplement en essayant d’esquiver son coup. Mal, à cause de sa jambe mais assez pour pouvoir contr-attaquer. Petit à petit, elle reculait. Il avait noté les gémissements de douleur et le souffle qui se faisait plus court mais il comptait sur son endurance pour passer outre. Elle pouvait le faire, il le savait. Il avait confiance en elle.

Tout ça jusqu’à ce que la pluie se mette à tomber brusquement, nimbant la cour fumante (il avait tellement chaud qu’il se croyait à moitié sous la canicule) d’une ondée bienfaisante. Cette eau était une bénédiction. Un miracle. Il leva les yeux au ciel, bleu, et fronça les sourcils, perdu. Et elle ne venait pas d’un quelconque nuage. C’était quoi ce truc encore ? Un grognement étouffé s’échappa de sa bouche lorsque le coup le frappa dans l’estomac. Il fit quelques pas en arrière, étonné, les yeux toujours à moitié levés vers le ciel.


« Tá sé ag cur báistí !?» *

Son ton était étonné, presque enfantin. Il ne comprenait pas. Ne voyait pas du tout ce que faisait de la pluie dans ce décors bien trop français. Pendant une seconde, il s’était cru de retour en Irlande, l’odeur de l’herbe en moins.

Il recula encore, para mollement un coup, puis un autre avant de se reprendre soudain. Le combat avait assez duré, il en avait marre. Lâchant son couteau, il se remit en position, concentré, attendant une ouverture quelconque. Soudain, il la vit se placer exactement comme il le souhaitait. Sans prendre la peine d’esquiver le manche du pieu, il lui attrapa le poignet et, d’une prise ferme, la fit tomber sur le dos. En quelques secondes, il se retrouva à califourchon sur elle, un pied lui bloquant le bras droit, sa main droite plaquant le gauche sur le sol et son propre poids essayant de l’empêcher de relever le torse. Il resta ainsi quelques secondes, comme étonné de se trouver là puis sourit, redevenant lui-même. Doucement, prenant soin de ne plus lui faire mal, il la relâcha, se releva et lui tendit la main
.

« Les vampires n’ont pas la magie de la pluie Little Darling. Comment tu fais ça ? »

Ils parleraient du combat après. Pour le moment, la seule chose qui importait vraiment était cette eau bénie venue de nulle part. Les Irlandais sont superstitieux. Il savait qu’il n’échappait pas à la règle.

* Il pleut !?
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Dim 11 Oct - 5:42

Ça avait été douloureux, certes, et reculer sans paraître suspecte l'avait forcée à accuser quelques coups. Quand on y pensait un peu, ça n'était pas très loyal non plus, cette distraction qui lui permettait de frapper sans souci, alors qu'il n'avait plus du tout la tête au combat. Mais d'une part, elle n'imaginait pas que la surprise de l'Irlandais aurait duré si longtemps, et d'autre part... Aucun combat n'est vraiment loyal. Lorsqu'une opportunité se présente, il faut la saisir, et l'effet de surprise est de ces tours qui s'apprennent lorsque l'on commence à combattre. Tromper l'ennemi, le distraire, le perdre. L'empêcher de se concentrer sur les coups portés à son encontre pour se faciliter les choses. Et puis même sans ça, juste pour voir son expression, ça valait bien les chocs et les bleus. Surpris, perplexe. Il ne comprenait pas, et même lorsqu'elle le frappa, qu'elle entendit son soupir et lorsqu'il gronda, il ne détachait pas ses yeux du ciel, comme émerveillé.

Les coups devinrent plus légers, juste pour le faire reculer. Pour que le combat se termine et qu'ils puissent passer à autre chose. Elle le frappait et l'observait en même temps. Il en était attendrissant. Il avait l'air content. Et il lui parlait Irlandais... Bah, quoi qu'il dise, c'était sans doute quelque chose de personnel. Un souvenir que la surprise aura réveillé. Quelque chose qu'elle ne chercherait pas à savoir. Le combat tournait au ralenti, comme les effets des vieux films. Elle frappait sans s'occuper du pieu, ne le lâchant pas mais ne s'en servant pas non plus. Elle avançait, il reculait. Elle devait gagner, lui montrer. Elle devait mettre un terme à la bataille maintenant qu'elle avait les choses en main.

Elle aurait du mettre un terme à la bataille alors qu'elle avait les choses en main...

Il avait abandonné le couteau et bien que méfiante, elle avait voulu frapper plus fort, plus vite. Il était prêt. Elle se sentit soulevée un peu et sentit les pavés de la cour dans son dos, son crâne heurter la pierre, l'étourdissant une seconde. Le temps qu'il l'immobilise totalement. Assis sur elle, la plaquant au sol. La position était étrange, et une fois le combat bien fini, le sourire du médecin la fit rougir et l'eau frissonner. Elle ferma les yeux, laissant la pluie mélanger ses cheveux à la poussière, pas vraiment inquiète de son état. Elle était couverte de bleus et d'éraflures, sale, fatiguée, son t shirt était bon pour être recyclé et elle avait mal à la tête. Mais elle était heureuse. Malgré la gêne qu'elle avait ressenti à certains moments et qu'elle lui ferait payer en temps et en heure, le combat avait été amusant, agréable. C'était un excellent adversaire qui se relevait, la laissant allongée et trempée.

Un rire la secoua un moment, et elle rouvrit les yeux, joyeuse et souriante, saisissant sa main pour qu'il l'aide à se relever, acceptant son aide avec un bâillement.

« Les vampires n’ont pas la magie de la pluie Little Darling. Comment tu fais ça ? »

C'était juste... adorable. Et tellement enfantin pour l'homme qu'elle avait devant elle. Naturel et surprenant.

« Si je vous le dis c'est plus magique. »

Un sourire et elle rajusta son haut, renvoya d'une main ses cheveux en arrière, laissant l'eau les maintenir en place.

« J'aurais bien aimé vous le montrer plus tard en fait, mais ça marche bien là aussi hein ? On a des tuyaux d'arrosage suspendus entre les murs, pleins de trous. Du coup, quand j'appuie sur l'interrupteur, il pleut. Mon père a installé ça quand j'étais petite, c'est ma magie à moi. Cool hein ? »

Et pas près de s'arrêter, l'averse artificielle semblait trop lui plaire pour qu'Aislinn la fasse cesser. Elle étira un bout de bâche plastique sur la table, abritant armes et munitions déjà bien mouillées et s'étira, grimaçant de douleur, avant de se retourner vers lui, toujours radieuse.

« Si vous voulez faire quelque chose, c'est comme vous voulez. Je vais me doucher aussi, je suppose que vous voudrez, je pourrai vous prêter des vêtements de mon père, vous faites à peu près la même taille. Il doit rester un moment avant votre chasse non ? »

Oubliée la colère, oubliée la rage. Il ne pouvait pas vraiment avoir voulu lui faire du mal. Ni lui faire d'autres trucs bizarres, sinon il aurait profité de l'avoir plaquée au sol pour l'avoir vulnérable. Et puis il était cool là, c'était pas la peine de tout gâcher en jouant les gamines vexées.

« Vous avez quel âge pour de vrai ? »


Dernière édition par Aislinn A. Aberlin le Sam 19 Déc - 4:50, édité 1 fois
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Dim 11 Oct - 19:10

Il fallut quelques secondes au médecin pour comprendre que le combat était bel et bien fini. Et qu’il avait gagné. Pas qu’il en ait jamais douté mais au moins comme ça, c’était fait. Son sourire s’accentua lorsqu’il remarqua la rougeur de la gamine et il profita de ses yeux fermés pour l’examiner un moment, s’attardant, rêveur, sur ses cheveux défaits, trempés, se mêlant à la poussière grise du sol pavé. Puis, secouant un peu la tête pour faire voler le surplus d’eau, il se releva, attendant patiemment qu’elle se saisisse de sa main, indifférent ou en tout cas peu touché par son fou rire. Il était détendu lui aussi, heureux de s’être dépensé et de nouveau en pleine forme grâce à cette pluie bénie qui ne semblait pas vouloir s’arrêter mais pas au point d’éclater de rire.

Son sourire s’accentua toutefois lors de sa première réponse. Elle ne pouvait pas savoir que toute la rationalisation ne diminuerait pas l’enchantement. On avait beau connaître les lois physiques de la formation de l’univers, pourquoi et comment la terre tournait sur elle-même et croire quand même à la Genèse et ses miracles. La foi n’était pas rationnelle. Pas plus que la naïveté. Il aimait les contes de son enfance. Chercher les Leprechaun aux pieds des arcs en ciels, croire au Lutin Voleur de Clef repoussé uniquement par St Antoine de Padoue, et la sagesse des druides celtes transformés en chênes pour vivre éternellement. Il leva ses yeux gris toujours aussi rêveur sur les tuyaux.


« Oh. Je vois. Bien joué, le résultat est saisissant. »

Il glissa une main sur sa nuque et, d’un mouvement de poignet, décolla ses longs cheveux pour leur redonner un peu de volume. Son T-shirt était trempé de sueur, son jean plein de poussière et il y avait une tâche sur sa botte droite. Rien que de très normal après un entraînement. Et dire qu’il n’avait pas pensé à prendre du change. Il devait vraiment avoir eu la tête ailleurs. Surtout qu’il avait fait son sac la veille et tout. Il l’avait juste oublié dans les vestiaires de l’hôpital.

« Si tu me trouves une chemise à ma taille, je t’invite à dîner. On pourra parler du combat et passer aux choses sérieuses. Parce que je ne t’ai toujours rien appris, j’en suis bien conscient. »

Il sourit.

« Peu importe la couleur, pour la chemise, tout me va. »

Histoire de faire quelque chose (il n’aimait pas rester inuti…euh…immobile), il ramassa le couteau tombé à terre, reprit celui qui était resté planté sur le mannequin, en prenant soin de ne pas déplacer les brins de paille, rattrapa son Beretta trempé et ajusta ceinture, holster et dague histoire que tout s’équilibre.

« Pas encore 30 ans. Bientôt. »

Il se redressa et la chercha du regard, toujours souriant.

« Tu n’étais pas très loin, généralement on me donne la quarantaine. C’est la barbe qui vieillit. L’assurance aussi. »

Il aimait bien faire plus que son âge. Surtout lorsqu’il était mineur et pouvait pavaner devant ses amis de n’avoir jamais à montrer sa carte pour aller en boite ou acheter de l’alcool mais pas seulement. On le respectait plus comme ça. Il avait plus de poids et l’on oubliait souvent de questionner ses choix comme on l’aurait fait pour tout docteur tout juste sortit de son école de médecine.

« Toi tu as… 19 si je me souviens bien c’est ça ? Tu l’avais noté sur ton dossier. »

Et non, il ne l’avait pas apprit par cœur. Enfin si un peu mais comme pour n’importe lequel de ses patients. Et il ne voyait pas pourquoi il se justifiait soudain de s’être renseignée sur une gamine. Il faisait ce qu’il voulait et puis c’était tout. Il détourna les yeux, fixant la « pluie » pour penser à autre chose.

« Tu aimes quoi a part des glaces ? »
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Lun 12 Oct - 19:50

C'était mieux que quand elle était petite. Peut être parce qu'elle était elle-même à l'origine de la pluie artificielle, sans doute parce que c'était pour quelqu'un d'autre, et que ce quelqu'un d'autre était un excellent spectateur. Des rares à qui elle avait fait le coup, il avait eu la meilleure réaction. Ben ou Leah avaient trouvé ça drôle, avaient vite compris et avaient participé au jeu. Ils avaient été surpris, aussi, mais bon. Pas de magie là dedans, juste un système d'irrigation dans une cour poussiéreuse, quelques tuyaux d'arrosage au dessus d'une zone de guerre miniature. Lui, il était plus vieux et il trouvait ça magique, quoi qu'elle dise, même après avoir compris le truc. Du coup, elle avait beau savoir qu'elle en était à l'origine de tout ça, elle et pas le temps, ça restait de la pluie. Et la pluie de s'arrêtait pas comme ça, en appuyant sur un bouton. Surtout quand Faolàn commençait à vous complimenter, à vous féliciter pour l'animation. Elle n'avait peut être pas l'air d'une adulte, là, mais il appréciait et s'en souviendrait sans doute un moment. Elle avait au moins fait impression, et visiblement une impression pas trop mauvaise.

Alors que ses mains torsadaient ses cheveux pour les essorer un peu, bien consciente qu'elle devrait répéter l'opération encore deux ou trois fois avant de rentrer prendre une douche, lui exposait un peu plus les siens, les empêchant de se coller sur sa peau. Laissant Ace l'observer un moment. Toujours aussi classe, toujours assez beau, il lui ressemblait toutefois un peu plus. Trempé comme elle, sale comme elle, et visiblement aussi enchanté qu'elle. C'était génial, une réussite totale. De quoi en oublier tout ce qu'elle avait à lui reprocher. On n'altérait pas son propre exploit pour rabaisser les autres, c'était idiot. Tant que les choses se passaient bien, autant en profiter. Prévoir quelque chose pour qu'il ne décide pas de partir, trouver une idée, quelque chose, un truc, n'importe quoi. Ils n'avaient presque rien fait.

Elle lui avait expliqué comment tirer et il... ne lui avait pas appris comment se comporter au corps à corps. Il l'avait combattue, lui avait montré qu'il était plus fort (de peu mais plus fort tout de même, il fallait bien l'avouer), mais ne lui avait pas expliqué ce qu'elle devait faire. Et même si elle lui avait montré ce qui clochait dans son tir, ça n'était qu'un simple jeu sur cible fixe à quoi ? Quatre cinq mètres ? Pas de quoi lui être réellement d'une aide quelconque, s'il attendait que l'ennemi soit presque à porté de pieu pour tirer sans crainte de manquer le coeur, alors oui, forcément, autant oublier les armes à feu et se concentrer sur le corps à corps.? Bien que le tir à bout portant soit toujours très efficace, c'était inutile de ne se servir d'un pistolet que pour ça. Et puis c'était mauvais pour l'arme, d'être traitée comme ça.

Bref, il faudrait qu'ils aillent dehors, au Jardin Sauvage ou ailleurs. Et qu'ils chassent ensemble, à l'occasion. Mais cette entreprise là aurait encore pour objectif de forcer l'admiration du cardiologue, ça n'avait rien à voir avec un apprentissage quelconque.


« Encore heureux. »

Un sourire pour montrer que c'était plus pour plaisanter que pour lui signaler qu'il aurait la chemise qu'il lui donnerait, pas une autre et qu'il s'en contenterait parce que sinon il pouvait aussi bien rentrer chez lui sale ou nu, qu'elle s'en moquait et elle soupira, reprenant un nougat.

« Vous voulez m'apprendre le combat à table ? Enfin parce que je veux bien manger avec vous hein bien sûr, mais pour passer au choses sérieuses... Enfin voilà. »

Elle leva les yeux au ciel, désespérée par sa phrase un peu décousue de sens et replaça le mannequin de paille à sa place dès qu'il eut enlevé le couteau fiché dans son cœur.

« C'est parce que vous êtes sérieux, pour moi. 34 ans vous va bien, parce que vous faites plus adulte que jeune adulte. Genre marié mais pas encore papa. »

C'était une explication comme une autre. Et à l'occasion, peut être qu'il lui confirmerait qu'il était marié ou au contraire, démentirait, et elle en saurait un peu plus sur lui. Pas qu'elle soit intéressée par le poste de petite amie, encore moins celui d'amante, mais c'était toujours bien de savoir si l'interlocuteur était marié ou pas, et s'il y avait des risques de rendre quelqu'un jaloux en étant maladroit et trop présent. Aislinn sourit. Si jamais il était marié, sa femme devrait plus s'inquiéter pour les internes et les serveuses que pour elle... 

« 19 ans oui, un peu avant le soir avec Monsieur Doussoux. Vous faites la même taille, donc c'est bon. »

Elle hésita un peu, consentant finalement à faire cesser l'averse. Les gouttes se firent plus rares, se joignant les unes aux autres le long des tuyaux pour finir par s'écouler le long du mur.

« Ce soir ou un autre soir ? Parce que je vais trouver, je suis sûre que vous faites la même taille, attendez... »

Un moyen bien simple, vérifier la taille du médecin. Bien sûr, si elle y avait pensé, elle aurait pu lui demander, mais habituée à chercher les choses par elle-même, l'adolescente se mit en quête d'une étiquette, passant ses mains sous la chemise trempée, suivant la couture gauche pour trouver ce qu'elle voulait.

« Vous êtes sans doute un peu plus carré en fait, mais Dad a des chemises assez grande. Pour le jean, ça devrait aller. »

Mais là, elle n'irait pas vérifier elle-même. Il y avait des limites à l'innocence, et si frôler sa taille pour sa chemise était tout à fait naturel, elle ne se voyait pas le déshabiller totalement. Déjà parce que c'était déplacé, ensuite parce qu'il n'aimerait pas, que ça la ferait rougir et que, pour changer, il se ferait des idées. Bref. Douche, vêtements, et suite du programme.

« Vous aurez qu'à choisir en fait, je vais vous montrer leur chambre, le placard à droite est pour les vêtements, donc vous choisissez ce qui vous plait, tant que je le récupère. Je pense pas que ça dérange beaucoup mon père maintenant. »

Elle récupéra ses armes sans prendre la peine de raccrocher pieu et bodyguard à son mollet, se contentant de glisser l'autre S&W et le Taurus à sa ceinture, avec son glock, et de mettre le reste dans le bocal des munitions. Lui attrapant le poignet de sa main libre, elle l'attira derrière elle, abandonnant le bocal dans la cuisine, sans cesser de parler.

« J'aime tout ce qui est sucré. Nougat, glaces, pain perdu. J'adore le pain perdu. Et les plats chinois. Et... pas mal de truc en fait. Principalement des trucs que vous devez désapprouver, parce que ça n'est pas sain. La chambre de mes parents est tout au bout, à gauche. Première porte en venant de l'entrée en fait, sauf que dans ce sens c'est à droite. Enfin le sens de quand on rentre, pas le notre. Vous parliez que de nourriture ou en général ? »

Sans le lâcher, elle l'entraîna à l'étage et hésita. Elle aurait du mettre un peu d'ordre. Bien sûr, le bric à brac de la grande pièce ne pouvait pas être bougé, puisque le plancher menaçait de s'effondrer, mais au moins essayer de faire paraître le tout moins... plus... pas comme un chantier en pleins travaux. Ne lui laissant pas trop le temps de regarder, elle lui montra la salle de bain et le laissa redescendre pour chercher de quoi se changer.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Mer 14 Oct - 4:23

Il frissonna, plus à cause des mains de la jeune femme sur ses flancs que de froid, il avait même plutôt chaud. Avec l’exercice et tout le reste. Surtout le reste. Il n’eut toutefois pas besoin de recourir au tableau périodique pour rester calme cette fois. Il se contenta de ne pas bouger et de la laisser faire, se demandant vaguement si elle allait oser faire pareil avec son jean et s’il la laisserait faire. En même temps, ne parlait-elle pas de « passer aux choses sérieuses » ? Mh ?

« Tu as toute la technique qu’il te faut. L’important au combat au corps à corps ce n’est pas tant le mouvement que l’esprit. C’est là que tu pêches. Tes mouvements sont impeccables et de toute façon je sais que si je t’en apprends un nouveau, tu sauras t’entraîner toute seule. Autant t’aider sur un point où tu as vraiment besoin d’aide tu ne crois pas ? »

Donc oui, il pouvait lui apprendre le combat à table s’il le voulait. Surtout qu’il avait faim et que cela aurait l’avantage de remplir correctement les blancs de la conversation. Les autres sujets qu’il possédaient étaient de toute façon soient trop chiants, soient trop personnels pour qu’il les lance et, visiblement, elle n’était pas plus douée que lui pour animer une soirée. C’était l’une des raisons qui le poussaient à draguer beaucoup. Il y avait toujours quelque chose à dire, c’était agréable et ça n’engageait à rien. Et si la jeune femme était consentante…et bien c’était toujours un bon moyen de terminer une soirée. Pas de sentiments, pas d’attachement, rien que deux corps qui acceptent, l’espace d’une nuit, de ne faire qu’un.

« C’est pour ça que je t’ai brusquée en fait. Vois-tu, lorsque l’on s’entraîne, on cherche toujours à obtenir quelque chose, atteindre un objectif, impressionner quelqu’un, maîtriser un mouvement, peu importe. Le fait est que ce n’est qu’un pâle reflet du niveau réel. Celui qui vient tout seul quand non seulement l’esprit mais aussi le corps sont en danger. »

Il sourit, passant une fois de plus la main dans ses cheveux, les recoiffant machinalement du bout des doigts. Même pouilleux il pouvait être parfait alors autant se donner du mal et laisser une impression autre que celle d’un sauvage plein de poussière.

« D’habitude j’y vais moins fort mais tu es têtue, dès que je te laissais une ouverture, tu redevenais inhibée. J’ai du forcer pour te déstabiliser. Cela dit, normalement, tu ne devrais pas mettre plus de 48h pour récupérer entièrement. »

Le temps qu’il faudrait à sa hanche pour le laisser tranquille. Sans parler de l’hématome qui allait se faire un plaisir de presser un ou deux nerfs quand il voudrait dormir et qui, lui resterait bien une semaine. Enfin, le coup de la chaise avait été très bien réalisé, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il haussa un sourcil.

« Qu’est ce qui te dit que je ne suis pas marié ? On se case plutôt jeune en Irlande. Après 25 ans les demoiselles coiffent Ste Catherine alors elles essaient de se caser avant en général. »

Une ombre passa soudain sur son visage. Sa main retomba doucement pour se fourrer dans sa poche tandis que ses yeux pensifs se perdaient dans le vide. La pluie cessa soudain. Il aurait du être marié. Il aurait pu être père. Ou pas, Torin ne l’aurait probablement pas accepté, mais il en aurait eu la possibilité. Cela faisait quoi, cinq, six ans qu’elle était morte à présent ? Tant d’années à faire son deuil. Celui de Seena. De ses amis. De l’Irlande. Et lui qui passait le temps à tuer tous les vampires sauf celui qui était vraiment responsable… lui en voulait-il seulement toujours ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne voulait pas y penser. C’est pourquoi il plaqua un sourire résolu sur son visage, serrant discrètement les poings pour chasser la mélancolie. Il ne se laisserait pas aller à la tristesse. Il était trop fier pour ça.

« Tu es de Janvier donc. Capricorne si je calcule bien ? »

Oui oui, il le savait, les horoscopes étaient destinés à un public féminin et crédule…et alors ? Symboles païens ou pas, c’était toujours amusant de les lire, d’imaginer un avenir tracé par la position des étoiles dans le ciel de votre naissance. L’astrologie n’était-elle pas ce qui avait guidé les rois mages jusqu’à l’étable du Seigneur ? Lequel, en y repensant, était capricorne lui aussi.

« Le dîner ? Plutôt ce soir. Je sais qu’il est encore tôt mais je n’aurais pas le temps d’y aller après et chasser le ventre vide n’est jamais une bonne idée. »

Surtout quand on s’est entraîné sans avoir mangé au préalable et que votre dernier repas était un croissant englouti en vitesse durant la pause de 10 heures.

« Ne te dérange pas trop. Au pire je la laisserais ouverte sur le T-shirt. Tant que je reste présentable, ça ira. Ce n’est que pour dîner, je me changerais avant de partir. »

Haussant les épaules, il la suivit, écoutant son bavardage sans l’interrompre. Il aimait la façon dont elle disait « Dad » comme un anglais mais avec ce léger accent parisien qui sublimait tant la langue de l’envahisseur. Sa main enserrait son poignet comme si elle avait peur qu’il ne s’évanouisse dans la ville et elle marchait vite. Nerveuse probablement même s’il n’arrivait pas à en connaître la cause. Elle avait du finir par comprendre qu’il ne lui sauterait pas dessus quand même… quoique, elle semblait avoir l’imagination vive. Vu comme elle rougissait parfois.

Bref. Elle l’entraîna dans la maison, lui indiquant la chambre de ses parents de façon tellement confuse qu’il eut un moment d’arrêt. Il n’avait rien comprit. Quoique. C’était simple, il retournait à l’entrée – il savait à peu près où elle était – et prenait la première porte à gauche…non, droite. Oui droite. Elle allait le lâcher maintenant ? Ah, non, ils prenaient l’escalier. Les marches craquèrent sous son poids d’une façon sinistre. La bicoque ne tenait que par l’opération du Saint Esprit. Même les plus pauvres fermiers des Terres ne vivaient pas dans un endroit pareil. Cela devait grouiller de rats, d’insectes et d’acariens. Un nid d’allergie et d’infections. Comment pouvait-on oublier à ce point le statut d’être humain ?


« Italien ça te va ? Il y a moyen de manger équilibré pour moi et mal si c’est ce qui te plait. De plus, c’est plutôt rapide et personne ne dira rien si j’arrive habillé comme Job. »

Sans rien montrer de sa désapprobation (qui était-il pour juger la jeune fille alors qu’elle n’avait personne sur qui compter pour s’occuper d’elle ? Où étaient ses parents ? C’étaient eux les vrais coupables dans cette histoire. Certes, son père était mort – enfin s’il avait bien compris les sous entendus – mais elle n’avait pas de mère cette gamine ? ), il balaya du regard la grande pièce qui, sous le désordre, semblait toutefois assez propre. Il nota la douche, amusé qu’elle prenne la peine de lui montrer où elle allait se déshabiller histoire qu’il puisse bien fantasmer et redescendit prudemment les escaliers. La porte a gauche…

Quelques temps plus tard, il ressortait, changé sinon vraiment propre. Il avait trouvé un vieux jean d’un étrange bleu délavé qui ne devait pas avoir été porté depuis plusieurs années et une chemise d’un bleu profond, presque noir qu’il avait omit de fermer totalement. Sa croix d’argent passée sur le col faisait office de cravate et il avait même déniché un peigne qui lui avait servit à se recoiffer. Il réajusta sa ceinture et ses armes par-dessus le tout et retourna dans la cour, pensif, attendre son invitée. Les vêtements, l’odeur qu’ils dégageaient et leur style lui rappelaient quelque chose. Quelqu’un. Comme s’il avait déjà connu le père d’Aislinn et assez intimement pour noter de tels détails. Les problèmes étant que la coïncidence était hautement improbable et qu’il n’arrivait pas à voit de qui il pouvait bien s’agir.


« Dit Little Darling. Qu’est ce qui est arrivé à tes parents ? »

Sa voix était douce, sans pitié mais sans moquerie non plus. Comme s’il n’avait fait que penser à voix haute alors qu’il avait pertinemment entendu les marches grincer et sentit la présence de la jeune femme.

Du geste, il lui fit signe de s’asseoir a côté de lui, toujours sans la regarder. Il savait qu’elle n’était pas obligée de lui répondre. Elle pouvait très bien le foutre dehors ou changer de sujet en lui rappelant sa promesse de dîner mais il espérait qu’elle s’ouvre un peu à lui. Après tout, elle lui avait bien dit que le paternel était mort. Il espérait juste que la mère n’avait pas subit le même sort. Personne ne méritait de grandir seul.
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Jeu 15 Oct - 2:15

« Pour moi, l'entraînement c'est amusant. J'ai grandi comme ça. »

Elle sourit pour s'excuser de ne pas coller à ses attentes, presque coupable. Elle, elle était une habituée des entraînements d'enfant. De ces jeux un peu violent où vous combattez un bonhomme de paille en suivant les ordres aboyés d'un être aimé, rassurant et protecteur. Alors bien sûr, elle avait grandi depuis les entraînements de Richard. Certaines choses avaient changé, et la mort de l'homme n'avaient rien arrangé. Mais la Parisienne voyait toujours les choses de la même façon, et rien ne pouvait rendre un entraînement triste. Même quand elle se battait avec sérieux et concentration. Personne ne pouvait gâcher son plaisir. Sauf lui.

« Vous aviez l'air de vouloir me faire mal en fait, un peu. »

Du coup c'était déroutant, et la gamine en perdait sa logique. Tirer sur les pans de la chemise pour les remettre bien, et ne plus bouger pour résister à l'envie de se coller dans ses bras. Elle était fatiguée, sucrée, courbaturée. Et une Aislinn fatiguée était une Aislinn enfant, câline. Et elle avait envie d'être contre lui, parce qu'il était le seul présent, et qu'il était grand. Se coller contre lui et sentir sa respiration, les battements de son coeur, la chaleur mouillée de la chemise. Elle avait envie de se calmer un peu, d'avoir un moment plus agréable que celui qui venait de passer. Mais elle ne pouvait décemment pas faire ça. C'était déplacé, et enfantin. Et il l'interprèterait mal. Il fallait qu'elle pense à autre chose. Et ne pas répondre à ses provocations. Il n'était pas marié. Il n'aurait pas dragué d'autres femmes sinon. Si ? Non. Et il calculait bien. Et il était juste bien.

Aislinn s'ébroua. Si elle continuait comme ça, la soirée se finirait par un baiser, il la repousserait sans doute et dans le cas contraire... ce serait pire encore. Il fallait qu'elle se réveille, qu'elle empêche la douleur de l'engourdir encore et qu'il arrête de passer la main dans ses cheveux. Ça faisait quoi ? Dix fois ?


« Je vous ai dit, vous pouvez prendre les vêtements que vous voulez, ça ne dérange personne, tant qu'ils reviennent au bout d'un moment. »

Elle lui fit faire un rapide tour des lieux, acquiesçant d'un sourire à sa proposition. Italien, c'était cool. Elle troquerait ses nouilles contre des spaghettis, et elle profiterait encore un peu de sa compagnie. Une fois le dernier craquement de l'escalier entendu, elle laissa l'eau brûlante laver l'eau poisseuse, la réveillant et lui changeant les idées. Embrasser un homme. Comme si c'était son genre, de faire ça ! Quand elle redescendit, il était habillé, prêt, et il l'attendait, ne lui laissant même pas le temps de parler, la prenant par surprise.

Oh. Il prenait des airs bizarres, lui proposait de prendre place à ses côtés... ça lui rappelait cette psychologue, qu'elle avait vue. Celle qui lui avait demandé comment elle vivait l'abandon, si elle ne souffrait pas trop de la solitude. Ce merveilleux professeur, mille fois diplômé, qui l'avait prise pour une enfant malheureuse. « Et qu'avez vous ressenti, à ce moment là ? ». Bon, ça, c'était de la caricature. Mais on en était pas loin. On lui avait demandé pourquoi elle se battait, si elle était consciente du mal qu'elle se faisait (non, bien sûr, elle avait le poignet brisé, elle ne se rendait pas compte...). On lui avait demandé ce que ça lui avait fait, quand elle avait vu son père. Il ne comptait pas faire ça lui, hm ? Parce que parler de ses parents, ça allait, mais rendre des comptes sur ses sentiments et ses terreurs nocturnes... Il avait pitié ? Non, c'était une question de routine, une curiosité. Il s'intéressait à elle, voilà tout.


« Mon père est mort en chasse, et ma mère est partie une ou deux semaines après, je sais plus trop. »

Un sourire, et elle haussa les épaules. Elle n'était pas de ceux qui n'aimaient pas dévoiler leurs traumas – ça n'en était pas vraiment un, de toute façon, et pas non plus, d'une certaine façon, de ceux qui avaient une vie privée. Plus simplement, c'était une histoire qu'elle était habituée à raconter, puisqu'elle ne cachait pas qu'elle vivait seule, et que ses parents étaient loin. On pouvait la questionner sur son père, Richard. Mort au combat. Tragiquement disparu. Parfois, quand elle aimait bien les gens, ou quand elle leur faisait simplement un peu confiance, elle ajoutait ce qu'il était devenu, après sa mort. Sinon, elle se contentait de ça. Son père était mort en tentant de débarrasser Paris des macchabées. Ce qui, évidemment, modifiait la version concernant sa mère. A ceux à qui elle ne disait pas grand chose, sa mère avait simplement mis les voiles, malheureuse et effrayée de ce qu'était sa fille. A ceux qu'elle appréciait, comme lui, elle parlait un peu plus.

« Mon père est pas tout à fait mort. Du coup, quand j'ai dit à Maman que je le tuerais, s'il fallait, elle n'a pas supporté, elle est partie. En Angleterre je crois. C'est pas facile d'avoir son mari mort et une sauvageonne pour fille. »

Nouveau sourire, un peu accusateur sans qu'elle ne s'en rende compte. Parce que lui aussi, il pensait qu'elle était une sauvage. Et parce qu'elle avait beau trouver pour sa mère les meilleures prétextes... Elle avait eu peur d'elle. Terrifiée de voir que sa fille était capable de tuer de sang presque froid le seul homme qu'elle(s) ai(ent) jamais aimé. C'était logique, Ace le savait. Sa mère avait toujours été contre l'idée de voir sa fille se transformer en petite chasseuse. Et loin, elle était plus en sécurité. Et ne risquait pas de peiner Ace si jamais elle mourait, la gamine étant incapable de joindre sa mère et donc d'apprendre la nouvelle. Merveilleux donc. Mais c'était quand même un peu dégoûtant tout ça. Surtout quand on lui racontait, à lui. Parce qu'il allait avoir pitié d'elle, encore. Sa mère avait eu raison. Quoi qu'elle puisse en penser. Quoi qu'il en dise.

« Mais c'est pas important, je vis très bien toute seule, je suis pas triste, je m'en fiche. Ça arrive à tout le monde, et puis bon, c'était ya un moment, tout ça. Je m'occupe de moi à merveille. On va manger alors ? »

Un changement de sujet comme un autre. Et depuis qu'il avait parlé de restaurant italien, elle avait une pluie de pâtes dans le crâne. Carbonara, bolognaise, pesto... Son ventre grogna, comme pour appuyer sa proposition et elle posa une main dessus pour le faire taire, amusée.

« J'ai pas faim hein, faut pas croire. »

Lui attrapant la main, elle l'entraîna de nouveau à l'intérieur, pour se figer avant de passer la porte d'entrée.

« Vous vouliez pas vous doucher du coup ? Parce que tout est prêt en haut hein, donc vous pouvez. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Jeu 15 Oct - 6:17

Et il lui aurait fait mal si elle n’avait pas réagit. Pas très mais ce qu’il fallait. Pour Kate et pour Richard, l’entraînement n’avait jamais été un jeu. Quand à lui… c’était un exutoire, un moyen d’évacuer toute la pression, la tristesse, la rage et la haine qui tentaient sans cesse de prendre le contrôle de son esprit. Un entraînement c’était violent. Douloureux, difficile, fatiguant. On n’en sortait jamais indemne. Blessé ou grandit étaient les seules alternatives possible.

Il ne ressentait en tout cas aucun remord de l’avoir brusquée. Même si maintenant, elle avait l’air d’une enfant un peu perdue et définitivement adorable. Il n’était pas non plus déçu par son comportement, parfaitement conscient des différentes méthodes possibles. La sienne était la meilleure mais il pouvait comprendre – ou plutôt non, disons envisager, qu’un père ne puisse pas brusquer son enfant. Enfin, cela n’avait à ses yeux qu’une importance toute relative. Son but était atteint, il avait comprit ce qui clochait chez elle, pourrait l’expliquer et ainsi « rembourser » en quelque sorte la leçon de tir. Il n’aimait pas se sentir en dette envers quelqu’un. C’était dégradant pour un homme comme lui.

Elle lui fit faire un rapide tour des lieux et l’abandonna prendre sa douche tandis qu’il fouillait, sans gène, les affaires de son père. Il mit quelques temps pour réunir ce dont il avait besoin, hésita une seconde, puis, entendant toujours le bruit de l’eau dans les canalisations, décida de se changer sur place et d’aller l’attendre dehors. Il y avait un bon Italien pas très loin si ses souvenirs étaient bons. Ils devaient descendre de la butte du côté d’Anvers, s’arrêtant juste avant de rejoindre la goutte d’or et ses ruines dans une petite transversale à moitié cachée entre deux ruines. La nourriture y était bonne, les plats copieux, l’ambiance un rien faussement romantique comme souvent dans ces pays là, violonistes et chansons à la « belle et le clochard » assurés.

Les pensées du médecin avaient toutefois pris un tout autre tour, bien moins agréable, lorsqu’elle arriva. Il nota son hésitation, un peu ennuyé d’avoir réveillé ce qui semblait être un mauvais souvenir (en même temps demander des nouvelles d’un proche mort était rarement le meilleur moyen d’égayer quelqu’un) mais curieux quand même d’entendre ce qu’elle avait à raconter. Il avait beau s’en défendre de toutes ses forces, cette gamine l’intriguait. Si forte et si naïve pourtant, comme si deux personnalités se partageaient ce corps de femme. Une guerrière et une enfant dans une enveloppe de princesse. Un drôle de mélange qu’il voulait percer à jour. Simple fierté. Il aimait connaître les gens.

Et là, plus elle parlait, moins il savait quoi en penser. D’un côté, il comprenait la réaction de sa mère en entendant le détachement avec lequel elle révélait tout ça. De l’autre… il avait trop bien connu ce que cela pouvait être de vivre dans la réprobation muette d’un parent pour le pardonner.


« Peut-être a-t-elle bien fait. Il vaut parfois mieux être seul que de supporter le regard de ses parents. Toutefois j’ai du mal à le prendre aussi bien que toi. L’amour d’un parent pour son enfant devrait être inconditionnel tu ne penses pas ? »

Il ne la regardait pas vraiment, se contentant de l’observer du coin de l’œil. Il espérait également parler d’un ton assez généraliste pour qu’elle ne se fasse pas d’idées. Il était ravi qu’elle se confie à lui mais n’avait pas du tout l’intention de lui rendre la pareille. Sa famille lui appartenait.

« Du coup je ne sais pas trop quoi en penser. C’est comme la décision de ton père de t’entraîner très jeune. D’un certain côté je comprends ses raisons mais d’un autre, j’ai été élevé de façon tellement traditionaliste que j’ai du mal à imaginer une enfance qui ne se passe pas à jouer sans se soucier vraiment du monde extérieur. Tu aurais du naître en Irlande, Aislinn. Cela t’aurais beaucoup plu. »

Il sourit pour montrer qu’il plaisantait et accepta le changement de sujet d’un sourire. Son propre estomac répondit à celui de la jeune femme et il se leva avec un sourire amusé.

« Et bien moi, si. Ce n’est pas très loin anyway, il suffit de redescendre la rue Albert et retrouver celle d’Orsel. Ou alors si tu connais un raccourcit pour aller vers la place d’Anvers, je te laisse guider parce que Montmartre n’est pas dans mon Paris habituel. »

Le sien, il fallait bien l’avouer, était pas mal plus salubre qu’il s’agisse d’ailleurs de vie ou de chasse puisque les vampires se planquaient le plus souvent dans les beaux quartiers. Il laissait ceux des ruines aux rebelles et aux paumés, préférant se concentrer sur ceux qui lui ressemblaient. Riches, puissants, aimant le confort et l’espace.

Docile, il se laissa faire lorsqu’elle lui prit la main, son corps se souvenant des moments qu’elle avait passé dans ses bras, son dos contre son torse, leurs doigts enlacés autour de la gâchette. Il se sentit frémir, se dégagea presque brusquement et faillit lui rentrer dedans lorsqu’elle pila.


« Non, ça ira je te remercie. Je me doucherais d’un coup en revenant de la chasse. Je n’ai malheureusement pas le temps de prendre trois douches par jour. Voire quatre si je suis au bloc. »

Un peu vexé de s’être laissé surprendre par ses propres réactions, il se força à lui reprendre la main et à la guider à travers les rues pavés qu’elle devait connaître par cœur et bien mieux que lui. Heureusement qu’il avait prévu le coup et étudié le plan avant de venir sinon il aurait eu l’air bête.

« Et donc, à part manger et chasser, qu’est ce que tu aimes dans la vie ? Tu as des projets d’avenir ? Une passion quelconque ? »

Quelque chose qui puisse lancer la conversation au moins jusqu’à ce qu’ils arrivent au restau. Il se voyait mal marcher main dans la main avec elle pendant dix minutes sans ouvrir la bouche.

[HJ : Je te laisse décider si on arrête en arrivant au restau ou si on joue le repas Little Darling. J’espère que ça va ^^ ‘ (sinon ben…texto Razz )]
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MessageSujet: Re: Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]   Jeu 15 Oct - 15:23

Elle s'était attendue à ce qu'il commente, bien sûr, mais pas de cette façon. Pas que ce soit un problème, il rejoignait son point de vue. Mais la plupart des gens critiquaient et accusaient sa mère. Sans se poser de question. S'il le faisait, au final, il émettait quelques réserves. Peut être bien fait... Mais là encore, il ne commentait pas la situation de sa mère, ne prenait pas vraiment en compte ses sentiments à elle, ou son bien-être. Le bien dont il parlait, c'était le sien, à la gamine qui s'était retrouvée seule. Aislinn hésita. Il n'avait pas tort, et de toute façon, la question ne se posait pas. Elle n'était pas importante dans l'histoire. Mais finalement, il allait bien avec la fédération, cet idiot qui croyait que la solitude était mieux qu'un mauvais compagnon. Il fallait voir Leah et son transfuge de père. Il était hors de question pour la fillette d'abandonner celui qui avait plusieurs fois tenté de la vendre. Lui, il n'y connaissait rien. Il avait visiblement grandi dans une bulle, où les vampires ne tentaient pas de vous vider de votre sang à chaque coin de rue. Ça pouvait être chouette. Mais ça n'était pas son monde, à elle.

« Je doute pas qu'elle m'aime, et non, il ne vaut pas mieux d'être seul. Mais je crois que la Fédération toute entière à cette drôle d'idée dans le crâne. C'est pas drôle d'être seul, quel que soit le contexte. Mais je m'en fiche, j'ai pas été malheureuse. Et c'est mieux pour ma mère, ça a été dur pour elle. »

Pourquoi il donnait son avis si la seule conclusion n'avait pas d'intérêt, rien de réel ? Enfin il ne portait pas de jugement. Il ne trouvait pas ça si mal, pas ça si bien. Finalement, il remettait simplement le contexte en cause. Mais est ce que l'Irlande changeait grand chose ? Il n'y avait pas de vampires là bas ?

« Je suis bien à Paris, c'est chez moi. Et je suis habituée à la chasse. Et je suis pas malheureuse. »

Et elle l'avait déjà dit quoi ? Trois, quatre fois ? Il allait finir par ne plus y croire. Par ne plus la croire tout court, avec son estomac qui refusait de la laisser mentir correctement. Plus fort, comme pour surenchérir et, encore une fois, montrer qu'il était mieux, celui du médecin y répondit, arrachant un soupir de résignation à l'adolescente. Manger. Elle avait faim, était de bonne humeur et, même s'il devait partir chasser assez tôt, ils allaient passer une bonne soirée. Rue Albert, rue d'Orsel...

« Vous savez moi les noms de rues... A part en livraison, je ne m'en occupe pas vraiment. »

En tout cas, elle pouvait le conduire dehors. Enfin, presque. S'il n'avait pas réagi brutalement, se dégageant et la bousculant presque, comme si quelque chose l'avait choqué, troublé, perdu. Machinalement, l'adolescente chercha du regard ce qui avait eu cet effet sur l'Irlandais, en oubliant presque sa propre question. Ce type était louche.

« C'est vous qui voyez. »

Après tout, elle n'allait pas non plus le trainer jusqu'à la douche, le déshabiller et le laver elle même. Quoique ça pourrait être drôle, de le prendre pour un gamin... Il reprit sa main et l'adolescente se laissa faire, moins à l'aise que la première fois où elle l'avait fait sans y penser. Et puis c'était pas la même chose, là c'était lui qui tenait. Sa main enfermait la sienne sans lui laisser d'option, d'échappatoire. Il était imposant, écrasant, et impérieux dans sa façon de l'entraîner derrière lui – alors qu'il lui avait dit de le guider, jolie logique. Il était droit, décidé. Organisé. Terriblement maniaque même. Tout semblait planifié, même sa proposition d'aller dîner, puisqu'il connaissait l'itinéraire par coeur alors qu'il venait pour la première fois. Finalement, il reprit la parole, la surprenant encore. Ah ouais, là on entrait dans le domaine de la discussion bateau. Faire connaissance en s'intéressant superficiellement à l'autre, avec des questions de routines. Sur ses « projets d'avenir »... Mh. Fascinant.

« Ben... vous allez encore me prendre pour une sauvage, je me bats depuis que je suis petite, donc bon, a part les armes... J'aime juste bouger. Le vélo, tout ça. Rendre les trucs un peu mieux. Et aider aussi, mais c'est évident. Et je travaille au China depuis un an et demi, un peu après la mort de mon père... Alors bon. C'est bien comme ça. »

Elle rougit et haussa les épaules, choisissant de lui parler de médecine. Avec ça au moins, la discussion ne risquait pas de dévier.


[J'pense qu'on peut clore là Wink ça évitera de galérer et de finir par ramer]
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Leçon 1 : tirer pour saluer. [Le loup][clos]

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