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 A Day in the Life [Roméo][Fini]

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Faolán Riagal
Loupiot Solitaire †

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Date d'inscription : 05/04/2009
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MessageSujet: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Sam 17 Oct - 4:35


La joyeuse cacophonie de la journée avait fait place à un silence à la fois désagréable et bienvenu. Comme toujours, à la nuit tombée, le monde semblait s’évanouir dans la peur et l’angoisse. Peu nombreux étaient ceux qui osaient affronter les ténèbres, plus rare encore ceux qui en sortaient indemnes. Oh, ils n’étaient pas tous touchés par les envoyés du Diable mais ils succombaient parfois à la tentation, vendant leur vie pour des avantages matériels ou sociaux. C’était idiot. Il n’y avait pas de titre plus beau que celui d’Homme.

Perdu dans son travail, le Dr Riagal tournait les pages d’un Vidal, rythmant inconsciemment la musique qui sortait du mur par les hauts parleurs. En fin de journée, fin de semaine, fin de période de chasse, les Beatles étaient à peu près la seule chose qui l’empêchait de s’endormir. Il était déjà 22h, il s’était mit à neiger, même le Suédois était rentré chez lui. Et pourtant, lui restait là. Cherchant sans vraiment savoir pourquoi un nouveau traitement pour Deneb. Quelque chose de plus fort. Quelque chose de plus neuf. Un miracle pour lequel il irait prier Dimanche après la messe. Pas qu’il le méritait mais cet idiot savait se faire apprécier. Parfois.

L’harmonie du groupe se troubla soudain, se ponctuant de grésillements discordants. Faolán leva la tête, fusillant du regard le placard où était cachée la sono. Ces trucs là étaient incapables de lire un disque entier sans protester. Ils n’avaient pas intérêt à lui avoir abîmé son album parce qu’il faudrait qu’ils le lui remplacent. Et c’était une édition rarissime qu’il avait dénichée par hasard chez un revendeur quelconque dans une boutique oubliée du vieux Londres. Les interférences, peu impressionnées par le regard et les pensées du médecin, insistèrent cavalièrement, finissant par recouvrir toute la chanson. Agacé, il finit par poser son livre et leur accorder son attention. Il y avait une voix là dedans…non ?

Enervé, il se saisit de la télécommande et imposa le silence aux scarabées, se concentrant sur la voix. Il discerna un léger agacement (c’était probablement la quatrième fois que la réceptionniste insistait), son nom et une nationalité qui ne lui allait pas du tout. Faussement furieux, il descendit en trombe les escaliers et plaqua ses mains sur le bureau, indifférent aux regards étonnés des quelques blessés de la nuit.


« Je ne suis pas Anglais ! »

Joranne – car c’était elle, qui d’autre – réprima un éclat de rire et répondait déjà avec un français trop parisien, trop parfait et trop…enfin trop.

« Oh, j’ai du confondre. »

Il bougonna.

« Comme si c’était possible. Fait attention ou pour étrennes je t’offre une carte de la région. Tu me veux quoi ? Je suis occupé. »

« Mon plus beau cadeau, je l'accrocherai au dessus de mon lit. Ils ont pensé que ma douce voix pourrait te ramener ici »

« Pour faire quoi ? »

Pas effrayée, elle se leva et lui colla un post-it sur le torse. L’espace d’une seconde, l’irlandais pensa l’embrasser, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce mais il n’en eut pas le temps. Elle reprenait déjà.

« Monsieur Spanner. Il t'attend »

Curieux, il ôta le papier jaune de sa chemise verte et se passa la main dans les cheveux avant de balayer la salle du regard. Gonflant les poumons, il sourit et lança son appel d’une voix de sentor.

« Monsieur Spanner. Salle 103, rez-de-chaussée, premier couloir, le numéro est sur la porte. »

Il tourna alors le dos à la foule, collant le post-it sur le front de la jeune femme.

« Merci. »

« Je veux mon cadeau Etranger »

« Demain, je ne suis pas dans map buisness. Not yet anyway. »

D’une puissante poussée des deux mains, il s’écarta alors de la barre de bois, indifférent à Jay qui décollait sans peine la note pour la fourrer à la poubelle, et se dirigea à son tour vers la salle d’examen. Sans hâte superflue, il poussa la porte, la referma et posa son regard clair et sérieux sur son nouveau patient.

« Donc. Vous avez mal où ? »

Pour le déranger à une heure aussi tardive, il avait intérêt à avoir une bonne raison lui aussi. Ou une bonne dose d’humour.

[HJ : je t'ai fait bouger un peu, si ca ne va pas hésite pas à me le dire. Paroles de Joranne vues avec sa joueuse, comme de bien entendu.]


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 30 Jan - 4:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Dim 25 Oct - 17:46

[Je mets volontairement la narration en normal dans ce message, parce qu'il y a un mot que je voulais souligné, mais le texte normal au milieu de l'italique se repère mal]

De l'humour, Shane n'en manquait pas. Sauf avec certains, sauf dans certaines conditions, mais c'était là le lot de toute personne sur cette planète et, dans tous les cas, son sens de l'humour parfois détraqué n'était pas la raison de sa venue. Non, celle-ci était basique. D'une telle simplicité telle que même un enfant en bas-âge aurait compris. Cela aurait peut-être nécessiter quelques explications puisque, tout habillé et assit sur le lit de la pièce, une jambe repliée sur les quelques marches permettant de grimper sur ce perchoir de fortune, l'autre tendue, Shane avait l'air de fort bien se porter. En témoignait l'air de lassitude qui recouvrait ses traits.

« Ben... »

Et cette brillante entrée en matière ne lui attirerait certainement pas les faveurs du doc' en question. Aussi, sans plus attendre, il entreprit de remonter son pantalon, grimaça et préféra plutôt l'ôter avec quelques contorsions, fort peu décidé qu'il était à se remettre sur ses jambes.

«  L'infirmière m'a tiré jusqu'ici quand elle m'a vu m'soigner. Un dragon, c'te femme, mais c'est pas l'sujet. Ceci dit, j'crois qu'ça répond à vot' question, non ? »

Sous le caleçon noir recouvert de petits lapins roses – cadeaux d'un home qu'il ne voyait plus depuis longtemps déjà – se trouvait une paire de cuisses musclées dont l'une était recouverte de gaze ensanglantée. Forcément, le médecin ne pouvait plus rater la raison de la venue du vigile, maintenant.

« Donc euh, voilà... »

Il resta un peu silencieux et baissa les yeux sur la tâche rougeâtre qui avait, semblait-il, cessé de s'étendre. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il ne serait pas là, mais ni les médecins ni les infirmières ne l'avaient jamais écoutés lorsqu'il disait qu'il s'en débrouillerait. De tout temps, on l'avait trainé dans les cabinets de docteur et à l'hôpital, alors qu'il affirmait bravement pouvoir s'en sortir très bien tout seul. Peut-être était-ce le fait de pisser le sang ou d'être au bord de l'évanouissement qui incitait les gens à ne pas le croire.

Cette fois pourtant, il était certain qu'il aurait pu faire son affaire tout seul. Et puis c'était tout à fait ridicule. D'accord il s'était blessé sur son lieu de travail, mais la blessure n'avait rien d'honorable. Nul humain ou vampire n'était la raison d'une telle plaie – assez profonde d'ailleurs pour ce qu'il en avait vu, mais qui avait heureusement éviter l'artère. Et face à ce médecin visiblement de mauvais poil, l'envie de lui expliquer qu'il s'était bêtement, stupidement et vraiment accidentellement éraflé avec un objet qu'il venait de ramasser, tout ça parce qu'il s'était cogné, ne lui faisait pas envie. Pas envie du tout.

« J'suis maladroit... »

Les yeux toujours rivés sur sa cuisse, il prenait un soin tout particulier à ne pas observer le médecin. Quelques anciennes cicatrices sur ses jambes lui paraissaient ressortir plus que d'habitude. Il n'en avait pas honte – et puis c'était un homme, avoir des cicatrices était presque normal, enfin de son point de vue – mais ça n'était pas extrêmement gracieux. Pire, ceux qui les voyaient un jour en venaient à penser qu'il menait une vie dangereuse. Oh, il n'était pas couvert de cicatrices larges et boursoufflées. Les siennes étaient plutôt fines et discrètes, mais présentes en nombre suffisant pour donner de fausses idées. Habituellement, il trouvait très amusant de contredire les autres, face au médecin, il se sentait moins fier de sa sempiternelle « Il ne s'agit pas de combats, juste de maladresse ». Et comble de malchance, il se rendit compte qu'un bleu conséquent ornait son mollet.

« Ca s'voit j'crois. » lâcha-t-il avec un petit rire gêné.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Lun 26 Oct - 16:30


Patient, au moins autant qu'il pouvait l'être à cette heure avancée de la nuit et de la semaine, Faolán attendit que son bien-aimé nouveau patient se décide à lui donner des informations utiles et nécessaires pour traiter sa condition. Quoique vu l'ampleur des dégâts, il n'était pas sur de pouvoir faire grand-chose. Il n'avait jamais aimé la psychiatrie et encore moins les imbéciles. Un profond soupir souleva son torse tandis que ses yeux clairs fixaient l'idiot qui se trouvait devant lui.


"Non. Ma question était simple, elle concernait un lieu, pas un symptôme. Vous pouvez très bien avoir mal ailleurs mais passons."


S'il était trop bête pour comprendre quatre mots simples dans sa langue maternelle, il ne pouvait pas faire grand-chose pour lui. Nouveau soupir. Ce type était un suicidaire scarificateur qui trouvait plus sexy de se marquer les jambes. Il ne voyait franchement pas pourquoi il devait se donner du mal pour sauver un homme qui voulait aussi visiblement mourir et si possible dans d'horrible souffrance. Il existait un enfer pour les masochistes. Surement. Quelque part.

Sans un mot (il n'était pas d'humeur à s'entendre reprendre sur son français), il s'approcha du garçon, le laissant babiller nerveusement pour remplir l'espace. Ses yeux passèrent sur le tissu ridicule du sous-vêtement (il en avait vu d'autre et les caleçons l'intéressaient nettement moins que les strings féminins) pour s'intéresser à la plaie dont l'horreur réussissait à transparaître même sous les kilos de gaze stérile qu'il avait inconsciemment gâché. Il fronça les sourcils.


"Couché !"

Sans vérifier la réaction du vigile, il lui tourna le dos, s'éloignant le temps d'aller chercher son matériel. Il se lava soigneusement les mains, enfila les affreux gants de latex sensés le protéger et prit le nécessaire à soins. Bétadine, Steri-Strips, seringue, fiole de vaccin antitétanique (à tous les coups il n'avait pas pris soin d'être à jour dans ses rappels), pince, la totale, puis, il retourna tranquillement vers son patient, toujours indifférent à ce qu'il pouvait bien dire, posa ses affaires sur la table en un ordre stricte et pratique et se tourna enfin vers la loque.

"Ça va pique un peu"

Il saisit le sparadrap et, sans autre préavis, le retira d'un coup sec. Les bords de la plaie avaient commencés à se nécroser et une petite infection pointait le bout de son nez. La blessure était profonde, pas trop large mais inquiétante par ses possibles complications.

"Si tu as d'autres blessures tu as intérêt à me le dire avant que je ne m'en rende compte seul. Il me faut aussi ton groupe sanguin, le date de tes dernière vaccins, la cause exacte du blessure, et toute indication medically relevant."

Il prit un gros coton, renversant la moitié de la bouteille de désinfectant d'un bel orange vif à l'odeur d'iode avant de l'appliquer sur la plaie, comptant sur le froid du produit pour réveiller le garçon qui n'avait pas l'air des plus vif.

"Il va probablement te falloir des points de suture, ou sinon tu risques de garder la marque à vie. Mais n'importe quel infirmier aurait pu s'occuper de ça. Pourquoi m'a-t-on appelé à ton avis ?"

Il fit une pause, interrompant une seconde ses soins pour le regarder en fronçant les sourcils.

"On se connaît de quelque part ? Tu es trop pauvre pour être actionnaire alors je suppose qu'il s'agit d'une autre raison… a moins que tu sois de ces fils comblés qui pensent plus cool de jouer au miséreux."

Auquel cas il aurait probablement un rendez-vous désagréable avec la direction le lendemain mais il s'en fichait. Il voulait retourner à ses études et puis le serment d'Hippocrate conseillait de soigner tout le monde sans distinction de richesse ou de puissance. C'était ce qu'il faisait. Il ne jugeait que sur l'intelligence, la propreté et la richesse. Des indices impartiaux.


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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Jeu 29 Oct - 15:02

Le moins qu'on puisse dire, c'était que l'Anglais n'était pas bien aimable. Shane en avait vu d'autres et se coucha comme demandé en gardant ses remarques pour lui, mais n'en pensait pas moins. Il fallait avouer que le médecin commençait à prendre son matériel et ça, ma foi, ça n'incitait pas à se montrer désagréable avec. Le vigile était maladroit, mais pas tout à fait masochiste encore, quoiqu'on puisse en penser. C'est pourquoi quand l'autre lui annonça que ça allait piquer un peu, il se contracta par réflexe. Heureuse réaction ou non, le fait n'était pas là. L'arrachage de la gaze le fit grogner l'espace d'une seconde alors qu'il bloquait sa respiration, reprenant une grande bouffée d'air dès que la douleur commença à refluer un peu.

« J'ai rien d'autre. J'crois. Et pas d'vaccins depuis... depuis... »

Ah oui tiens, depuis quand ? N'étant pas un grand fan des médecins, il n'en avait rencontré qu'en cas d'urgence. Là, il aurait même très nettement préféré ne pas en voir un à l'hôpital, mais puisqu'il n'avait visiblement pas le choix, il allait devoir se contenter de la mauvaise humeur de celui-là. Et la mauvaise humeur était parfois contagieuse.

« Pas d'vaccins depuis dix ans. Mon groupe sanguin, c'est euh... A. A+ j'crois. »

Et qu'il vienne pas le gonfler en lui disant qu'il ne lui avait pas demandé le rhésus, au moins il fournissait une réponse plus complète que « ça t'gènerait d'être aimable ? » puisqu'ils étaient de toute évidence passés au tutoiement.

« J'rien d'autres comme blessure, j'me suis juste fait celle-là en récupérant un bout d'bois. P't-être un pieu, j'sais pas, y avait personne dans l'coin en tout cas. Mais quand j'ai voulu l'jeter, j'ai sursauté et euh... m'suis cogné la main. J'vais pas t'faire de dessin non plus, l'résultat s'voit. »

Tout ça parce qu'en lieu et place de lâcher, il avait contracté ses doigts autour du pieu, relevant sensiblement le bout alors qu'il avançait la jambe en même temps pour reprendre appui. Une belle réussite, vraiment.

« Rien d'autre qui soit « medically relevant », Doc'. »

Shane n'avait vraiment aucun problème à se montrer familier, l'autre ne faisant guère plus d'efforts pour garder un semblant de professionnalisme dans la façon de lui parler. Au fond, le gardien de nuit admettait que ça lui allait mieux comme ça. Le vouvoiement lui donnait la chair de poule, un coup à lui rappeler à chaque fois qu'il prenait de l'âge. N'étant plus très loin d'entrer dans la trentaine, il aimait autant ne pas avoir à s'en souvenir. De toute façon, le monde entier ferait bien mieux de se tutoyer. C'était moins nocif pour les nerfs.

Le châtain lâcha un grognement en sortant de ses pensées. Pour avoir été réveillé par le froid du produit, il l'avait été. La palme revenait cela dit aux picotements dues au désinfectant et il lui fallu faire un gros effort de volonté pour ne pas bouger la jambe, au risque de s'attirer les foudres du médecin.


« J'sais pas, moi. T'as qu'à leur d'mander quand t'auras fini. » bougonna-t-il en réponse à sa question à propos des infirmiers, sans même être certain que l'autre l'ait entendu. « J'suis qu'vigile, ou gardien d'nuit d'l'hosto, t'appelles ça comme tu veux. Mon job – et quel job – c'est d'faire des tours dedans et dehors, alors question misère, ben j'ai qu'celle qui m'tombe dans l'porte-feuille à la fin du mois. »

Les yeux rivés au plafond, Shane laissa passer un instant de silence, avant de tourner la tête pour fixer l'autre homme.

« Et dis-moi Doc', puisque visiblement on est pote, t'es d'où si t'es pas anglais ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Mer 4 Nov - 16:02

Pas de vaccins depuis Mathusalem, au moins. Comme les trois quart de la jeune population française. Comme si ces imbéciles avaient simplement décidé qu'ils ne vivraient pas assez longtemps pour attraper le tétanos, les oreillons ou même une simple hépatite. Et bien non. Fao, lui, pariait sur une longue espérance de vie pour lui comme pour ses patients (dont Shane venait bien malgré lui de grossir la liste) et il était donc hors de question qu'ils continuent à se traiter comme quantité négligeable. Il grogna. Secouant la tête pour marquer sa réprobation, indifférent aux mèches châtain qui accompagnaient son mouvement.

"A positif, noté. J'ai besoin de ton nom complet, tes dates de naissance, tes…mensurations… je veux dire ta taille et ton poids, le reste ne m'intéresse pas." Il avait déjà eu de mauvaises surprise aussi se méfiait-il de ce mot étrange. "Si tu as déjà eu les oreillons, la rougeole, la varicelle, une STD quelconque. J'ai aussi besoin de ton consentement pour te faire deux prises de sang. Puisqu'on y est autant faire la totale. Je suppose que tu n'as pas encore de dossier ici ?"

Il aurait pu faire la recherche sur l'ordinateur qui trônait dans un coin de la pièce mais ces trucs étaient au moins préhistoriques, mettaient des heures à se brancher sur une interface d'une laideur absolue et passaient leur temps à interférer avec son implant, lui donnant des messages d'erreur à lui filer la migraine. Le papier, c'était le bien.

Tout en discutant (allègrement cela va sans dire) des antécédents du patient, le médecin avait continué ses soins, brusque mais professionnel. Son agacement quand à la description de l'accident était à peine perceptible et si la plaquette de métal sur laquelle était posée la pince tomba a grand fracas, ce n'était que l'effet de la fatigue. De toute façon, ladite pince n'avait pas touché le sol, elle était donc encore stérile.

Sans douceur mais sans sadisme non plus tout de même, le médecin appuya sur la plaie, la sondant millimètres par millimètres pour essayer de repérer les points d'infections et les possibles échardes, calculant mentalement la largeur de la plaie pour déterminer si des points de suture seraient ou non nécessaire. Parce qu'il ne fallait pas compter sur ce clown pour avoir les gestes d'hygiène de base. C'est seulement alors que la révélation fit son chemin jusqu'au cerveau du médecin. Habitué à ne pas faire de gestes brusques lorsqu'il soignait quelqu'un, l'Irlandais se releva, posa tranquillement sa pince sur la petite table et braqua ses yeux clairs sur l'adolescent.


"Tu te moques de moi ?"

A vue de med', Mr Spanner faisait au grand mot dans la moyenne basse de la population et était de corpulence sèche. C'est-à-dire qu'il semblait plus conçu pour s'enfuir à toute jambe qu'à se battre. Bien que ses jambes montraient des quadriceps bien développés sans une once de graisse en trop, il était vraiment difficile d'imaginer un poids plume pareil se battre contre les hordes de vamps vagabonds qui rôdaient le soir dans l'arrière cour. Franchement. Et pourtant, il faisait des efforts.

"Tu es vraiment suicidaire ou juste désespéré ? Parce qu'un vigile qui se blesse avec son propre arme, ici, il risque de faire pas de vieux os. Tu es certain d'avoir lu les conditions avant de signer ? La protection de la banque de sang et de la morgue eventually ? Parce que j'en ai vraiment assez d'envoyer des couronnes à chaque enterrement."

Il désinfecta de nouveau la plaie, acceptant tacitement le changement de sujet. La mort de Mr Doussoux, le prédécesseur de Spanner était plus douloureuse que prévue et il devait maintenant faire des efforts pour arrêter de s'attacher aux morts en sursis. De s'attacher tout court en fait, il avait assez de loosers dans les pattes.

"Je suis Irlandais. Là t'as la France," il montra vaguement un endroit dans le vide entre eux "Là, le Royaume Uni," Sa main se déplaça vers le haut pour former une sorte de traits étrange Et là l'Irlande Il laissa son poing frapper a gauche du trait, inconscient de sa propre violence. Son pays lui manquait, c'était indéniable.

"Vous autres français feraient bien d'assimilier qu'il n'y a pas que l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne en Europe."

Il soupira, se forçant à revenir au sujet principal pour éviter tout vagabondage mélancolique de pensée.

"Pour ton jambe, tu as le choix. Je peux recoudre, ce qui sera douloureux, va demande une retraite des points mais moins du travail au cours de la cicatrisation et promet une disparition totale de la marque au long terme, ou j'ai un autre moyen, absolument indolore, mais avec plus de risques de rupture et donc perhaps une cicatrice moins belle. Your call."


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 4:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Ven 13 Nov - 22:35

Un sourire éclaira les lèvres de Shane alors que le médecin lui demandait ses mensurations. A en juger par la précision très vite apporté, le vigile n'était pas le seul chez qui le terme provoquait une arrivée d'idées lumineuses comme une bougie en pleine tempête de sable, sauf qu'à la différence du brun, certains avaient visiblement été jusqu'au bout. Lui n'aurait pas poussé le vice jusque-là. D'abord l'Anglais – ou quoi qu'il fût – n'était pas son genre, et puis il était un peu trop mal luné pour incité son patient préféré à faire de l'humour. Non, vraiment, il s'abstiendrait de lui donner la totalité de ses mensurations.

« Si tu as déjà eu les oreillons, la rougeole, la varicelle, une STD quelconque. J'ai aussi besoin de ton consentement pour te faire deux prises de sang. Puisqu'on y est autant faire la totale. Je suppose que tu n'as pas encore de dossier ici ? »

Alors que le Doc' prenait du papier pour noter les réponses, Shane observa l'ordinateur, puis le médecin. N'était-ce pas un peu plus rapide d'utiliser la machine ? Toute préhistorique qu'elle soit – en tout cas le design de la bête ne semblait pas particulièrement moderne, elle ferait sans doute gagner du temps. Ou alors l'homme était l'un de ceux que la technologie rebutait, qui se plaignaient de ne plus être à l'ère du sacro-saint papier ? Il ne se sentait pas de le lui demander.

Le brun ferma les yeux une demi-seconde, le temps d'en revenir à la question posée, de se remémorer tout ce dont il devait se souvenir pour répondre à l'interrogatoire qu'il subissait. Car c'en était un, il n'en doutait pas, à en juger par l'énergie que le Doc' mettait à trifouiller dans sa plaie. Et s'il ne gémissait pas, ce n'était bien que par fierté, qu'on se le dise.


« Rien de c'que t'as cité. J'ai une santé d'fer. » Peut-être pas la meilleure chose à dire sur le lit d'un cabinet médical. Shane s'empressa de compléter sa réponse, sans laisser à l'autre le temps de faire une remarque là-dessus. « Pis pour les prises de sang, ben si ça t'amuse, ça m'va. C'toi qui sais c'que tu fais. J'espère. Ah, et mon nom, c'est Shane Owen – O.W.E.N. j'suppose que tu savais mais y a un crétin qui y a déjà mis un H – Spanner – avec deux N, né le 28 mai 2126 à Paris, quoi qu'laisse supposer mon nom. Ensuite, 1 mètre 72, 68 kilos. Pas d'dossier, mais visiblement ç'va pas tarder. »

L'autre toutefois avait relevé le nez pour le regarder, l'air mécontent, le temps de lui demander d'où ils se connaissaient. La réponse était bien simple, ils ne se connaissaient pas, mais Shane préféra lui indiquer son job, estimant que la raison de la venue du médecin était sans doute là. A vrai dire, il n'en savait foutrement rien, mais il n'eut pas le loisir de s'étendre sur le sujet. Sitôt que l'information était monté au cerveau du médecin, celui-ci lui ressortit le discours cent fois entendu auparavant. Dix ans qu'il était vigile, dix ans qu'il entendait la même chose fréquemment. Vrai qu'au départ, il avait eu du mal à se faire embaucher, puis à force d'y arriver, on ne lui posait plus autant de questions. Mais au médecin, il ne se voyait pas lui raconter pourquoi il n'était pas si mauvais vigile que ça, malgré sa carrure ou sa maladresse. De fait, il se contenta de laisser planer un silence de quelques secondes, puis de lui demander d'où il venait alors que l'ambiance devenait lourde après les paroles du Doc'. Et ce fut avec un certain soulagement pour Shane que l'autre accepta le changement de sujet, s'emportant même un peu alors qu'il faisait un mini-cours de géographie à son patient. Un patient attentif, qui referma la bouche alors que le châtain mettait un peu trop d'énergie à situer l'Irlande. Poing si lestement fermé serait prestement dans la gueule du vigile s'il se montrait trop insolent, il le sentait. Mieux valait rester neutre, ou en tout cas se garder de faire remarquer qu'il avait été à l'école et qu'il situait l'Irlande très bien tout seul.

La chance voulut que l'autre en revienne à ce qui les intéressait après un bref soupir. Le vigile regarda le médecin sans mot dire durant un moment, méditant sa réponse en encaissant les élancements dans sa jambes. A choisir entre douleur ou non, il n'était pas sûr que son avis penche sur la première option, mais à l'idée qu'il y ait une « rupture » - et peu importait de quoi le médecin parlait – il se sentait bien plus prompt à tenter les points de suture. Et ce même s'il faudrait revenir pour la « retraite des points ». Ce fut donc avec un léger sourire qu'il reprit la parole, amusé par les fautes de français de l'autre homme.


« J'crois qu'on parle plutôt de retrait des points. La retraire, c'est plutôt pour les p'tits vieux. Mais pour ma jambe, ajouta-t-il en appuyant légèrement sur l'adjectif possessif, j'prends les points d'suture. Avec anesthésie, si t'as rien contre. »

Et même s'il avait quelque chose contre, d'ailleurs. Shane n'était pas masochiste, enfin pas à ce point du moins.

« Tu viens d'où en Irlande sinon ? L'pays est sympa ? J'aurais bien aimé voyager, m'enfin maint'nant, c't'un coup à s'attirer des problèmes plus qu'aut' chose. Me d'mande comment c'était, quand les vampires s'cachaient encore. Plus simple j'suppose. »

Les deux mains posées à plat sur le lit, bras tendus alors qu'il levait à nouveau les yeux sur le plafond, le jeune homme resta songeur un moment, attentif à toue réponse de la part du médecin. Vrai qu'il aurait bien aimé pouvoir voyager à sa guise entre les pays, mais avec les humains réduits en esclavage, les transfuges à tous les coins de rues, les chasseurs et les vampires, l'idée lui paraissait assez mauvaise. Shane baissa la tête et regarda le médecin encore quelques instants. Lui devait avoir une bonne idée de ce que c'était que passer d'un pays à l'autre.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Lun 16 Nov - 23:10

Le vigile ne parlait pas français, c'était officiel. Aucun mot reconnaissable ne sortait de sa bouche et le médecin n'entendit qu'une bouillie informe de sons sans suite. Il fronça les sourcils, essayant tout de même d'attraper les informations utiles pour son dossier et réussit à comprendre quelques détails. Comme son nom, sa date de naissance et le fait qu'il n'ait rien attrapé. Ben voyons. Personne n'était jamais malade. A tous les coups, il ne s'en souvenait simplement pas. Stupide. Crétins de parisiens se croyant invincibles s'ils étaient originaux. Il n'avait cas en crever, cela lui ferait des vacances.

"Je testerais tes réactions immunitaires aussi alors. Franchement, j'espère pour toi que tu me mens. Les oreillons à l'âge adulte peuvent poser de réels problèmes."

Il nota tout de même le reste, levant un sourcil étonné en remettant la date de naissance. Il n'avait pas tilté au début mais le crétin devait avoir moins d'un an de moins que lui. Et on le disait immature ? Finalement Torin pouvait se montrer content tiens. On voyait qu'il n'avait pas l'habitude des français. Entre Deneb qui, à 21 ans, avait la maturité d'un adolescent de moins de 15 et Monsieur Shane a qui il aurait donné la vingtaine - et encore, en étant indulgent, il se serait probablement suicidé de désespoir. On comprenait pourquoi le Monarque Sombre avait décidé de s'installer ici. Il ne risquait pas d'avoir de problèmes avec la population.

"Ton recruteur aurait du te l'ouvrir tout de suite Roméo. Mais le DRH qui t'a embauché a du se dire que tu ne vivrais pas assez vieux pour ça."

Il haussa les épaules, désabusé. Pas parce que ledit Roméo allait mourir bientôt, ça, c'était courant et il ferait ce qu'il pourrait pour reculer au maximum ce moment mais à cause des nombreux dysfonctionnements de l'administration neckerienne. Il aimait l'hôpital. Il aimait son métier. Il était peiné de voir cette magnifique machine s'enrayer à cause de la paresse de certains. C'était idiot. Par chance, certains, comme Joranne, remontaient un peu la moyenne. Tant qu'on ne leur disait pas évidemment. Il ne fallait pas que le Pissenlit s'endorme sur ses lauriers.

Shane reprit alors la parole et le médecin soupira. Il était fatigué, il en avait marre, voire envie d'un verre pour oublier qu'une fois l'hôpital fini, il n'aurait rien à faire jusqu'au lendemain. Pas d'humeur finalement à surveiller son français qui sortait un peu comme il avait envie, c'est-à-dire mal. Il haussa les épaules.


"Same difference."

Lâchant la jambe du garçon il lui tourna le dos pour prendre les ciseaux, les fils résorbables (comme ça pas de grimaces de fillette sur la retraite (ou le retrait s'il insistait), des points), une seringue, et tout le matériel de torture approprié.

"Headford. Du côté de Galway si ça te dit quelque chose. Ou dans le coin en tout cas. Près du Loch Corrib. Et oui, très sympa. Très beau, très accueillant, très dispersé, parfait. Si on aime la pluie. Beaucoup plus agréable que Londres, plus naturel que la Bretagne et très différent de Paris."

Perdu dans ses souvenirs, essayant de traduire en mot l'amour qu'il portait à son pays sans tomber dans un sentimentalisme stérile, il avait effectué les gestes de base sans s'en rendre compte. Désinfecté, rempli la seringue, enlevé l'air et piqué la cuisse non loin de la blessure.

"Il va falloir attendre un moment pour que le produit agisse. Tu n'as jamais quitté Paris je suppose ? Tu penses vraiment que faire une heure d'avion de jour est plus dangereux pour toi que de travailler ici le nuit ?"

Il retint un "imbécile" tout à fait visible sur son visage et retourna à ses soins. De sa main gantée, il frôla la cuisse du vigile pour vérifier l'absence de sensation et commença son travail de couture, plus concentré sur l'Irlande que sur ce qu'il faisait. En parlant de son pays, Spanner avait touché un point sensible et l'avait considérablement adouci. La preuve, il n'avait presque plus envie de le tuer.

"J'ai presque fini. Je veillerais à ce que tu rentres chez toi et je ne veux pas te revoir avant lundi. L'hôpital ne l'enlèvera pas de ton salaire, je m'en porte garant. Par contre, recommence tes bêtises et je laisse la gangrène s'installer jusqu'à ce que l'on doive te couper le jambe je me suis bien fait comprendre ?"

Il le fusilla une nouvelle fois du regard, coupant d'un geste vif le fil en trop. C'était fini. Ou peu s'en fallait. En quelques secondes, il posa un pansement qu'il sécurisa d'une bande (avec un maladroit pareil on n'était jamais trop prudent et termina, à nouveau bourru, sur les conseils d'hygiène habituels.

"Couvre la blessure avec une plastique en prenant ta douche et je déconseille le savon dans la plaie pour les premiers jours. Pense a changer le pansement régulièrement et à remettre le bande. Je te veux dans mon bureau lundi à la première heure. Je ferais les prises de sang et les vaccins à ce moment là. Le labo est fermé le week end. Ce serait idiot de te les faire maintenant."

Il s'éloigna une dernière fois pour ranger ses affaires, lui tournant le dos.

"File Roméo, je ne veux plus te voir."


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 4:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A Day in the Life [Roméo][Fini]   Lun 30 Nov - 18:11

[Je reprends le dialogue assez haut pour qu'on s'y retrouve. Ça ne comprend pas tout vu qu'une partie de la discussion jusque-là se passait avant. Du coup y a une partie de ta réponse à laquelle je réponds pas, Shane ne disant rien et ne faisant rien de plus que ce que j'ai déjà dit.]

« Et dis-moi Doc', puisque visiblement on est pote, t'es d'où si t'es pas anglais ?
- Je suis Irlandais. Là t'as la France, là, le Royaume Uni. Et là l'Irlande. Vous autres français feraient bien d'assimiler qu'il n'y a pas que l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne en Europe. »

Le mini cours de géographie fut suivi attentivement et en silence par un Shane qui ne se sentait pas de signaler qu'il situait parfaitement l'Irlande tout seul. Fao semblait emporter dans son explication, sans doute aimait-il son pays. Pourtant il ne lui fallut pas longtemps pour qu'ils en reviennent à leurs moutons, en l'occurrence la jambe du vigile. Qui eut cru qu'une petite blessure de rien, au dire du blessé, aurait abouti à tant de choses ? Voilà qu'il avait donné de quoi constituer un début de dossier et qu'il serait bien obligé de repasser pour se faire vacciner. Du reste, lorsque le Doc' lui avait demandé à propos des maladies qui avaient pu attraper, Shane aurait été bien en peine de répondre. Il ne parlait plus à ses parents depuis dix ans, et dix ans c'était long quand on a la mémoire courte. Bien sûr en partant de chez lui, il ne lui était pas venu à l'esprit de prendre son carnet de santé ou toute autre chose aussi utile. On était étourdi ou on n'était pas.

« Pour ton jambe, tu as le choix. Je peux recoudre, ce qui sera douloureux, va demande une retraite des points mais moins du travail au cours de la cicatrisation et promet une disparition totale de la marque au long terme, ou j'ai un autre moyen, absolument indolore, mais avec plus de risques de rupture et donc perhaps une cicatrice moins belle. Your call.
- J'crois qu'on parle plutôt de retrait des points. La retraire, c'est plutôt pour les p'tits vieux. Mais pour ma jambe, j'prends les points d'suture. Avec anesthésie, si t'as rien contre.
- Same difference. »

La réponse du médecin fit sourire à nouveau Shane, qui baissa la tête pour que ce ne soit pas trop visible. L'autre avait l'air las. Le brun ne doutait pas qu'on le corrige souvent sur ses fautes de français. Il aurait aimé lui dire que malgré tout, il se débrouillait bien, histoire de se racheter, mais ça l'amusait assez. Par ailleurs, le Doc' risquait de ne pas apprécier l'attention. Le vigile opta donc pour un changement de sujet discret, fin et subtil en levant le nez au plafond pour retourner dans ses pensées l'espace d'un instant.

« Tu viens d'où en Irlande sinon ? L'pays est sympa ? J'aurais bien aimé voyager, m'enfin maint'nant, c't'un coup à s'attirer des problèmes plus qu'aut' chose. Me d'mande comment c'était, quand les vampires s'cachaient encore. Plus simple j'suppose.
- Headford. Du côté de Galway si ça te dit quelque chose. Ou dans le coin en tout cas. Près du Loch Corrib. Et oui, très sympa. Très beau, très accueillant, très dispersé, parfait. Si on aime la pluie. Beaucoup plus agréable que Londres, plus naturel que la Bretagne et très différent de Paris. »

Encore une fois, Shane sourit. Non d'amusement, cette fois, mais simplement parce l'affection que Faolàn portait à son pays d'origine prêtait à ça. C'était presque... attendrissant, mais le vigile refusait d'employer comme de penser ce mot-là. Et surtout, l'autre ne devait pas voir ça. Heureusement, il fut plus aisé qu'il ne l'aurait pensé de ne rien montrer. Le Doc', tout en parlant, avait fait son travail et venait de lui planter l'aiguille dans la cuisse, ce qui provoqua la descente du museau du brun. Son regard accrocha la seringue, puis les yeux du médecin alors qu'il le fixait de nouveau.

« Il va falloir attendre un moment pour que le produit agisse. Tu n'as jamais quitté Paris je suppose ? Tu penses vraiment que faire une heure d'avion de jour est plus dangereux pour toi que de travailler ici le nuit ?
- Euh... ben... Dis comme ça Doc', c'est vrai qu'ça paraît un peu idiot. »

Car après tout, s'il survivait à ses nuits de travail, une heure d'avion ne le tuerait pas. La situation n'était pas forcément plus critique en Irlande ou au Royaume-Uni qu'en France. Du reste, il aurait aimé connaître un peu mieux le pays d'où il tirait ses origines. Porter un nom anglophone sans rien connaître de l'Angleterre, c'était un peu dommage. Oui, un jour, il faudrait qu'il s'y rende... quand il aurait l'argent.

« J'ai presque fini. »

Hn ? Shane sortit de ses pensées pour se concentrer sur le discours du médecin, alors que celui-ci avait fini de coudre la plaie. Le tiraillement sur la peau, non douloureux mais gênant, prenait fin.

« Je veillerai à ce que tu rentres chez toi et je ne veux pas te revoir avant lundi. L'hôpital ne l'enlèvera pas de ton salaire, je m'en porte garant. Par contre, recommence tes bêtises et je laisse la gangrène s'installer jusqu'à ce que l'on doive te couper le jambe je me suis bien fait comprendre ? »

Avec la mine contrite de rigueur, Shane opina du chef.

« Bien compris.
- Couvre la blessure avec une plastique en prenant ta douche et je déconseille le savon dans la plaie pour les premiers jours. Pense à changer le pansement régulièrement et à remettre le bande. Je te veux dans mon bureau lundi à la première heure. Je ferais les prises de sang et les vaccins à ce moment là. Le labo est fermé le week end. Ce serait idiot de te les faire maintenant. »

Sans rectifier les fautes de français, le vigile approuva à nouveau, d'un simple « ok ». Il n'était d'ailleurs pas contre quelques jours de repos, même s'il ne savait pas bien ce qu'il pourrait en faire. Cela dit, tant qu'il touchait son salaire, ce que le médecin avait garanti, il avait l'esprit tranquille.

« File Roméo, je ne veux plus te voir. »

Shane cilla. Roméo ? Mais d'où le Doc' tenait-il ce surnom ? Non qu'il le trouve horrible, même si de son point de vue ça ne lui allait pas. Et depuis quand l'appelait-il comme ça ? Sans bouger, toujours assis sur le lit, le brun tenta de se souvenir de la première fois où il avait été surnommé comme ça, avant de se rappeler que l'autre voulait le voir filer. Il se leva donc, toujours un peu ailleurs et se dirigea vers la porte, mit la main sur la poignée et...

« Merde, mes fringues. »

... alla se rhabiller. Il était tard, certes, mais il y avait encore du monde dans les couloirs et dans les rues, en plus du froid qui n'incitait pas à sortir sans pantalon. Une fois celui-ci remis et la braguette fermée, il se tourna vers l'Irlandais.

« Bon, bah à lundi Doc' ! Bonne fin de semaine. »

Et enfin, il sortit, en effleurant par-dessus son jean l'endroit où étaient les points de suture. Il n'y avait pas à dire, c'était mieux comme ça.
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A Day in the Life [Roméo][Fini]

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