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 Le loup et l'agneau [clos]

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Liadan D. Oswell
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MessageSujet: Le loup et l'agneau [clos]   Dim 18 Oct - 15:19

Deneb... Donner le nom d'une des étoiles les plus brillantes qui soit à ce gamin, c'était plutôt bien trouvé. Elle qui l'avait pris pour un OVNI, une drôle de chose qui n'avait pas sa place ici... La vampire passa la langue sur ses lèvres et haussa les épaules, tentant de se libérer de l'image du dealer qui la suivait depuis plus d'une demie-heure. Elle soupira, adressant un bref sourire à un homme qui l'observait avec insistance, attendant que le feu passe au vert. La voiture redémarra, couvrant à peine le son de la musique, et le silence revint doucement, à peine troublé par la circulation plus lointaine, et les grondements monotones des moteurs. Une pendule qui sonnait trois heures dans une maison à quelques pas, la fenêtre ouverte lui permettant même d'entendre la télévision, une émission culinaire quelconque, comme celle devant laquelle elle et Katja occupaient leur fin de nuit, quand il n'y avait vraiment rien d'autre à faire.

Trois heures donc. Ce Deneb lui avait pris une bonne partie de sa nuit à la suivre, visiblement aussi intéressé par elle qu'elle l'était par lui. En plus de la balle qui lui abimait l'épaule, l'empêchant d'oublier la nuit qui venait de passer, elle avait toujours sur la langue le goût de son sang médicamenteux. Une drogue différente de celles auxquelles elle était habituée, un sang intéressant.

L'idée qu'il était peut être un des patients de Faolàn lui avait traversé l'esprit, pendant qu'elle marchait vers l'hôpital, et y recroiser le jeune homme aurait sans doute été amusant, mais n'aurait rien facilité concernant les relations avec l'humain qu'elle considérait comme son frère. Si le cardiologue ne tentait pas de la tuer en profitant de sa confiance et s'ils parvenaient à s'entendre malgré ses difficultés à tolérer ses meurtres (l'inverse était plus simple, elle se moquait qu'on tue des vampires, tant qu'on ne touchait pas à ses proches), la voir jouer avec un garçon qu'il connaissait aurait jeté un froid. Et outre le fait qu'elle appréciait ses soins, la compagnie de l'humain lui manquerait. Il y aurait des tensions entre lui et Deneb, elle aurait plus de peine à étudier celui-ci, bref, tout le drame des relations humain-vampire. Beaucoup trop de complications pour ce que c'était.

Avec un sourire amusé, la réceptionniste lui avait expliqué que le docteur Riagal avait quitté l'hôpital assez tôt, et Liadan avait décidé de l'attendre chez lui. S'il était de sortie, c'était soit pour un rendez-vous, soit pour la chasse. Et dans les deux cas, le trouver et se montrer poserait problème. Il ne restait plus qu'à attendre, une veste légère achetée dans une boutique banale dissimulant la plaie pour éviter les regards idiots, comme celui de la vendeuse qui ne l'avait pas quitté des yeux avant qu'elle ne tourne au coin de la rue. Les humains étaient stupides, pour la plupart. Pas vraiment de quoi interroger sur ce qui poussait les vampires à les traiter comme du bétail. Comme ce type qui avançait.


« Vous avez l'heure ? »

« Pas de montre. »

Le ton était simple, désintéressé, et elle s'écarta pour éviter que sa main ne lui attrape le poignet pour l'attirer vers lui, inconscient de sa blessure et de ce qu'elle représentait. C'était le drame humain, causé par l'ascension des vampires. Même sans être un renégat, on pouvait trouver à redire concernant le régime du Monarque et de sa meute. La traque avait rendu l'homme bête, primaire et, dans de nombreux cas, saoul.

« Vous attendez quelqu'un ? »

Liadan hocha la tête.

« Besoin de compagnie ? »

Non. Un regard par dessus l'épaule du type et la vampire sourit. La démarche, la silhouette, puis le visage qu'elle distingua dans l'obscurité ne laissait aucun doute, et elle se dégagea doucement. Ne jamais tuer près de chez Faolàn, et encore moins sous ses yeux. Question de savoir vivre.

« Si vous voulez bien m'excuser, mon frère arrive. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Lun 19 Oct - 2:24

Trois heures. C’est ça le soucis lorsqu’en plus d’être chasseur, vous avez eu la bêtise d’avouer une formation d’urgentiste. On ne vous demandait plus seulement de renvoyer les âmes de pauvres damnés au repos éternel, mais en plus de passer la fin de votre nuit à soigner ceux de votre groupe que la lenteur, la bêtise, le manque d’entraînement ou que savait-il encore, avait conduit à être blessé en combat. Franchement. Comme si ça ne suffisait pas de passer sa journée à soigner des gens et sa soirée à en tuer, il fallait encore passer la nuit à en empêcher d’autre de mourir. Vous parlez d’une diversité. Il aurait du suivre les conseils de son père et faire du droit, ça l’aurait changé un peu.

Fatigué par une journée de près de vingt heures, Faolán sortit des catacombes par l’accès le plus proche de chez lui, oubliant pour un soir ses précautions habituelles. Par chance, si la nuit était claire, le froid enfermait la plupart des humains chez eux et les vampires devaient donc se tourner vers des quartiers moins cléments pour trouver pitance. Il n’y avait personne.

Refermant son blouson en cuir sur son T-shirt, il frissonna et enfouit ses mains dans les poches de son jean, prenant bien soin à paraître toujours aussi imposant que possible. Epaules en arrière, démarche assurée, et même jusqu’au sourire moqueur vissé sur la figure, il était parfait. La lune en était témoin. Et qu’elle ne vienne pas lui parler de ses cernes. Il n’en avait pas. Elles n’auraient pas osé. Le calme de la nuit laissa soudain place à un rythme plus soutenu tandis qu’une chanson prenait place dans sa tête et ses oreilles. Il se surprit à accélérer le pas comme pour suivre la musique, ses lèvres articulant les paroles dans le silence. La ville était à lui, il était invincible. Comme dans un film ou une comédie musicale. L’apparition de cœurs derrière lui pour souligner sa marche guerrière ne l’aurait pas étonné outre mesure.

Enfin, la tour apparu au détour d’une rue, suivie de l’immeuble à proprement parler et les arbres de la Cour de Cluny. Devant, deux silhouettes discutaient. Un homme, probablement ivre vu ses problèmes d’équilibre et une femme très familière. Sans montrer ses hésitations, il approcha, reconnaissant sa sœur vampirique. Son sourire s’agrandit. L’homme était probablement un idiot et il allait pouvoir s’amuser à ses dépends. On n’ennuyait pas ses protégés sur SON territoire. Si Liadan respectait l’interdiction de tuer autour de chez lui, il devait garantir sa sécurité dans la zone. Question de simple courtoisie seigneuriale. Il posa une main ferme sur l’épaule du gars, enfonçant ses doigts dans une zone qu’il savait sensible, souriant aimablement à l’immortelle jeune femme qui lui faisait face.


« Bonsoir grande sœur, désolé je suis en retard, je ne t’ai pas fait attendre au moins ? »

Il s’inclina légèrement, forçant du même coup sa victime à en faire autant. Il le sentait qui essayait vaguement d’échapper à son étreinte, gras, mou et faible. Il n’avait aucune chance.

« J’espère que Robert ici présent ne t’a pas trop ennuyé, il ne sait pas se tenir. »

« Mais je ne m’app… »

« Tais-toi, on n’interrompt pas les adultes quand ils parlent. Je te jure, les ivrognes d’aujourd’hui n’ont plus aucune fierté, c’est affreux. »

Il força Robert à se redresser correctement et se tourna à nouveau vers lui.

« Maintenant tu t’excuse et tu t’en vas. Et si je te reprends à traîner dans le quartier, je te ferais regretter d’être une outre à bière, compris ? »

Sans prêter plus longtemps attention au type, il le relâcha soudainement et ouvrit la porte, s’effaçant poliment pour permettre à son invitée d’entrer. Ensemble, ils montèrent les deux étages qui les séparaient de l’appartement et ce n’est qu’une fois totalement en sécurité et les chaussures du médecin défaites qu’il arrêta son numéro. Son sourire se fit plus sincère, une sévérité affectueuse sur le visage. Il cachait son inquiétude de son mieux. Il savait bien que ce n’était jamais assez.

« Qu’est ce qui se passe ? Je peux t’aider ? Tu vas bien ? »


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 4:41, édité 1 fois
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Liadan D. Oswell
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Lun 19 Oct - 15:43

Son sourire. Rien qu'au sourire de l'irlandais qui avançait vers elle, Liadan savait qu'il allait jouer, voire surjouer son rôle de frère. Il était fier, malgré les cernes qui pesaient sous ses yeux, droit comme la justice et décider. Visiblement heureux de la voir, aussi, malgré la proximité de sa tour bien aimée. Il laissait un vampire pénétrer son territoire, son refuge. Ceci dit, vu l'armada de figures et autres objets religieux qui hantaient sa chambre, il ne risquait pas grand chose à inviter un vampire chez lui, quel qu'il soit. Ça vous brûlait la gorge jusqu'au coeur (si coeur il y avait toujours. Le fait qu'il ne batte pas pouvait laisser supposer qu'il avait laissé place à un quelconque organe vampirique ou, dans le cas le plus simple, à du vide.) et vous empêchait de forcer l'accès de la tour. La dépendance secondaire du Seigneur et de tous ses Saints... Il était ce qu'elle aurait pu devenir si elle avait encore pu entrer dans une église. Croyant jusqu'au bout des ongles, assuré de la présence du Tout Puissant dans l'air et partout. Irlandais.

Avec un regard absent, elle nota les gestes du cardiologue, la façon qu'il avait de poser sa main sur l'épaule de l'autre, neutre mais sans amabilité aucune, et le soupir de douleur de l'inconnu lui arracha un vague sourire. C'était ridiculement humain, et monstrueusement familier. Cette façon qu'il avait de réduire un homme, moins fort, à une simple chose, docile et impuissante. Le mouvement simple, indifférent et méprisant... S'il lui était arrivé de douter qu'il avait bel et bien un lien quelconque avec son maître, au tout début, l'influence de Torin sur l'homme était flagrante. Amusante et irritante. L'impression agaçante que votre petit frère prend exemple sur votre amoureux pour se moquer de vous ou vous impressionner, quand vous n'êtes qu'adolescente. Finalement dans le cas présent, c'était plus comique qu'autre chose.


« Non deartháir, je ne suis pas là depuis longtemps. »

Un vague sourire de circonstance, et ses yeux glissèrent des cernes de l'irlandais à sa barbe, puis à ses mains. Elle ne se voyait pas, mais elle se connaissait. Quelques souvenirs d'anciennes peintures, de quelques croquis, quand les humains passaient encore leurs journées et leur nuits dehors, avec une chaise et de quoi dessiner les passants et, plus souvent, les jolies filles. Il y avait les descriptions de Katja aussi. Et plus simplement, elle n'était pas idiote. Elle était figée derrière le même masque depuis ses 24 ans. Le corps de Faolàn en avait 29. Pour n'importe quel humain, il semblait l'aîné. Mais l'homme ne sembla pas y prêter attention, plus concentré sur le salut que Faolàn le forçait à faire. C'était douloureux, il le sentait. Et la crainte de s'être fourré dans une situation dangereuse commençait à se faire sentir. Il avait chaud, respirait trop vite d'un souffle sifflant. L'pdeur de l'alcool se dissipait peu à peu, et Liadan haussa les épaules, lassée, réveillant la douleur.

Il fallait qu'il abrège. Il comptait jouer avec... Robert, puisque Faolàn avait choisi de le nommer ainsi (pas besoin d'être une lumière pour voir la connotation péjorative dans le choix de ce nom) combien de temps encore ? Le jeu laissait place à un simple mépris, plus brutal, et la vampire dût se retenir de ne pas rappeler l'humain à l'ordre. Elle n'était pas là pour voir un combat de chiens, et il lui semblait que Faolàn lui même se disait loup, et donc supérieur au chien errant. C'était idiot. Sans intérêt. Ivrogne, outre à bière... Mais quoi qu'elle en pense, elle était chez lui et avait besoin de ses services. Il était vulgaire. Bas. Idiot. Détestable même. Sans s'intéresser aux excuses de l'inconnu, elle sourit doucement. L'idée qu'elle voulait défendre un humain d'un autre était ridicule. La vision d'un Faolàn qui se prenait pour un seigneur l'était encore plus. D'un autre côté, avec la réflexion que lui imposait son silence, la protection du médecin était drôle, presque touchante. L'image d'un louveteau en poste devant une alpha pour la protéger d'une brindille lui vint à l'esprit. Il avait cette attitude enfantine qui faisait du moindre objet une menace pour ceux qui lui étaient supérieurs, ce qui atténuait la brutalité de ses actes. Il était juste humain.


« C'était du whisky, et il n'en pas bu tant que ça. »

Une rectification un peu superflue prononcée sans grande conviction. Machinalement, elle tressa rapidement ses cheveux pour les tenir en place et le suivit chez lui, constatant avec plaisir son changement d'attitude maintenant qu'ils étaient seuls et à l'intérieur. Souriant, naturel. Toujours fier, mais familier.

« Il va falloir revoir le scénario, je ne peux vraiment pas passer pour ta grande soeur. Et je vais bien, j'avais envie de te voir. Un peu besoin de tes services, aussi. Quand je suis passée à l'hôpital, tu étais déjà parti, donc j'ai pensé t'attendre ici. Tu as chassé ? Tout s'est bien passé ? »

Le temps de commencer l'échange convenablement et elle retira sa veste, découvrant la blessure sur laquelle passait pas moment la bretelle de son débardeur. Profitant qu'il se lavait les mains et ne regardait pas pour lui expliquer les choses avant qu'il ne s'emballe.

« C'est de l'argent, donc ça ne se refermera pas sans l'enlever, et Katja n'aime pas faire ça. Tu peux m'aider ? J'ai pas besoin de grand chose, et j'ai eu du sang depuis. »

Qu'il ne s'amuse pas à essayer de lui faire boire du sang dans un gobelet en plastique, comme la dernière fois qu'elle était passée à Necker pour ce genre de blessure.

« J'aurais juste besoin que tu l'enlèves. Pour les balles ordinaires, je le fais à la main, mais cet idiot avait des balles d'argent. Et pour ta conscience, je ne l'ai pas tué. »

Un résumé suffisamment complet pour qu'il puisse ôter la balle et leur permettre de commencer une discussion normale. Elle passa un doigt sur les bords de la plaie et prit place sur une chaise (pas de sang sur le canapé).
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Mar 20 Oct - 13:57

La maison. Si familière qu’il ne la regardait plus et dont pourtant il était conscient jusqu’à la mœlle de ses os. La sensation d’être rentré quelque part et que cet endroit était exactement tel que vous l’attendiez sans même avoir conscience d’attendre quelque chose. Il en connaissait l’impression froide, fonctionnelle et pourtant confortable qu’on y ressentait, sa propreté méticuleuse, vivante cependant par les fruits trônant sur un plat sur le bar et les deux verres dans l’évier.

Laissant Liadan faire comme chez elle – c’était ça la famille, des gens qui étaient chez eux chez vous – il posa son blouson sur le portemanteau, sortit son T-shirt de son jean en un geste quasi automatique (pas parce qu’il était rentré qu’il ne devait pas faire attention à son apparence) et alla se laver les mains de toute la saleté qu’il avait récolté en marchant dans la ville. Il restait silencieux, sachant pertinemment que la vampire ne s’en formaliserait pas et saurait rompre le silence quand elle le voudrait. Il sortit deux autres verres, se servit du jus de pomme avec des glaçons et posa l’autre sur la planche de bois qui séparait la cuisine du salon avant de changer de pièce et de s’y adosser à son tour.


« La routine, vraiment rien de particulier. »

Il replaça une mèche derrière son oreille, un peu gêné derrière son sourire. Il ne savait jamais vraiment comment répondre à ce genre de questions. Pouvait-il seulement dire la vérité et grommeler sur le nombre trop important de blessés alors qu’ils étaient sortis tuer les siens ? Il avait beau savoir que les vampires n’avaient pas une solidarité très élevée, a art avec ce qui leur tenait lieu de famille justement, il trouvait impoli de parler ainsi de leur différence. Est-ce qu’il lui demandait si elle avait chassé elle ? Quoiqu’elle le lui disait au besoin, comme ici par exemple. Il jeta un regard sur le trou noirci de son épaule, son sourire laissant place à une vague inquiétude.

« Je vois, je vais m’en occuper. Tu veux boire quelque chose en attendant ? »

Il se décolla du bar, vérifiant d’un coup d’œil rapide qu’elle n’était pas sur le tapis (il avait déjà noté qu’elle avait évité le canapé) et entra dans la salle de bain prendre son matériel. Ce qu’il y avait de bien avec Liadan était qu’il n’avait pas besoin de stériliser ses objets ou de mettre des gants. Il revint donc rapidement, une blouse fermée sur ses vêtements propres (on ne détruit pas plus de trois hauts dans la même journée si on ne veut pas être condamné à passer sa vie à faire du shopping), posa ses affaires sur la table et lança la bouilloire. Que des gestes très naturels, à trois heures passées.

« J’ai l’impression qu’envoyer des balles d’argent dans les épaules devient le nouveau jeu à la mode. »

Il revint devant son amie, s’agenouilla pour avoir ses yeux au niveau de la plaie, écarta doucement la bretelle du débardeur et la palpa avec une douceur toute médicale.

« J’ai mit un peu de temps à rentrer, la partie non touchée par l’argent a déjà commencé à cicatriser. Je vais devoir rouvrir un peu, ça va picoter selon tes standards. »

Traduction : Tout être humain normal aurait au moins détruit la première chose qui lui serait tombé sous la main ou au moins hurlé. Un des trucs déstabilisants avec la vampire était ce masque calme, souriant et innocent qu’elle avait toujours. Mais c’était également une partie de son charme.

Délicatement, il prit son scalpel et l’opération commença. On ouvre, on écarte légèrement avec un instrument de torture nommé « écarteur » (on note l’imagination du domaine médical) de la droite et d’un mouvement habile de la main gauche, armé cette fois d’une pince, on extrait la vilaine balle que l’on pose dans une petite boite en fer. Parce que c’est ce qu’ils font dans les films et pour ne pas mettre de sang sur la table aussi. Accessoirement.


« Voila. Ça va toujours ? »

Elle avait du avoir bien mal. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui le faisait travailler rapidement, sans bavardage superflu. Elle savait a quoi s’attendre, pas besoin donc de la destresser avec le babillage joyeux qu’on vous enseignait à l’université. Pas besoin non plus de banaliser l’évènement. Cela ne faisait pas moins mal la vingtième fois que la seconde.

Presque tendre, il lui remit la bretelle sur l’épaule, résistant à l’envie banale, idiote, de lui mettre un pansement et se releva. La bouilloire sifflait sa vapeur. Il a fit taire. Préférant ranger ses outils et se relaver les mains. Il enleva sa blouse au même moment, retirant sa peau de médecin pour redevenir Faolán. Et d’ailleurs la première chose qu’il fit fut de servir un verre de whisky, le même qu’il avait reproché à Robert, à sa sœur blessée et le lui tendre.


« Alors dit-moi. Quel idiot a osé s’en prendre à toi et comment se fait-il qu’il ait survécu ? »

Il prit son propre verre de jus et le porta à ses lèvres, appréciant l’acidité sucrée du fruit.


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 4:42, édité 1 fois
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Liadan D. Oswell
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Jeu 22 Oct - 15:51

Au vu du contexte, les choses paraissaient étrangement simple, et la conversation d'une banalité inquiétante. Elle donnait l'impression d'un calme avant la tempête , un peu comme la paix en Irlande. Trop inhabituelle, trop incompréhensible pour que l'on y croit vraiment. Et pourtant, Faolàn était parfaitement détendu, malgré ses craintes un peu inutiles concernant les émotions de son aînée. Ils parlaient de leur chasse respective, conscients qu'ils étaient chacun la proie de l'autre. Un peu étrange même pour eux, un peu malhabile, mais ordinaire. Elle ne demandait pas de détails. On pouvait se moquer de la mort d'autrui et ne pas vouloir une description de cette mort.

Mais la chasse faisait partie de Faolàn, et si la résistance était inutile, l'issue du combat étant depuis longtemps claire pour tout le monde (du moins pour les plus réalistes), elle comprenait qu'il ne veuille pas céder. C'est aussi ce qui le rendait réellement intéressant. Et tant qu'il ne touchait pas à sa famille, elle respectait ses actes. Normal donc qu'elle demande comment s'étaient passées les choses. Et puis même s'il n'était qu'humain, même si théoriquement, ses adversaires étaient dans le même camp qu'elle, Liadan ne se voyait pas rester inactive si Faolàn était blessé ou en danger. Elle ne traquerait pas ses ennemis sans relâche, comme elle l'avait fait plusieurs fois pour Katja, mais savoir qui tuer en cas de rencontre non intentionnelle pouvait être une bonne chose.

Un premier échange donc, qui donna le ton à la suite de la conversation. Ce n'était pas parce qu'elle était blessée qu'elle était mourante, inutile alors de s'apitoyer sur son sort. Certes l'argent était douloureux, mais elle avait la balle dans l'épaule depuis quelques heures déjà, l'extraction n'était pas d'une urgence capitale. D'un sourire, elle accepta un whisky – quitte à boire sans besoin, autant le faire avec plaisir – et le regarda disparaître dans la salle de bain, amusée de son attitude moins ordonnée que d'ordinaire. Il lui proposait un verre pour patientait et repoussait le service pour la soigner avant. Assez peu Faolien, mais très médecin.

Elle le suivit des yeux, silencieuse et inlassable, habituée à le voir s'occuper de ses affaires en oubliant presque les gens. Ses gestes étaient instinctifs, et d'une fluidité amusante. Chaque mouvement découlait d'un autre, et elle le connaissait suffisamment pour savoir ce qui viendrait après chaque chose. Pas besoin non plus d'observer les lieux, elle les connaissait. Des chambres d'amis à l'escalier de celle de Faolàn, qui lui était interdite d'accès par l'autel qu'elle abritait. Elle connaissait le canapé, les meubles. Observer Faolàn laissait découvrir l'appartement, et elle avait une bonne mémoire.


« Vous devenez trop confiants, et trop joueurs. »

Un léger sourire indifférent pendant qu'il examinait la plaie, ses doigts effleurant la chair abimée et elle commença à jouer avec la pince posée sur la table pour s'éviter de hausser les épaules. Elle n'était pas souvent blessée, mais les soins qui suivaient étaient souvent inintéressants, même s'ils lui donnaient l'occasion de voir son ami.

« Je ne parle pas particulièrement de toi. Je te connais suffisamment pour savoir que blesser n'est pas ton objectif. Mais les chasseurs sont jeunes et ça les amuse d'être dans le rôle du prédateur. »

Un peu comme un louveteau qui apprend à chasser, aurait-elle pu rajouter. L'image aurait parlé au médecin, mais était superflue. Elle accueillit ses remarques avec un nouveau sourire, sachant pertinemment ce qu'il pensait même si, contrairement à ce qu'il avait pensé, elle et ceux de sa race ne lisaient pas dans les esprits. Ils avaient déjà discuté des propriétés du sang vampirique, et de ses bienfaits en médecine. Une discussion qui s'était soldée sur un départ de l'Irlandaise, peu désireuse d'entendre son petit frère parler d'utiliser son sang (ou celui d'un autre vampire, la différence n'était pas bien grande). Certes, certains humains songeaient que ce n'était qu'un juste retour des choses puisque depuis des siècles, pour ne pas dire des millénaires, les vampires s'étaient nourris du sang humain. À la différence tout de même que les vampires ne craignaient pas de devenir humains et ne critiquaient en aucun cas la chasse (sauf pour certains cas isolés).

Mais son intérêt était compréhensible et, finalement ne différait pas vraiment de l'admiration de Deneb ou d'un autre. La force fascinait. Et après avoir passé la journée à soigner des patients gémissants et pitoyables, s'occuper d'elle, silencieuse, devait être assez étrange. Alors que les humains pleuraient, elle souriait toujours et reposa la pince avec douceur quand le scalpel toucha la peau. Elle ne savait pas vraiment si ça faisait mal. C'était étrange, désagréable. Mais à côté de la douleur de l'argent, de la religion ou de ce qu'elle avait éprouvé lorsqu'elle était morte pour la deuxième fois... Là, elle pouvait raisonner la douleur, s'y attendre, la comprendre. Comme une piqûre pour un humain n'avait rien à voir avec la souffrance qu'il aurait ressenti en posant la main sur une plaque chauffante. Alors est ce que c'était vraiment douloureux...

Liadan observa le médecin sans poser les yeux sur la plaie. Elle savait parfaitement ce qu'il faisait, et le spectacle n'avait rien de passionnant. Cela restait de la chair, du sang, de la peau et une toute petite balle. Pas un mot, à peine un frisson lorsque l'argent toucha la chair qui avaient été épargnée. Il ne pouvait pas l'ôter par magie, mais le frottement était toujours désagréable. Finalement, le choc de l'objet contre le fer de la petite boîte lui arracha un sourire. Comme beaucoup de chose, c'était quand ça se terminait que l'on réalisait que ça avait été vraiment désagréable.


« Toujours, même mieux. Ça va mettre plus de temps à disparaître qu'une balle ordinaire mais bon, une semaine maximum, ça n'est pas grand chose. »

De nouveau, elle le suivit des yeux, amusée. Il ne restait plus grand chose à faire. Quand tout serait rangé et propre, Faolàn s'intéresserait à elle, pour savoir ce qui s'était passé, comment elle allait, s'intéresser à sa mort et reprendre une discussion presque ordinaire, sur l'Irlande ou un livre quelconque qu'il avait lu ou qu'il voulait lui offrir. Une conversation ordinaire, si ce n'est que sa nature vampirique rendait les choses un peu moins banales qu'entre deux humains. Même quand ils s'entendaient, humains et vampires discutaient rarement de la pluie et du beau temps, des souvenirs d'enfance ou des histoires de couple de l'un ou de l'autre. Finalement, le rangement s'acheva et Faolàn revint vers elle, lui tendant le verre qu'il lui avait proposé "en attendant".

Un whisky irlandais, et pas des plus mauvais.


« Un jeune chasseur, probablement. Assez intéressant. »

Comment décrire Deneb à quelqu'un qui le connaissait pas, et sans vraiment savoir qui il était ? Liadan fit tourner le verre entre ses doigts, cherchant la meilleure explication.

« Je ne suis pas sûre que tu veuilles vraiment savoir en fait. Il a survécu, mais ça ne durera probablement pas. Pour le moment il est intéressant, et il est... collant. »

Le meilleur adjectif pour le jeune garçon qui avait demandé à la suivre une bonne partie de la nuit, allant jusqu'à la laisser prendre son sang.

« Mais il est possible que tu le connaisse, et je n'ai pas l'intention de changer d'idée sur lui. Tu connais trop de monde pour que je les ignore tous. Je n'ai pas l'intention de le tuer avant un moment et si je ne le fais pas, il le fera seul. »

Elle ne se justifiait pas. Mais le sujet était trop délicat pour ne pas prendre la peine d'ajouter ce genre de détails. Vidant son verre en douceur, elle changea de sujet.

« Tu es fatigué ou je peux rester un peu ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Jeu 22 Oct - 18:08

Ils devenaient trop idiots, trop félins. Liadan avait raison bien sur mais ce n’était pas pour cela qu’il s’agissait d’une bonne chose. Ils n’étaient pas les prédateurs. Il sourit. On ne devenait pas un chef de meute par l’opération du Saint Esprit (ou si c’était le cas, il se manifestait rarement) et, chasseurs ou pas, les proies restaient des proies, les loups se démarquant d’eux même par rapport à la foule insignifiante. Les chasseurs n’étaient rien d’autre que des chats se prenant pour des tigres. Il n’y avait d’ailleurs qu’un chaton pour flirter ainsi avec la cruauté.

La Dame Grise n’avait toutefois pas totalement tort. Cette tendance n’était pas vraiment nouvelle, tout novice devenant un rien expérimenté passait par cette phase (sauf lui mais Kate n’était pas du genre à jouer et il était trop pris dans sa douleur à l’époque pour penser à s’amuser) mais voir sa sœur en être victime était très désagréable. Presque autant que la petite voix lui rappelant une très bonne chasseuse s’amusant au même jeu. Il secoua la tête pour éloigner les pensées parasites, conscient d’être un livre ouvert pour la jeune femme devant lui et refusant de laisser filtrer ce qu’il se refusait encore à admettre. Groumpf. Ça n’avait rien à voir d’abord.


« Ils se drapent dans leur humanité pour s’initier à l’amour du mal. D’abord on commence à jouer pour tester sa force, puis on en vient à mépriser ses adversaires, la torture et autres atrocités ne sont pas loin. Et ce que l’on fait à ceux qui nous sont supérieurs, pourquoi ne pas l’appliquer aux « inférieurs » ? Et hop, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, la vie, la mort, tout cela n’a plus aucune valeur. C’est une nouvelle victoire pour le démon. Je ne suis pas là pour apprendre aux gamins à servir Satan. La chasse n’est pas un jeu. On ne met pas que sa vie en jeu mais son âme aussi. J’aimerais que les jeunes le comprennent avant qu’il ne soit trop tard. »

Sentant qu’il se laissait emporter, il rougit et s’éloigna ranger ses affaires pour ne pas voir le regard de son amie. Oui, il était bête, moralisateur et chiant Il le savait. Mais ils avaient blessés sa sœur. Et il ne pouvait même pas s’avouer que c’était là l’origine de la colère sourde qu’il ressentait. Ils changèrent de sujet, ou presque.

« Je t’en prie, c’est toujours un plaisir de discuter avec toi. Mais assied toi sur le canapé, ce sera plus confortable. »

Il sourit, ne cherchant pas toutefois à cacher sa fatigue. Il aurait été idiot de mentir, jouer le fier à bras alors qu’il savait pertinemment que le manque de sommeil était visible sur sa figure. Il n’avait plus vingt ans, c’était certain.

« Ce jeune chasseur a un nom ? Juste pour que je ne me fatigue pas à le sauver. Après tout, s’il veut mourir comme tu le dis, c’est son choix. »

Elle savait comme lui qu’il était incapable de ne pas soigner un humain. Tout comme il lui était impossible d’accepter la mort d’un membre de sa meute ou même de son entourage. Il y avait toujours cet altruisme forcené qui l’obligeait (a son cœur/corps défendant d’ailleurs) à s’épuiser sur des causes perdues, juste parce que le type en face avait deux bras, deux jambes et une espérance de vie inférieure au siècle. Il haussa les épaules.

« Je ne m’interposerais pas entre toi et tes proies tant qu’elles ne sont pas de ma meute, tu le sais bien. De même que je sais que tu feras pareil. Je te ressers ? »

Il voulait revenir à des considérations plus normales. Ils n’avaient d’habitude pas de peine à trouver un sujet de conversation neutre, banal, idiot. Il prit la bouteille, la servit, reboucha le contenant et posa le tout sur la table basse avant de choisir un fauteuil confortable en face de la jeune femme.

« Katja va bien ? »

Euh… moins idiot que ça quand même. C’était une vampire. Katja ne pouvait qu’aller bien et il doutait que Liadan soit si calme s’il lui était arrivé quoique ce soit. Elle avait beau être impassible à la limite de l’indifférence, elle restait irlandaise. Une disciple de Torin. Fière et forte, capable de remuer ciel et terre pour les siens.

« Oui, donc, changer de scénario, pourquoi pas. »

Il avait conscience de sauter du coq à l’âne mais la fatigue lui embrumait l’esprit et il avait du mal à savoir comment se comporter. Ou plutôt, il n’avait qu’une envie, celle de s’endormir et oublier cette curieuse impression qu’il avait de n’être qu’un enfant, spontané, attachant et assez bête finalement.

« J’inverserais bien les rôles mais ça risque de me faire bizarre de t’appeler petite sœur. Comme…un manque de respect ou je ne sais pas. »

Il se passa la main dans les cheveux, signe de sa nervosité.

« Tu avais une idée particulière en tête ? »


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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Jeu 5 Nov - 1:47

On disait les vampires immuables, mais finalement, ce devait être un truc d'Irlandais. Comme les cercles de pierres, toutes ces pierres celtiques qui ne bougeaient pas. Elle le connaissait depuis quoi ? Deux ans ? Et il ne semblait pas décidé à changer. La fatigue creusait des sillons sur sa peau, mais il était toujours Faolàn. Un imbécile de loup grincheux, vieux avant l'âge. A se demander s'il n'avait pas toujours été vieux... Si elle ne connaissait pas son histoire, elle pourrait se demander le genre d'enfance qu'il avait eu, assis sur un perron à grommeler, à se plaindre contre les gens heureux. Comme la vieille voisine qui avait râlé, une fois, parce qu'un ballon de foot avait traversé sa fenêtre. Quand il ne faisait pas attention, il avait cette suffisance amusante qui le faisait ressembler aux clichés de vieux acariâtres que la nouvelle génération agace. Si pour beaucoup, Fao devait être un calvaire, ce genre de monologue amusait sa soeur. Il était d'une naïveté impressionnante, malgré ses grands airs.

Et il se lançait dans une tirade sur la violence, le Diable, l'humanité toute entière et sa cruauté. Bientôt, il militerait contre la misère dans les pays dont il ne connaissait à peine le nom, comme c'était la mode quelques siècles plus tôt. Et il parlait de supériorité, de valeurs...

« La différence, c'est que ceux qui vous sont supérieurs et qui sont torturés par certains chasseurs vous tuent. C'est un mobile. »

Et puis bon, il y avait plus gai comme discussion quand on finissait d'extraire une balle de l'épaule de sa soeur vampire. Comme ne pas parler de l'énergumène qui l'avait logée là. Elle avait laissé le flacon sur la commode, chez elle, mais le nom sur le flacon s'était gravé dans son esprit. Elle avait beau se dire qu'il n'était sans doute pas à Necker, et que même si c'était le cas, Fao ne s'intéressait pas à tous ses patients (si c'était un patient), la simple idée qu'il puisse être dans sa meute était dérangeante. Il valait mieux ne pas en parler. Même si ça n'était pas une solution, ne pas être certaine des relations entre le jeune chasseur et Faolàn lui laissait plus de libertés. Même si, comme elle le lui avait dit, elle se moquait qu'il le connaisse ou qu'il veule le protéger. Deneb lui avait tiré dessus, l'avait laissée boire son sang – bien qu'il n'ait pas vraiment eu le choix – et s'était montré trop intéressant pour s'en sortir vraiment indemne. Il était à elle. Et famille ou pas, elle n'allait pas changer d'avis pour un humain. S'il avait pu penser à autre chose...

Comme elle le savait, Faolàn était borné. Changer de sujet en douceur n'aidait jamais, il y revenait chaque fois, et comme là, avec un prétexte idiot. Qu'il ne se fatigue pas à le sauver ? Laisser quelqu'un mourir devait probablement être plus fatiguant pour lui que jouer les médecins. Avec un soupir, Liadan haussa les épaules. Elle garderait l'humain, de toute façon. Il était à elle. Est-ce qu'on pouvait reprocher à un chat de vouloir jouer avec une souris venue se coller entre ses griffes ?

« Qu'il soit de ta meute ou non, s'il touche à la mienne ou juste à moi, tu sais que ça ne comptera plus. »

Liadan le laissa remplir son verre, regardant l'alcool ambré en lécher les bords et réprima un sourire. Peut être que Deneb en deviendrait presque plus amusant s'il représentait quelque chose pour Faolàn. Parce qu'elle n'avait pas (encore) l'intention de le tuer, et que forcer le garçon à garder le silence pour éviter les réprimandes du cardiologue pouvait être intéressant. L'OVNI était une petite mine d'or. Même si elle ne voulait pas blesser Faolàn. Elle accueillit le changement de sujet avec un nouveau sourire, plus affectueux qu'amusé et haussa les épaules.

« Elle va aussi bien qu'elle le peut. Elle voudrait qu'on passe quelques jours à Berlin, pour se souvenir de la dernière fois. »

La nostalgie de l'allemande l'étonnait toujours. Le plaisir que prenait Katja à vivre comme elle le faisait n'était pas feint, c'était plus que certain, mais elle éprouvait souvent l'envie de retourner là où elle avait trouvé la mort. Comme si elle pouvait retrouver le mur de Berlin et tout ce qui allait avec. Enfin, si le voyage pouvait calmer sa compagne quelques temps, Liadan ne se plaindrait pas. Et puis l'Allemagne était un beau pays, la dernière fois qu'elle y était passée. Elle allait reprendre la conversation pour lui donner un peu plus d'intérêt quand Faolàn changea encore d'idée, lui parlant cette fois de scénario. Scénario ? De quoi parlait-il ?

« Je... »

Elle fronça les sourcils et le laissa s'expliquer, reprenant un air neutre et détaché. Torin serait fier d'elle, tiens... Liadan avala une nouvelle gorgée d'alcool et hocha la tête.

« Tu sais, je voulais juste dire que ça n'était pas crédible. Mais petite soeur ne va pas. Entre nous, grande soeur ça me va, même dehors, mais tu peux aussi m'appeler Liadan quand nous parlons à d'autres gens. Ce sera plus simple. »

Comme leur discussion qui, en plus d'être banale, était ennuyeuse à mourir. L'irlandaise aimait bien ce genre d'expressions imagées qui faisaient rire sa compagne. Ça et « être mort de faim ». Dès qu'elle l'entendait, Katja riait. Les humains ne s'imaginaient pas à quel point cette expression pouvait être exacte, ils n'imaginaient pas non plus que c'était de la faim des autres qu'il mouraient... Enfin. Puisqu'ils ne trouvaient pas de bon sujet, il fallait revenir au tout premier. Même si l'identité du garçon risquait de ne pas simplifier les choses, ils auraient de quoi se dire.

« Deneb Peterson, pour celui qu'il ne faut plus sauver. Il est malade, et comme notre monde est ridiculement petit, je suppose que tu le connais. »

Un vague sourire et Liadan chercha le regard de son petit frère.

« Il est intéressant. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Mar 10 Nov - 18:58

Justement. C’était idiot de jouer avec des proies pouvant retourner la situation en un clin d’œil. On les tuait. Définitivement si possible et l’on ne perdait pas de temps à montrer une impossible supériorité. Même un chasseur était censé connaître sa place dans le monde. Jouer avec le feu était stupide et n’impressionnait personne depuis l’invention de l’électricité.

Cette fois, cependant, Faolán eut l’intelligence de garder ses pensées pour lui. Il était inutile de débattre des heures là-dessus. Liadan était plus tolérante que lui, probablement parce que cette tendance lui évitait des blessures plus grave et qu’elle n’avait pas à soigner les imbéciles qui n’avaient pas le talent pour ce petit jeu et s’y essayaient quand même. Il y avait tout de même plus intéressant comme conversation entre membres de la même meute (famille faisait vraiment trop étrange).

La conversation se balada alors d’un sujet à l’autre tandis qu’ils cherchaient tous deux un terrain d’entente puis se fixa, d’abord sur leur relation puis sur le chasseur qui l’avait blessé. L’Irlandais hocha la tête, acceptant tacitement la demande de sa sœur. Il n’avait pas l’habitude d’appeler les gens par leur prénom, préférant de loin des surnoms qu’il trouvait plus personnels, mais pour elle, il ferait l’effort. Dame Grise lui allait d’ailleurs tellement bien qu’il se demandait parfois si elle n’avait pas décidé elle-même de se faire appeler ainsi. Certains vampires aimaient changer d’identité lorsqu’ils renaissaient. Une façon probablement de marquer leur nouvelle existence. L’espace d’une seconde, le médecin se demanda comment il réagirait, lui, s’il devait se réveiller de la tombe puis chassa l’idée comme on refuse un blasphème. Dieu ne permettrait pas qu’il soit damné. Il était un pêcheur, certes, mais un bon chrétien également. Il revint à la conversation.


« Je ne suis jamais allé à Berlin. Il parait que c’est magnifique pourtant. On m’a dit que la gare même était une œuvre d’art. »

Il sourit, plus à l’aise sur ce terrain là et conscient que sa sœur comprendrait les questions cachées derrière ces quelques phrases. Il demandait confirmation, la suppliant presque de lui raconter la ville comme un petit garçon veut une histoire avant de s’endormir, ses rêves sublimés par les merveilles décrites d’une voix aimée. Et apprendre, encore, toujours, même si cela ne servait à rien. Pas pour s’en vanter, il tenait à sa réputation d’homme obtus, intéressé seulement par la médecine, mais juste pour le plaisir de savoir. Peut-être pousserait-il le tourisme jusque dans la capitale allemande un jour d’ennui. Ou l’Italie, ou l’Espagne ou que savait-il encore. A part l’Irlande, Londres, la Bretagne et Paris, il ne connaissait rien du monde. Mais il savait déjà avoir grandit dans la plus belle des patries. Ce qui ne poussait pas au tourisme.

« Il y a un congrès là-bas l’année prochaine, peut-être me laisserais-je tenter… »

Ou peut-être ferait-il comme les autres années, rester bosser, aider un hôpital soudainement privé des plus grands parmi ses collègues que la perspective d’hôtels de luxe, de restaurants gastronomiques et de rencontre entre médecins de tous horizons faisait oublier leur premier devoir, les soins.

Avec un soupir de lassitude, le chasseur se redressa dans son fauteuil, bien décidé à ne pas laisser la fatigue prendre le dessus. Il décroisa puis recroisa ses jambes, posant son verre vide sur son genou pour voir s’il arrivait à tenir. Ses yeux clairs, toujours brillants, regardaient son invitée avec une affection et un plaisir non feint. Il y avait des romans dans ce regard. Des souvenirs aussi. De ceux qu’on ne se permet pas même de penser. Jusqu’à ce que le prénom de gavroche soit prononcé. Et ses yeux se chargèrent de glace. Il ne lui avait toujours pas pardonné. Il s’en voulait. Il ne savait plus où donner de la tête et c’était uniquement de sa faute. Il était l’illustration même du masochisme de l’amitié.


« Je vois. »

Une pause.

« Je le connais. »

Il soutint son regard une seconde puis détournant les yeux, cherchant à dissimuler la peine, la colère et le malaise que ce gamin éveillait en lui. Il fronça les sourcils, laissa la glace envahir son esprit pour en geler la tourmente, sourit et releva la tête, s’appuyant sur sa fierté pour ne pas tomber dans le pathos.

« Deneb est un miraculé suicidaire. Une sorte de paradoxe vivant. Il à la fois une très haute opinion de lui-même sans pour autant se rendre compte de ce qu’il représente vraiment. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi… »

Il ne trouvait pas les mots pour exprimer son mépris et sa fascination pour le français. Sa honte aussi que son novice à lui soit de ceux qui jouent (quoique venu d’un type qui prenait son traitement comme des bonbons, cela n’ait rien de vraiment surprenant), sa jalousie de voir qu’il intéressait le seul vampire pour lequel il avait de l’affection. C’était injuste. Terriblement Denebien. Affreux. Il soupira, levant des yeux fiers, francs et droits sur l’irlandaise.

« Le pire étant que j’en suis techniquement responsable. Je suis sincèrement désolé de l’attitude de mon novice, Grande Sœur et accepterais toute réparation que tu pourrais demander, que ce soit envers lui ou moi. »

Ce n’était pas une mince concession qu’il lui faisait là. Le mot désolé lui arrachait la bouche au moins autant que le devoir de reconnaître que l’imbécile était son élève. Il l’avait poussé à perdre son sang froid, l’avait obligé à se reconnaître incapable de s’occuper de lui devant ses supérieurs de l’hôpital et maintenant, il devait avouer son incompétence en tant que Mentor à sa sœur. Les humiliations se succédaient sans jamais devenir plus faciles. Deneb, c’était l’assurance d’une fierté piétinée. Mais il était sérieux. Même si la Dame Grise décidait de se payer une dette de sang sur lui. Même s’il devait fouler aux pieds tout ce à quoi il croyait. Il n’était pas du genre à fuir ses responsabilités. Torin l’avait trop bien formé pour ça.


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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Lun 16 Nov - 19:35

Berlin magnifique ? Ça ne faisait aucun doute, bien que la capitale allemande ait été ravagée par les guerres, et particulièrement pendant les quelques années où elle y avait vécu. C'était la fin de son temps solitaire, la fin de la seconde partie de sa mort. Elle avait eu Torin quelques décennies, choisi la guerre pour occuper quelques siècles avant de trouver Katja. Berlin avait été sa dernière étape, juste quand la guerre avait cessé. Elle avait suivi les conflits. Chine, Pologne, France. Et elle avait fini par s'installer dans une ville en guerre contre elle-même. Elle y avait trouvé Katja, trop intéressante pour mourir là, acceptant sa mort sans la réclamer comme certains transfuges persuadés que l'état vampirique était une promenade de santé. Quand elle y repensait de cette façon, Katja devenait encore plus importante.

 « Depuis le temps, Berlin doit être différente. Quand je m'y suis installée, il n'y avait pas encore le mur. Puis ils l'ont fait, avant de le détruire. Mais c'est certain, ils ont fait de belles choses, et celles qu'ils n'ont pas détruites, ils les ont rendues encore plus belles encore. » 

Un léger sourire et elle avala une nouvelle gorgée de whisky, s'accordant une pause pour se souvenir des choses qu'elle y avait vu, des soirées avec Katja, son officier de mari et les autres qu'elle fréquentait, toujours proches du cercle militaire. Les théâtres, les opéras, toutes ces choses auxquelles elle avait toujours eu accès, peu importait l'état général de son pays de résidence. C'était l'avantage quand on savait se débrouiller et que l'on présentait bien.

 « Si tu y vas, visite l'île aux Musées. Die Berliner Museumsinsel, à Berlin-est. Ça n'a rien à voir avec le Louvre, tu verras. Das Pergamonmuseum surtout, ta gare te semblera toute petite à côté. Et puis il y a les théâtres, les opéras, qui n'ont rien à voir. La plupart ont été refait, modernisés, et ils ressemblent plus à des parkings couverts qu'à autre chose. L'intérieur reste beau, mais les bâtiments ne valent pas l'île. Rien que le Deutsche Oper Berlin et tu verras. Ils ont tout détruit, quand on voit ce que c'était avant... Quand j'y suis passée là première fois, il était construit depuis peu, c'était sublime. Il reste le parc zoologique, celui de Berlin est. Der Tierpark Berlin-Friedrichsfelde. » 

Elle l'observa un moment avec un nouveau sourire, consciente de lui fournir plus une liste qu'autre chose, sans lui raconter quoi que ce soit. Une succession de noms et de lieux lui donnant envie de lui parler allemand alors qu'il n'y comprendrait rien. Katja allait gagner, elles trouveraient bien le temps d'y passer quelques jours. Elle hésita une seconde et reprit, consciente que lui raconter les choses plus en détail l'aiderait à repousser le sujet Peterson.

 « Si tu veux y aller, n'y vas pas pour le travail. Tu n'auras pas assez de temps, et la ville ne mérite pas qu'on se contente de lui accorder quelques heures entre deux séminaires. Prend des vacances, ça te ferait du bien. Et même si tu trouves quelque chose à faire là bas, tu profiteras plus. Je suis sûre que leur hôpital ne dirait pas non à un bon médecin de passage. Entre la porte de Brandebourg et le reste... Je ne garantis pas l'état de la ville depuis que les vampires ne se cachent plus, mais les bâtiments devraient être toujours là. Ceux qui ont été épargnés par les bombes de la troisième guerre en tout cas, les vampires aiment la beauté, ils auront gardé l'île intacte, la porte aussi. Et tu dois absolument voir la cathédrale, Notre-Dame te paraîtra ordinaire. Je ne peux pas te dire comment est l'intérieur, même si Katja me l'a décrite. Vue des jardins en tout cas, elle est sublime. Du coup tu verras aussi der Lustgarten. En fait tu pourrais passer ton séjour juste là, entre les musées et le Berliner Dom. Tu n'imaginerais pas ce que je donnerais pour pouvoir y entrer, voir autre chose que les quelques points des cryptes que je peux visiter. J'ai des dessins de certains bâtiments à la maison. Ils ne valent pas ceux de Torin, mais ils sont assez réalistes. » 

Avec ça, il aurait de quoi faire, de quoi penser et imaginer, et elle pouvait se souvenir, leur laissant un peu de calme. Les vieilles histoires simplifiaient toujours leurs conversation, enterrant les conflits. Il n'y avait pas de question à se poser, et leur relation se portait toujours mieux que lorsqu'ils parlaient de leurs différences. Si elle se moquait de ses chasses et du fait qu'il tue les siens, ne se considérant pas vraiment comme membre d'un grand tout vampirique, elle avait toujours du mal à supporter les limites qu'elle s'imposait pour ne pas le blesser, et les difficultés étaient particulièrement contraignantes quand les limites étaient mises à mal par des gens comme Deneb. L'étrange garçon avait beau l'intéresser, elle n'aimait pas le changement de regard de Faolàn, et refusait que l'autre jeune fou vienne tout gâcher. En même temps, il était illogique qu'elle abandonne une proie pour un humain, ça n'était pas logique, difficilement concevable. Quand les victimes n'avaient aucun attrait, ça ne posait aucun problème, comme avec Ben, Nicolas ou quel que soit le nom de celui qu'elle avait tué plus tôt dans la soirée. Mais Deneb était à elle, elle n'avait pas envie de le rendre et pourtant elle avait encore moins envie de voir son ami blessé. Ce qui compliquait forcément tout.

L'expression du médecin arracha un léger soupir à la vampire qui se leva pour aller se servir un verre d'eau le temps qu'il puisse reprendre un air assez indifférent, comme il le faisait d'ordinaire. Faolàn n'aimait pas qu'on puisse voir sa peine, et elle n'aimait pas voir cette expression chez lui. Autant leur éviter à tous les deux un moment pénible, même si cela voulait dire ingurgiter un liquide sans goût et sans le moindre intérêt. Un léger goût de calcaire, probablement insignifiant pour un humain, rien de prononcé. Pas de couleur, pas d'odeur. Si certains trouvaient dans l'eau une myriade de nuance, l'irlandaise la trouvait ennuyeuse dès lors qu'elle n'était pas la mer. Le laissant décrire Deneb, elle revint s'asseoir à côté de lui et acheva sa phrase.

 « extraterrestre. » 

C'était le plus simple pour le décrire, et si la jeune femme ne s'était jamais intéressée à la possible existence d'une autre forme de vie dans le grand tout qu'était l'univers, n'y croyant simplement pas, elle n'en démordait pas. Si le mot extraterrestre devait désigner quelque chose ou quelqu'un, c'était Deneb Peterson, point. Posant son verre sur la table basse, sans s'encombrer de phrases inutiles pour apaiser Faolàn, elle se contenta de l'embrasser doucement sur la joue, fraternelle. C'était idiot cette histoire de réparation. Ils n'avaient jamais rien fait dans cet optique l'un envers l'autre.

 « Si je dois boire ton sang, je préfère que ce soit pour des raisons plus semblables à celles de la dernière fois, je n'ai pas besoin que tu sacrifies quoi que ce soit pour qui que ce soit. Et puis je te connais, tu serais mal à l'aise, tu m'en voudrais, tu t'en voudrais, et ça finirait encore mal. » 

Alors inutile de se poser des questions. Elle n'avait pas touché à son sang depuis facilement deux ans et n'en voulait pas, consciente que le médecin n'appréciait pas. S'il lui offrait sans questions, elle accepterait. Mais rien d'autre. Et la discussion s'arrêtait là aussi. Plus de Deneb, plus de Berlin, de Katja et de chasse. Le silence était toujours agréable et bien plus simple. Repliant ses jambes sur le canapé, elle sourit à Faolàn et se fit louve, appréciant sa forme animale quand elle était en sa compagnie. Ses pattes avant venant cogner contre la cuisse de l'Irlandais, elle s'étira, consciente du ridicule de sa position sans en avoir rien à faire. Un loup était un loup, et il se moquait de l'avis d'un humain à l'esprit étriqué. Elle peina à réprimer une vague envie de renifler le jean de son frère et s'allongea à côté de lui, les pattes sur ses genoux, la tête doucement posée dessus et les yeux mi-clos. Être un animal était facile quand on était en confiance, et elle soupira doucement, laissant le temps passer.
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Ven 20 Nov - 20:58

Fao savait bien qu’il n’irait jamais à Berlin mais la question avait pour effet de faire parler Liadan et d’enrichir sa culture, ne serait-ce que par on-dit. Si le chasseur considérait la vampire comme sa sœur, ce n’était pas seulement parce qu’il avait toujours rêvé d’en avoir une, qu’elle était Irlandaise ou qu’elle connaissait Torin mais également parce qu’il savait que leurs goûts étaient proches, leur appréhension des choses forgées par le même « père » spirituel. Il savait qu’il y avait de grandes chances pour qu’il soit d’accord avec elle pour peu qu’il se donne la peine de vérifier ses dires. Et ce, même lorsque sa loyauté lui soufflait, outragée, que rien sur Terre ne pouvait rivaliser avec Notre-Dame si ce n’était son Île.

La voix de la vieille jeune femme emportait le médecin à des lieux de là. Il se sentait petit garçon devant un livre d’image, écoutant sa nourrice lui raconter un pays sauvage et inconnu. Quel intérêt avait-il à se confronter à la réalité alors qu’il était bien plus agréable d’en entendre parler ? Sans compter qu’un tel voyage était impossible. Vraiment. Les séminaires étaient la tombe des pauvres et des perdus. Tous les médecins sautaient sur l’occasion, il en fallait bien un pour garder le navire. Quand à l’idée de prendre des vacances… non. Il ne pouvait pas. Abandonner ses patients pour son seul plaisir lui paraissait d’un tel égoïsme qu’il avait envie de se confesser rien que d’y penser. Et puis même. Sans la chasse ou l’hôpital, que devenait-il ? Rien. Un pauvre type exilé, vide et sans loisirs autre que les femmes. Non, non, non. Il arrivait à donner le change ici, cela suffisait. Les beautés de l’Allemagne ne serviraient qu’à lui rappeler son pays perdu.

Le silence qui tomba entre eux après se monologue avait ses propres paroles. C’était une sorte de brume de rêve qui prenait son temps pour s’effilocher. Les laissant, elle dans ses souvenirs, lui dans ses pensées. Il achèterait un livre sur les bâtiments qu’elle avait énoncés. Juste pour le plaisir d’apprendre, de voir, et peut-être un jour de comprendre l’art. Même si aucune œuvre humaine, aussi poussée soit-elle, ne pouvait rivaliser avec les créations divines. Les forêts et les pierres, le Loch et l’Océan. L’Irlande. Encore et toujours.

Et puis le nuage se dissipa comme si une brise invisible avait soufflé sur leur soupir. Ou plutôt comme si Deneb était arrivé avec son égocentrisme habituel et avait tout déchiré simplement pour le plaisir de les voir se disputer pour lui. Et bien ce ne serait pas le cas. Malgré sa colère, malgré le soupir de sa sœur, ils allaient se mettre d’accord en adultes. Il savait qu’elle ne le tuerait pas, sauf si l’adolescent l’y obligeait. Et puis, à bien y penser, il préférait encore que ce soit Liadan qu’un vagabond quelconque à la recherche d’un casse-croûte. Elle au moins avait réussi à le saisir, presque à le respecter s’il interprétait correctement le ton de sa voix. Gavroche était en sursit. Avec la Dame Grise, au moins, il aurait une belle mort. Et puis il n’avait pas envie de se mettre entre eux plus qu’il ne l’avait déjà fait. Le sujet « novice » était encore trop sensible pour qu’il se sente responsable. Den’ n’avait cas faire attention. Cela lui apprendrait que le monde n’était pas peuplé que de gens gentils et lui ferait probablement du bien. Na. Bref.


Un simple sourire répondit au baiser fraternel. Le médecin s’était reprit et hochait la tête au niveau discours de son amie. Il était assez d’accord. Il aurait accepté la rétribution comme il l’avait proposé mais n’aurait probablement plus supporté de la voir. Leur dernier échange de ce style commençait à dater mais il se souviendrait toujours de l’impression qu’elle lui avait laissé. C’avait été la première fois que sa chair avait été déchirée par des crocs vampiriques. Que son sang coulait dans les veines d’une morte. Et le fait qu’il avait été consentant n’avait fait qu’empirer les choses. Toute sa vie il s’en souviendrait. La brume, son odeur, le désir qui s’était emparé de lui, contraire a tout ce qu’on lui avait apprit. Il n’avait pas cédé mais de peu. Et il le regrettait toujours d’une certaine façon.

Conscient finalement qu’il n’avait fait qu’écouter et penser sans avoir joué son rôle d’hôte en entretenant la conversation, le médecin ouvrait la bouche, prêt à dire la première chose qui traverserait son cerveau embrumé lorsque Liadan le surprit en se transformant en louve. Il sourit. Posant sa main entre les oreilles de sa sœur, ses doigts se perdant dans la chaude fourrure de celle-ci. Il aurait donné n’importe quoi (son âme exceptée) pour posséder ce don. Devenir son nom, vivre uniquement pas les lois simples et pour lui tellement naturelles qui régissaient ces splendides animaux. Etre un loup. Un vrai.

La tête sur sa cuisse était chaude et lourde, rassurante, reposante. Aussitôt, le louveteau humain se détendit. L’alpha en lui avait trouvé une femelle qui lui ressemblait, il pouvait donc se laisser aller à la fatigue lancinante qui le submergeait. Il était tard, quelques heures à peine avant que l’aube ne les sépare. Il s’affala un peu plus sur son siège, prenant soin de déranger au minimum l’animal. Il ferma les yeux. Tout était soudain plus simple, plus agréable, plus beau. Sans paroles et sans « expectations ». Il ne trouvait plus le mot en français et cela n’avait pas d’importance.

Peu à peu, son corps glissa sur le coté et la tête du cardiologue se posa sur le corps de la louve. Ses longs cheveux châtains se mêlant au pelage gris, sa barbe accrochant quelques poils au passage. Comme deux membres d’une même meute, leurs respirations s’accordèrent pour inspirer et expirer à l’unisson. Endormi, Faolán faisait à nouveau son âge. Les rides disparaissaient avec les soucis et un sourire doux, profondément humain envahit son visage. Il rêvait de l’Irlande évidemment, c’était visible mais surtout, c’était commun. Et ses pattes…pardon, ses mains et ses jambes s’agitaient parfois comme le souvenir d’une course poursuite ou d’un jeu de cache-cache s’imposait.
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Liadan D. Oswell
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MessageSujet: Re: Le loup et l'agneau [clos]   Mer 25 Nov - 21:04




Si être vampire avait un nombre incroyable d'avantages - et d'inconvénient, il ne faut pas en douter, être un loup en avait au moins autant, si ce n'est plus. Un loup ne se posait pas de question sur sa mort, sa vie, son état et les conséquences à long terme de ses actes. Un loup pensait respect, mais ne se souciait pas de politesse inconditionnelle envers tout le monde et n'importe qui. Un loup avait sa meute le plus souvent, sa position au sein du groupe. Il faisait ce qu'il devait faire parce que c'était à faire, simplement, sans autre considération. C'était simple, évident. Et ça devenait d'autant plus jouissif quand vous étiez en réalité un humain damné et immortel bien conscient de ce que vous laissiez derrière vous en devenant une masse de muscles, de poils et de crocs. Liadan était une alpha. Pas un louveteau inoffensif comme son attitude aurait pu le laisser croire. Chez son frère, elle ressemblait presque à un animal de compagnie, un loup domestiqué. Elle était confiante, elle ne se souciait pas des apparences, étendue sur le canapé, son flanc se soulevant régulièrement, en douceur, pour retomber presque brusquement, avec un soupir, comme les grands chiens indifférents de ce qui se passe autour d'eux. Elle aurait bien pu être sur les planches d'une terrasse, sur un carrelage rendu brûlant par un feu. Elle aurait pu être partout ailleurs que sur le tissu du canapé, le museau sur le jean de l'irlandais.

Ça sentait un peu la cigarette, vaguement le sang et beaucoup les médicaments. Une vague odeur qui aurait pu être celle du propre, en vaguement différente. Même si les vampires avaient un odorat développé, elle ne notait pas tout cela normalement. Elle ne détachait pas chaque parfum. Là, son odorat lui permettait de tout relever, chaque senteur à part, et elle était toujours suffisamment humaine pour les raisonner, les rattacher à ce qu'elle connaissait, bien plus précise que son cerveau de louve n'aurait pu le faire. Ça n'était pas vraiment une odeur de propreté. On sentait la lessive, les désinfectants, l'air délavé de l'hôpital et de l'infirmerie. Comme une couche de peinture qui en recouvrirait une autre. C'était assez peu naturel, mais pas franchement dérangeant en fin de compte. Elle sentit sa main sur sa tête, entre ses oreilles et en aurait sourit. C'était assez particulier comme sensation. Le raisonnement faisait qu'elle comprenait le geste et l'analysait, son esprit ne la voyait qu'en humaine, et l'image était bizarre. En même temps, la louve en elle appréciait la caresse et les doigts qui s'accrochaient à la fourrure de son cou. La main passa sur son épaule et elle étendit les pattes, étirant ses muscles.

Puis Faolàn se détendit, s'allongeant sur elle. La tête posée sur son flanc, lourde et familière, la main posée sur une patte, il la tenait sans l'emprisonner et elle rampa un peu pour s'installer un peu mieux, posant une patte sur ses genoux pour s'accrocher aussi. C'était étrange, comme situation. Ça l'aurait été si elle avait été elle du moins, et si ça ne lui avait pas semblé si naturelle. En louve, elle était sans âge, et il était suffisamment paisible pour qu'elle se sente vraiment de la même famille, de la même meute. Comme s'ils avaient grandi ensemble. C'était ce qu'il y avait de magique à être louve. Laisser l'humaine partir, faire ce qu'elle voulait. Ne pas la retenir, ne pas la prendre en compte. Elle n'était qu'un animal, et elle était fatiguée. L'agitation de Faolàn ne changeait rien, son sommeil, ses rêves la berçaient plus qu'autre chose et sa respiration se fit un peu plus régulière, son frère encore plus lourd. Juste dormir, oublier le soleil... Le soleil. Elle s'entendit grogner après l'heure et s'obligea à redevenir elle. Humaine, dans les bras d'un humain, sans gêne particulière.


« Le jour va se lever Faolàn, je devrais rentrer. »

Mais elle n'en avait pas la moindre envie, les humeurs de la louve encore bien trop présente. Avec un soupir, elle la chassa un peu plus loin et se redressa, se dégageant doucement, tâchant de ne pas le réveiller. Reprenant peu à peu ses esprits, elle attendit d'avoir refermé la porte pour redevenir louve et rentrer plus vite.
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Le loup et l'agneau [clos]

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