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 Meïssa Marie

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Meïssa Marie
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MessageSujet: Meïssa Marie   Mer 16 Déc - 1:10

2154-01-27

Meïssa Marie

Dossier BZ-001-121

Theme song



Informations personnelles
    Nom(s) : Marie, mais c'est du bidon.
    On peut me donner n'importe quel nom.
    Prénom(s) : Meïssa, Marie.
    Surnom(s) : Toi ou Fillette.
    Pseudo(s) : Pour quoi faire ?
    Âge & Date de Naissance : Officiellement, 21 ans.
    Groupe Sanguin : AB quelque chose.
    Emploi : Esclave ?
    État Civil : Chose, sexe féminin, célibataire et sans enfants.
    Groupe : Esclaves
    Maître : Aux enchères.



Descriptions
    Caractère :
    Je ne saurais pas trop vous expliquer ce qu'il y a dans ma tête. Peut être parce qu'il n'y a rien, ou parce qu'il y a trop de choses différentes, qui ne vont pas ensemble. Je ne suis pas une bonne esclave, je ne suis pas tout à fait une personne, pas vraiment un objet. Un peu comme une boule de pâte à modeler qui passe entre les mains d'une multitude d'enfants. C'est ce qu'il y a dans mon crâne. Je me plie aux désirs de mes maîtres et en même temps, je les méprise et les provoque, je les défie. Je reste enfermée pour qu'on ne me vole pas ma liberté. Je ne sais pas trop comment vous expliquer tout ça. Je ne sais simplement pas quoi faire de ma peau, c'est ce que je suis. Je suis la gamine qui a toujours vécu dans la réserve, qui s'est fait une raison et est capable de rire de la crasse. Je ne suis pas heureuse de ma condition, loin de là. Mais je n'ai besoin de rien d'autre que de moi-même. Je sais ce que je vaux et je n'ai peur de rien, sauf peut être de l'abandon. Parce qu'on a froid quand on est laissé au milieu de nulle part.

    Je crois que je suis un peu comme un oiseau en cage. Je chante, je reste sur mon perchoir. Ça ne veut pas dire que je n'aimerais pas être dehors mais allez, ne soyez pas bête. J'ai de quoi manger et je peux toujours étendre mes ailes. Vous connaissez l'histoire qui parle de ce petit oiseau idiot ? Il ouvre ses ailes et découvre qu'il peut voler. Alors il vole, vole, vole... Il part aussi loin qu'il le peut, à tire d'aile. Il fait des loopings, des figures sensationnelles. Mais il vole trop haut, trop loin. Il passe au dessus d'un coin très froid. Pôle Nord, Alaska, Canada, peu importe. Et peu à peu, il gèle. Ses ailes sont criblées de petits morceaux de glace et il tombe comme un bloc de glace qu'il est devenu. Alors il tombe dans... un truc chaud, on va dire ça pour faire simple. Il tombe dans ce truc chaud et dégèle. Alors il se sent bien, il est heureux, au chaud et il chante. Là, un chat passe, alerté par le chant et le dévore. Vous savez, la conclusion c'est que quand on est heureux et au chaud, il vaut mieux fermer sa gueule. Ben c'est un peu ça pour moi. Je suis vivante et ne vois pas l'intérêt de me plaindre. Je suis mon roc, mon iceberg au milieu de la mer gelée. Je ne vis que grâce à moi. Et s'ils ont envie de jouer avec moi, c'est leur affaire.

    Apparence :
    De moi, je pourrais vous donner un millier de descriptions. Meïssa a plusieurs visages, Marie en eut aussi quelques uns. J'ai été l'esclave sophistiquée, la compagne un peu sauvage, la femme un peu perdue et l'adolescente assurée. J'ai été beaucoup de choses, en fonction de ce que l'on a attendu de moi. Et chacune de ces facettes mériterait description. De la mini femme en talons hauts que j'ai parfois été avec mon premier maître, à la douce innocente qu'a soignée Pandore. Je pourrais me décrire avec les cheveux bien lisses, presque blonds et noués dans une sorte de chignon bien compliqué. Ou avec les yeux verts de gris, comme j'ai souvent, quand la lumière ne m'inonde pas à m'en aveugler, qu'aucun néon ne fausse les couleurs. Mais je crois que ça n'aurait aucune utilité. Vous verrez bien par vous même ce que je peut être, de l'ingénue à la séductrice. Autant vous dire ce que je suis là, maintenant non ?

    Les miroirs sont des choses auxquelles nous avons facilement accès ici, dès lors que nous pouvons sortir un peu de notre torpeur, de notre trou et que nous avons le courage de regarder en face l'être qui porte notre misère. Se regarder dans les yeux n'est pas chose facile. Moi, ça me fait toujours sourire. Je suis incapable de me concentrer dès lors que je croise mon regard. Pas que je sois vraiment drôle, mais voir quelqu'un qui me fixe avec une telle intensité me semble ridicule. En ce moment, j'ai les yeux d'un bleu intense. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, sans doute le miroir. Les reflets n'ont rien d'exact, ce ne sont que des images partielles de ce que l'on est. J'ai les cheveux chatains qui tirent sur le blond vers les pointes. Ils n'ont rien de baguettes, mais ils n'ondulent plus. Quand j'étais petite, j'avais de jolies boucles qui encadraient mon visage. Mon premier maître adorer faire tirer dessus pour me donner l'air d'une femme – ou d'une pute, si vous me permettez l'usage du mot. Aujourd'hui j'ai grandi, mes cheveux sont longs et je n'ai plus tout à fait l'air d'un ange.

    J'ai la peau claire, qui rougit facilement. Enfin elle rougirait facilement si j'étais du genre émotive, ce que je ne suis absolument pas. Je ne ferais pas de vieux os ici, sinon. Je ne suis pas excessivement grande, pas excessivement musclée. Je suis dans la moyenne. Délicate sans être fragile, je m'offre juste la possibilité de me fondre dans la masse quand j'en ai besoin. Quant au reste... Je vous l'ai dit, je suis ce que l'on fait de moi, le plus souvent. Alors décidez vous-même.

    Maladies : Pas la moindre et heureusement, parce que l'infirmière du ghetto est une véritable garce.
    Lieu d'habitation : Avant, je vivais dans un appartement assez classe. Maintenant j'ai droit à un petit coin de la réserve, entre la vieille Maryse, qui attend la mort, et un gamin effrayé. Je pourrais vous décrire ça sans trop de problème, il n'y a rien à dépeindre, si ce n'est les autres. Les esclaves sont des meubles ici, et pas du meilleur goût. Ils s'empilent et se servent les uns des autres. Des rats dans une cave. Je les hais.
    Armes : Un bout de métal, du fer je crois, que j'ai récupéré. Un lacet enroulé autour d'un bout et ça fait une sorte de couteau. Ça m'évite les viols mieux que l'odeur de Maryse, c'est déjà ça.
    Autre(s) : Une longue chaîne en argent noirci au bout de laquelle pend une pierre verte. Je ne sais pas pourquoi ils me l'ont laissée.
    Un joli tatouage sur le poignet gauche pour pas que j'oublie ce que je suis.



Hors Jeu
    Célébrité sur l'Avatar : Daphne Brawn
    Prénom et/ou vos Pseudos : Fiona
    Âge : 19
    Lieu de vie : Bayonne
    Comment avez-vous connu le forum ? : Faolàn
    Avez-vous lu le règlement ? : yep
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Meïssa Marie
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MessageSujet: Re: Meïssa Marie   Jeu 17 Déc - 1:40

Histoire
    Origine(s) & Nationalité(s) : Je suis française, j'ai même jamais quitté Paris. J'aimerais bien.
    Famille & Entourage : Ma mère est morte, je crois. Pendant que j'étais avec mon premier maître. Je n'ai jamais connu mon père. J'ai eu un frère mort né.

    Biographie :
    Ce n'est pas parce que l'on est esclave, parce que l'on naît esclave que l'on se sent l'obligation de n'être qu'un jouet dans les mains d'un géant. Même si je l'ai toujours été. Mais j'ai au moins l'espoir d'être de ces jouets casse-tête, de ces cubes étranges que l'on ne peut jamais assembler. Il paraît que lorsque l'on perd l'espoir, lorsque l'on a plus rien à quoi se raccrocher, alors on a le droit de lâcher prise. On peut, et même on doit mourir. C'est sans doute pour ça que les gens ont la foi, pour ça aussi que la famille est importante. Je ne crois pas en Dieu. Je suis intimement convaincue que le Saint-Père se moque royalement de mon existence et que même si je venais à mourir sur le parvis de l'une de ses églises, il ne m'enverrait pas d'ange mais un simple balayeur pour faire disparaître mon corps avant que les gens bien pensants qui fréquentent la belle Notre Dame ne trébuchent sur ma dépouille. Je serais balancée dans un caveau quelconque sans nom à graver sur une plaque de marbre toute aussi quelconque. Pas que je n'ai pas de nom, j'en ai même eu plusieurs. Mais qui est-ce que ça intéresse ? Mon dernier maître avait l'habitude de me nommer « Toi », tout simplement. Le premier m'a nommée Marie, en référence à la vierge. Probablement parce qu'il trouvait l'idée de réduire la Madonne à une épave que l'on enchaîne au pied d'un lit intéressante, je ne lui ai jamais demandé. Pandore, la toute première à m'avoir sortie de la réserve, m'a nommée Petite. Mais ça n'a pas duré. Sinon je m'appelle Meïssa. J'ai trouvé mon nom toute seule, dans un bouquin d'astronomie de mon second maître. Meïssa est une étoile, ça veut dire brillante. Puisque je n'ai ni famille ni foi pour me tenir la tête hors de l'eau, je m'accroche à moi-même, à mon étoile. Et puis c'est joli et original, alors que demande le peuple, liberté mise à part ?

    Je me suis souvent demandé s'il existait un manuel « l'esclavage pour les nuls » dans lequel on nous apprend à être un parfait pantin, aux ordres de notre sire ? Parce que je ne le connais pas. Et d'après Jonathan, un garçon que j'ai connu dans la réserve, j'en aurais bien besoin. Pourtant, je suis un ange. Ça n'est pas de ma faute si les démons n'aiment pas ça. Bon, bon. Une présentation en règle hein ? Je dois vous expliquer qui je suis, d'où je viens... est-ce que c'est vraiment utile d'ailleurs ? Comme ce dossier qu'ils ont rempli en me remettant sur le marché. C'est quoi ? Un genre de dossier scolaire qui va me suivre tout au long de ma vie ? Une garantie qui dit qu'on peut m'échanger dans un certain laps de temps ? Comme une machine à laver ? J'aime bien les machines à laver. Mon ancien maître détestait ça. Mais c'est tellement apaisant une machine à laver... Il suffit de s'asseoir devant la vitre du tambour et de tout oublier, de tout laisser tomber. Les choses tournent, tournent, tournent et changent de sens. Puis elles tournent encore à vous en donner la migraine. Ça a l'air simple vu de dehors. Le linge se lave, point. Vous tournez l'espèce de molette jusqu'à pointer le signe 5 (lavage économique), un clic pour la sécurité, au cas où l'on tenterait d'ouvrir la machine avant la fin du cycle. Puis ça tourne. Qu'est ce que ça a de compliqué hein ? Dedans, c'est une autre affaire. Les morceaux de linges se tordent, s'attachent, se tirent. Un vrai supplice. Ballotés dans un sens, puis dans l'autre, les vêtements se cognent, se noient puis sont essorée, secoués à en perdre la raison.

    Oui, je sais. Le linge, ça n'a pas de raison. Et alors ? Je ne suis pas du linge et c'était une métaphore. Je ne sais pas être une bonne esclave, c'est un fait, je n'y peux rien. J'ai voulu, longtemps. Mais ça ne marche pas, sinon j'aurais toujours un maître, c'est une certitude. En ce moment, j'ai une théorie là dessus. Les sires, c'est comme l'âme sœur, il faut attendre de trouver le bon. Ça n'est pas encore mon cas. Je ne suis pas de ces idiots qui veulent un maître s'attirer les faveurs du premier vampire de passage en pensant que tout est mieux qu'ici. Bien sur, la réserve n'est pas un monde facile, mais j'ai du mal à comprendre leur raisonnement, à tous ceux qui s'entassent comme des chiots dans une animalerie, dans l'attente d'un vampire qui voudra bien les adopter. Ils n'y comprennent rien. Ils ne nous adoptent pas, ne se contentent pas de nous demander leur journal ou leurs pantoufles, ils nous possèdent, nous dominent. Ils nous déshumanisent. Rares sont les maîtres qui violent leur chiot. Les vampires font ça. Je suppose que l'idée vous dégoûte, mais à quoi vous attendiez vous ? Je suis humaine moi, et la vie est une catin, je n'y peux rien. Si vous voulez que l'on vous dise à quel point les esclaves ont de la chance parce que leur maître les fait vivre dans le luxe, demandez à quelqu'un d'autre. Le luxe n'est jamais permanents, et tous les maîtres ne sont pas comme ça. Vos menottes peuvent être de platine, il n'en reste pas moins que vous êtes enchaîné. Je suis une mauvaise esclave donc. Mon premier maître est mort, le second m'a abandonné. Et il y a eu Pandore, mais elle était différente.

    Elle était une vampire, une renégate. Elle m'a mise sur pieds, m'a nettoyée et déposée devant une église dans une jolie robe blanche, comme si on était encore au dix-huitième siècle. Comme si le prêtre du coin allait m'accorder l'asile, me donner un peu de pain, un peu d'eau. J'ai attendu. Trois jours, deux nuits. La troisième, j'avais trop faim, et j'ai décidé d'aller faire un tour. Vous n'imaginez pas à quel point la liberté peut être ennuyeuse, quand on ne sait pas quoi en faire. Un vrai calvaire, un boulet. Vous vous retrouvez démuni, avec comme seule idée, seule indication, cette pensée « je suis libre ». Et ça n'a rien de facile. Quand vous ne savez pas où aller par exemple. « N'importe où » n'est pas une destination suffisamment précise et y aller est le meilleur moyen de s'y retrouver, ce qui n'a rien d'heureux. Alors on marche. Moi en tout cas, j'ai marché jusqu'à un café, j'ai réclamé un chocolat chaud et offert un sourire. Ce qui marche bien quand on a onze ans. Et puis finalement, je suis rentrée. À la réserve, à la maison. Là où il ne faisait pas vraiment plus chaud que dehors mais où je n'étais pas toute seule. Pandore n'a donc pas vraiment compté, je ne l'ai connu que quelques nuits après lesquelles j'ai connu l'abandon, puis retrouvé ma réserve. Elle n'était pas vraiment une maîtresse, même si je suis certaine que si elle m'avait gardé, j'aurais fini par bien l'aimer.

    J'ai donc retrouvé mon coin d'enfer dans la réserve, là où j'avais grandi, là où je suis née. Parce que je suis née dans cet étrange bâtiment, comme la cale d'un gros bateau qui se serait échoué en plein Paris. J'ai donc vu le jour (façon de parler) ici et si on cherche bien sous les corps et la crasse, on trouve peut être même encore quelques traces de sang de ce merveilleux accouchement, avant que maman ne soit conduite à l'hôpital. Elle ne voulait pas y aller, elle disait qu'ils faisaient des expériences sur les patients. Ce qui n'est pas forcément faux mais n'a jamais été prouvé... bref. Je suis née ici, c'est ici que j'ai fait mes premiers pas. Sauf qu'il n'y avait pas Maryse à l'époque. Elle n'est là que depuis quelques mois. Un peu avant mon retour. Son maître l'a laissée là parce qu'elle le dégoûtait. Vous allez dire que c'est méchant, mais je crois que Maryse dégoûterait même le Seigneur en personne. Moi je l'aime bien, malgré tout. Parce qu'elle est un peu comme une ancre, toujours au même endroit. Elle ne se lève jamais, elle attend la mort dont elle a déjà le parfum. Elle est comme nous tous, elle n'a pas grand chose à perdre. Comme ma mère avant elle probablement. Avant qu'elle ne m'aie, avant qu'elle ne vieillisse puis ne meure, ma mère avait un maître, mais juste à mi-temps. Quand elle n'était pas dans la réserve, c'est qu'il s'occupait d'elle. Il ne l'avait que pour satisfaire ses besoins : sang et sexe. Oh, il n'est pas mon père, rassurez vous. C'est impossible et puis ce n'est pas parce que ma mère traînait dans son lit qu'il était le seul. Je ne sais pas trop qui est mon père par contre. Est ce que ça compte ? Les plus vieux d'ici sont ma famille. Pas que je les aime, mais ils se souvienne d'une Meïssa haute comme trois pommes et me connaissent mieux que n'importe qui, ou presque. Alors bon, on ne choisit pas sa famille, comme on dit.

    Comme je n'ai pas choisi mon premier maître. Si vous comptez Pandore il est le deuxième, mais pour moi, il restera le premier. Le tout premier a m'avoir enchaînée, salie asservie. Une ordure, et je suis bien heureuse qu'il soit mort. Je regrette juste de ne pas avoir été celle qui logea la jolie petite balle d'argent dans son corps de cadavre. Je vénère la Fédération pour cet acte, puisque c'est eux qui m'ont libérée. Dommage qu'ils ne m'aient pas récupérée et sortie d'ici. Avec mon maître, j'ai avalé tout ce qui est possible et imaginable. Anxiolytiques, somnifères. Vitamines et compléments alimentaires quand ça n'allait plus. La seule chose qu'il ne m'a jamais donné, ce sont des anticoagulants. Mon sang était trop précieux. J'ai eu de la coke aussi, mais juste au début, les effets ne lui plaisaient pas. Le GHB à été plus concluant je crois. Bref. Je pourrais vous raconter les trois années de misères qu'il m'a fait vivre, mais ce serait compliqué, écœurant, et je ne me souviens pas de tout, les drogues ne sont pas vraiment les meilleurs aides-mémoire. Ce dont je me souviens, c'est son corps trop parfait, trop mort, trop froid. Sa voix quand il m'appelait Marie. Les litres de larmes que j'ai versé. Marie est un joli nom pourtant. Il m'aurait été attribué par quelqu'un d'autre, je l'aurais très certainement gardé. Aujourd'hui, il me sert de nom de famille sur certains papiers, tout simplement, et plus par obligation qu'autre chose, la dernière fois qu'ils me l'ont demandé, je n'ai pas su quoi répondre d'autre.

    Nous passerons donc sur la vie avec mon premier maître. Sa mort en revanche mérite quelques mots. Croyez moi quand je l'ai trouvé, j'ai été ravie de cracher sur son corps les médicaments qu'il m'avait fait avaler. C'était juste avant qu'on ne me reprenne, que je ne me laisse conduire à la réserve. J'ai longtemps dit que les chasseurs qui l'avaient tué ne m'avaient pas trouvée, parce que je n'étais pas là, que je n'étais jamais sortie. Mais je crois qu'en réalité, je me suis cachée quand je les ai vu. Parce que l'extérieur m'effrayait à l'époque. Peut être que c'est toujours le cas, je suis quoi, sans la réserve ? Je me souviens donc de sa mort, de la balle dans son cœur, de sa gorge tranchée et de son regard vitreux. De la joie que l'horreur m'insuffla. De la vague reconnaissance teintée de trouille, parce que malgré mes belles paroles, la liberté ne me plaît pas. Je voudrais juste rester dans ma réserve, et qu'on me fiche la paix. Mais visiblement, les choses ne fonctionnent pas ainsi, et j'ai été choisie, encore. Mon second maître lui, ne s'est pas posé de questions pour me donner un nom. C'était inutile, je savais lorsqu'il s'adressait à moi. Il était plus doux dans un sens, sans être agréable. Il me donnait l'impression d'être une esclave – ce que je suis – et non une prostituée, même s'il lui arrivait de coucher avec moi. C'était un bon vampire – à ne pas confondre avec un vampire bon. Il n'est pas mort lui d'ailleurs, il s'est contentée de me laisser tomber.

    Mon second maître était un français de la révolution Il avait connu Robespierre, vu la tête de la Reine tomber, avait servi auprès de Napoléon. Il était de ces vampires un peu chic, avec une immense bibliothèque et l'envie de montrer qu'ils possédaient le savoir. François Duval. Il me choisit à quinze ans, me paya cher. Il me voulait comme on désire un singe savant, il me voulait pour m'instruire et pour me montrer plus que pour son plaisir personnel. J'étais la poupée de porcelaine dans sa collection de pantins de bois, un objet, un trophée. C'est surement pour ça qu'il se montrait attentionné, plus que par gentillesse. Peut être aussi pour ça que je n'ai jamais tenté de fuir, de retrouver ma réserve, ou de le tuer. J'ai juste attendu, songeant qu'il me garderait toujours. Je ne l'aimais pas, ne vous faites pas d'idée. Mais j'ai pensé pendant ces quelques années qu'il ferait de moi une vampire. Je voulais l'immortalité pour pouvoir gagner quelque chose, pour une fois dans ma vie. Et il ne me l'a pas offerte. J'aimerais passer à la fin, à ce qui m'a ramenée dans la réserve, mais je me dois de raconter les cinq années que nous avons vécues ensemble.

    Lorsqu'il m'a fait sienne, j'avais donc quinze ans. Officiellement du moins. Il se pourrait que j'ai en vérité une ou deux années de plus, mais vous n'avez pas besoin de connaître mon âge exact. Ce qu'il y a d'écrit sur les papiers de l'infirmerie, c'est que j'ai 21 ans, née du 18 juin 2133. C'est tout ce qui compte, et c'est ce que mes vampires de maîtres ont toujours su de moi. Parce que j'ai l'air plus jeune, j'ai toujours su mentir sur ce détail. Et parce que ma mère avait une peur panique de notre centre de soin, j'ai pu y échapper quelques années, rendant la supercherie plus aisée. Maître Duval m'a choisie pour mes airs d'enfants, mon expression farouche et déterminée. Du moins c'est ce qu'il a toujours dit. Une boule de neige dans la suie, c'est ainsi que je l'ai souvent entendu me décrire. C'était dans ses bons jours. Quand il m'autorisait à rester auprès de lui, qu'il me laissait le suivre dans la Cité – ce que je n'ai jamais aimé – et m'accordait l'honneur de me faire l'amour comme si je n'étais pas qu'une souillon. Si je n'ai jamais vraiment aimé ça non plus, je me suis toujours laissée faire. Parce qu'il ne me droguait pas, et que c'était toujours ça de gagné. Lorsqu'il était de bonne humeur, donc, il goûtait à mon sang. Jamais violent dans ces moments là, toujours délicat, comme l'image que l'on se fait d'un vampire. Comme la description que j'ai lu dans de nombreux livres. Sensualité, douceur, irréalisme. Il m'apprenait les choses aussi. L'histoire, les sciences, un peu. Il me dressait, faisait de moi quelqu'un de cultivé pour me montrer ensuite, m'exhiber comme une petite merveille. Je vous l'ai dit, un singe savant. Il m'apprit le piano aussi, me donnant de longs cours. Me forçant à répéter encore et encore, nuit et jour. J'étais petite, facile à modeler. Idéale. A quinze ans, c'est tout ce que je voyais de lui. Le vampire qui ne m'enchainait pas, me retenant à lui de façon bien plus subtile. Il ne me battait que très peu, préférant là encore des méthodes plus douces, plus efficaces d'ailleurs. J'étais reconnaissante, la plupart du temps. Et j'avais beau savoir que ça n'était pas ma place, j'avais beau vouloir retrouver ma réserve et mon semblant de liberté dans le ghetto, je restai.

    Puis j'ai grandi. Doucement d'abord, puis plus visiblement. J'ai laissé les formes marquer mon corps, faisant de moi une femme, m'éloignant de la poupée qu'il affectionnait. La porcelaine se faisait bois, et je cessai assez rapidement de m'efforcer de lui plaire et de rester enfant, certaine que ça n'aurait aucune utilité. Je commençais à comprendre véritablement ma situation. À comprendre doucement qu'il accordait ses faveurs à d'autres, sans en être jalouse. C'était simplement différent, je redevenais moi. Une Meïssa indépendante, celle que, dans un sens, je n'avais d'ailleurs jamais cessé d'être. Comme un chiot. J'avais été attachée à mon maître, attendant la récompense. Mais quand la récompense fut pour un autre, je fis les choses pour moi. Et je grandis, encore, puis vieillis. C'est pour cela qu'il m'a laissée, l'an passé. Parce que j'étais trop âgée. Comme un enfant qui n'imaginait pas que son compagnon, la petite boule de poile acquise dans une boutique quelconque deviendrait grand. J'avais dépassé le stade de poupée, alors je ne l'intéressais plus. Il m'échangea, simplement. Et je retrouvais ma réserve, douce et sale, avec ses parfums d'immondice et ses relents de trouille. Je ne suis pas vraiment malheureuse ici. C'est mieux que d'avoir un maître, mieux que d'être livrée à moi même au milieu de la grande capitale. Je ferais quoi dehors ? Je finirais sur un trottoir, à vendre mes charmes et un nouveau vampire me trouverait, me laissant crever dans le caniveau. Si je suis rentrée quand Pandore m'a poussée hors de ma bulle, ça n'est pas pour y retourner maintenant. De toute façon, ils ne me laisseraient pas faire. Le dernier qui a essayé de fuir, ils l'ont buté. Une balle dans la nuque.
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MessageSujet: Re: Meïssa Marie   Jeu 17 Déc - 2:00

*pose sa main sur la tête de la fille avec douceur et lui fit signe de le suivre à l'extérieur*
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MessageSujet: Re: Meïssa Marie   

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Meïssa Marie

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