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 Happy New Year [Meïssa]

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Siriel Silver
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MessageSujet: Happy New Year [Meïssa]   Jeu 17 Déc - 3:16

L’hiver a une odeur. Une pureté qui brûle les poumons, poussant même les vampires à relâcher un petit nuage de buée pour souiller l’air autour d’eux. Car trop de perfection détruit. L’oxygène pur brûle à l’air libre, enflamme les cœurs et les espoirs. Tout comme l’hiver agresse, attaque et décourage les êtres vivants de sortir. Surtout la nuit. Surtout lorsque, comme ce soir, le ciel était dénué de tout nuage et que les étoiles – soleils froids et oubliés – le décoraient de guirlandes bon marché. Joyeux noël.

Paris semblait mort sous la lune. Les façades grisâtres se fondant dans les ombres gelées de la rue, un silence presque parfait dissimulant les imperfections restantes. Sous la chaude lumière des réverbères, trop jaunes et trop humains pour ne pas détonner dans le décor de papier glacé, un adolescent se promenait, silencieux, vêtu seulement d’une chemise blanche, d’un pantalon clair et d’une paire de bottes. Ses cheveux presque blancs prenaient des reflets dorés tous les 50 mètres exactement, donnant une touche de couleur à ce bonhomme de neige version slim fast. Il ne ressemblait à rien. Et seule l’acuité de son regard d’argent révélait sa nature.

C’était assez logique lorsque l’on y pensait. Si rien de vivant ne pouvait sortir, alors, le monde était aux morts. Le monde était à lui. Et, froid ou pas, il devait trouver un cadeau de noël à son Maître. C’était une pulsion qui résonnait en lui depuis deux jours sans qu’il sache vraiment pourquoi (la naissance du Christ était passée depuis déjà plus d’un mois et il n’avait pas vraiment envie de se creuser la tête), et il commençait à se demander si Earl Fostern n’avait pas utilisé leur lien pour lui mettre en tête cette idée ridicule. Enfin. Cela importait peu. Il suffisait qu’il lui achète quelque chose et l’envie disparaîtrait aussitôt. Pas plus compliqué.

Sans vraiment se poser de questions, Siriel laissait ses jambes le guider, regardant à peine les vitrines des boutiques courageusement ouvertes. Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait bien pouvoir imposer à l’orgueilleux vampire pour qu’il soit à la fois ravi et ennuyé. Pas question de lui faire plaisir en tout cas, il lui en voulait trop. Et pas question de lui offrir quelque chose qu’il n’aimerait pas, ce n’était tout simplement pas possible.

Petit à petit, les maisons retouchées laissèrent place à de vieux bâtiments décrépits. Les fenêtres se fermaient et s’éclairaient au mieux, lorsqu’elles avaient des vitres, et la largeur des rues diminua drastiquement. Toujours aussi tranquille, le vampire foula les gravats exactement comme il l’avait fait du béton et, un air légèrement surpris sur le visage (il était rare que ses jambes le mènent là), il passa une bonne partie des ruines pour tomber sur un grand bâtiment. Si propre et si froid qu’il ne l’avait pas vu. Si Paris était le monde, si le Louvre était l’été, ce quartier, lui, était l’hiver, et disparaissait naturellement dans la nuit.

Il passa la frontière. On tenta bien de l’arrêter mais son tatouage fit office de laissez-passer. Il n’était pas revenu là depuis des siècles mais il reconnaissait les lieux. Même janvier ne pouvait effacer cette odeur de sueur, de larmes et de colère. L’odeur qui entourait Sarah. Il s’arrêta.

Et reprit sa route. L’appel continuait toujours, impérieux, insistant. Refusant de lui laisser le temps de s’apitoyer sur sa sœur. Il envoya un baiser à un poteau qu’il dépassait, priant pour qu’il trouve sa sœur et continua. Cette fois, il savait parfaitement où il allait et son esprit suivait chacun de ses pas. Derrière son visage redevenu parfaitement lisse, les souvenirs se succédaient. Chacun essayant de le retenir. Tous cédant devant sa détermination. Si c’était un esclave qu’il lui fallait, alors il en aurait un. Pas plus compliqué.

Doucement, ses yeux clairs se posèrent sur les esclaves exposés. Un à un, il les fixa pour mieux les éliminer ensuite. Il n’essayait ni gentillesse, ni douceur, se rappelant comment Sarah détestait quand les clients essayaient de se faire passer pour leurs amis. On ne pouvait espérer de telles relations avec quelqu’un qui vous avait acquit comme une vulgaire cafetière. Il n’était pas offensant non plus. Là c’était lui qui, protecteur, n’acceptait pas l’attitude. Non, il était détaché. Le sort des exposés ne l’intéressait pas. Ne l’intéressait plus. Les livres faisaient de bien meilleurs compagnons. C’est pourquoi il n’en offrait jamais à Fitzroy. De livres.

Enfin, ses pieds s’arrêtèrent en face d’un étal qui n’avait rien de plus que les autres. Les hommes et les femmes qui y étaient présentés ne lui semblaient pas différents de la centaine précédente mais il devait y avoir quelque chose où il aurait continué. Une énergie qui avait l’avait attiré. Seulement, il avait beau fixer les esclaves de ses yeux clairs, il ne voyait pas quoi.
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Meïssa Marie
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Jeu 17 Déc - 17:05

On parle toujours de l'hiver, de sa blancheur pure et de tout ce que la neige évoque. Les rires, les bonshommes avec leur carotte en guise de nez et leur pipe plantée dans le bec... On parle de tant de choses à l'extérieur, qui n'ont plus lieux d'être entre les murs sales de la réserve. Là où la neige ne tombe pas, où le jour perce à peine et où les appliques, fixées au mur Dieu sait comment n'ont rien à envier aux éclairages des rues, tantôt vacillants, tantôt carrément clignotant. Avec un sourire, et pour la énième fois de la matinée, Meïssa soupira, prenant dans ses bras un gamin qui, s'il avait l'âge de marcher depuis déjà plusieurs années, n'avait pas le courage de se lever aujourd'hui encore. D'un geste affectueux, elle dégagea son front de mèches un peu trop longues et l'embrassa sur la joue, se moquant bien de la saleté qui maculait sa peau. Pour la troisième nuit d'affilée, ils connaîtraient les mêmes heures ennuyeuses et longue. L'exhibition de leurs corps comme s'ils n'étaient rien d'autre qu'un cheval dont on montre les dents. Elle avait échappé à cette parodie de foire aux bestiaux quelques semaines, puis ils avaient décidé de la remettre sur le marché, comme si elle n'appartenait qu'aux chaînes qui la maintenaient attachées à des reconstitutions de colonnes greco-romaines en placo, parce que ce marchand là n'était pas des plus fortunés. Il tenait un stand, tout simplement, vendait ceux qu'il avait récupéré le matin dans la réserve, ceux qu'on lui avait laissé ou qui s'étaient planqués jusque là.

Meïssa lui avait échappé, même à lui, pendant quelques temps, trouvant toujours quelque chose à faire hors de la réserve, parvenant à perdre du temps en flânant dans le ghetto, en connaissant les rues et ruelles comme sa poche. Jusqu'à l'infirmerie qui l'avait déclarée bonne à revenir sur scène, devant ces idiots de vampires méprisables. Ils ne se contentaient pas de regarder, ils touchaient, et les transfuges qui ne demandaient rien d'autre que de conserver leur affaire et leur vie n'y trouvaient rien à redire, comme des chiens galeux à qui leur maître aurait confié un troupeau. Ils le protégeaient des loups mais pas du berger qui venait choisir une ou deux têtes pour le ragoût. Bref. Elle avait conduit le gamin jusqu'à l'estrade pitoyable, le déposant dans un coin pour qu'il ne soit pas trop vu, l'encourageant d'un sourire et lui promettant qu'elle l'aiderait à se faufiler dans les douches des résidences et qu'il sentirait le savon comme jamais dès que la nuit s'achèverait. Elle l'avait rassuré d'une caresse, lui avait offert un baiser, chaste mais bien plus plaisant pour l'adolescent et s'était éloignée, suivant des yeux quelques clients potentiels, comme pour les défier d'oser s'en prendre au garçon qu'elle avait trainé ici.

Puis la nuit avait cessé sa chute, recouvrant tout Paris, à peine trahie par les quelques fenêtres hautes qui la laissaient s'infiltrer dans l'immense salle baignée de lumière. Meïssa avait planqué son collier dans une poche, resserré le noeud qui maintenait son bout de fer contre sa cuisse, peu soucieuse de remonter le bas de sa robe pendant l'opération et s'était laissée attacher, debout à côté d'une des colonnes trop blanche, la cheville enserrée par une chaîne de fer assurée d'un cadenas, comme si elle risquait de fuir ici. Puis elle avait attendu, elle attendait toujours. Elle récita pour la douzième fois de la nuit l'alphabet dans sa tête, à l'envers, puis chercha une partition qu'elle pourrait jouer en silence, les doigts de sa main gauche pianotant sur l'arrière de la colonne, là où ils ne pouvaient être vus. Quand les autres s'effrayaient, elle détournait la tête. Quand ils appréhendaient, elle se contentait de s'ennuyer, comme là. Elle ne voulait pas être achetée, arrachée à la paillasse qu'ils partageaient à trois, avec le garçon et Maryse. Mais quoi ? Elle ne pouvait rien y faire. Il lui suffisait de leur montrer qu'elle n'avait pas peur d'eux, qu'elle se moquait de leurs désirs et de leur puissance. Ce qu'elle faisait avec un léger sourire un peu innocent, comme s'ils n'étaient que des gens de passages. Tous des passants, voilà. Sauf l'étrange adolescent qui s'arrêta devant son estrade, la poussant à s'accroupir, sans savoir pourquoi.

Il n'était pas vivant, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Si la plupart des gens ne le notent pas facilement, l'esclavage et leur proximité constante rend l'examen plus bref et généralement assez concluant. L'adolescent était donc un vampire. Il n'avait pourtant pas l'attitude des grands qu'elle connaissait. François, sa belle Pandore, le maître de sa mère, David et les autres vampires qui arpentaient les allées du marché aux esclaves depuis qu'elle était en âge de s'y tenir, droite comme un i. Il lui ressemblait, lui. Déjà, il semblait avoir plus ou moins son âge. Il avait l'air plus jeune mais vieilli, comme elle. Il était de ceux qui ne s'arrêtaient pas sur une année, qui n'évoluait pas vraiment et pourtant n'était jamais identique. Une jolie peinture. Ce qu'il avait de plus étonnant, ça n'était pas cette attitude plus douce que celle des autres de son espèce, mais ses yeux. Le regard qu'il avait posé sur elle et sur les autres, sans pourtant les voir réellement. Et l'impression étrange qu'elle le connaissait, qu'elle l'avait déjà vu, qu'ils étaient pareils. Il était comme elle, droit au milieu des corps blessés. Absent et pourtant bien là, chaud et froid, triste et vide. Il lui donnait envie de pleurer.

Elle resta un moment accroupie, attendant que le regard du vampire se pose de nouveau sur elle et le fixa un moment avant de tendre la main, la retenant alors qu'elle allait effleurer sa joue. Avec un léger sourire, à peine gênée, elle recula sa main et pencha légèrement la tête.


« Bonjour. »
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Lun 21 Déc - 18:52

Il voyait sans voir selon la méthode qui lui était propre. Ses yeux fonctionnaient pourtant, captant la lumière et les couleurs, les traduisant selon des équations complexes en formes et en volumes, donnant une image inversée que le cerveau réinterprétait ensuite. Une multitude d'intermédiaires pour une illusion presque parfaite, trompant morts et vivants pour les entraîner dans une ronde sans fin. Le but de la vie ? Il n'y en avait pas. L'espoir ? Un leurre. Voila ce que disaient ses yeux aux colonnes. Voila ce que répondaient les regards terrifiés ou simplement curieux de ceux que l'on vendait comme de la marchandise. Blasés, indifférents, morts à l'intérieur. Des yeux qui en avaient trop vu et qui se fichaient totalement du prochain spectacle. La plupart des articles exposés ici avaient déjà servis. C'était ce qui les rendait précieux pour Siriel. Des survivants. Il n'y en avait plus tellement.

Voyant qu'il ne partait pas et se trompant sur la nature de l'adolescent, le marchand fit mine de s'approcher, son hypocrisie pour une fois oubliée au profit d'une juste indignation. Il tapa du pied en descendant les deux marches, comme une introduction à sa tirade mais fut coupé dans son élan par un geste sec, nerveux, lui intimant de s'arrêter. Le bras du vampire avait agit, rapide, précis, sans un mouvement superflu, pour rappeler à l'homme qu'il pouvait lui aussi faire partie des infortunés s'il ne le laissait pas tranquille. Evidemment, l'adolescent n'avait pas conscience de l'autorité de son geste. Le reste de son corps était resté tel quel. Immobile, rêveur, plongé dans cette brume grise qu'il partageait avec ses anciens compagnons, attendant le moment où l'énergie perçue se manifesterait.

Ce fut Sarah, évidemment, qui la vit la première. Elle s'était accroupie, devant sa colonne blanche, ses longs cheveux couleur de paille souillée touchant presque le sol et ses yeux bleus-nuits lui rendant son regard. Pareillement vide, aussi désabusé, avec ce soupçon d'insolence qu'avait sa sœur parfois. Les paupières du bibliothécaire tombèrent sur ses prunelles pour se relever aussitôt. Une nouvelle fois, le marchand voulu les interrompre pour vanter les mérites de la jeune femme. Il n'en eut pas l'occasion. Un regard vide et neutre lui rentra son speech dans la gorge et Siriel retint un soupire. Pourquoi les gens ne savaient-ils pas quand se taire ? Humain ou vampire, il fallait toujours qu'ils l'assomment de mots. Sauf celle-là justement, qui laissait passer sa curiosité dans ses gestes. Elle aurait pu le toucher, mais elle n'osa pas. Au lieu de ça, elle mit toutes ses questions en un mot, simple.


« Bonjour. »

L'adolescent sauta sur l'estrade si vite qu'on aurait pu croire qu'il s'y était matérialisé, surtout que son expression et sa posture n'avaient absolument pas changés. Puis, plus doucement, il s'assit en tailleurs pour être ne pas avoir à la regarder de haut. Elle lui rappelait sa sœur, un peu. Pas physiquement mais dans sa façon d'être, naturelle au milieu de la décadence. Innocente, comme une fleur dans un tas de purin. Sa main se tendit vers la cheville de la jeune femme et défit les fers, sans les casser, rendant simplement à chaque pièce sa liberté, puis, il la regarda à nouveau. Comme un égal cette fois, quelqu'un avec lequel il voulait communiquer.


"Tu viendrais ?"

Le marchand derrière s'étouffa, se mettant a déblatérer une série de murmures quasi-inaudibles (en tout cas pour Siriel qui l'ignorait royalement). Il semblait à la fois effrayé du choix du "client" et persuadé que celui-ci allait partir sans payer. Mais l'adolescent n'en avait cure, occupé qu'il était à faire taire le besoin plus bruyant encore d'en finir et de retourner lire.
Toujours aussi tranquille, il se leva, tendant la main vers la jeune femme maintenant à demi-libre. La chemise se releva un peu, révélant le début de son tatouage au commerçant qui, cette fois, perdit plusieurs couleurs et toute sa contenance. Il ne devait en avoir beaucoup.

L'atmosphère du marché était devenue étouffante, désagréable. Il avait trouvé ce pour quoi il était venu et maintenant voulait sortir au plus vite. Il n'avait pas le temps d'en chercher une autre, ce serait elle, quoiqu'il arrive. Sarah l'avait choisie, tant pis. Tant mieux. Pour ce qu'il en voyait, elle serait parfaite.
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Meïssa Marie
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Mar 22 Déc - 0:36

Il avait mis un moment à approcher, mais il était là, face à elle, et ne la lâchait plus des yeux. Elle qui s'était tenue bien droite, qui n'avait pas accordé un regard aux esclaves et autres transfuges, encore moins aux vampires venus ici pour leurs achats pour la nouvelle année, elle s'était accroupie pour le voir un peu mieux, pour s'approcher de celui qui, elle pouvait le deviner à la lueur dans son regard, allait être son nouveau maître. Juste derrière le vampire, le marchand s'avança d'un pas, donnant à la jeune femme l'impression d'un serpent ondulant en réponse à une musique silencieuse. Il commença à parler, prêt à promettre au client mille chose qu'elle savait fausse, comme les autres fois. Et comme les autres fois, un regard le fit taire, juste un peu plus troublant que d'ordinaire. Silencieuse, l'esclave patienta. Il était là pour elle, il reviendrait à elle. C'était certain. Elle cligna des yeux et retint son souffle un instant, attendant que son vampire la regarde encore. Elle qui ne jurait que par la réserve, qui se plaignait de ceux qui voulaient en faire leur objet, elle se laissait avoir par un nouveau maître. Seulement c'était différent. Il la fascinait, avec son air sombre et rêveur. Il était vraiment mort, pas comme les autres. Il était froid et mort. Il était beau. Plus que maître Duval. Ça n'avait rien à voir.

Elle laissa un sourire doux étirer ses lèvres et s'entendit le saluer, un peu charmeuse malgré elle. Si Maryse voyait ça, elle qui l'avait entendu se lancer dans des tirades enflammées sur la liberté que l'on n'avait que dans la crasse du ghetto. Elle avait refusé toute opportunité, elle refusait de courber l'échine de nouveau et fuyait les vendeurs tant bien que mal, se retrouvant sur cette estrade minable, avec le petit garçon à qui elle avait promis une vraie douche. Il la fascinait. Et il lui rendait son intérêt sans retenue, sans prétention, loin des autres qui voyaient en elle la domestique parfaite ou la prostituée qu'ils n'auraient pas à payer. C'était assez dérangeant comme impression, mais le client ne la laissa pas s'interroger trop longtemps, la rejoignant sur l'estrade quand d'autres vous forçaient à descendre. Un bond rapide et curieux qui la fit sursauter, basculer. D'accroupie elle passa à quelque chose de plus terre à terre, songeant qu'elle ne tomberait pas plus bas (au sens propre pour une fois). La fascination se transforma en gêne, en un malaise étrange qui l'obligea à déglutir. Elle leva les yeux, surprise de voir l'adolescent vampirique le dominer ainsi, immense et bien plus imposant que quelques instants plus tôt. Elle n'avait plus envie de frôler sa peau, malgré une curiosité persistante et elle attendit encore, sans reculer pour autant devant l'agression soudaine. Au pied de l'estrade, son propriétaire de la nuit sembla aussi surpris, avec dans les yeux un mélange de fureur et d'inquiétude face à celui qui lui était supérieur. Il ne pouvait rien faire et le savait. Partir sans payer était contre la loi, et aucun être ici ne laisserait le client la prendre comme ça. Mais rien n'interdisait de toucher la marchandise, de l'inspecter d'un peu plus près. Peut être que la rejoindre ainsi sur l'étalage était un peu déplacé par contre. Juste un peu.

Encore plus décalé, se mettre à sa hauteur. À défaut de la hisser à son niveau à lui, il se baissa et s'assit, simplement. Meïssa sourit, de nouveau sous le charme du regard gris qui caressa son visage. Elle étouffa un rire en le voyant assis comme ça, enfantin malgré sa puissance, et en réalisant ce que la situation avait d'anormale et de troublante pour les autres. Ils étaient le centre de l'attention, l'attraction du stand. Même Romain, de l'autre côté, ne la quittait pas des yeux. Il restait caché mais observait, absorbé comme les autres par le vampire qui brisait ses chaînes et la jeune femme qui riait. Elle détestait les vampires qui voulaient l'arracher à sa paillasse, tout le monde le savait. Il était même arrivée qu'elle leur tourne le dos, peu importe la sanction. La plupart du temps, ce genre de comportement marchait assez bien. Même si François n'avait pas été dupe, s'il avait décidé de la prendre quand même et de la mater, beaucoup ne voulaient pas d'une esclave rebelle. Les autres le savaient, ils la connaissaient, et ils ne la comprenaient pas. Elle ne le comprenait pas plus. Ce qu'elle savait par contre, c'est que ses mains sur ses chevilles étaient froides et délicates, qu'il la libérait sans brutalité, sans faiblesse non plus. Il se contentait d'accomplir un acte précis, rien d'autre. Et il la regarda encore, lui posant une question.

Ça n'était pas un ordre mais une proposition que, d'un signe de tête, elle refusa d'abord. Par habitude et parce que si on lui demandait son avis, elle le donnait. Sans vraiment réfléchir. Sans même répondre réellement à la question qu'il lui avait posé. Elle ne voulait pas. Mais elle viendrait, s'il lui demandait. Parce qu'il était un étrange aperçu du dehors, parce qu'elle n'avait pas le choix et que même si ça avait été le cas, elle ne savait pas comment lui dire non, comment lui refuser ce genre de chose. Il ne l'obligeait à rien, la laissait libre de choisir. En même temps, elle n'avait qu'un choix, ce qui lui facilitait considérablement la tâche. Alors oui, s'il voulait, elle viendrait. S'il payait, elle viendrait. S'il ordonnait, elle viendrait. La question ne se posait même pas. Elle écouta un moment les bavardages du marchand surpris par son choix. Meïssa n'était pas docile, elle n'était pas vraiment l'esclave idéale pour quelqu'un tel que lui. Elle sourit. Il avait quelques instants plus tôt fait son éloge et maintenant qu'il voyait la marchandise partir avec cet étrange phénomène, il ne voulait plus. Parce que le vampire ne semblait pas enclin à se plier aux lois du commerce peut être.

Celui-ci se releva d'ailleurs et lui tendit la main, lui donnant encore ce privilège étrange de la traiter en égale. Mais cette fois, ça n'était pas lui qui s'abaissait mais elle qui s'élevait. Et c'était une sensation étrange et agréable, un honneur, mais aussi un fardeau, dans un sens. Lançant un regard furieux à l'homme qui commençait à grommeler de nouveau, elle posa la man sur le tatouage, s'emparant du poignet du vampire esclave pour se lever, laissant sa robe se remettre en place d'elle même et ses cheveux glisser sur ses épaules, dégageant son visage tandis qu'elle se redressait. Avec l'air un peu supérieur de celle qui sait qu'elle est maintenant hors d'atteinte, elle offrit un sourire à son futur ancien détenteur.


« Si mon maître paye, vous n'avez rien à dire. »

C'était un peu énervant d'accepter la domination du client qui se tenait en face d'elle, de lâcher les armes avant même de les avoir prises, mais il semblait trop pacifique pour qu'elle ait envie de tenter une rébellion en bonne et due forme. Il était envoûtant, saisissant et elle ne voulait pas le lâcher. Raffermissant sa prise sur son poignet, délicate mais décidée, elle se rapprocha un peu plus de lui dans un mouvement machinal. Il était venu pour elle, alors elle n'avait pas trop le choix. Et il était apaisant, dans un sens. Avec un sourire, elle passa son index sur le tatouage, sous le tissu de la manche retombée.

« Vous ne devriez pas montrer ça si vous voulez vous faire respecter par les gens d'ici. Ils vous vendraient avec nous. »
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Jeu 24 Déc - 4:17

On avait coupé le son. Quelque part, derrière l’obscurité de la nuit, les fils des hauts parleurs géants étaient gelés. Le courant ne passait plus. Le vide avait pris la place de l’air et son absence de particules refoulait les ondes. Et comme il voyait sans voir, il écoutait sans entendre. Les mots du marchand se perdant dans un silence ouaté, blanc foncé, doux et étouffant. On avait coupé le son. On pouvait bien ne plus jamais le remettre. Qu’étaient les mots face à la mort ?

Pantomime ralentie par le poids de la réalité, la scène avait quelque chose d’irréelle, d’incongru. Comme si le vampire n’aurait jamais été là si un scénariste un peu fou ne l’y avait placé. Le « deus ex machina » local. Différent et pourtant semblable à des centaines de gens à des centaines de tournants de leur vie à ce moment précis. Se passait-il quelque chose ou la faim était-elle la seule raison de son engourdissement soudain ? Peu importait. Derrière ses dénégations, elle avait dit oui. Accepté sa main, placée devant lui comme pour le protéger. Une main sur son poignet comme pour cacher sa marque. Ils étaient l’un à l’autre.

Un souffle, un murmure, un bruit, un mot. Petit à petit, le brouhaha ambiant reprit ses droits, hurlant son existence aux sens anesthésiés du garçon. Le monde le rattrapait plus vite qu’il n’arrivait à le fuir mais tant pis. Il réessaierait plus tard de s’échapper de son esclavage personnel. Retrouver l’époque étrange où rien n’était. Cette paix noire que l’on attribue aux nourrissons. Le monde ici était blanc et les hommes battus par les évènements comme les flocons par la neige. La Petite comme les autres mais différente. Elle se dressait contre eux. Perle de givre dans un univers mou. Il la regarda un moment, levant finalement les yeux vers le marchand. Hésita. Et déjà elle partait sur autre chose.

Des yeux, il suivit la danse de sa compagne. Elle se rapprochait de lui à le toucher, cherchant quelque chose d’inconnu entre ses bras. Il ne bougea pas. Ne frissonna même pas lorsqu’elle caressa la marque honnie sur la peau, parlant raison, comme une enfant. Lui savait que l’extérieur n’avait rien de raisonnable. Elle aurait du l’avoir appris elle aussi. Ne portait-elle pas la marque d’un autre ? Mais cette innocence était belle, douce. Désirable. Dans le sens premier du mot.


« Je ne cherche pas leur respect. »

Ni leur admiration, ni leur mépris. Les gens d’ici n’étaient rien. Ils ne pouvaient faire de mal qu’à eux-mêmes. Tout comme la réserve ne retenait que le malheur avec, de temps à autre, un trésor de joie comme Sarah, enchaînés à un boulet de malchance. L’adolescent derrière le pilier n’était finalement qu’une copie de ce qu’il avait été pour sa sœur. Sa main se leva. Son poignet se dégageant en douceur de la pince formée par ses doigts. Avec lenteur, il serra puis desserra le poing, posant sa paume ouverte au sommet du crâne de l’inconnue.

« Et toi non plus. »

Ce n’était qu’une constatation, sans aucun jugement ou autorité. Ils avaient ça en commun. Un mépris pour le monde extérieur passant par l’obéissance et la désapprobation. Le monde pouvait bien hurler, ils attendraient que cela passe sans perdre leur sens critique. Ils existaient au-delà de l’illusion. Sauf qu’elle était vivante. Et lui plus. Un soupir s’échappa de ses poumons inutiles. Le marchand parlait toujours. Le pauvre.

« Elle vient avec moi. »

Une nouvelle fois, l’autorité inconsciente du vampire coula jusqu’à l’humain sans qu’il ait besoin d’hausser le ton. Pas impressionné, l’homme fit un pas en avant, menaçant, effrayé, cupide. Il parlait d’argent et ses mots sonnaient exactement comme le métal. Sales et douloureux. L’ignorant à nouveau, il se concentra sur l’enfant au creux de sa paume. Doucement, sa main glissa sur les cheveux lisses, se retrouvant à l’arrière de la tête et donnant une légère pression pour lui signifier d’avancer.

« Prend ton temps pour régler tes affaires. »

Il voulait qu’elle parte. S’éloigne assez pour ne pas les entendre échanger de la monnaie. Il avait même hésité à donner un chèque blanc juste signé à la jeune fille. Parce que c’était à elle de fixer son prix. Qui d’autre pouvait bien connaître sa valeur ? Le symbolisme de la chose ne lui avait d’ailleurs pas échappé. Tant qu’il serait son Maître, elle n’appartiendrait qu’à elle-même. S’il été resté son Maître. Mais il ne pouvait se résoudre à lui donner de faux espoirs.

Tandis qu’elle s’éloignait, Siriel tendit une bourse pleine à l’Avide, lui intimant du geste de se servir dedans. Il le grugerait probablement, ricanant tout bas contre l’enfant imbécile qui ne connaissait pas le prix des choses. Tant qu’il avait de quoi acheter son café et ses livres, rien n’avait d’importance. Il était mort. C’était lui l’imbécile de donner de l’importance a des dessins mal faits.

Le tintement des pièces le rappela discrètement à l’ordre. On lui rendait la monnaie, bien. Et le sac de cuir, doux et triste, rejoignit la poche de son propriétaire. Un regard. La Petite était en train de parler à son boulet, expliquant sans doute qu’on avait rompu la chaîne. Il eut comme un regret. Il aurait aimé ne pas les séparer. Mais le monde cruel en avait décidé autrement. Et il n’aurait franchement pas su quoi en faire. Il ne pouvait pas le libérer lui et la donner elle. Il ne pouvait pas sacrifier deux innocents à l’autel de l’égocentrisme.

Doucement, il s’assit sur le bord de l’estrade, immobile, attendant sa nouvelle compagne sans chercher à la surveiller. Il avait reprit son immobilité vampirique, sourd aux remerciements obséquieux du vendeur cherchant un moyen presque honnête de récupérer le reste du contenu de la bourse. Il l’emmènerait manger. Lui achèterait un châle pour ses épaules, des habits pour commencer. Un café chaud. Elle arrivait.

«Siriel. Toi ? »
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Jeu 24 Déc - 15:35

L'adolescent – son nouveau maître – suivait ses mouvements sans un mots, le regard posé sur elle comme si elle était un aimant, sans l'once d'avidité qu'elle notait toujours chez les autres. Il l'observait simplement, ne s'intéressant pas à tout ce qui ne pouvait pas être elle. Une attention assez flatteuse, naturelle et pas du tout oppressante. Il ne semblait rien ressentir, comme un peu avant, lorsqu'il laissait un regard aveugle glisser sur l'estrade. Sauf qu'il la voyait cette fois, c'était une certitude. Elle l'écouta d'une oreille distraite, déjà convaincue qu'il se moquait bien de l'avis des transfuges qui rampaient ici, donnant au marché quelque chose de réellement malsain – encore plus que la vente d'êtres humains en guise d'objets ou d'animaux de compagnie. Il esquissa un léger mouvement pour se libérer de son emprise et elle le laissa faire, son bras revenant doucement contre son corps. Ne jamais offenser un vampire. Du moins pas trop. Elle le fixa un peu plus intensément lorsqu'elle sentit sa main lisser ses cheveux, réprimant un frisson de surprise et d'appréhension, mettant quelques secondes à comprendre que ça n'était rien d'autre qu'un acte habituel pour lui, quelque chose d'affectueux comme on caresse les cheveux d'un enfant. Comme Pandore l'avait fait avant lui. Il la traitait en gamine, sans rien de péjoratif, alors qu'elle était visiblement un peu plus vieille que lui.

Les mots suivants sonnèrent pour elle comme un ordre et et hésita un instant avant de baisser les yeux, ne saisissant pas bien ce qu'il voulait. Il la changeait de place à chaque instant, la laissant esclave, la rendant humaine, femme puis enfant, égale et soumise à tour de rôle. Assez déroutant et à la fois assez grisant, lui donnant l'impression qu'il lui offrait chaque fois le choix. Elle sourit doucement, tentant de rester docile sans paraître soumise et soupira son accord. Qu'elle comprenne ou non où il voulait en venir n'était pas un problème. Elle n'avait jamais cherché leur respect de toute façon, c'était trop leur demander, ils n'auraient pas compris. Elle voulait exister, être prise en considération, laissée humaine, mais respectée ? Comme les cadavres qui déambulaient entre les étalages, à la façon de pantins désarticulés, lisses et inexistants ? Pas vraiment.

Elle fusilla du regard le marchand trop pressé, comme si son nouveau maître avait besoin de sa protection, laissant le reste du marché l'envahir et la submerger de nouveau. Le marchand était à l'image de tout ce commerce. Écoeurant, vil, sal et bruyant. Agité et désagréable. Irritant. Il faisait revivre ce que le vampire faisait taire, comme on ôte la bonde d'un évier pour que l'eau s'écoule en torrent, tourbillonant et grondant. C'était désagréable de voir qu'elle appréciait plus la compagnie du mort que celle de ceux qui lui ressemblaient, et elle accueillit la pression du vampire avec plaisir, presque reconnaissante de la laisser fuir leurs bavardages sans intérêt concernant son prix, l'attitude à avoir avec elle, la façon dont il fallait la briser, comme si ce pauvre transfuge en savait quelque chose. Légère, comme une enfant que son père envoie jouer pour lui éviter une discussion d'adultes, elle remonta sur l'estrade, les laissant régler l'affaire comme bon leur semblait.

Qu'il la paie trois fois rien s'il le voulait, que l'autre vante ses services et ses multiples atouts pour lui extorquer le double de sa valeur, elle s'en moquait. C'était une habitude et pas vraiment gênant. Être un objet n'était pas un problème, on frappe généralement moins les meubles que les gens, les traitant même avec attention lorsqu'ils sont précieux ou de bonne facture. Alors qu'ils la traitent en objet si ça les amusait.


« Je suis désolée pour la douche. »

Elle s'accroupit devant l'adolescent qu'elle avait conduit là, l'amenant avec elle pour l'abandonner dans la nuit et lui caressa la joue, lui embrassant l'autre avec les gestes d'une mère ou d'une soeur, l'affection simple qu'il lui connaissait. Elle coupa un bout du lacet qui retenait son poignard de fortune contre sa cuisse et le lui noua autour du poignet, avec un sourire et un nouveau baiser, effleurant ses lèvres en douceur, le serrant contre elle machinalement. Parce qu'il lui manquerait et qu'elle lui avait menti. Elle détestait ça. Parce qu'il allait retrouver sa réserve aussi, sa paillasse. Maryse et le reste. Qu'il allait retrouver ce dont son maître aller la priver. Elle l'embrassa une dernière fois et se releva pour retourner au près du vampire qui attendait, patient, le remerciant avec un sourire. Elle descendit de l'estrade et fronça les sourcils en entendant de nouveau sa voix, cherchant le sens de ses mots. Siriel ? C'était quoi ça, Siriel ? Et pourquoi elle, ça avait quoi à voir ? Elle mit un moment à saisir qu'il était le Siriel en question et que ces sons étranges étaient une présentation, retrouvant une expression plus douce et plus calme.

« Meïssa. »

Elle fallit ajouter que c'était une étoile, certaine qu'il comprendrait l'idée mais s'abstint, se persuadant qu'il s'en moquerait. Elle voulait partir, et il n'aimait pas les lieux non plus, les présentations et les interrogations attendraient pour plus tard. Prenant machinalement les devants, comme elle le faisait avec l'adolescent toujours planqué derrière sa colonne, habituée à être le guide lorsqu'aucune autorité n'était réellement établie. Elle zigzagua un moment entre la foule et, inconsciente de sa présence, se retourna pour voir s'il était bien là, réalisant d'un coup qu'il était celui qui annonçait le départ et l'arrivée et qu'elle ne savait de toute façon pas où ils allaient. Peut être qu'il ne la sortirait pas du ghetto, lui offrant un bout de résidence. Elle pourrait offrir sa douche au garçon de la réserve, lui offrir un coin de chambre. Mais c'était peu probable qu'il la laisse ici, se contentant de l'avoir pour la servir et la renvoyant là à chaque fin de nuit. Il la ferait venir avec elle. Probablement, peut être.

« Excusez moi maître Siriel. Où allons-nous ? »
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Lun 4 Jan - 3:37

Les fantômes les plus impressionnant sont ceux que la vie réserve. Lorsqu'au détour d'une rue, d'un regard, le passé revient et s'impose, se superposant au présent pour mieux vous détruire dans son étreinte. Car les fantômes ne sont jamais ceux des films, gentils et désespérés. Ils sont une fuite dans la trame de la réalité, une tâche sur le tableau du monde. Ils n'ont rien à faire ici et se vengent en vous posant des questions plein la tête.

Siriel ne quittait pas son esclave des yeux, apparemment vide et ailleurs. L'homme à coté de lui parlait vaguement de choses que le vampire aurait bien été en peine de répéter. Ce que pouvait dire le transfuge gras et pompeux n'était que propos insensés, du moins de son point de vue et ses mots empestaient la fausseté au point qu'il s'en trouvait limite incommodé. Mais aurait-il été aussi noble que l'Etrange, sage que le Cygne ou même imposant que son Maître, cela n'aurait rien changé. Pour la première fois depuis 40 ans, l'adolescent avait l'impression de revoir sa soeur. Pour de vrai.

Le temps passa. Il disparut soudain dans une de ces cachettes dont il avait le secret et la jeune fille était à ses côtés, lui offrant son nom, sans mots inutiles. Siriel sourit. Elle apprenait vite, c'était bien et Meïssa était un joli nom. Il glissait sur la langue après une légère pression des lèvres. Fluide, insaisissable avec un arrière gout de métal qui la rendait moins inoffensive qu'on pouvait le croire. Elle serait parfaite. Sarah avait bien choisi.

L'esclave se leva, lui montrant le chemin. Sans se poser de questions, Siriel la suivit à travers les rues et ruelles qu'il connaissait par coeur. Les lieux n'avaient pas changés. Et ils ne changeraient jamais peu importait le nombre de chasseur se battant contre la soi-disant injustice. Il suivait. Sans se poser de question, sans même vraiment se rendre compte de l'incongruité de la chose, il suivait l'étrange fantôme, l'esprit des années en arrière. Lorsque Maryse était jeune et belle. Lorsque le monde était identique mais subtilement plus jeune. Bien droit, tranquille et détendu, il lisait ces pancartes qui le fascinaient enfant et écoutait les pas bruyants de la va-nu-pied devant elle. La neige attirait le sang sous sa peau, rougissant ses extrémités et ravivant la faim de la bête. Elle avait besoin de quelque chose. Des bottes probablement. Bah. Ils finiraient bien par trouver, ils avaient toute la nuit pour faire connaissance. Pour le moment, marcher sans but lui permettait de rêver. Il ne demandait rien de plus.


" Excusez moi maître Siriel. Où allons-nous ? "

"Manger."

Et devant son expression étrange, il se sentit obligé de préciser, refusant qu'elle se fasse des idées fausses. Les mots étaient dangereux et parfois, il était nécessaire d'en utiliser plusieurs pour en préciser un. En général, plus l'idée était simple, plus les phrases devenaient compliquées.

"Pour toi. Des habits aussi. Un châle, collant, bottes. Gants. Peut-être. Blanc."

C'était certes décousu mais toutes les idées y étaient et la jeune femme comprendrait surement ce qu'il voulait dire.

"Tu sais où aller ?"

Parce que lui pas tellement. Maître Fitzroy lui avait bien confié des courses dans le temps mais il s'agissait surtout de faire venir les tailleurs et comme il les avait probablement tous tués depuis, cela ne servait à rien. Quand à lui, il se fournissait dans le même magasin depuis toujours, commandant les mêmes habits sans chercher plus loin. Enfin, si elle ne savait pas, ils demanderaient, ce n'était pas bien compliqué. Il avait la marque de Lord Fostern, il était vampire, personne n'allait les ennuyer. Comme quoi, le Maître était parfois utile. A son corps défendant.

"Qu'est ce que tu voudrais manger ? Qu'est ce que tu aimes ? Qu'est ce que tu sais faire ?"

Avec ça et quelques onomatopées savamment dosées, il arriverait probablement à la faire parler jusqu'à la boutique où il pourrait enfin la mettre plus à l'aise et boire le café dont l'arôme lui tentait tellement. Puis, il irait la présenter à Holmes et tout serait terminé. Plus de vivants pour lui rappeler qu'il était mort. Il pourrait retourner à ses livres et à sa soeur sans se préoccuper d'autrui.

"Tu n'as pas froid ?"

Parce que bon, il l'aimait bien mais tout ça l'obligeait à rester dans le monde réel et autant il appréciait le fantôme de Sarah, autant le reste le rebutait passablement. Tout ça, c'était de la faute de Fitzroy. Evidemment. Il n'y avait que lui pour le forcer à faire des trucs pareils. Stupide arrogant de maître prétentieux et idiot. Il ne la méritait pas.
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MessageSujet: Re: Happy New Year [Meïssa]   Mer 17 Fév - 22:29

La façon qu'avait le vampire de marcher semblait même rendre es pas de l'esclave plus légers, malgré ses pieds gelés. Ils restaient silencieux, sans se préoccuper des bruits qui animaient toujours le ghetto, surtout la nuit. C'était comme si la présence du maître étouffait tout le reste, la laissant entrer dans une bulle bien à l'abri, et seuls le vent et le froid hivernal empêchait Meïssa de trop réfléchir à ce qu'ils feraient, à ce qu'il était, et à tout le reste. Elle le suivit un moment, ignorant ses jambes que le froid engourdissait un peu et ses articulations douloureuses. Elle gelait sur place, mais ça n'importait pas. Elle savait agir avec les maîtres, et tant qu'il n'ordonnait pas d'arrêt, elle continuerait. Pas tant par docilité, mais simplement parce qu'elle était forte, et qu'elle devait réfléchir avant de se rebeller.

De toute façon, ce vampire là semblait presque... mignon. Comme son adolescent, qu'elle avait abandonné sur l'estrade. Alors peut être qu'elle serait gentille avec lui, qu'elle s'en ferait un ami. Finalement, elle rompit le silence pour qu'il la dirige. Marcher droit devant, c'était bien beau, mais elle ne pouvait pas le faire éternellement, et il ne semblait pas franchement décidé à s'imposer de lui même. Étrange maître. À sa question formelle et bien impersonnelle, il répondit avec un seul mot, sans que cela ne la surprenne. Sauf que manger n'était pas une destination, et qu'il pouvait bien la mordre où il voulait, ça ne faisait pas avancer les choses.

Elle hésita une seconde, sans trop savoir si elle devait accepter simplement, parce que c'était un ordre clair – ou pas – ou si elle devait refuser et l'envoyer bouler, lui expliquant qu'elle avait demandé une destination et qu'elle n'était pas un steak. Mais contrairement à toute attente, il lui expliqua qu'elle n'était pas le repas, mettant fin à toutes ses interrogations, ou presque. Depuis quand un vampire s'occupait du bien être de son esclave nouvellement acheté et ne voulait pas la mordre ? Bon, il voulait peut être l'engraisser avant, mais là, il avait simplement l'air... Il ressemblait à Pandore, en fait. Il semblait vouloir s'occuper d'elle sans rien attendre en retour, et c'était assez bizarre.

Elle cligna des yeux, seul signe de sa surprise et le fixa avec tout le sérieux du monde, attendant la suite. Il voulait sans doute l'emmener dans une boutique particulière, comme son ancien maître qui avait ses adresses préférées où il pouvait jouer à la poupée tranquillement. Il suffisait qu'il donne une adresse, mais encore une fois, il ne fit pas ce qui était logique. Il demandait quoi là ? Son avis ? Elle hésita, cherchant une boutique où ils pourraient trouver quelque chose qui lui conviendrait et un restaurant, un snack, quelque chose. Est ce qu'elle avait déjà mangé à l'extérieur ? Aucun non ne lui vint, et elle s'excusa.


« Je ne sortais pas beaucoup avec mon ancien maître, je ne connais rien hors de la Cité et du Ghetto. On peut essayer de prendre le métro. »

Il était étrange et elle peinait à savoir comment elle devait réagir. Est ce qu'il avait demandé parce qu'il ne savait pas, où est ce qu'il voulait juste savoir si elle avait une idée ? Est ce que sa proposition de prendre le métro était déplacée ou est ce qu'il apprécierait l'idée ? Il interrompit ses pensées d'une nouvelle salve de questions et elle hésita, le suivant dans les rues, à son niveau sans qu'il semble s'en offusquer. Elle resta silencieuse quelques instants, ne sachant pas trop ce qu'elle devait répondre. La première question était assez simple, mais elle ne savait pas quoi répondre, peu habitué à ce qu'on se soucie de ses goûts. La deuxième la dépassait totalement, elle n'avait jamais vraiment réfléchi à ce qu'elle aimait ou non, et la troisième... Trop vague. Ce qu'elle savait faire ? En cuisine, en général ? Elle tenta quelques réponses, essayant de trouver la bonne à chaque fois.

« Je mangerai ce qu'il y a. Un sandwich peut être ? Et j'aime tout, je mange ce qu'on me donne. »

C'était comme demander à un aveugle ce qu'il aimerait le plus voir. Elle avait beau émettre des hypothèses, elle n'était sûre de rien et ça la mettait mal à l'aise.

« Je sais faire beaucoup de chose, mon dernier maître m'a appris un peu tout ce qu'une esclave doit savoir, et sinon, j'apprends vite. »

Elle s'interrompit et ralentit le pas, surprise de ses mots. Elle vantait ses mérites, sans s'en rendre compte. Comme un chien exécuterait des tours pour plaire à son maître, elle faisait ce qui devait être fait pour satisfaire le sien. C'était écœurant et déroutant. D'un autre côté, il lui avait posé la question naturellement, presque gentil. Elle ne pouvait pas lui répondre vulgairement quand il ne la rabaissait pas. Elle frissonna et s'arrêta une seconde pour frotter ses pieds contre ses mollets, histoire de les réchauffer un peu, et rattrapa le vampire rapidement.

« Tu n'as pas froid ? »

Elle sourit et haussa les épaules.

« Un peu, mais pas beaucoup. J'suis habituée, merci. »
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