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 Vrais cons pensent[Clos]

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Faolán Riagal
Loupiot Solitaire †

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MessageSujet: Vrais cons pensent[Clos]   Jeu 16 Juil - 19:37

L’accueil de l’hôpital. Blanc, sucré pastel. Ecoeurant à en vomir. Le lieu par excellence que Faolàn fréquentait le moins possible. Les salles d’attente étaient bourrées de monde, de clochards, de blessés et autres pauvres hères qui polluaient son champ de vision sans la moindre gêne. Il y avait aussi les bruits de téléphone, l’odeur de sueur et le va et vient constant des infirmiers dans l’indifférence la plus commune. C’était peut-être ce qui le dérangeait le plus ici, l’impression d’être invisible. Surtout qu’il était pour une fois en civil et que personne ne semblait reconnaître le Docteur Riagal dans l’homme nerveux qui arpentait la pièce avant de s’appuyer sur le comptoir et de plaisanter avec la réceptionniste.

Nerveusement…non, impatiemment – un irlandais digne de ce nom n’est jamais nerveux – le médecin se passa la main dans ses cheveux châtain, un peu étonné de n’y pas trouver le gel qu’il y mettait lorsqu’il devait travailler. Pour une fois, sa tignasse avait sa couleur naturelle (c’était assez rare pour le souligner) et retombait de chaque côté de son visage pour jouer avec ses épaules. Il s’humecta les lèvres, testa son charme en lançant une œillade à… Sonia (dont le badge était décidément TRES bien placé), vérifia l’heure pour la énième fois de la soirée et se retourna violement pour fusiller la porte du regard.

Vous l’aurez compris, il attendait quelqu’un. Les infirmiers des autres services l’avaient bien compris aussi et Fao avait passé une assez mauvaise journée entre les blagues idiotes et les sourires lourds de sous entendus. Oui, il avait rendez-vous. Oui avec une jeune fille. Non, il n’essayait pas de l’impressionner. D’abord parce qu’il y arrivait très bien sans essayer, ensuite parce que ce n’était qu’une gosse et enfin parce que son épaule était toujours dans un sale état et qu’il n’avait pas spécialement la tête à la bagatelle. Et puis tout ça c’était de leur faute à eux. Ils n’auraient pas insisté pour faire cette stupide soirée de remerciement, il n’aurait pas eu à la revoir ni même à s’habiller en pingouin sur son lieu de travail. Surtout que bon. Les remercier de quoi ? Doussoux était mort, la cour avait été transformée en boucherie et ils n’avaient même pas eu à faire à de vrais ennemis. Rien qu’une bande de loosers tout juste bons à vider un vieux boiteux par surprise. Quitte à choisir, il aurait préféré un truc officiel pour le remercier des heures qu’il donnait sans compter à l’hôpital, voire même, félicité suprême, l’assurance d’avoir trois vrais repas par jour mais cela, il ne fallait pas y compter. On ne le remerciait finalement que pour avoir l’occasion de récompenser la livreuse de nouille. Le monde était injuste.

Avec ce qui aurait pu passer pour une moue boudeuse si elle avait élu domicile sur un autre visage, Faolàn rangea ses mains au fond de son jean noir et balaya la foule bigarrée d’un regard totalement neutre. Dix-neuf heures venaient de sonner et Aislinn n’était toujours pas là. Hors la nuit était quand à elle arrivée une bonne heure en avance et Dieu seul – que Son nom soit loué – savait ce qu’elle cachait d’horreur et de mauvaises surprises. La gamine savait peut-être se battre mais c’était idiot de demander à une enfant de se déplacer une fois le soleil couché. Et là encore, on ne l’avait pas écouté. Et bien si on la retrouvait morte dans un caniveau, il s’en laverait les mains, na. Après tout, il le leur aurait bien dit.

Une ombre féminine et d’a peu près la bonne taille se profila soudain derrière la porte vitrée. Inconsciemment, Fao se redressa et réajusta sa chemise, content de pouvoir enfin quitter cette salle sale et les imbéciles qui la squattaient. Ses yeux clairs fixèrent le paillasson, cachant son impatience à voir le bout de son calvaire. Des sandales vernies. C’était mal partit.

Sans hâte, réfrénant un agacement montant, il dévisagea l’adolescente qui avait osé se faire passer pour son rendez-vous. Elle était blonde, devait avoir une quinzaine d’année et des yeux bleus pâles des plus français. Il la connaissait, elle venait tous les soirs à la même heure faire semblant de compatir au sort de sa mamie (condamnée à plus ou moins brève échéance mais qui se battait contre la mort avec diligence remarquable) en attendant d’avoir la voiture en héritage. Une expression de pur mépris se colla sur son visage. Il détestait les vautours, ceux qui se délectent de la souffrance d’autrui, avec leurs mines compassées et leur tristesse de circonstance, ne désirant qu’une seule chose, profiter. Lui au moins, s’il était égoïste, l’était ouvertement et n’avait jamais prétendu quoique ce soit. Enfin, si la fille était là, c’était probablement son petit frère qui s’approchait à son tour de la porte…

… raté.


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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Jeu 16 Juil - 23:34

Le problème lorsque l’on sauve la vie de quelqu’un et que l’on tue quelques vampires, c’est que ça ne s’arrête jamais là. Le problème des administrations, c’est qu’elles ont la mauvaise habitude de tenter de vous remercier en faisant exactement ce que vous souhaiteriez éviter : vous exposer, vous mettre mal à l’aise et vous traiter comme un héros alors que vous n’êtes qu’une machine de guerre, un flingue chargé, prêt à l’emploi et dont les coups partent très facilement. Le dernier problème dans cette histoire, c’est que quand la personne a qui vous avez sauvé la vie vous demande de venir en insistant sur la ponctualité et en vous promettant de ne pas vous abandonner en terrain hostile, vous ne pouvez pas refuser. Surtout si vous avez l’intention de continuer à livrer cette dite personne. Le monde est cruel et Aislinn en faisait les frais.

Assise en tailleur sur une des tables du China, elle gardait les yeux rivés à la pendule, attendant que l’heure fatidique arrive, priant pour que celle-ci cesse de se faire désirer. Le docteur Riagal avait dit dix neuf heures pile, et la jeune chasseuse avait bien l’intention de lui montrer qu’insister sur ce genre de détails était inutile, qu’elle était ponctuelle et qu’il pouvait lui faire confiance. Elle allait juste lui montrer ça, puis elle essaierait de le convaincre de l’aider à fuir, probablement. C’était un bon plan. Et puis franchement, elle n’avait pas besoin qu’on la remercie. Elle avait tué son assaillant comme il l’aurait fait pour elle, rien de plus, et elle n’avait rien fait pour l’hôpital. Elle ne savait même pas que c’était l’arrière de Necker avant qu’il ne le lui dise. Mais visiblement, les autres ne l’entendaient pas de cette oreille, et l’adolescente soupira une énième fois en pensant à la soirée qui s’annonçait.

L’heure de partir arriva enfin, et Aislinn observait la trotteuse effectuer un dernier tour de piste quand Ben lui tendit un sac, un sourire cloué sur ses lèvres, seul signe de sa jalousie. Tout espoir d’arriver à l’heure désormais oublié, la jeune femme enfourcha son vélo, pestant contre les clients de dernière minute et avouant au vent tout ce qu’elle aimerait lui faire avec ses nems, à celui-là. Tout un programme qu’elle ne suivit pas, se contentant d’accepter son pourboire avec un sourire, son nougat avec un merci et de refuser poliment de partager son repas. Oui elle était attendue, non ce n’était pas un rendez vous.

Et finalement, elle arriva sur le parking, passa l’antivol de son vélo autour d’un lampadaire et soupira. Elle était en retard, et il n’allait pas aimer. Et elle ne voulait pas y aller. Vraiment pas. Elle s’avança et s’immobilisa, ajustant les glocks à sa ceinture, sans trop savoir pourquoi elle avait les deux. Elle ne chassait pas et, quand on y pensait, l’hôpital n’était pas dangereux. Si l’on oubliait la blessure à sa cuisse qui lui faisait toujours mal quand elle pédalait trop, mais ça n’était qu’un détail et cette fois, il n’y aurait pas de combat. Elle allait donc être courageuse et entrer…

Ou laisser la gamine blonde entrer devant elle, c’était aussi une idée. Aislinn fit la moue. Elle n’y arriverait jamais comme ça. La blonde passa la porte et la chasseuse lui emboîta le pas tout en restant à une distance raisonnable lui permettant de fuir au cas où. Cela pouvait peut être paraître lâche, mais zut. Elle n’avait pas demandé à venir, de toute façon. La nuit froide de janvier laissa place à la lumière et à une moiteur assez désagréable, impression en grande partie due à son anxiété. Elle balaya le hall du regard, souriant à la réceptionniste sans vraiment comprendre ce qui l’amusait tant dans son arrivée, avant de trouver l’autre, le chasseur, le doc’, sa bouée de sauvetage.

L’adolescentes sourit et s’avança vers lui.


« J’allais être à l’heure, vraiment ! Mais il y a eu une livraison de dernière minute et comme j’ai le vélo, forcément… »


Elle hésita puis reprit.

« Mais j’aurais vraiment été a l’heure sinon. »

Une nouvelle hésitation, aussitôt suivie d’un examen en règle. Il portait du noir de la tête aux pieds, et seule une cravate claire l’empêchait de sembler trop sombre, le rendant un peu plus classe encore. Il abusait. Lorsqu’elle lui avait demandé si elle devait s’habiller d’une façon spéciale, il avait dit non. Et elle était maintenant devant lui en jean large, pour ne pas gêner ses mouvements en accrochant ses armes, avec un pull bleu clair un peu trop grand, la encore pour cacher ses armes. Elle n’avait pas non plus l’air d’une paumée pêchée on ne sait où et n’était même pas si mal habillée que ça, mais face à lui, elle semblait encore plus jeune, et pas vraiment accordée.


« Vous aviez dit… Pour mes vêtements, j’espère que ça ira, comme vous avez dit que je pouvais être comme d'habitude, mais vous êtes bien et… enfin… »

Elle fit la moue, encore, et chercha son regard.

« Je suis venue, on peut repartir ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Sam 18 Juil - 3:59

Ah bah quand même. C’était bien la peine de lui avoir juré ses grands dieux qu’il devait lui faire confiance si c’était pour avoir…. Fao regarda la pendule …. 7 minutes et une vingtaine de secondes de retard. Soulagé toutefois de la voir arriver en un seul morceau, le médecin se radossa au comptoir, attendant passivement qu’elle le repère et fasse le premier pas vers lui. Il joua avec la chaîne de son pendentif, histoire de se donner une contenance et inspecta les bracelets décorant son bras droit. Le sourire de Sonia lui faisait presque froid dans le dos mais il réussit tant bien que mal à garder un air décontracté tandis qu’elle s’avançait vers lui et commençait à s’excuser. Il sourit. Elle était vraiment enfantine quand elle ne se battait pas et ses moindres mots sentaient le manque de confiance en elle.

« Evidement. Le question ne se pose même pas. »

Son sourire se fit plus assuré et ses yeux moqueurs l’inspectèrent de la tête au pied, comme s’il essayait de jauger le taux de retard contenu dans ce jeune corps. Elle était habillée de bleu, informe et confortable comme d’habitude. Le genre de fringues à la monde chez les adolescents de son âge finalement. Moche, banal mais on ne pouvait plus correct.

« LA question. »

Hors de question qu’elle le corrige aujourd’hui, il avait révisé ses cours durant l’heure du déjeuner et ne voulait pas avoir l’air idiot devant tout le monde. Pourquoi avait-il accepté d’aller à ce truc déjà ? Ah oui, parce qu’on aurait sous entendu qu’il était un vieux grincheux associal ce qui, pour être vrai, n’était pas bon pour sa réputation. Par St Patrick, heureusement qu’elle était venue quand même. Elle paraissait nerveuse et il allait pouvoir cacher son agacement en faisant semblant de s’occuper d’elle. Il y aurait du boulot d’ailleurs, songea-t-il en l’examinant une nouvelle fois tandis qu’elle faisait de même, Little Darling Livreuse de Nouille n’avait pas l’air habituée aux soirées soi-disant mondaines.

« Ne t’en fais pas, ça ira. Je t’ai dis de venir comme d’habitude isn’t it ? »

Il l'avait dit, oui, mais pas pensé une seconde quelle le prendrait au sérieux. Enfin, tant pis. Il repassa la main dans ses cheveux, écoutant vaguement ses bracelets tinter et lui tendit le galamment le bras, son regard clair plongeant droit dans le sien.

« Ça reste l’hôpital, la plupart des gens seront en blouse anyway. You shouldn’t worry about it, ce sera fini avant même d’avoir la temps de commencer. »

Pour eux en tout cas parce qu’il avait accepté de servir de baby-sitter, mais pas de gâcher sa première soirée de libre a être l’écrin d’un joyau mal dégrossit même quand il avait de beaux yeux.

« La minimum syndicale c’est un quart d’heure Little Darling. Ce qui fait 15 minutes, pas 15 seconds. Secondes.»

Plusieurs regards s’étaient tournés vers eux depuis l’entrée de la jeune fille, certains montrant une certaine irritation à voir un trentenaire barbu faire le galant avec une adolescente. Toujours conscient de son environnement, Faolàn n’avait pas manqué de sentir qu’il était devenu le centre de l’attention (enfin), ni de se rendre compte que c’était la jeune fille qui avait été l’élément déclencheur. Une vague d’agacement le traversa , lui faisant froncer les sourcils et assombrissant son regard pendant une petite seconde avant qu’il ne l’étouffe fermement. Il n’avait pas besoin des imbéciles pour connaître sa propre valeur. Et la Rêveuse n’y était pour rien si les urgences étaient ce soir encore plus peuplées d’imbéciles que d’habitude.

Aislinn bien accrochée à son bras (au point même qu’il faudrait peut-être une pince pour l’en décrocher plus tard), Faolàn se redressa et fendit la foule avec son assurance habituelle, marchant droit vers son but, la tête haute et le regard fier. Ils entrèrent dans les immense ascenseurs du service, montèrent jusqu’au dernier étage, le sien, puis passèrent plusieurs couloirs avant de retrouver la salle modestement décorée par un Suédois libéré spécialement pour l’occasion. Il s’arrêta devant la porte et soupira en entendant de la mauvaise musique écossaise en sortir. Ces idiots ne savaient même pas faire la différence entre deux pays totalement différent. Enfin.


« Après toi jeune fille. »

Il lâcha sa cavalière, poussa la porte et s’écarta pour qu’elle s’avance seule dans la petite salle pleine. Le bruit des conversations s’arrêta presque instantanément tandis que le Real continuait à massacrer le silence ambiant. Le Suédois sourit à la jeune fille que le médecin suivait de peu et leur tendit deux flûtes de champagne. En plastique les flûtes. Le monde était décidément au bord de l’apocalypse. Le médecin sourit une énième fois, refusant de se montrer impressionné.

« Vous avez décidé de lui faire avoir une crise cardiaque ? Parce que je ne fais pas de démonstration ce soir, débrouillez vous. »

Quelques rires fusèrent d’abord timides puis se fut comme une vague qui détendit nettement l’atmosphère. Les conversations reprirent tandis que quelques collègues, surtout de jeunes mâles célibataires, s’avançaient vers eux pour « se faire présenter ». Rien de tel qu’une mauvaise blague pour amuser une assemblée de médecins. C’était presque le symbole de la profession. Quand aux dragueurs du dimanche, ils n’auraient pas sa cavalière. Toute gamine qu’elle soit.

« On est censés danser. Viens. »

Et pour ceux qui auraient du mal avec l’Irlandais, oui, c’était une invitation. A la Riagal bien entendu.


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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Sam 18 Juil - 22:36

Les portes de l’ascenseur de service se refermèrent sur eux et Aislinn observa un instant le médecin à ses côtés, se demandant si elle n’était pas un peu trop fermement accrochée à son bras. Le tenant toujours fermement, elle ajouta un peu de distance entre eux et soupira, tentant d’avoir l’air détaché et naturel. Ce qui n’était pas gagné. Il avait beau avoir voulu la rassurer en lui disant que de toute façon, les autres seraient probablement en blouses, la jeune chasseuse n’était pas convaincue. D’une part parce que lui, il était classe. D’autre part parce que son sourire un peu moqueur quand il l’avait détaillée montrait bien ce qu’il pensait d’elle : elle n’était qu’une gosse ordinaire.

L’ascenseur finit par les relâcher et la jeune fille retint un rire en entendant la musique qui planait dans le couloir alors qu’ils atteignaient leur but. L’administration était juste inutile. Ou alors, ils voulaient achever le pauvre médecin.

« C’est une soirée écossaise finalement ? »

Amusée, la jeune fille ajouta, sachant très bien que ses mots allaient atteindre leur cible, espérant juste qu’il ne le prenne pas trop mal non plus.


« Remarquez, Écosse, Irlande, c’est l’Angleterre tout ça. »

Elle sourit et leva les yeux au ciel

« Ils sont nuls. »

Ça n’était pas grand-chose, mais ces trois mots feraient sans doute comprendre au médecin qu’elle plaisantait et permettrait de ne pas le mettre en rogne. Ce qui fonctionna visiblement puisque l’homme la fit passer devant en lui ouvrant la porte, se tenant derrière elle, toujours rassurant et un poil protecteur. Ou peut être pas, finalement. Les conversations cessèrent et la jeune fille sembla hésiter avant de s’avancer un peu plus vers les gens qui les regardaient. Vu comme ça, elle était seule face à eux, et le docteur Riagal se contentait de lui couper toute retraite, de l’empêcher de fuir.

Aislinn balaya la petite salle du regard, sans trop savoir comment elle devait réagir. Parce qu’ils attendaient quelque chose, c’était certain. Silencieux, ils laissaient la musique s’imposer et la jeune fille fit la moue. Pourquoi avait-elle accepté de venir déjà ? Ah, oui, Riagal. Il l’avait demandé. Il lui avait dit qu’elle devait se montrer. Et elle avait été vue. Elle n’avait plus qu’à partir. Dès qu’ils ne la regarderaient plus. Le docteur Riagal s’avança presque à sa hauteur et la jeune chasseuse se raccrocha à lui, agrippant son poignet machinalement. S’il avait l’intention de la laisser, il pouvait toujours rêver. Elle le lui avait demandé, il ne la quitterait pas d’une semelle.

Aislinn accepta le champagne offert par le Suédois, lui rendant son sourire, amusée qu’il ne l’évite pas, ici. S’il ne lui en voulait plus, elle allait très certainement pouvoir se servir de lui à nouveau.

« Vous avez décidé de lui faire avoir une crise cardiaque ? Parce que je ne fais pas de démonstration ce soir, débrouillez vous. »

Les rires couvrirent la musique et Ace leva les yeux vers lui.

« Je ne suis pas si fragile. »


Comme pour illustrer sa phrase elle le lâcha et haussa les épaules. Les gens se détournèrent, la faisant sourire. Le minimum syndical était de quinze minutes, hein ? Elle allait pouvoir le faire. Tant qu’ils partaient ensuite. Elle se laissa présenter, un peu distraite, trempant à peine les lèvres dans le champagne, plus pour se donner une contenance qu’autre chose. Elle adressa un vague sourire à un infirmier qui venait faire connaissance sans passer par l’Irlandais et sursauta quand Faolàn s’adressa à elle. Danser ?

« Non ! »

Ça lui avait échappé, plaintif et enfantin, amusant Sam, si elle avait bien compris son nom. Aislinn fit la moue, si elle voulait se montrer adulte et tout ce qui va avec, ça n’était pas comme ça qu’elle allait y parvenir. Souriante, elle tendit la main au médecin, le laissant l’entraîner pour ce qui ressemblait à un slow. Ace se détendit. On avait beau ne pas vraiment savoir danser, ce genre de chose n’était pas bien compliqué. Il suffisait de suivre le mouvement, d’éviter d’être contre l’Irlandais plus que nécessaire, ce qui était déjà beaucoup.

« Pourquoi vous leur avez dit que je m’étais battue aussi ? »

Aislinn hésita un peu et chercha son regard pour éviter ceux des autres.


« Vous auriez pu dire que j’étais là au mauvais moment, ça aurait été plus simple non ? J’aurais évité d’être le centre d’attraction et vous l’auriez été un peu plus, mais ça n’a pas l’air de trop vous déranger vous. »

Nouvelle hésitation et la jeune fille se rapprocha un peu, oubliant la gêne que lui avait inspiré la situation, un peu détendue maintenant que les choses s’étaient calmées. La musique, une chanson de Diana Krall (elle avait quelques cd hérités de son père, des trouvailles datant de l’emménagement), lui permettait d’occuper son esprit, la distrayant un peu et elle sourit encore.

« C’est quand même beaucoup pour pas grand-chose. Et puis si on devait me remercier à chaque fois que je chasse… C’est pas pour eux que je me suis battue, ça tombe bien, mais c’est tout. »

Instinctivement, ses mains se cherchèrent dans le dos du médecin et elle se cramponna de nouveau à sa chemise. Elle regarda encore autour d’eux, tâchant d’ignorer les gens qui les observaient, amusés pour la plupart, se demandant combien d’entre eux elle avait déjà livré, puis soupira.

« Le quart d’heure est passé ? »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Mar 28 Juil - 19:18

La musique résonnait dans le couloir comme pour perpetuer l'affront qu'on venait de lui faire. il avait beau se dire qu'il s'agissait plus d'ignorance que de méchanceté, qu'ils avaient voulu lui faire plaisir en lui offrant de la musique celtique et de nombreuses choses encore, la fatigue et l'attente le rendaient irritables. Sans parler de la montée du couloir, en musique, une fille accrochée au bras. Des souvenirs de son propre mariage - malheureusement avorté - et surtout de la dernière répétition lui revinrent en force et, lui qui n'avait pas pensé à Sheena depuis plusieurs mois, dut déployer tout son self contrôl pour ne pas montrer les émotions qui l'envahissaient.

L'arrivée devant la porte fut donc un soulagement, l'avancée d'Aislinn également puis sa propre blague qui le détendit autant que les autres, suivie de la faible protestation de l'amazone. Il lui sourit avec indulgence. Mais non elle n'était pas faible. Et elle n'avait pas du tout l'air de prier de toute ses forces pour avoir le don d'invisibilité ou autre bêtise qui lui permettrait de fuir. Les mondanités commencèrent.

Présenter, sourire, plaisanter et saluer. Et recommencer, dans un ordre différent, en prenant soin d'avoir une anecdote pour chacun, de faire le même charme à chacune, sans jamais se répéter ou oublier les inimités et les amitiés qui se faisaient et se défaisaient sans cesse. La musique jouait une sorte de valse qui donnait au médecin l'impression de tourner sans cesse, toujours identique, toujours différent. Un, deux, trois.

Le rythme fut rompu, d'abord par l'arrêt de la musique puis l'arrivée de Sam. Un infirmier visiblement. D'un autre service ou très nouveau, il ne le connaissait pas. Il était jeune, il était beau (il sentait bon le sable chaud), il était sur de lui… il se présenta directement à la jeune fille. Faolàn sentit ses sourcils se froncer presque malgré lui à cette ignorance délibérée. IL était un des centres de l'attention. Il n'était pas question qu'il laisse un imbécile ambitieux se passer de lui. Inspirant un grand coup, il se força à sourire encore et invita Little Darling à danser. Un slow qui plus était.

Comme il était prévisible, le premier réflexe de l'adolescente fut un "Non" sonore. Mais son refus n'ébranla pas le médecin qui se contenta de hausser les sourcils jusqu'à ce qu'elle accepte. Elle ne pouvait pas faire autrement, personne ne lui refusait rien. Jamais.

La piste de danse n'était qu'un rond entre des chaises et l'orchestre se limitait à une sono. La fête (enfin ce qui osait en usurper l'identité) était bien loin des bals de son enfance où Vampires et Mortels dansaient dans une insouciance mortelle. Beaucoup de gens disparaissaient ces nuits là mais il avait fallu une vingtaine d'année à Faolàn pour comprendre pourquoi. Une fois encore le souvenir de son mariage raté revint le hanter, rapidement coupé par une question presque plaintive de sa cavalière. Heureux d'avoir échappé à la mélancolie, il lui sourit et planta son regard clair dans le sien, curieux de voir comment elle le soutiendrait.


"Je ne tue jamais de vivants Little Darling, cela ne pouvait être que toi. De plus, je n'ai pas pour habitude de m'approprier les exploits des autres, j'ai bien assez avec les miens. Tu as mérité cette soirée."

Le pire étant qu'il le pensait. Il aurait juste aimé plus de reconnaissance à son égard à lui. Mais ils étaient trop habitués à ce qu'il décroche la lune pour l'en remercier. Et la jeune fille n'y était pour rien. D'ailleurs, en y repensant, elle était trop loin de lui. Il l'attira vers lui au moment où elle s'approchait et, fermant les yeux, se laissa aller au plaisir de la danse. Sa partenaire était jolie et - ce qui n'enlevait rien - se révélait une danseuse acceptable (quand elle se détendait). La corvée n'en était donc pas une et le médecin entendait bien en profiter au maximum.

"Ici, à l'hôpital, nous nous battons sans arrêt pour sauver des vies. On ne le fait pour personne d'autre que pour nous-même, aucun altruiste n'aurait la force de caractère de soigner tout la monde, sans discrimination. On soigne les chasseurs comme les transfuges, les catholiques comme les musulmans, les beaux, les laids, les riches et les pauvres. On se fait insulter, on est face à la misère humaine chaque seconde de notre vie, on doit parfois annoncer à des familles la mort prochaine d'un être cher. C'est très dur et cela ne donne que peu de satisfactions. Aussi, tout occasion est bon pour célébrer. Surtout quand il s'agit de vies sauvées. En m'aidant, tu as aidé l'hôpital. Tu as sauvé l'âme de Doussoux, et sans le savoir, sans que personne d'autre que nous ne s'en rende compte, tu as permis, à ton niveau, de sauver une dizaine de personne. Si l'hôpital ne te remercie pas, ces gens auront une dette envers toi. Une dette que nous ne pouvons leur imposer."

Instinctivement, il l'attira à elle lorsque ses mains touchèrent son dos, il sourit, rougit imperceptiblement et se pencha pour lui murmurer à l'oreille.

" Je suis désolé, j'ai tendance à me laisser emporter. Il faut m'arrêter dans ces cas là."

Il lui lâcha la taille et remit une mèche de cheveux derrière son oreille, la tenant fermement contre lui. Il sentait les regards des autres, souvent moqueurs, parfois envieux, et cela l'amusait beaucoup. Il sentait également la nervosité d'Aislinn et cherchait à la détendre par tous les moyens auxquels ils pouvaient penser.

"Non, ici aussi les quart d'heure durent quinze minutes."

Il lui sourit encore, montrant par là qu'il ne cherchait qu'à plaisanter. La musique s'arrêta, trop tôt, comme toujours. Faolàn lâcha la livreuse, presque à regret et la confia au Suédois, le temps d'une danse. L'interne qu'il avait dans les bras était belle elle aussi. Et sa façon de se coller à lui valait toutes les déclarations du monde. Dommage, il était déjà pris.

Enfin, le chef de clinique arriva, smoking et blouse blanche, montant sur une estrade pour déclamer un discours banal, un écrin entre les mains. Il appela Fao, le fit monter et lui donna la récompense qu'il dut, à son cœur défendant passer à la jeune fille. Il la félicita froidement, avec un sourire de circonstance, lui passa la médaille et lui fit la bise avant de lui murmurer quelque chose à l'oreille.


"Bon, ça c'est fait. On file ?"


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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Sam 1 Aoû - 13:12

"Je ne tue jamais de vivants Little Darling, cela ne pouvait être que toi. De plus, je n'ai pas pour habitude de m'approprier les exploits des autres, j'ai bien assez avec les miens. Tu as mérité cette soirée."

La jeune chasseuse soutint son regard un moment, et une moue boudeuse tordant ses lèvres, finit par laisser son regard passer au dessus de l’épaule de son cavalier, balayant la salle sans vraiment la voir. Elle marmonna un « moui mais quand même » inaudible et soupira, se raidissant à peine lorsqu’il l’attira à lui, relevant les yeux vers son visage. Paupières closes, il avait l’air plutôt à l’aise. Bien plus qu’elle en tout cas. Et son monologue concernant l’hôpital et le devoir, ce genre de trucs, bien que barbant, ne faisait que confirmer son impression. La jeune Aberlin avait beau fréquenter l’hôpital lors de ses fréquentes livraisons, elle était la seule en terrain inconnue ici, la seule qui pouvait être mal à l’aise au milieu de ce petit groupes d’inconnus arrivés là Dieu sait comment. C’est vrai, ça. A part le Suedois qu’elle connaissait, un ou deux autres visages familiers, elle ne connaissait personne. Et même si le médecin avait des amis, elle se demanda combien était là juste pour la voir, elle, la sauvageonne. Parce que d’un coup, c’était vraiment l’impression qu’elle avait, et cette idée d’être montrée, exposée ainsi ne l’enchantait pas vraiment.

Un souffle sur son oreille chassa rapidement la moindre petite bribe d’interrogation, remisant ses doutes et ses réticences dans un tout petit coin de son esprit. Ça n’avait beau être qu’un murmure, pour la confidence et sans doute pour amuser la galerie, ça n’en était pas moins gênant et la jeune chasseuse réprima un frisson. Ça pour se laisser emporter… Il la maintenait bien contre lui, les effluves de son parfum l’abrutissant un peu et jouait avec ses nerfs, comme s’il n’imaginait pas une seule seconde que ce genre de truc puisse la mettre mal à l’aise. Haussant les épaules d’un mouvement qui se voulait nonchalant, elle sourit.


« Pas vraiment. Et votre raisonnement est… »


Elle chercha un instant son regard en attendant que les mots lui viennent et lui sourit

« … tordu. »

Oui, c’était bien ça. Sinueux, même. De la mort d’un ou deux types pour en aider un autre qui voulait en sauver un autre (encore un), il la menait sur une pente bizarre qui la rendait sauveuse de gens qu’elle ne connaissait pas, qui ne la connaissaient pas et qui, comme ça tout d’un coup, auraient une dette envers elle ? Ses propres réflexions sur le sujet la perdirent un peu et elle fronça les sourcils, un peu perplexe. Pas longtemps, puisque le médecin, relâchant un peu son emprise sur sa taille, replaça une mèche de cheveux pas franchement docile. Elle rosit vaguement, reprenant rapidement confiance et toussota, changeant le sujet en tentant de fuir par la même occasion. En vain. Le médecin semblait décidé à la garder là encore un moment, se moquant gentiment d’elle et elle soupira de nouveau.

« Mais vos minutes sont longues docteur Riagal. »


Et son contact trop oppressant, mais elle n’allait pas lui dire. D’une parce qu’il la prendrait (encore) pour une trouillarde, et aussi parce qu’il se vexerait sans doute. Aucun homme ne devait aimer qu’on critique sa proximité et qu’on le qualifie d’étouffant, elle n’avait pas besoin d’expérience pour le savoir. Le regard dans le vague, elle croisa celui d’un Suedois souriant, visiblement très amusé par la gêne de la jeune femme qu’il ne connaissait pas vraiment sous ce jour-là, et la musique s’arrêta, le cardiologue la lâcha. Vague regard perdu de celle qui sent qu’elle va perdre son point de repère et elle se retrouva rapidement dans les bras d’un blond qui n’attendit pas longtemps avant de se moquer d’elle. Forcément, le glock caché à la ceinture, elle faisait moins peur. Elle lui confia qu’elle pouvait le sortir rien que pour lui s’il le voulait, mais ses joues toujours rouges du précédent contact ne jouèrent pas en sa faveur, et l’infirmier ne se laissa pas impressionner, choisissant de lui parler un peu de la nouvelle cavalière de l’Irlandais, commentant son intérêt pour le médecin. Grand bien lui en fasse. Aislinn haussa les épaules et conduisit la conversation sur un terrain connu, parlant de chasse et quémandant quelques informations, monopolisant la discussion jusqu’à la fin de la danse, préférant ça aux autres discussions proposées.

Un dernier type arriva, encore mieux habillé que son médecin (Avec son rôle de protecteur, Faolàn était devenu son médecin personnel. Le seul qu’elle connaissait un peu de toute manière), attirant l’attention vers lui (et détachant le peu qui ne la quittait pas, béni soit-il) avant de se lancer dans un discours qui ressemblait un peu au monologue du médecin, en plus long et encore moins intéressant. Lâchant le bras du Suedois, la jeune fille suivit le cardiologue sur l’estrade, le laissant lui remettre sa récompense avec un sourire timide, sans même poser son regard sur ce qui venait d’échouer dans ses mains. Il murmura, de nouveau, et son sourire se fit plus franc, soulagé et plein d’espoir. Elle salua rapidement la petite assemblée et descendit de son estrade

« Vous m’emmenez ou ? »


La question avait fusé et elle grimaça

« Enfin on part par où ? Le chemin de l’allée, simplement ? »

Bien plus vive à l’idée de sortir d’ici, elle s’empara de son poignet pour l’entraîner elle-même vers la porte, n’attendant même pas sa réponse. Le couloir les accueillit dans un silence relatif, quelques ondes de la petite cérémonie leur parvenant à travers la porte close, et la jeune fille soupira, soulagée.

« Vous avez été génial. Merci de ne pas m’avoir laissée. Et de m’avoir sortie de là. Je ne sais pas si les éventuels inconnus que j’ai sauvé sans le savoir pourraient avoir une dette envers moi, mais en tout cas, j’en ai une envers vous. »

Elle hésita et sourit, laissant les mots lui échapper pendant qu’elle se détendait peu à peu, en un flot de phrases qu’elle espérait cohérentes.


« On fait quoi maintenant ? Parce que je peux rentrer mais c’est un peu dommage d’être venue juste pour quinze minutes. Pas que je veuille y retourner hein, vraiment pas. Même si c’était pas si horrible que ça. A part la danse. Enfin non, mais bon. Voilà. Non, la danse c’était cool mais euh… »

Cherchant ses mots, encore, elle tenta de croiser son regard un peu machinalement, juste pour ne pas rester totalement figée.

« Enfin voilà, si vous voulez faire un truc… Sinon je rentre. Sinon on passe au China, je vous offre un truc a manger. Ou pas. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Lun 10 Aoû - 5:25

Elle était mignonne. Beaucoup trop pour une gamine à vrai dire et s'il s'était amusé à la rendre mal à l'aise pour se venger un peu de sa popularité, il commençait à voir les dangers de ce comportement. En se raidissant sous ses doigts, fuyant ou cherchant son regard à contre temps et avec sa franchise parsemée de timidité incongrues, elle le défiait de la séduire. Or, elle était trop jeune pour lui. Les gamines ne l'intéressaient pas en général, il préférait de loin les femmes un peu plus expérimentées.

"Elles durent le même nombre de secondes que les autres, Miss. C'est juste que vous être impatiente."

Et lui l'était également probablement pour une raison totalement opposée. Aussi, vit-il arriver la fin de la danse avec un soulagement très bien dissimulé et laissa une interne quelconque lui faire oublier la livreuse de nouille. Puis vinrent le discours, la récompense, et patati et patata, comme si l'hôpital avait que ça à faire de l'argent des contribuables que de faire fondre des médailles à la gomme. Hum. L'envie n'était pas son péché préféré, de loin. Mieux valait qu'ils sortent d'ici en vitesse.

Par bonheur, la gamine sembla ravie de son idée et, ne lui laissant ni le temps de répondre, ni celui de prendre correctement congé de la population, elle l'entraîna dans le couloir. Il songea une seconde au ridicule qu'il venait de subir (à se faire emporter comme ça sans avoir le temps de dire son mot) puis à ce que les autres pouvaient penser de l'empressement de la demoiselle. Après tout, elle avait réagit à l'un de ses murmures, avait plus que rougit dans ses bras sans avoir essayé (plutôt réussit mais ça ils ne le savaient pas) à se dégager et montrait ensuite de l'impatience à l'emmener quelque part… non, finalement sa réputation allait en sortir grandie. Tant mieux, cela aurait au moins servit à ça.


"Je suis toujours génial"

Il sourit, de cet air goguenard, mi amusé, mi fier qui faisait qu'on ne savait jamais s'il pensait vraiment ce qu'il disait ou s'il se moquait de vous en se moquant de lui-même. D'un geste vif mais doux, il récupéra son poignet, remit correctement sa chemise, défit sa cravate qu'il roula et cacha dans sa poche, déboutonna le premier bouton et sortit sa croix, bien en évidence sur le haut noir. Puis, d'un geste nerveux et né de l'habitude, il recoiffa de la main les mèches déplacées par la cavalcade effrénée. Ce n'est qu'une fois qu'il se jugea présentable (et après avoir vérifié ses conjonctures dans le reflet d'une vitre) qu'il répondit à la jeune fille.

"J'avais pensé t'offrir une glace mais si ma compagnie est si horrible que ça je peux toujours te raccompagner où tu veux Little Darling."

Il souriait, sur de son charme et peu touché par ses propos contradictoires. Il savait qu'elle avait aimé la danse malgré tout. Il aurait même probablement pu l'embrasser s'il avait eu envie. Et s'il la respectait trop pour cela ce n'était pas une raison pour la laisser piétiner ce qu'ils avaient partagés. Oui elle avait été mal à l'aise, bêtement d'ailleurs, mais il n'avait pas été horrible. Il n'était jamais horrible. Et le Suédois lui avait tenu compagnie le reste du temps. Il soutint son regard et passa sa main sur sa taille pour l'inciter à avancer. Une simple pression, douce et sans sous-entendus avant que la main ne retourne dans la poche.

"C'est un peu loin, on prendra la voiture. Et si tu veux aller ailleurs après, ce sera ton choix. Ma soirée est à toi alors profites-en, je n'en ai pas si souvent."

Autant dire jamais. Entre la fédé, les gardes, les urgences et les heures sup. dans son labo de recherche, sans parler des entraînements de Gavroche, il était bien rare qu'il trouve le temps de s'arrêter un instant devant la télévision. D'ailleurs il n'aimait pas cela et préférait de loin passer ce temps libre à apprendre encore et toujours ce qu'il y avait à savoir sur l'une de ses deux spécialités.

"On m'a dit que tu aimais bien ça les sucreries non ? Comme tu es toujours avec du nougat et tout. Même s'il est curieux de manger froid en hiver, je parie que ça ne te fais pas reculer, genre tu n'as peur de rien tout ça. Tu dis si je me trompe."

Il souriait, persuadé de ne pas se tromper du tout. La livreuse de nouille aimait prouver sa valeur sur des bêtises, il l'avait bien vu lors de leur combat de l'autre nuit. Elle était de ces gens fiers qui font n'importe quoi pour prouver qu'ils n'ont peur de rien. Un jour, elle comprendrait qu'il est plus courageux de refuser de faire des bêtises. En attendant il comptait bien en profiter.

Restait la possibilité qu'elle l'envoie bouler et ne veuille plus le voir. S'il n'était pas spécialement effrayé par ce scénario qu'il jugeait peu probable, il ne pouvait s'empêcher de penser que ce serait dommage. Elle lui bouffait une soirée, ne savait pas se tenir, attirait toute l'attention sur elle et était trop jeune pour lui, et pourtant, il avait envie de la connaître mieux. Probablement pour ne plus se sentir dépassé par elle. Oui, c'était probablement ça.

A marcher en parlant, on finit souvent par arriver quelque part. Lorsque Faolàn releva la tête, ses pas les avaient menés jusqu'au parking, devant sa voiture. Il chercha ses clefs dans sa veste, déverrouilla l'engin et ouvrit galamment la portière à la jeune femme avant de s'installer lui-même au volant. La nuit les entourait, mystérieuse, presque inoffensive dans la carlingue de métal. Un jour, on irait inventer les voitures en argent et les gens seraient sauvés. L'avenir de la terre tenait à bien peu de choses n'est-ce pas ?

Tout en roulant, l'Irlandais gardait son sourire aimable et ses manières décontractées et moqueuses. La route lui prenait les trois quart de son attention, le reste était pour la jeune femme et cela suffisait bien avec tout ce qu'elle avait déjà eu. Ils arrivèrent rapidement chez Bertillon, devant les invalides. Le dôme doré paraissait presque gris sous les nuages mais les néons de la boutique luisaient avec force. Probablement des transfuges. Mais les meilleures glaces de Paris, cela compense.

Toujours galant, le médecin fit entrer son invitée avant de la laisser s'asseoir et regarder le menu. Il profita enfin de ce moment pour la détailler de la tête aux pieds, la trouvant toujours aussi jolie et mal fringuée. Pour un peu il lui aurait proposé de faire du shopping. Mais c'était sa soirée à elle, pas la sienne, aussi tentant que jouer à la poupée avec ce genre de modèle puisse être.


"Prend ce que tu veux Little Darling. C'est la fête ce soir."

Lui se contenterait d'un café.


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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Ven 21 Aoû - 15:59

Comme toutes les bonnes choses, les calvaires avaient aussi une fin. Le souci, c’est que le calvaire ne s’étant pas révélé si atroce que ça, Aislinn n’avait pas réellement envie qu’il s’achève. Maintenant qu’ils étaient seuls dans le couloir, que de l’autre côté, la musique avait repris dans un murmure, la chasseuse était plus détendue et, par conséquent, y voyait un peu plus clair. Ils étaient tirés d’affaire, la médaille tournait rapidement entre ses doigts, sans même qu’elle l’ait vraiment regardée, et même la (fausse ?) immodestie du médecin parvint à la faire sourire. Non, maintenant qu’elle y pensait, elle n’avait pas envie de rentrer, même si elle lui avait laissé entendre qu’elle n’aurait aucun problème à l’idée de terminer la soirée ici. Un quart d’heure pour quelque chose qui l’avait tant paniqué, ça n’était pas quelque chose d’envisageable.

Et Faolàn ne répondait pas. La laissant parler, bafouiller, plutôt, il ne s’occupait que de son apparence, sous les yeux curieux d’Ace. Le médecin devenait homme, en un changement rapide et superficiel, mais assez surprenant. La différence d’attitude était flagrante, quand on l’observait comme ça, et les quelques détails mis en évidences, ces petits changement bénins, semblaient venir comme une séparation nette entre sa profession et ce qu’il était. Les yeux fixés sur lui, Aislinn en oublia presque les couloirs aseptisés de l’hôpital pour se demander comment il était, dans la vraie vie. Absorbée par ses interrogations, elle sursauta en l’entendant, et répondit machinalement, sourire aux lèvres.


« Une glace me ferait affronter n’importe quoi. Ou n’importe qui. »

Amusée, la jeune fille constata qu’elle commençait à comprendre le fonctionnement de l’homme en face d’elle. Plus il la mettait mal à l’aise, plus elle lui donnait d’occasions de rires de ses maladresses et de sa gêne, et finalement, se montrer détachée était la meilleure attitude à avoir pour ne pas finir comme une gamine en face d’un médecin, complètement, juste amusante et peut être un poil attendrissante. Elle devait se montrer à la hauteur, et ne pas craindre chaque idée, chaque proposition. De toute façon, vu l’assurance qui semblait le caractériser, elle pourrait bien lui répondre qu’elle ne l’aimait vraiment pas qu’il ne la croirait pas.

« Merci, alors. Mais je ne veux pas non plus vous prendre tout votre temps et… d’après le Suedois, votre autre cavalière avait l’air plus intéressée par votre nuit que moi. »

Résolutions volant en éclat et les joues de nouveau rouges à cause des idées évoquées, elle précisa, au cas où ses premières paroles n’auraient pas été assez claires.

« Enfin je veux dire qu’elle voulait… oh puis zut, débrouillez vous seul avec vos prétendantes. »

Ou comment rejeter une faute inexistante sur quelqu’un qui n’a rien demandé. Pour le « comment se ridiculiser alors qu’on était bien parti », nous passerons dessus, avec Aislinn et face au médecin, cela commençait à devenir une discipline olympique et aucune leçon n’était plus nécessaire. Non mais vraiment ! L’air un peu boudeur, la jeune fille tenta d’effacer de son esprit les images du médecin et de l’interne, bien plus désagréables qu’elles n’auraient dû l’être. De toute façon, il couchait avec qui il voulait. Pour ce qu’elle en avait à faire elle. Ça n’était pas non plus comme s’il l’intéressait d’une quelconque façon, la jeune femme n’avait pas la moindre envie d’avoir une relation de ce type avec qui que ce soit. Et ça n’était qu’un type avec qui elle s’était battue, elle lui avait sauvé la vie, il la remerciait, point, elle n’aurait même plus à le voir. Ce qui n’était pas une raison pour avoir à supporter de le voir collé à une autre sous ses yeux. Et non elle n’était pas possessive. Posséder quoi d’abord, hein ?

« Non, vous avez parfaitement raison. »

Sa propre voix l’aida à revenir sur terre, et elle sourit. Le sucre, c’était mieux comme fixation.

« Mais les glaces en hiver, c’est juste bon, même sans défi. Déjà parce que c’est toujours bon, et en plus, parce que c’est agréable de manger ça par plaisir, et pas seulement parce qu’il fait chaud. »

Elle se plaça devant lui et se retourna, marchant à reculons pour pouvoir le regarder en parlant, ravie d’avoir trouvé un terrain plus stable, et dont elle connaissait les moindres recoins. Si vous voulez mettre Aislinn à l’aise, parlez lui d’armes et de sucre, et vous en aurez pour votre argent.

« Je vous donnerai un cours sur l’art d’apprécier une sucrerie un jour si vous voulez. Mais sérieusement, les glaces en hiver, c’est vraiment bien. On s’en fiche du temps qu’il fait, vous ne vous faites pas plaisir en fonction de la météo vous, si ? »

Argument imparable, d’après elle. D’autant plus imparable qu’ils venaient d’arriver à la voiture, et que la jeune fille oublia totalement la conversation, se souvenant de la dernière fois qu’elle y était montée. Il ne conduisait pas assez vite à son goût et, si la dernière fois la douleur et l’enchaînement des évènements l’avaient empêchée de trop y penser, elle réalisait maintenant qu’elle était trop petite, et que l’idée d’être coincée avec lui ne lui plaisait pas plus que ça. A tous les coups, elle allait s’imaginer des choses, il allait se moquer, elle allait rougir, et… bref. Aussitôt assise, elle baissa la vitre au maximum, laissant l’air lui rafraîchir les idées, entretenant distraitement la conversation qu’il lui avait offerte pour que le silence ne devienne pas trop pesant. Et le trajet s’acheva. Et Aislinn se figea.

« Berthillon ? »

Rester calme et posée.

« Vous m’avez amenée chez Berthillon ? »

L’adolescente oublia le calme qu’elle s’était efforcée de préserver en avançant vers la boutique

« Et dire qu’ils pensaient m’avoir avec une médaille. Vous êtes vraiment, vraiment génial. »

Et c’était sincère. Machinalement, pour le remercier encore une fois, puisqu’il lui semblait qu’elle l’avait passé sa soirée à ça, elle l’enlaça, un peu nerveuse et tâchant de ne pas paraître trop ravie. Ce qui, il faut l’avouer, était assez difficile. Berthillon… le paradis. Elle plaqua un baiser réjoui sur sa joue et le lâcha, sans doute plus souriante qu’il ne l’avait jamais vue. Le laissant lui tenir la porte du paradis acidulé. (click here)

« Vous vous êtes surpassé doc’. »

Elle lui laissa la banquette, peu désireuse d’être coincée entre la table et le mur, et s’assit bien droite sur sa propre chaise, concentrée sur un examen minutieux des lieux, puis de la carte. Des années qu’elle n’était pas venue. Et la dernière fois, enfant, elle n’avait eu le droit qu’à une seule boule. Imaginez un peu, choisir un seul parfum sur toute la carte, entre les divers chocolats, le caramel au beurre salé qui vous fait de l’œil, les parfums originaux, le pain d’épices, le turron, Plombières et Gianduja (elle ne savait même pas ce que ça pouvait bien être, ça). C’était trop. Et déjà, elle en était ressortie ravie. Et lui, il arrivait, comme ça, et il lui proposait de choisir ce qu’elle voulait ?

« Quatre ? »

Elle guetta son accord, sans prêter trop d’attention à son éventuel amusement. Oui, elle était un ventre sur pattes, quand il s’agissait de ce genre de choses. Et elle n’en avait pas la moindre honte. Une jeune (et trop jolie à son goût) serveuse vint prendre leur commande, et après le simple café demandé par l’Irlandais, la jeune fille sourit et se lança.

« Gaufre, glace parfums Pain d’épices, Lait d’amande, Noisette, Nougat au miel, de la chantilly et du sirop d’érable s’il vous plait. Et un verre d’eau aussi. »

La femme l’observa avec des yeux ronds et son regard surpris se posa sur Faolàn, se demandant sans doute ce que le médecin pouvait faire avec une telle morfale, cligna des yeux une ou deux fois et sourit, persuadée que la demoiselle avait commandé pour deux (comme si Aislinn était du genre a partager son trop plein de sucre).

« Je vous apporte ça tout de suite. »

Ace la regarda partir et se tourna vers le médecin, prenant la parole avant qu’il puisse le faire.

« Je sais, c’est sucré, et je vous autoriserai à faire un test ou je ne sais pas quoi pour le diabète si vous voulez, mais c’est juste vraiment bon. Je vous ferai gouter. Un peu. »

Pas trop non plus, la glace, c’est sacré. Elle le laissa reprendre la parole en attendant que son festin arrive, ne sachant plus vraiment quoi dire à part de nouveaux remerciements et compliments ou un monologue sur la glace. Et les Athéniens s’atteignirent, son miracle arriva. Si elle était la Providence, comme l’avait cru Faolàn la première fois, elle venait de dégringoler du Paradis droit dans son assiette, abattue par la gourmandise. Elle regarda la serveuse poser l’assiette au centre de la table, et n’attendit pas qu’elle s’éloigne pour rapprocher le plat vers elle, histoire de bien clarifier les choses. Oui, elle allait manger tout ça, toute seule. Ou presque. Levant les yeux vers le médecin, elle lui sourit.

« Vous en voulez ? »

Il dirait non. Bien trop sucré.


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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Ven 28 Aoû - 13:58

Petit cri de chiot ravi. La demoiselle avait tout de l’animal familier. Elle ronronnait comme une chatte et jappait de plaisir. Il était certain que s’il s’amusait à la chatouiller sous le menton, elle fermerait les yeux et lèverait la tête. Suffisait de remplacer la crème par le sucre et de lui rajouter des moustaches. En tout cas, il avait frappé juste. Elle connaissait, elle appréciait, elle se frottait contre lui et alla même jusqu’à poser ses lèvres sur sa barbe. C’était dire.

Se sachant irrésistible, Faolàn se garda bien de faire quoique ce soit qui puisse effaroucher la gamine. Cela devenait dur. Il avait du retenir une bonne dizaine de remarques à l’hôpital, principalement lorsqu’elle s’était mise à lui parler de l’interne, de prétendantes et du fait qu’il se faisait plaisir. Elle ne se rendait probablement pas compte de tous ses sous-entendus sexuels mais lui était assez exercé pour les repérer et savoir ce qu’ils voulaient vraiment dire. Elle était sensible à son charme et à l’énergie qu’il dégageait. Elle avait envie de lui, c’était pour cela qu’elle faisait tous ces sous-entendus. Son inconscient rêvait de lui faire plaisir, elle était juste trop inhibée pour s’en rendre vraiment compte.

Avec un sourire plus qu’amusé, il mit les mains dans les poches de son jean, repoussant les pans de son blouson de cuir vers l’arrière. Ses doigts, un peu plus nerveux que le reste de sa personne, jouèrent rêveusement avec quelques pièces de monnaie qui traînaient là. Il savoura une seconde le vent sur son visage qui jouait avec ses cheveux long puis suivit sa cavalière à l’intérieur. Un vent de chaleur l’accueillit alors tandis qu’il observait le salon aux trois quarts vides. Aislinn était déjà plus loin.

Curieux, il la laissa choisir sa place et prendre celle de l’homme, lui réservant la banquette. Elle s’asseyait de façon à être libre de ses mouvements et restait aux aguets. La chasseresse perçait soudain sous l’enfant excitée. Elle était belle. Paradoxale. Il s’assit. Dos au mur, on ne pourrait pas le prendre à revers. Ses genoux étaient assez hauts pour lui permettre d’utiliser la table au besoin et il avait ses propres armes à portée de main. Sans parler des coussins bien plus confortables.


« Je savais que ça te plairait. »

Tu parles. C’était la première fois qu’il mettait les pieds dans la boutique. S’il n’avait pas eu un collègue quelconque pour lui parler des meilleures glaces de Paris, il n’y aurait probablement pas pensé. Enfin. Il avait visé juste, c’était le principal. Une voix qui s’efforçait d’être calme le coupa soudain dans ses pensées.

« Quatre, cinq, six, sept. Ce que tu veux je dis. »

Il n’avait toujours pas touché à la carte quand la serveuse s’approcha. Elle était fine, blonde avec des yeux noirs d’une grande beauté. Sa peau était recouverte d’un fond de teint assez laid qui jurait avec la pâleur de ses poignets. Sa jupe était une taille trop petite et lui moulait les fesses. Stupide culte de la mélanine et de l’anorexie. La fille était ravissante et pourtant s’obstinait à l’enlaidir. Tant pis. Il pouvait toujours regarder. Ce qu’il ne manqua pas de faire d’ailleurs tandis que son rendez-vous restait plongé dans sa rêverie sucrée. Il commanda un café.

Aislinn, quant à elle, l’avait pris au mot. Le dessert qu’elle s’était concoctée avait réussit à arracher une moue surprise au médecin et un sourire entendu à… « Violette » disait le badge – Gosh ce qu’il aimait ces machins qui lui donnaient le droit de reluquer la poitrine des jeunes femmes. Sûrement un faux nom. Il ne comptait pas aller plus loin que les yeux avec la blonde aussi cela n’avait que peu d’importance.


« Je vous apporte ça tout de suite. »

« Merci Mademoiselle. »

Il la regarda partir, suivant surtout une certaine partie de son anatomie et fut à nouveau rappelé à la réalité par la Livreuse de Nouille. Le contraste entre les deux femmes était étonnant. Après Violette, la jeune fille semblait encore plus enfantine, mais tellement plus naturelle. Ses paroles étaient également rafraîchissantes. Elle pépiait légèrement sur ce qui l’entourait sans se poser de questions ni essayer de l’impressionner.

« Tu n’as pas de diabète, tu n’es pas allée à la toilette depuis que tu es rentrée à l’hôpital et tu as une forme physique remarquable. »

Il porta la tasse de café à ses lèvres sans la quitter des yeux et aspira une gorgée du breuvage amer. La chaleur lui brûla légèrement la langue et il pu mentalement suivre le chemin du liquide. Œsophage, au dessus du foie, estomac.

« Non merci, mais régale toi. Ça fait plaisir de voir que le soirée n’a pas été une totale échec. »

Et évidemment, il avait fallu qu’il s’en mêle pour que ce soit le cas. L’hôpital ne pouvait vraiment rien faire sans lui. Le pire dans tout ça, c’était qu’il allait devoir parler s’il ne voulait pas que le silence ne s’installe entre eux. Un truc à dire. Euh. Qui soit cool, intéressant, original, bref, irrésistible. Re euh. Il ne pouvait pas plus lui parler médecine qu’elle ne pouvait le faire de sucre. Il restait un seul sujet qu’ils avaient en commun… la chasse.

« Tu ne boites plus à ce que j’ai vu. Tu as repris tes virées nocturnes ? Pas de nouvelles blessures j’espère ? »

Il ne se faisait pas de soucis pour elle. Pas vraiment mais cela faisait toujours un sujet de conversation n’est-ce pas ? On pouvait également parler de son épaule, plus bandée mais toujours très douloureuse, si on voulait le blesser dans son orgueil.

« A propos, je voulais te demander. Tu dis t’appeler Aislinn. Cela veut dire que tu es irlandaise ou tes parents se sont simplement dits que « Rêveuse » sonnait bien sur un acte de la naissance ? »

Cela faisait deux questions, deux pistes sans trop de risques pour faire connaissance de façon plus correcte. Ils avaient tout de même passé leur première soirée à se méfier l’un de l’autre, et tout le début de la seconde à un jeu de drague assez bête. Il sourit, cette fois pas du tout innocemment.

« La serveuse est mignonne by the way. Tu crois que Violette est son vrai nom ? Je devrais peut-être lui demander son numéro de téléphone, qu’en penses-tu ? »

C’était petit mais tellement amusant d’observer sa réaction. Serait-elle gênée ? Offusquée ? Jalouse ? Parce qu’elle était attirée par lui c’était certain. Et puis, quand elle était fâchée, ses yeux changeaient subtilement de couleur, rendant son regard plus intense encore. Allait-elle partir ? Un coup d’œil sur l’assiette de son invitée le rassura. Il restait plein de glace, elle n’oserait pas quitter son trésor. Une nouvelle gorgée de café vint rejoindre la première. Il s’offrirait peut-être le luxe d’en commander un autre. Juste pour voir sa tête.


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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Lun 7 Sep - 20:38

Jusqu’ici, et ce depuis qu’ils avaient quitté l’hôpital trop étouffant, tout allait pour le mieux. Et puis Berthillon, de toute façon, ça ne pouvait qu’être bien. Même l’étonnement de la fille et son air choqué n’avait pas pu entacher la joie de l’adolescente devant son plat (parce que ça n’était pas servi dans des coupes, même pas des assiettes ces machins-là) de sucre. Elle avait corrigé les quelques fautes commises par le médecin, plus par automatisme que pour les lui faire remarquer, et était même allée jusqu’à lui proposer de sa glace et ignorer son regard qui suivait le déhanchement sans doute exagérément provocateur de la jolie serveuse. Même si reluquer une femme quand on était avec une autre, fusse-t-elle une gamine, ça ne se faisait pas.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc, et Aislinn était véritablement au pays des merveilles, des gaufres et de la nougatine. Grandiose quoi. Mais tout à une fin, même ses rêveries, et le médecin la ramena à la réalité et à leur conversation en l’interrogeant sur sa blessure. Comme si c’était le moment de parler de sang, de chairs abimées et de cicatrisation… Mais en même temps, il fallait être honnête, ils ne se connaissaient pas du tout, et la seule soirée qu’ils avaient partagée jusqu’à ce soir avait été faite de cadavres, d’armes et de plaies en tout genre. Même ce soir, ils s’étaient revus pour être récompensé pour leur combat. Alors la chasse, c’était le sujet le plus évident. Le seul où aucun des deux ne ferait de faux-pas.

« Ma jambe va mieux. C’est douloureux sur le vélo, mais dans l’ensemble, ça va, ça passe. Ça brûle juste quand je force sur ma jambe. »

Une légère moue vint tordre ses lèvres quand elle imagina l’examen qui risquait de suivre cette révélation, mais elle reprit, presque l’air de rien.

« Et j’ai recommencé à chasser presque aussitôt. Pas le lendemain parce que vous vouliez pas (et que ça lui faisait un mal de chien), mais juste après. »

Un sourire et elle répondit à la dernière question

« Pas de nouvelle blessure non. Et vous ? Votre épaule ? »

Simple question de politesse, même si elle n’était pas certaine qu’il ait envie d’en parler. Les hommes n’aimaient pas montrer leurs faiblesses, c’était bien connu. Et le doc’ ne semblait pas déroger à la règle, bien au contraire. Elle reposa les yeux sur sa glace pour une dégustation minutieuse, récupérant d’abord la glace fondue qui se répandait sur l’assiette, autour de la gaufre, et s’attaquant ensuite à la chantilly.

« Rêveuse ? »

Elle hésita un instant, suçotant sa cuillère avant de reprendre, intéressée

« C’est ce que mon nom veut dire ? Je savais pas. Je sais juste que c’est le nom de la grand-mère de ma mère je crois. Ma mère est Anglaise, mais elle a une partie de la famille qui vient d’Irlande. Et la seule chose que je sais dire, c’est « In aimn Dé », parce que ma grand-mère le disait tout le temps. Et vous l’avez dit aussi. »

Et ça n’avait pas un grand intérêt. En même temps, il l’avait questionnée, mais ça ne voulait pas dire qu’il voulait connaître toute sa généalogie. Aislinn rougit un peu et se vengea sur sa gaufre, savourant le sirop d’érable qui imprégnait la pâte. Il avait lancé la discussion, elle devait enchaîner.

« Vous êtes en France depuis longtemps ? Parce que vous parlez bien mais vous avez encore pas mal d’accent. Ce qui vous va bien hein. Pas une critique. »

Elle sourit, inébranlable. Oui, la dernière remarque avait été d’une utilité monstre et non, elle n’allait pas encore rougir ça commençait à bien faire, ces joues qui s’enflammaient pour un oui ou pour un non alors qu’elle n’avait jamais été de celles qui s’empourprent facilement. De toute façon, elle n’avait pas l’esprit assez tordu pour comprendre ce qui était susceptible de la faire rougir. Sauf avec lui. Imbécile d’Irlandais. Elle balaya la salle du regard avant de le poser sur Faolàn, cherchant le sien, bien que persuadée que ça ne l’aiderait pas à rester posée. Bien sûr, s’il en rajoutait, ce serait encore pire.


« La serveuse est mignonne by the way. Tu crois que Violette est son vrai nom ? Je devrais peut-être lui demander son numéro de téléphone, qu’en penses-tu ? »

Ce qu’elle en pensait ? L’adolescente le dévisagea un moment et avala sa glace avec peine, surprise. C’était quoi son manège là ? Il avait qu’à le lui dire si elle le gênait, s’il voulait aller faire des trucs dégueulasses derrière le bar avec sa fleur minable et… Aislinn fronça les sourcils, surprise par ses propres pensées. Bon. Faolàn : 1 – Aislinn : 0. Elle s’était fait avoir. Il se moquait d’elle, c’était évident, et au lieu de marcher, elle s’était apprêtée à battre le record mondial d’un mille mètres mental. Elle avala une nouvelle cuillérée, totalement neutre, cherchant comment répliquer. Un sourire été trop normal. Trop facile. Ace posa sa cuillère dans son assiette en la faisant tinter bruyamment et baissa les yeux, un peu maladroite. Trouver quelque chose, vite. La gamine se mordilla la lèvre et se leva de table, souriante.

« Vous avez raison, elle est jolie. Vous n’aurez qu’à lui dire que je suis votre sœur, si jamais elle demande. »

Elle repoussa doucement son assiette, un peu trop proche du bord de la table à son goût et tourna les talons, se dirigea vers le bar, ravie de sa trouvaille. Il ne l’intéressait pas, qu’est ce que ça pouvait lui faire qu’il drague la serveuse ? Bon, bien sûr, sous ses yeux, c’était assez énervant. Et ça ne se faisait tout simplement pas, on n’invitait pas quelqu’un pour draguer la première qui passe. Mais après tout, elle s’en fichait un peu, elle. Il voulait son numéro, il l’aurait. Elle attira l’attention de Violette, puisque c’était ainsi qu’elle prétendait s’appeler, et lui accorda un sourire aimable avant de lui exposer rapidement la situation. Elle plaisait à l’homme à la table, là-bas, et il aurait bien aimé son numéro. Comme il avait été sympa avec elle toute la soirée, elle pouvait bien aller demander pour lui.

Violette hésita et posa un post-it sur le comptoir, y inscrivant numéro de portable et véritable prénom. Parce qu’elle ne pouvait pas vraiment donner son vrai prénom au travail, il y avait des tordus, mais que pour une relation, c’était différent. Aislinn hocha la tête, amusée par la réussite de son jeu, et retourna s’asseoir à sa table, collant le post-it à côté du café du doc’.


« Vous aviez raison, elle s’appelle Barbara en vrai. Comme ça vous n’aurez pas perdu votre soirée non plus. »

Son sourire joyeux s’estompa après une cuillérée de glace lait d’amande et ses yeux quittèrent le médecin pour se poser sur le papier. C’était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Elle récupéra le post-it et le déchira, plongea les restes dans sa poche et releva les yeux vers l’Irlandais.

« Ca n’aurait pas marché de toute façon. Barbara ça lui va pas. »

Un argument douteux, certes. Mais c’était de sa faute à lui, qui la cherchait depuis le début de la soirée, alors qu’elle se faisait toujours avoir. Au bout de cinq ou six essais, il aurait pu s’arrêter, non ?

« Vous vous appelez comment vous d’ailleurs ? »

Ou comment tenter vainement de détourner une conversation trop périlleuse…
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Sam 19 Sep - 9:38

D’un signe de tête, le médecin apprécia l’honnêteté. Il était normal que sa jambe soit raide et douloureuse, toute autre réponse aurait été un mensonge, appelant un examen immédiat du membre incriminé pour cause de propriétaire incapable de reconnaître ses torts. Il sourit lorsqu’elle avoua avoir suivit ses consignes (de toute façon elle avait probablement eu trop mal pour faire autrement, il y avait des limites à ce que le corps humain pouvait supporter, même aidé par un implant) et leva les sourcils quand on en vint à parler de lui.

« Mon épaule ? Guérie. »

Et pas de remarques. C’était lui le médecin, lui qui décidait qu’Aislinn devait faire attention mais que ses propres blessures n’existaient pas. Par chance, elle semblait s’y attendre et ne releva pas, concentrée sur sa euh… mixture. Il hocha une nouvelle fois la tête pour reprendre sur un sujet tout de même bien plus intéressant.

« Indeed. Contrairement aux noms français, les prénoms celtes ont souvent un sens assez facile à deviner. Quand au juron, il veut dire … je ne trouve pas la mot française. En anglais on dit « Shit ». Ou « For God’s sakes » qui serait plus litteraly. »

Pour une raison inconnue, elle se remit à rougir (heureusement que cela lui allait bien parce qu’on pouvait finir par se poser des questions. Il avait presque envie de poser sa main sur son front et vérifier sa température. Même si son appétit démentait l’hypothèse de la fièvre, il n’avait pour une fois rien dit ou fait qui puisse gêner son interlocutrice.

« Cinq ans, quatre mois et dix-neuf jours. J’ai oublié de compter les heures mais ça doit faire dans les trois ou quatre si je ne m’abuse.»

Il n’était pas à moitié aussi nostalgique qu’il voulait le faire croire mais la date du 22 Août était tellement gravée dans son esprit qu’il connaissait sans même compter le temps qui s’était écoulé. L’Irlande lui manquait, c’était certain mais la France n’était pas son premier exil et il avait prit l’habitude en Angleterre de ne rentrer que rarement dans son pays. Quand à cette histoire d’accent, il savait parfaitement que cela faisait craquer les dames et comptait bien le garder ad vitam aeternam.

Il y eut un nouveau silence tandis qu’il lui rendait son regard. Il n’avait pas relancé la conversation, ne trouvant pas grand-chose à dire sur son exil à une quasi inconnue qui, de plus, ne se montrait pas vraiment curieuse. Après un temps, il s’arracha à la contemplation des deux magnifiques pupilles bleues de la demoiselle, reprit donc une gorgée de café, et laissa son regard balayer la salle pour remarquer à nouveau la jolie serveuse nettoyant le bar avec application. Certes, demander à son invitée si une autre femme était libre n’était pas la chose la plus polie et la plus intelligente à faire mais au moins cela relançait la conversation… et taquinait Aislinn qui, comme d’habitude, réagit au quart de tour. Ouais, bon, trois quarts au moins.

Cherchant à nouveau son regard, histoire de la déstabiliser un peu plus, le médecin remarqua la stupeur, la colère puis la compréhension sur le visage de la gamine. Il sourit, amusé, tandis qu’elle posait sa cuillère dans son assiette. Elle avait de jolies lèvres. Et lui des réflexions idiotes. Elle se leva de la table, suivie par un sourcil interrogateur du médecin. Allait-elle lui faire une scène ? Partir fâchée ? Non, elle souriait. Le sourcil redescendit, suivit de son alter ego, avant de faire passer une ombre sur le visage de l’irlandais. Qu’est ce qu’elle allait faire à Violette ?

Cachant ses inquiétudes dans une énième gorgée de café, le médecin suivit la Livreuse de Nouille des yeux tandis qu’elle parlait à la serveuse. Le contraste était plus que frappant entre la beauté superficielle et travaillée, montrant une expérience réelle, attirante, féminine en somme, de la blonde et celle toute brute et inconsciente, violente et sauvage de la brune. Un peu plus et l’on pouvait imaginer les deux femmes se montrer les dents au lieu de sourire. Il ferma les yeux et se massa les paupières. Il se sentait soudain très las et cette histoire ne l’amusait plus du tout. Pourquoi fallait-il toujours qu’on le prenne autant au sérieux ? Comme s’il avait envie de se caser…

Ses paupières ne se relevèrent qu’au retour de la jeune fille. Un coup d’œil sur le post-it lui apprit ce qu’il avait raté et son sourire se fit plus admiratif. Elle avait du cran la fillette, et un contrôle d’elle-même assez impressionnant. Beaucoup lui auraient lancé le café à la figure à sa place. Au lieu de ça, elle mangeait gaiem…

Le sourire joyeux de la jeune femme s’estompa soudain, comme un nuage devant le soleil. Elle tendit la main, attrapa le papier avant même qu’il ait eu le temps de comprendre ce qui se passait et le déchira en huit morceaux qu’elle fourra dans sa poche sous un prétexte bidon. Ses prunelles s’étaient assombries. Alors comme ça, Little Darling savait être jalouse. Intéressant.


« Tu as raison, Barbara c’est laid comme prénom. »

Ton mi figue, mi raisin, sourire assortit. Elle pouvait le prendre comme une moquerie, un reproche ou un compliment, cela lui était égal. Ou plutôt, il était très curieux de voir comment elle allait décider d’interpréter sa réponse. Ses signaux à elle étaient tellement embrouillés que le médecin devait se surveiller attentivement pour ne pas l’embrasser manu militari et mettre fin à cette mascarade grotesque. Il n’avait plus quatorze ans depuis bien trop longtemps.

« Je m’appelle Faolán. C’est irlandais comme toi, cela veut dire Le Loup. Et termine ta glace avant qu’elle ne fonde.»

Enfin le louveteau mais il avait grandit depuis et, franchement, louveteau faisait trop scout pour l’ancien enfant de cœur qu’il était. Quand à Samuel, il n’aimait pas ce prénom et le réservait à son frère bien aimé et à l’administration qu’il chérissait au moins autant. Et il fallait vraiment qu’il apprenne à parler d’autre chose que de médecine, de chasse ou de banalités. En même temps, d’habitudes c’étaient les filles qui faisaient toutes la conversation. Lui se taisait, écoutait, et glissait un compliment au besoin. Ça marchait très bien comme technique et il fallait qu’une enfant guerrière vienne le déstabiliser. Sale bête.

« Alors dit moi, Little Darling, c’est en livrant des nouilles que tu as apprit à tirer comme ça ? »

En tout cas ce n’était sûrement pas sa patronne qui lui avait fournit l’implant. Ces bijoux coutaient très cher et l’opération d’installation n’était pas à la portée du premier anatomiste venu (et si, anatomiste existe comme mot, il devrait en tout cas). On ne trouvait pas encore « Brain surgery for the Dumb » dans les librairies du coin. Il fallait donc qu’elle ait un lien avec la fédération… et que Wells arrête de recruter les gamines au berceau. Déjà avec la fille à papa c’était limite alors il ne fallait pas pousser. Et puis celle là était à lui, fin de la discussion. Il sourit, en échos à ses propres pensées.

« Ne crois pas que je douter encore de toi. Je suis juste curieux de savoir où l’on peut trouver un tel professeur, je ne tire pas très bien. »

Il ne rajouta pas que c’était parce que les armes à feu étaient des méthodes lâches et faibles (inutile de se mettre une amazone à dos surtout quand elle est déjà d’humeur changeante) et lui sourit, concentré et attentif. Au besoin, il ferait son rapport à la fédération et sa nuit n’aurait pas été complètement perdue. …


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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Mer 23 Sep - 21:55

Le post-it déchiré à peine dans sa poche, Aislinn soupira. Les choses étaient bien parties pourtant, à en croire le regard du médecin lorsqu’elle était revenue son sourire qu’elle avait trouvé admiratif, elle avait marqué un point en allant voir Violette – ou Barbara, peu importe – et en lui offrant ce qu’il voulait. Elle était parvenue à rester détachée, maîtrisant totalement sa nervosité. Mais la glace n’avait pas aidé à faire fondre la boule qu’elle avait dans la gorge. S’il avait le papier, il allait appeler la serveuse. Sortir avec elle, rire avec elle, coucher avec elle. N’allez surtout pas croire que la jeune chasseuse rêvait d’une nuit avec l’Irlandais, loin de là. Mais elle n’avait pas envie de les imaginer tous les deux, s’amusant de son comportement, des ses vêtements trop amples et de sa naïveté. Et s’il voulait s’amuser avec une fille, qu’il ne le fasse pas devant elle, simplement. Il allait faire quoi ensuite ? Lui dire de rentrer toute seule pour qu’il puisse flirter avec l’autre femme ?

C’était nul. Sa réaction était nulle. Non seulement elle allait passer pour une idiote, mais en plus l’anglais – Irlandais, mais ça ne changeait pas grand-chose – allait se faire des idées, penser qu’il lui plaisait et qu’elle voulait passer du temps avec lui. Ce qui était faux. Presque totalement inconcevable. Et puis il passait son temps à se moquer d’elle, à jouer de ses réactions toujours trop fortes, trop immédiates. Ses doigts jouèrent un moment avec les bouts de papiers dans sa poche, les mêlant aux balles d’argent et elle releva les yeux vers le doc’, le défiant d’oser se moquer. Ce qu’il ne fit pas. Pas ouvertement en tous cas. Pis, il lui donna raison.

Aislinn l’observa un moment, son regard planté de le sien puisqu’elle ne parvenait pas à se fier à son sourire. Qu’il soit d’accord avec elle, c’était normal. Mais au fond, il se moquait ou pas ? Sans doute. Sa réaction avait été excessive, bien pire que si elle l’avait simplement envoyé bouler, comme n’importe qui. Là, elle lui laissait croire qu’il avait gagné. C’était désagréable. Avec un nouveau soupir et une moue légère, elle reprit sa dégustation, bien moins méthodique qu’auparavant, mélangeant les parfums et les textures avec chaque nouvelle cuillérée. Elle était parvenue à ne pas trop rougir, et à rester calme. Ne pas fondre en larmes, ne pas le menacer de son glock, ne pas l’accuser, rien. Aucune réaction bien trop exagérée dont elle avait le secret, avec sa fichue sensibilité à la noix.

Finalement, elle trouva le moyen de changer de sujet. Oublier Barbara et son charme énervant, et l’incident du numéro. Traçant des ronds dans la glace fondue, découvrant ainsi la porcelaine de l’assiette, elle le regarda à peine, histoire de ne pas compliquer les choses. Le loup, c’était joli. Et Faolàn encore plus. Le nom, pas l’homme. L’irlandais était chantant, agréable. Moins agressif et direct que le français. Sur son ordre, elle cessa de jouer avec sa cuillère pour le faire tourner autour d’une boule de glace, l’empêchant de se répandre sur l’assiette, cherchant dans sa chantilly l’idée d’une nouvelle discussion. Chasse, chasse, ou nouilles. Les seules choses vraiment intéressantes dont elle pourrait parler, elle devait les garder secrètes, pour plus de facilité ou par sécurité. Alors comment pouvait-elle lui montrer qu’elle n’était pas juste une adolescente sans intérêt ?

La voix du loup interrompit ses réflexions et elle passa la langue sur ses lèvres pour en ôter le sucre. Le tir, c’était la chasse. Pas vraiment le genre de discussion qu’auraient deux personnes normales, donc. Pas le genre de choses dont il aurait parlé à Barbara. Mais soit. Son apprentissage était toute sa vie, son adolescence, et le sujet qu’elle maîtrisait le mieux. Le tir c’était Richard, son glock, son implant, et tout ce qui avait découlé d’un entrainement excessif : séjour en Angleterre et autres réjouissances diverses. Il la rassura sur son intérêt qui ne résultait d’aucune méfiance et elle haussa les épaules.


« C’est pas vraiment compliqué, c’est mon père qui m’a appris. Et puis j’ai des années d’expériences, j’ai commencé à apprendre jeune. Les gens trouvent ça idiot. »

Elle sourit et finit sa gaufre, s’accordant un peu de temps pour mettre ses pensées en ordre.

« Papa disait qu’il valait mieux que je sois vivante mais habituée aux armes que morte. Donc imaginez, j’ai eu mon premier glock à sept ans, j’ai commencé à vraiment m’entraîner à neuf, quand j’ai commencé le tir à l’arc, deuxième glock à treize ans, j’ai chassé a quinze et eu mon implant a dix-sept. J’ai eu du temps. »

Elle sourit et lui tendit une cuillère de glace.

« Goûtez, c’est vraiment bon. C’est la plus légère en plus. »

Elle le laissa apprécier la douceur du lait d’amandes sans un mot, et reporta presque aussitôt la cuillère a sa bouche, par réflexe, sans s’inquiéter de ce que le médecin où la serveuse pourraient penser. Ça n’était qu’un bête couvert, et il n’y avait rien d’anormal dans cet échange. Pas pour elle en tout cas.

« Si vous voulez pour le tir, je pourrai vous montrer. C’est pas si compliqué et c’est utile. Suffit d’avoir un bon professeur. Et puis de toute façon vous êtes doué au corps à corps, alors que j’ai plus de mal. Chacun son truc. »

Elle hésita un instant, finit sa glace et repoussa un peu son assiette, pour l’observer en silence. A essayer de ne pas trop en dire, de ne pas se lancer sur un long monologue sur son cher paternel et sa vie de combattante, elle peinait à décrocher quelques mots, parvenant difficilement à faire le tri.

« J’suppose que vous allez me demander comment j’ai eu l’implant alors que je ne suis pas a la fédération ? Mon père y était. Avant sa mort. Du coup j’ai pu en avoir un assez facilement, comme je me battais depuis un moment, j’étais un peu sa novice, ça a simplifié les choses. Il pensait que le parasite serait vraiment bien pour moi. Mais c’est nul. Même si ça aide, parce que je suis mieux équipée face aux vampires, ça déraille dès que je fatigue trop. Ça le fait à tout le monde mais bon, comme j’ai jamais eu personne pour m’expliquer ça n’aide pas. »

Son regard se posa sur son assiette et elle se tut un moment, songeuse. Elle n’avait pas envie de rentrer. Mais plus de glace, plus de café, ils n’allaient pas rester là indéfiniment. Il fallait qu’il reprenne un café. Ou qu’ils aient quelque chose à faire une fois sortis. Une idée. Un divertissement à partager avec quelqu’un d’autre. Comme si elle s’y connaissait elle, en sorties et autres futilités. Elle pourrait aussi l’emmener au H, il n’y avait pas de chasse de prévue ce soir, et le bar serait probablement calme. Et elle y était à l’aise. Et ça n’était pas fait pour ça. Fichue vie sociale.

« Vous voulez un autre café ? Ou qu’on aille ailleurs ? »

Ne pas proposer de rentrer pour éviter que ce soit cette solution qu’il choisisse. C’était idiot cette manie qu’elle avait de vouloir rester avec les gens, toujours.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Ven 2 Oct - 1:20

Une pointe de chair rose passa soudain entre les lèvres de la jeune femme, les faisant briller et arrachant du même coup le médecin à ses idées enquêtrices. Il suivit pensivement du regard la course de la langue puis les reflets de lumière sur le visage de la jeune femme. Il resta là, quelque part entre trop présent et à des lieux d’ici, jusqu’à ce qu’elle prenne la parole.

Réprimant un soupir, il se recala correctement sur la banquette, poussa distraitement sa tasse maintenant vide sur un coin de la table, posa ses coudes sur la table et joignit les mains. Pas qu’il soit particulièrement concentré mais cela l’aidait à garder le cap. Ses pensées ou ses absences l’ennuyaient. Il voulait retrouver le contrôle de lui-même. Chose qu’il réussit à peu près à faire en l’entendant parler de son père.

Il ne savait pas trop quoi penser de ce genre d’éducation. D’un certain côté, il en comprenait la logique, Richard n’avait pas agit autrement envers sa propre « princesse ». Mais de l’autre…c’était pousser le vice un peu trop loin. Un enfant devait pouvoir rire, jouer, apprendre le monde avant de découvrir la vie. On ne pouvait pas l’obliger à devenir adulte avant l’âge. Le destin des enfants soldats n’était jamais que sinistre. Comme si Dieu les avait dès le début voué à l’enfer sur terre et à un paradis précoce et semé de morts.

Aislinn avait l’air d’attendre une réponse quelconque, chose qu’il n’avait pas envie de donner. On sentait l’amour dans le « Papa », mot étrange à entendre de la bouche de quelqu’un qui disait ne pas avoir de parents, et il ne voulait pas être celui qui critiquerait le vénéré paternel. Quand aux questions que ses réponses soulevaient, elles ne le regardaient pas et ne l’intriguait même pas assez. Le lait glacé était sucré, un peu amer, non, âpre Il frottait sur la langue. Ce n’était pas mauvais. Quand on aimait le sucre.


« J’ai eu un bon professeur. Le meilleur. Je suis simplement plus à l’aise au couteau mais si tu veux, pourquoi pas. On ne s’entraîne jamais trop. Je te proposerais bien de t’enseigner quelques passes au corps à corps mais je pense qu’il vaut mieux que tu trouves ta propre technique. De ce que j’ai vu, nous sommes trop différents pour bien nous accorder. »

Avec un sourire, il soutint son regard, neutre et bienveillant comme on le lui avait apprit à l’école de médecine. Il refusait de se laisser encore aller à la taquiner ou, pis encore, à se laisser emporter dans des rêveries sans couleur et sans but. La surprise le fit à nouveau lever un sourcil. Si son père était de la fédération, alors ils se connaissaient peut-être. Et s’il était mort, cela expliquait sa réaction de la dernière fois. Il n’était jamais facile de perdre un proche. Cela dit, tellement de gens mourraient ces derniers temps qu’il aurait été bien en peine de deviner de qui il pouvait s’agir.

« Je pense que c’est une chance de pouvoir enfin se battre à armes égales. Mon premier mentor est un peu comme toi, il n’aimait pas devoir ses succès à de la mécanique mais je pense que lorsque l’on est en guerre, seule la victoire compte. Et, au vu des avantages qu’il nous donne, je trouve les inconvénients vraiment minimes. Enfin, je comprends que ce soit agaçant parfois, surtout si personne ne s’est donné la peine de t’expliquer comment cela fonctionne. N’hésite pas si tu as une question le concernant, j’ai fais quelques études pour pouvoir soigner les blessés en connaissance de cause. »

Les yeux bleus de la gamine le lâchèrent soudain, comme si ses paroles la plongeaient dans une réflexion profonde. Ce n’étaient pourtant que des propos neutres, sensés, que tout être doué d’un minimum d’intelligence devaient se faire un jour ou l’autre. Pas de quoi en fixer une assiette. Surtout qu’il n’aimait pas vraiment parler de chasse, d’implant ou autre en public. Il s’était laissé emporter là parce qu’ils étaient seuls dans la salle, Vio/Barba se reposant probablement en cuisine mais il tenait à sa couverture. Son apparente neutralité. Rester le médecin pour lequel on le prenait. Un peu mieux tout de même. Il se leva.

« Non, merci, trop de caféine le soir est mauvais pour le sommeil. Je vais te raccompagner je pense. Essaie de te reposer un peu pour une fois, je gage que tu ne le fais pas souvent. Et pense à manger des fibres de temps en temps au lieu du sucre. »

Comme d’habitude, il virait médecin/paternaliste dès qu’il ne savait plus quoi dire mais peu importait. Il prit sa sacoche, ignorant un peu la livreuse de nouille et se rendit à la rencontre de la serveuse. Avec un sourire, il lui débita deux trois platitudes, paya (assortit d’un bon pourboire et d’un clin d’œil complice) et retourna près de sa cavalière du soir.

« Prête ? »

Il se sentait soudain très impatient d’aller se coucher.


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Aislinn A. Aberlin
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MessageSujet: Re: Vrais cons pensent[Clos]   Mar 6 Oct - 0:01

La nouvelle discussion était une bonne idée. Bien sûr, ça l'obligeait à parler d'elle, alors qu'elle ne savait rien de lui et qu'elle était convaincue que sa vie un peu bizarre ne l'intéressait pas plus que ça, mais l'air était moins pesant. Elle était moins détendue, et visiblement lui aussi, vu comme il s'était redressé, troublé, pour se concentrer ensuite sur ses mots. Quelle que soit la chose à laquelle il pensait, s'il était de meilleure humeur, il cesserait sans doute de se moquer d'elle, ce qui n'était pas une mauvaise chose. Elle le prévint d'éviter toute critique sur Richard et observa son expression alors qu'il goûtait la glace, réprimant un rire. Il ne dit rien et ne réagit pas, et cette absence totale d'expression quant au goût de la sucrerie montrait bien qu'il n'avait accepté que pour lui faire plaisir, mais que le lait d'amande n'était pas sa tasse de thé. Possible même qu'il ait trouvé la douceur trop sucrée (tout le monde n'avait pas sa tolérance au sucre).

Toujours sur sa lancée, la chasseuse reprit la parole, jusqu'à ne plus trouver grand chose à dire sur la chasse et son apprentissage, le laissant commenter ou trouver un autre sujet. La surprenant, il accepta sa proposition. Le Docteur Riagal, moqueur et très (très) vaguement prétentieux reconnaissait qu'elle avait des choses à lui apprendre et, du même coup, qu'elle était plus douée que lui. Aislinn était ravie, il n'y aurait pas pu avoir meilleur sujet. Elle allait pouvoir lui montrer de quoi elle était capable, réellement, et ce dans une discipline dans laquelle elle excellait. Elle allait pouvoir lui montrer que son professeur, quelles que soient ses capacités, n'avait rien à voir avec elle. Et encore, il n'avait jamais connu son père...

Un sourire toujours sur les lèvres, elle laissa ses yeux fixer les siens, sans ciller, sans rougir. Le calme nouveau du médecin et sa sincérité apparente la mettaient à l'aise, et plus elle était confiante, plus elle parvenait à s'amuser de la situation et de la promesse (si si) qui venait d'être faite. Elle allait pouvoir lui montrer qu'elle n'était pas une enfant, qu'elle n'avait rien de fragile. C'était excellent.


« Je veux bien quand même pour le corps à corps. Même si je ne m'en sers pas, j'aurais des idées. Le truc, c'est que j'ai du mal a m'entrainer sur un humain, et les mannequins de paille ne font plus le poids depuis longtemps... Donc contre vous... »

Elle réalisa soudain ce que sa phrase venait de soulever et ce que pouvait signifier le corps à corps et rougit doucement, songeant que les hommes étaient nuls, certaine qu'il avait compris dans ces mots les sous-entendus qui s'imposaient à elle maintenant. Un « bref. » plus tard, elle reprenait ses idées et le monopole de la conversation, lui offrant du même coup une occasion de rejouer au médecin en faisant d'elle sa patiente, pour ne pas changer. Pourquoi fallait-il que ce type ramène tout à la médecine ? Il l'avait forcée à se faire ausculter après leur combat (ce qui, au vu de l'état de sa cuisse n'avait peut être pas été une si mauvaise chose), l'avait fait revenir pour un check up, avec au programme prise de sang, vaccins et carnet de santé, et maintenant, c'était tout juste s'il ne lui proposait pas quelques rendez-vous d'avance pour examiner son implant et ses effets, et lui faire une conférence sur le parasite technologique. Comme quand il avait parlé de l'hôpital, un peu plus tôt, il ne tarissait pas d'éloge et d'enthousiasme, et Ace capitula avant même que le combat commence.

« Si ça vous amuse. Je suppose que j'y passerai à un moment ou à un autre et qu'il faut vérifier que tout va bien, une fois de temps en temps. »

Elle sourit, heureuse, mature. En apparence du moins. Parce que dans son crâne où s'entrechoquaient un million d'émotions diverses, résultat d'une éducation sentimentale pas franchement à la hauteur de son maniement des armes, elle n'avait rien de la jeune adulte qu'elle tentait de paraître, même si elle se sentit fière du peu de tremblements qu'elle nota dans sa voix en lui proposant de prolonger la soirée. Elle était crevée.

Pour toute réponse, du moins dans un premier temps, Faolàn se contenta de se lever, apparemment très calme, éveillant la curiosité de la jeune fille. La neutralité soudaine n'était jamais un bon présage, et une simple moue accueillit son refus, avant de la laisser sourire. Un peu de médical, de la galanterie, de l'inquiétude (médicale) et, encore une fois, un conseil de médecin. Comme un juke-box qui ressortirait la même musique à chaque fois qu'on lui offre une pièce. La laissant sur place, tout à coup totalement désintéressé d'elle pour aller... voir Violette. Bien sûr. D'accord, il devait payer. Mais était-il vraiment obligé de le faire avec un grand sourire et un clin d'œil ? Nouveau soupir et la gamine leva les yeux au ciel, se releva et s'étira, découvrant ses armes devant une Violette un peu troublée, avant de tirer sur les mailles du bas avec un sourire innocent et à la fois amusé. Elle était idiote, et elle tentait d'intimider une serveuse sans intérêt. Damn, grandir faisait mal.

Faolàn revint vers elle, lui demandant s'ils pouvaient partir, et elle hocha la tête, sans se départir de sa bonne humeur. Elle le suivit jusqu'à la voiture et hésita.


« Je crois que je vais rentrer à pieds et en profiter pour chasser un peu, j'ai envie de bouger. Merci pour la glace. »

Elle jeta un coup d'œil autour d'eux pour repérer son chemin, frissonnant dans l'air hivernal, passa un bras autour des épaules du médecin et plaqua ses lèvres sur sa joue, tant pour le remercier que pour lui souhaiter une bonne nuit. Il faisait bon, elle avait envie de s'amuser un peu, et elle était sûre que son glock allait geler, si elle ne s'en servait pas vite.

« Vous n'aurez qu'à me dire quand vous avez une après-midi de libre la prochaine fois que je livre, pour le tir. Bonne nuit. »

Un nouveau sourire et elle vérifia rapidement que tout était en règle avec ses armes, vérifiant d'abord celui qu'elle préférait, puis l'autre, fit quelques pas en arrière et tourna les talons, prête à chasser.
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Vrais cons pensent[Clos]

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