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 Perfection } Fitzroy Fostern Holmes

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Fitzroy F. Holmes
† Vampire †

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Date d'inscription : 08/04/2009
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MessageSujet: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:32


Fitzroy Fostern Holmes

Don't Ignore Me




I need no introduction

The Lord of Extravaganza is here.


Nom(s) : Fostern Holmes, sans trait d’union, je vous prie. Et il serait grotesque de votre part d’en ajouter un alors que les dernières générations de Fostern Holmes n’en ont jamais mis. Je me fais bien comprendre, camarades ?
Prénom(s) : Fitzroy – mais si vous y tenez, je vais ici vous faire la liste de tous mes prénoms, donnés par mes parents dont l’exagération était connue de tous. Mes prénoms se comptent au nombre de cinq : Fitzroy Elias Lloyd Bryan Zhane. Mais contentez-vous d’utiliser le premier, encore que si vous ne faites pas parti de mon entourage, ne l’utilisez tout simplement pas.
Surnom(s) : Je n’en possède pas particulièrement. On m’appelle Sir Fostern, Lord Fostern ou alors Earl Fostern. Quelques proches ont déjà eu l’audace de m’appeler « Fitz’ ».
Pseudo(s) : Je dois avouer qu’on ne m’a jamais réellement connu que sous le nom de Lord Fostern, quoiqu’à une époque où le monde n’était pas comme on le connaît, j’étais Lord Extravaganza, l’incarnation de l’extravagance. Je dois avouer que j’avais un style plutôt incongru.
Âge & Date de naissance : 412 ans, je suis né en 1742, un 16 mars au matin.
Groupe Sanguin : À l’époque où je suis né, nous n’avions pas l’équipement nécessaire pour connaître ce genre de chose. Mais vous savez, pour ce qui est du sang humain, je ne suis pas difficile. Tant que le sang est frais et jeune, peu importe son groupe, il me plaira.
État Civil : Je ne suis pas de ceux qui s’attachent. Mais gare à vous damoiselles et damoiseaux, mes lèvres pourraient trouver refuge sur les vôtres un moment avant de voir votre chair tendre déchirée par mes crocs.
Groupe : Vampire, une créature de la nuit, et j’en suis ravi. Et mes chers, je suis un vampire de la haute-société; les gens se prosternent devant notre grandeur.
Esclave(s) : J’ai eu plusieurs de ces délicates créatures dans les dernières décennies, mais je n’en ai plus présentement. Ils sont morts. C’est que c’est fragile, un humain. Par contre, j’adore en acquérir de nouveau, les plus beaux sont toujours les miens. Je les choisis avec beaucoup de précaution et je les traite du mieux que je peux jusqu’à ce qu’ils terminent leurs jours dans mes bras. D’ailleurs, j’aime que mes esclaves soient sincères avec moi, qu’ils expriment leurs craintes et leurs peines, leurs joies et tout le reste. C’est la raison pour laquelle j’encourage les humains à tisser des liens entre eux, puisque même s’ils n’ont pas tout à fait confiance en moi, je sais qu’ils pourront se confier aux autres.


With all my black little heart

Splendor and darkness in the same body.


Caractère : Dans notre société à l’ambiance plutôt sombre, on me reconnaît pour mon exubérance et mon étrange joie de vivre. Joie d’exister plutôt, puisque la vie est bien loin derrière moi aujourd’hui. Les jours ne me semblent pas longs, mon éternité n’est pas fade, en résumé, être ce que je suis me plaît énormément. Je n’ai jamais éprouvé d’amertume face à cette nouvelle vie qui s’est offerte à moi, c’est un cadeau que je n’ai jamais voulu rendre. Face aux humains, je me montre généralement assez sympathique, je n’ai jamais été un monstre : il y a bien des humains qui aiment les animaux et mangent pourtant de la viande, il s’agit de la même chose pour moi. Si je ne me nourrissais pas, je mourais. La famine, très peu pour moi. Je disais donc que je suis quelqu’un de plutôt sympathique face aux humains, mais aussi face à mes semblables. À vrai dire, je suis celui qui cache le sarcasme dans ses formules polies et il n’y a que quelques sujets que je prends extrêmement au sérieux : le respect –encore qu’il m’arrive de me moquer des gens derrière mon masque de bienséance, l’esclavage –comprenez-moi bien, je ne défends pas les humains mais il y a une façon de les traiter tout de même, et enfin les membres du Conseil –ce sont les seuls qu’il serait inacceptable de ridiculiser et jamais je ne m’aviserais de faire une telle chose, même loin de leurs regards. C’est après tout grâce à eux que notre société est aussi bien organisée parmi les humains.

Autrement, on parle de moi comme un être particulièrement logique, stratégique. Bien que je sois loin d’avoir le gêne militaire, j’analyse les situations critiques avec précision et j’arrive à prévoir ce qui fonctionnera ou pas. Mais vous savez, je préfère laisser ce genre de choses à la petite main, j’ai des choses plus importantes à faire de mon côté. Entre observer le genre humain et jouer aux échecs, je trouve toujours de quoi m’occuper pour faire passer les jours et les nuits. Heureusement que le sommeil nous est accordé, bien qu’on se sente parfois seul dans notre cercueil garni de satin. On me connaît comme un vampire loin d’être solitaire, je ne supporte pas d’être mis de côté, ignoré. Je suis quelqu’un de sociable, qui a besoin de compagnie; j’aime discuter, socialiser, la solitude m’insupporte. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’aime avoir ceux que l’on appelle esclaves, puisqu’ils me permettent d’avoir de la compagnie en tout temps, compagnie qui n’a aucune obligation sauf les miennes. Malgré mon côté extraverti, je garde le mystère propre à notre race et certaines zones d’ombre sont encore inaccessibles aux autres. Je ne suis pas du genre à raconter ma vie au premier venu. On a aussi dit de moi que j’étais persuasif et que par mon charisme et mes paroles éloquentes, je pouvais convaincre quelqu’un sans user du pouvoir de la manipulation. Cette idée me plaît énormément; j’aime me dire que mon élégance et ma prestance suffisent à attirer les gens à moi. Par contre, j’ai souvent entendu qu’on me considère comme quelqu’un de prétentieux et capricieux. Quelles bêtises.


Apparence : Il y a longtemps que je n’ai pas vu mon reflet, d’ailleurs je ne le reverrai jamais. J’avoue que cela m’attriste un peu, j’aimais m’observer dans la glace –ça ne fait de mal à personne de s’apprécier soi-même. Mon reflet est l’une des choses de la vie humaine qui me manque en vérité : j’adorais passer des heures devant le miroir. Heureusement, ma mémoire est de celles qui n’oublient pas et je garde un souvenir bien clair de moi-même. J’ai hérité de mon père pour ce qui est de ma taille, les Fostern Holmes ont toujours été particulièrement grands et je fais honneur à ma lignée du haut de mon mètre quatre-vingt-sept. Mon poids est proportionnel à ma taille, cependant j’ai toujours eu une musculature plutôt fine. Heureusement, je palie ce manque par ma force et ma résistance vampirique; ce serait ridicule qu’un être comme moi se casse quelque chose en pleine chasse. J’imagine déjà ce que ce serait si nous, vampires, étions aussi fragiles que les humains. Une catastrophe.

Je ne vous apprendrais pas grand-chose en vous disant que les gens de notre espèce sont similaires entre eux. Généralement, notre teint est pâle et nos crocs acérés nous trahissent. Heureusement, je peux sans le moindre doute affirmer que je n’ai rien à envier à personne puisque je suis parfait. Oui, oui, parfait. Il suffit de voir mes yeux noirs comme la nuit scintiller dans l’obscurité pour se sentir à la fois effrayé et attiré. Demandez aux humains qui ont survécus à une rencontre avec moi : je suis séduisant. Mon visage immuable a bien entendu gardé sa jeunesse d’antan et même après 412 ans d’existence, je n’ai pas une ride pour venir gâcher mon expression. Mon regard possède toujours le même éclat, cette lueur sombre qui semble dire « Votre souffrance sera mon plaisir ». À l’époque où j’étais encore humain, mes parents me répétaient régulièrement que j’avais besoin d’une coupe. «Attache tes cheveux », me répétaient ma mère alors que j’approchais de mes vingt ans. « Les femmes aiment les hommes bien coiffés, tu as l’air d’un sauvage. », elle ne se lassait jamais de me faire la morale. Mais je n’ai jamais cédé : j’aime mes cheveux.

Je dirais donc qu’en apparence générale, je suis un homme –un vampire- imposant, qui attire le regard. Je m’assure d’ailleurs de sortir du lot avec des habits coûteux dans les tissus les plus beaux, et je ne lésine pas sur les couleurs puisque je préfère porter le rouge, le pourpre, le orangé et le vert, garnis de doré mais rarement d’argent –parce que l’argenté est une couleur froide et qu’il y a déjà assez de notre température corporelle pour refroidir le monde. À vrai dire, je prends énormément soin de mon image et j’aime apparaître comme quelqu’un de chaleureux, et pas comme un vieux vampire aigri vêtu de noir de la tête aux pieds. Bon, je n’irais pas jusqu’à porter des couleurs pastels et du rose, mais jamais entièrement de noir. Quoique j’aime bien de temps en temps un costume bien propre aux rayures grises.

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« Since I don't see myself anymore,
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Fitzroy F. Holmes
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MessageSujet: Re: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:39

Maladie(s) : Aucune, rappelez-vous qu’en mon état d’immortel, je suis immunisé contre la maladie et la mort, dans une certaine mesure.
Lieu d’habitation : Un grand manoir plutôt clair pour une habitation de vampire, avec des tentures et des voiles à gauche et à droite, ainsi qu’une quantité industrielle de lampes et bougies en tout genre. J’ai aussi une bonne douzaine de tableaux de moi-même et encore d’autres en compagnie de connaissances, d’amis, de proches et de quelques-uns de mes esclaves favoris. Du luxe à perte de vue et une bibliothèque, majestueuse, la seule pièce qui soit réellement sombre puisque les fenêtres y ont été condamnées et qu’il n’y a qu’une lampe de chevet, que j’allume parfois. Les esclaves ont aussi quelques chambres qui leur sont attribuées, avec des fenêtres en état de marche. Je ne m’approche jamais de leur quartier en plein jour, ce serait du suicide.
Arme(s) : Un vampire possède bien évidemment des armes naturelles et je dois avouer qu’il s’agit en général de ma seule technique de combat. J’ai par contre en réserve quelques pièces de collection militaire des années 1800. Je trouve d’ailleurs que je porte bien le pistolet à percussion.
Métamorphose : Bien qu’on s’attende de ma part à un animal imposant comme le loup, je me métamorphose en corbeau. Un corbeau aux plumes bleutées, assez banal je dois dire, mais je continue de me démarquer des autres vulgaires corbeaux. À vrai dire, il suffit de croiser mon regard pour voir que je suis bien plus qu’un oiseau. Par contre, sous ma forme animale, j’adore être particulièrement bruyant et croasser jusqu’à exaspérer tout citoyen aux alentours.
Autre(s) : Il y a bien d’autres choses à dire sur mon compte. Tout d’abord, je ne suis pas l’un des vampires les plus appréciés au sein de la société. À vrai dire, certains dont je tairai les noms me méprisent pour ma constante insouciance et la façon dont je me conduis. J’avoue que je suis parfois exigeant et que je déteste me conformer aux normes, mais il n’y a pas de quoi en faire un drame. D’autres me trouvent trop sentimental envers les humains, et surtout les miens que je traite comme des figurines de collection. J’aime qu’ils soient bien vêtus, bien coiffés, tout simplement impeccables. Je veux qu’ils puissent s’exprimer, qu’ils aient un sommeil convenable et des repas copieux. Un esclave faible ou malade ne me servirait à rien, je ne veux pas d’un humain qui ne peut pas quitter son lit quand je le demande. Certains individus trouvent mon affection pour mes esclaves particulièrement ridicule, mais pour tout vous dire, je n’en ai rien à faire. J’aime mes humains presqu’autant que je m’aime. Autrement, je suis un collectionneur et un grand amateur d’art et d’histoire. Ma demeure a été décorée avec des pièces uniques à travers les âges et on peut régulièrement me rencontrer au Louvre, où j’adore passer du temps. Si je n’y suis pas, je suis chez moi, à l’opéra ou encore dans l’un des nombreux endroits publics à me chercher un passe-temps. Et si vous avez fouillez tous les lieux disponibles et que je reste introuvable, je marchande probablement de nouveaux trésors du côté des ruines, où on trouve à la fois les plus beaux esclaves et les plus rares pièces sur le marché…


Behind the dark mask

Because yes, there’s a human behind that awesome vampire.


Célébrité sur l’avatar : Ben Barnes
Prénom &&/ou vos pseudos : Marie-Anne, habituellement appelée Marie, mais sur le Net c’est en général Darkdolie ou Cuddly Maiden (ou autre d’ailleurs parce que j’adore me trouver de nouveaux pseudos xD)
Âge : 17 ans
Lieu de vie : Dans un coin du Québec
Niveau de RP : J’crois que j’ai un bon niveau, enfin, suffit de demander à mes partenaires de RP –la plupart sont ici xD
Comment avez-vous connu le forum ? Par les admins & fondatrices
Avez-vous lu le règlement ? Lord Fostern n'a besoin d'aucun règlement ! *BAFF*
Sanctus Spiritus.

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MessageSujet: Re: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:41

A vampire’s life was a life of discretion, until today

Born March 16th 1742, dead November 23nd 1768, reborn November 24nd 1768.


Origine(s) & Nationalité : Je suis né à Manchester, de parents britanniques, et y ait vécu jusqu’à notre déménagement in extremis en France. Il n’y a pas grand-chose à dire à ce sujet : je suis anglais, fier de l’être.
Famille & Entourage : Ma famille au niveau biologique est décédée il y a de ça plusieurs centaines d’années et la famille que j’avais fondé à succomber aux humains. Mon entourage actuel se résume aux esclaves qui peuplent ma demeure et le jeune Siriel qui me tient régulièrement compagnie lorsqu’il ne se terre pas au boulot, dans cette bibliothèque.
Biographie : Pour tout vous dire, le récit des premières décennies de mon existence est assez assommant pour endormir le plus tenace des petits monstres, mais comme nous devons y passer, je ferai court. Je naquis en mars de l’année 1742 et mon enfance fut celle de tous les petits fils de bourgeois. À peu de choses près. J’étais plus souvent fourré dans la boue avec les garçons de ferme que derrière un bureau de classe. Je recevais alors moult coups de ceinture de la part de celui qui s’improvisait mon père, Oncle Linford. Mon père avait succombé à une pneumonie durant l’hiver précédant ma naissance et son frère, son si aimablement détestable frère, avait décidé d’aider ma mère avec l’éducation de sa marmaille. Je me retrouvais donc, comme dans toutes les bonnes histoires, avec une mère aimante et un faux père horripilant. Je n’étais pas le seul à subir les foudres de cet oncle exécrable, puisque croyez-le ou non, la perfection que je suis avait à l’époque trois sœurs aînées aussi jolies les unes que les autres. Cependant, alors qu’on me grondait comme un criminel, elles n’avaient qu’à supporter quelques réprimandes et à peine une mornifle sur leurs longs doigts trop parfaits. J’avais en horreur ces filles qui prétendaient descendre des mêmes géniteurs que les miens, parce qu’elles avaient tout et que je n’avais rien. J’étais Cendrillon en culotte courte, sans les corvées, le prince en moins. À l’époque où je découvrais la vie, j’évitais soigneusement la gente féminine parce qu’à coup sûr toutes les filles étaient comme mes sœurs et ce qui se trouvait sous les jupes de mes aînées ne m’intéressait pas le moins du monde. Mon opinion ne changea que quelques années plus tard, quand les regards changèrent et que la société se montra plus stricte à mon égard. Je disais donc que mon enfance fut des plus normales et que j’avais une famille détestable. Des années plus tard, j’entrai enfin dans l’adolescence, mais les années 1750 m’octroyaient le statut d’homme. À l’âge de seize ans, je tombais amoureux pour la première d’une femme. Elle avait quinze ans, portait des vêtements que l’on pouvait à peine appeler robe et je la voyais tous les jours, à nourrir les chèvres appartenant à son père. J’avais déjà eu la chance de connaître son frère aîné et la perspective de prendre la demoiselle me semblait intéressante. Je me fis rapidement impatient.

J’approchais les vingt ans lorsque ma mère entama ce que j’appelais « l’opération marieuse ». Elle invitait régulièrement toutes ses amies et leurs filles. Des adolescentes qui n’avaient rien de particulier, de jeunes nymphes aux lèvres gourmandes qui salivaient devant l’opportunité d’avoir un époux comme moi –rappelons-le, je suis parfait. Devant mon désintéressement le plus total, ma très chère mère tenta de me montrer les atouts de toutes ces demoiselles, mais elles n’étaient que chair pâle et cheveux filasses à mes yeux. L’oncle que j’avais le devoir d’appeler père décida alors de prendre les choses en main et me présenta la fille de l’un de ses collaborateurs. Elle était belle : un teint légèrement basané, des yeux verts absolument magnifiques, des lèvres couleur framboise, des boucles longues et denses aux reflets de feu. Alors qu’on nous laissait faire connaissance, je m’adressais à elle comme toutes les autres, certain qu’elle accepterait de poser ses lèvres sur les miennes à la manière des précédentes. Mais lorsque je m’approchais d’elle, son corps se tendit, sa mâchoire se crispa et sa main rencontra ma joue dans un claquement sonore. En un seul geste, brusque certes, la belle me fit comprendre qu’elle ne voulait pas de moi. Je ne pensais plus alors qu’à une seule chose : la posséder. Entre nous coulait une sorte de compétition féroce, une chasse qui n’aurait de fin que lorsqu’elle serait mariée à moi ou qu’elle aurait fui le pays. Les semaines passaient et lorsqu’elle venait à la maison, je la dévorais des yeux et lui glissais des commentaires qui auraient fait rougir n’importe quelle fillette présentée par ma mère. Mais ma belle muse rousse n’était pas une chatte timide, elle était une farouche tigresse qui montrait les dents lorsque je m’avançais trop. Parfois, je réussissais à l’exaspérer assez pour effleurer sa joue de mes lèvres; elle grognait et me repoussait comme si j’étais un insecte. Je riais, elle souriait, je tentais une nouvelle approche et elle me poussait, amusée. « Dégage, sale obsédé. » J’avais entendu cette phrase si souvent de sa bouche que je ne me sentais plus vexé par de tels propos. Elle n’avait pas le langage de toutes les jeunes filles, elle était directe, toujours. Et j’étais effectivement obsédé, obsédé par ses yeux comme le printemps, ses lèvres charnues qui embrassaient l’air lorsqu’elle faisait la moue et bien entendu, je ne pouvais le nier, par sa poitrine prisonnière d’un corset que je rêvais d’arracher. Lentement, l’amour et le désir que j’avais pour elle se transformèrent en affection et amitié. J’avais toujours envie de la conduire dans ma chambre, mais nous pouvions passer du temps ensemble sans nous battre pour un baiser. Je continuais d’espérer notre mariage, juste pour être certain qu’elle soit avec quelqu’un de bien et pas un salaud qui profiterait d’elle, ma princesse de l’automne. Je voulais qu’elle devienne mon épouse pour la protéger. Au fil de nos conversations, je réussis à lui soutirer une information capitale : elle était amoureuse. Elle me parlait de lui comme d’un ange et je m’étonnais de voir ma furie si heureuse. Son regard se perdait chaque fois dans un horizon meilleur que la vie qu’elle menait et je ne pouvais rien faire pour l’aider.

Je réfléchissais constamment à une manière d’aider mon amie la plus chère à retrouver son âme sœur. Nous sortions parfois faire un tour en ville, et lorsque personne ne nous portait attention, je conduisais la belle auprès de son prince. Il n’avait rien d’un noble, travaillait dans une ferme et ses braies étaient constamment boueuses. Mais elle l’aimait et c’était tout ce qui comptait. Ils voulaient se marier, avoir des enfants; ils étaient impatients de partager la même couche et elle répétait sans cesse qu’il était désormais maître de son cœur et de sa vertu. Je trouvais leur amour poétique, je voulais vivre une histoire de conte de fées aussi. Cependant, je n’ai jamais eu une bonne relation avec les histoires de mariage et d’amour, je préfère –et préférait déjà à l’époque- chevaucher tous les chevaux de la course au lieu d’un seul. Je commençais donc à sortir dans les réceptions de riches, dans les tavernes crasseuses et dans les soirées festives de paysans. Nobles, bourgeois, paysans, prostitués, valets, fermiers, servants; je les voulais tous sans exception. C’est dans un banquet organisé par un duc que quelqu’un attira mon regard plus encore que tous les précédents. Il s’agissait d’un homme, qui avait à la fois l’air d’être un adolescent et un homme sage. Tout son être semblait sortir d’une peinture célèbre et son élégance était inégalable. J’étais venu avec mon père qui m’ordonna de socialiser puisqu’à mon âge, j’aurais dû être marié depuis déjà un moment. J’acceptais de rencontrer tous ces gens, et spécialement mon bel apollon qui se nommait Ludowick Oleander. Il avait une voix envoûtante et un regard profond dont je ne pouvais me détacher. Il m’offrit quelques verres de vin, le meilleur vin que j’ai goûté dans ma vie, et nous échangeâmes sur des sujets quelconques jusqu’à ce que l’alcool m’empêche de penser correctement. Mon compagnon me proposa alors d’aller me rafraîchir à l’extérieur afin de retrouver mes esprits et j’acceptais sans vraiment réfléchir. L’air froid de la nuit me permit de mieux me tenir, mais j’avais la tête lourde, j’étais épuisé.

«
Cher ami, vous me paraissez bien pâle, vous sentez-vous bien ? »

Je répondis avec une confiance en moi indestructible, comme toujours, que tout allait on ne peut mieux. Il parût sceptique et afficha un sourire moqueur alors que nous reprenions notre balade. Le ciel était clair, la lune scintillait comme un œil bienveillant au beau milieu du ciel noir. Un pas après l’autre, nous nous éloignions de la demeure de notre hôte. Les bruits de la fête s’estompaient lentement derrière nous et je me sentais plus léger, plus libre. Le silence se faisait plus pesant et mon crâne était pourtant moins douloureux. Bientôt, il n’y eut plus que le claquement de nos pas sur le sentier de pierres, le bruissement des feuilles, le souffle du vent et chaque respiration que je prenais pour couvrir le silence. Et lorsque Ludowick s’arrêta de marcher pour me faire face, les battements de mon cœur s’ajoutèrent à la symphonie de sons. Son regard d’émeraude se plongea dans le mien et je perdis tous mes moyens. J’avais encore conscience d’être vivant, d’être moi, mais j’ignorais où j’étais, quel jour nous étions et même s’il faisait nuit ou pas. L’instant suivant, je faisais un pas vers mon compagnon sans vraiment comprendre pourquoi. Je me demandais même comment ces jambes qui semblaient être les miennes avaient bougées sans que je n’y sois vraiment pour quelque chose. Les bras de Ludowick se refermèrent sur moi en une étreinte qui effaça la moindre de mes questions idiotes. Peu importe le jour, la nuit, l’heure, avec qui, où, quand, comment; je ne voulais plus bouger de là. Un brouillard s’était levé devant mes yeux et étrangement, j’avais envie de m’y perdre à jamais.

Ce fut la douleur qui me réveilla.

Une douleur atroce, insupportable. Lentement, les ténèbres de mon esprit firent place aux ténèbres de la nuit mais ma vision était obscurcie par la souffrance. Je distinguais à peine les objets ambiants et pire encore, Ludowick n’était plus tout à fait dans mon champ de vision. Il était là tout près et je compris d’où venait la douleur. Ma gorge me paraissait scindée en deux, comme si on me décapitait lentement. Mais c’était lui, ses dents enfoncées dans ma chair. Mes yeux se refermèrent sur la noirceur, j’étais faible et cela n’avait rien à voir avec l’alcool. Ni avec le silence. L’homme me déposa délicatement dans l’herbe, je sentis le froid m’envahir et…étais-je sur le point de mourir ? Je cherchais à m’accrocher à la vie lorsque j’entendis la voix de Ludowick me murmurer de ne pas m’en faire. Un liquide chaud coula sur mes lèvres et j’eus le réflexe d’y goûter; c’était mieux encore que le vin que j’avais bu, plus rafraîchissant que l’eau la plus pure, plus sucrée que le meilleur des sirops, c’était quelque chose d’indescriptible. Et plus j’avalais de ce nectar inconnu, plus la vie semblait me revenir. Jusqu’à ce que la douleur revienne. Cette fois, elle ne se situait plus dans ma gorge. Elle s’étendait, faisait battre mon cœur à un rythme vertigineux et m’empêchait de respirer. Ce fut à la fois l’expérience la plus mémorable et la plus effrayante de toute mon existence. Cette nuit-là, je mourus. Lorsque j’ouvris les yeux, tout me semblait différent. Je n’entendais plus les battements de mon cœur et chaque respiration me semblait inutile. Le ciel n’était plus tout à fait noir et la lune était comme le plus beau des joyaux. À vrai dire, je n’avais jamais réalisé à quel point le monde était intéressant et ce sont les yeux du vampire qui me permirent enfin de voir. Je plaignais l’humain de ne pas voir de telles merveilles; les étoiles semblaient exécuter au-dessus de nous la plus douce des valses nocturnes. Devant un spectacle aussi stupéfiant, je ne pouvais faire autrement que de garder le silence, toujours allongé dans l’herbe fraîche. Tout près de moi, Ludowick me regardait renaître avec le regard d’un père bienveillant. Sa voix me parût encore plus suave que lorsque j’avais été humain. Il m’aida à me relever, il me prit dans ses bras et je posais mes lèvres sur les siennes sans vraiment saisir toute la profondeur de ce qui venait de m’arriver. Je ne voulais plus le laisser et j’avais l’éternité devant moi pour lui exprimer ma gratitude. J’oubliais tout des humains à l’intérieur du manoir; ma tigresse et son prince boueux, mon faux-père, ma marieuse de mère, les jouvencelles du village que j’avais goûté, les compagnons que j’avais eu…Rien de tout cela ne m’importait. Jusqu’à ce que j’expérimente pour la première fois la faim vampirique. Ce n’était pas comme l’envie importante de grignoter un bout de pain. C’était un désir plus fort, un désir de chair et de sang. Un sentiment sauvage qui me tordait les tripes et me poussait à me rapprocher de la source de nourriture. Mon créateur me ramena une ravissante jeune femme et sur le coup j’eus envie de la séduire. Cependant, l’instinct de la bête prit le dessus et mes nouveaux crocs s’enfoncèrent dans la chair de sa gorge. Une main caressant ma joue, Ludowick m’expliqua mon tout premier repas et comment les prochains se dérouleraient. Comment je ne devais pas boire le sang d’un humain une fois mort. Comment la faim influencerait ma façon d’être. Comment j’aurais à éviter certaines choses. Comment je ne reverrais plus jamais le soleil…Je ne regrettais rien. Il était à mes côtés et j’étais éternel.

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MessageSujet: Re: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:42

Au lieu de retourner à ma minable vie humaine, mon sire me ramena chez lui avant le lever du soleil et je passais mon premier jour de sommeil dans un cercueil. Allongé dans les bourrures de satin blanc, je pus difficilement m’endormir : j’avais trop à réfléchir. J’entendis les pas de Ludowick qui s’éloignait et dans l’obscurité la plus totale, j’esquissais un sourire amusé. J’étais mort. Je n’avais plus à me soucier des traitements de mon oncle, ni des futiles histoires de mariage. Pourtant, j’avais envie de faire mes adieux à ma famille, de les confronter et leur laisser un souvenir de moi inoubliable. Dès la tombée de la nuit, je quittais mon amour pour me rendre chez mes parents; j’attendais dans la noirceur de ma chambre qu’une servante vienne jeter un coup d’œil. Et elle vint. La jeune Acacia, une immigrée qui savait à peine notre langue. Je plantais mon regard dans le sien et mes crocs dans sa gorge avant de l’étendre, entièrement nue, sur mon lit toujours bien fait. Je me cachais ensuite à l’abri de la lumière jusqu’à ce que ma mère vienne à la recherche de la bonne. J’accueilli ses hurlements avec un sourire satisfait et écoutais avec attention le brouhaha de la pièce, jusqu’à ce que la nuit arrive de nouveau. J’allais ensuite réveiller mes parents en me tenant au pied de leur lit et alors que ma mère s’extasiait de me voir enfin après ma courte disparition, je tuais sous ses yeux celui qui prétendait être mon père. Je rendais aussi visite à mes sœurs et goûtait à leur sang sans leur enlever la vie. Dans la même nuit, je libérais ma farouche tigresse de l’autorité de ses parents et l’aidait à fuir la région en compagnie de son bien-aimé. Je fus récompensé d’un premier et dernier baiser de sa part, avant qu’elle ne disparaisse à travers les bois, au bras de son fermier. C’est ici que commence le récit fantastique de mon éternité, puisque les vingt-six premières années furent tout à fait pénibles autant pour moi de les vivre que pour vous de les lire.

Je me fis rapidement à la vie de vampire. Je n’avais plus à me plier aux règles de la société, mes limites étaient repoussées à leur maximum et les quelques brides de conscience qui me tourmentaient autrefois avaient disparu. Lorsque je ramassais ma chemise et essuyais le filet de sang au coin de mes lèvres, je n’avais pas à me demander si quoi que ce soit arriverait ensuite; je retournais dans les bras de mon bien-aimé et lui répétais à quel point j’aimais cette vie. Les décennies passèrent comme des jours à mes yeux et je fêtais éventuellement mon premier siècle. Quelques litres de sang frais et de doux baisers jusqu’au lever du soleil, ce fut une nuit comme toutes les autres qui marqua pourtant un tournant dans mon existence. En effet, Ludowick qui me traitait alors comme un enfant accepta de me laisser plus de liberté : je chassais parfois seul et je sortais sans mon prince, ce que je n’avais jamais fait auparavant. J’avais le loisir de séduire et de tuer sans aucune aide. J’adorais les familles, parce que si le sang de la jeune fille était goûteux, celui de ses frères, ses sœurs et ses parents l’était souvent tout autant. Parfois lassé de ne rien faire, je trouvais un emploi quelconque pour m’occuper. Nous déménagions aux dix ans, pour ne pas nous faire remarquer. Nous changions de rue, parfois de quartier; réglés comme une horloge suisse, nous disparaissions à des dates régulières. Nous suivions les tendances et je faisais de mon mieux pour me fondre dans la masse. Ludowick aimait beaucoup la technologie qui évoluait, de mon côté je dépensais sans compter sur des antiquités. Bientôt, notre demeure était un amalgame de bidules modernes et d’objets antiques; à côté de mon vieux clavecin de l’époque baroque se tenait un téléphone, un horrible appareil qui faisait un bruit affreux. Plus les années passaient et plus la technologie s’insinuait dans notre quotidien. Je me souviens encore avec nostalgie des soirées au théâtre et à l’opéra, du moins jusqu’à ce que le cinéma pointe le bout de son nez. Une parodie de théâtre incolore et fade; comme s’il s’agissait de chef d’œuvre que d’oser une telle perte de temps et d’énergie. Où est la poésie, la présence scénique des comédiens, qu’y a-t-il de grandiose dans le fait de passer quelques images sur un écran…Et pire encore ! Puisqu’au fil du temps les cinématographes poussèrent l’insulte jusqu’à faire des merveilles théâtrales des films quelconques. Et les soirs où Ludowick allait polluer son esprit devant les écrans, je les passais seul en compagnie de ma collection d’une autre époque.

Je vous parais peut-être lassé de mon sire lorsque je parle ainsi de ses lubies technologiques, mais il n’en est rien. À vrai dire, j’ai toujours adoré sa façon d’être à la fois mon père et mon amant. Je trouvais parfois dur de le voir dilapider des centaines de livres sterling pour des objets franchement inutiles. Pourquoi un téléphone alors que nous n’avions aucun proche ou ami à appeler ? Lorsqu’il sonnait, il s’agissait en général d’une erreur. La télévision : une boîte remplie d’images et de sons, d’humains qui m’exaspéraient au plus haut point. Ludowick pouvait passer des heures devant ce satané téléviseur alors que je chassais, jouais des gammes, observais le genre humain, passais le temps…Pour tout vous dire, l’avancement de la technologie nous a, durant un moment, éloigné l’un de l’autre. À chaque déménagement, je tentais de voir qui étaient nos voisins. Vous savez, lorsque l’on est vampire et que l’on change de quartier à tous les dix ans, le réseau social est plutôt faible. J’adorais voir quel genre de couple habitait à l’étage, quels rebelles traînaient à côté, quelle vieille chipie possédait l’horrible chien trop bruyant du dessous. Durant des heures, je fermais les yeux et j’écoutais les voisins. Dans les années 1990, notre logement se situait juste à côté d’un parc particulièrement fréquenté autant de jour que de nuit. Durant l’après-midi, alors que j’essayais de dormir, j’entendais les rires des enfants. L’activité nocturne se résumait aux cris et aux rires d’adolescents turbulents. Vers 2h par contre, ils se dispersaient. C’est à cette heure-là que je remarquais Violette. Elle était toute petite, approximativement un mètre cinquante-deux et sa démarche était traînante. Elle portait constamment un jeans déchiré aux genoux et un blouson usé, couvrant toujours des débardeurs et t-shirts obscènes. Elle traînait un vieux sac à bandoulière, couvert de différents macarons. Ses chaussures étaient trouées, son teint était pâle, ses cheveux trop plats teints en prune. Elle avait un piercing sur le côté gauche de son nez et deux anneaux à l’oreille droite. Elle sortait soudainement de la masse de junkies, une cigarette entre ses lèvres rouges, et allait s’asseoir à l’écart sur un banc du parc. Elle y restait jusqu’au lever du jour et je l’observais. Je la regardais écraser son mégot du talon, regarder autour d’elle et descendre le long de la rue lentement. Elle exécutait la même routine toutes les nuits et je réglais mes heures de chasse à son horaire, pour être certain d’être là lorsqu’elle se retrouverait seule dans le parc. Durant les premiers jours, je me contentais de l’observer. Puis je traînais dans le parc avec les junkies et je me mêlais à leurs conversations. Je tombais quelques adolescents, je goûtais leur sang, et durant mes nombreuses nuits en leur compagnie je pris connaissance de plusieurs informations concernant ma petite impératrice obscure. Elle se nommait Violette (v-aï-o-lette, et non pas vi-o-lette), elle était officieusement en fugue depuis quelques semaines déjà, elle avait quinze ans et c’était une droguée, comme tous les autres. Lorsque toute la bande se dispersait, je prenais le temps d’aller m’asseoir avec Violette, qui d’ailleurs détestait son prénom. Je l’observais. Elle était souvent silencieuse, durant des heures, jusqu’à ce que je la quitte pour m’abriter du soleil levant. Au fil du temps et malgré son silence constant, la petite se rapprochait de moi. Elle paraissait en confiance et elle se confiait parfois de sa petite voix. Elle dormait chez un copain, puisqu’elle avait quitté le nid familial dans le but de fuir son père et ses deux frères. Seule fille dans son petit univers, elle m’avoua être particulièrement mal à l’aise d’être considérée comme faisant partie de la gente féminine. Lorsqu’elle tombait en état de descente, les larmes de Violette n’avaient d’égal que ses tremblements et elle se recroquevillait contre moi comme une enfant effrayée. Cela peut vous paraître bien mignon, mais déjà à l’époque j’avais un faible pour le sang souillé des adolescents rebelles. Violette me faisait envie, je la voulais pour moi, juste pour moi. Je l’enlaçais durant des heures mais je refusais de la ramener chez moi : j’étais persuadé que Ludowick n’approuverait pas et ma petite délinquante découvrirait nos cercueils. Mais voilà, vous savez, je ne pouvais pas résister à cette fillette et un soir, je finis par lui avouer la vérité alors qu’elle était dans mes bras.

«
Je suis un vampire, Violette. », avais-je murmuré à son oreille.

Avec une impatience bien dissimulée, j’avais goûté la fumée toxique des cigarettes sur ses lèvres un instant, juste un court instant avant qu’elle ne recule. Je me souviens encore de sa fuite, de la façon dont elle s’était éloignée en titubant, sans un mot, le visage figé, l’air démoli. Le lendemain, elle n’était pas revenue au parc. Ni le jour d’après et encore moins celui qui suivit. Son absence dura longtemps, trop longtemps. Il y eut un soir où, hors-de-moi, je tirai un unique coup de pistolet dans le téléviseur de mon amant.

«
Tu ne m’écoutes jamais, cette chose retient toute ton attention et tu ne te rends pas compte que j’ai besoin de toi, Ludowick ! »

Cette nuit-là, je brisai plusieurs appareils électroniques de la collection de mon sire en hurlant, pas vraiment contre lui à vrai dire. Ce n’est pas très voyant, mais parfois j’ai une petite tendance à la dramatisation. Je suis un peu diva. Au lever du jour, j’étais à l’abri dans les bras de mon maître. Je vous passe les détails personnels. Le soir venu, les choses s’étaient arrangées; Ludowick avait promis de ne pas nous encombrer d’innombrables babioles inutiles. Il était allé chasser lorsque mon regard se posa sur quelque chose de merveilleux. Dehors, à l’écart de l’habituelle bande de junkies, se tenait Violette, sa cigarette à la main. Son sac gisait à ses pieds et elle portait son éternel jeans délabré, un t-shirt d’un groupe quelconque, ses baskets miteux, son blouson abîmé…J’hésitai un moment avant d’aller rejoindre la bande, saluer brièvement ceux que je connaissais et m’approcher de cette délicate princesse en haillons. Au lieu de me fuir, elle laissa tomber son mégot et l’écrasa avant de m’adresser un faible sourire.

«
Alors Dracula, t’es venu boire un coup ? »

Elle remonta la manche de son blouson et me montra une plaie couverte de sang séché, toujours souriante.

«
Les vamps’, ils boivent vraiment du sang ? Parce que c’pas fameux. J’ai essayé de m’en caler un verre et j’ai tout gerbé. C’dégueulasse. »

Quel langage. Encore aujourd’hui, j’en ai des frissons d’horreur. Mais il y avait bien plus que des mots chez Violette, il y avait quelque chose d’indescriptible. Une rébellion adorable. Quand l’heure tourna et que nous fûmes enfin seuls, ma petite révoltée me remontra sa blessure de guerre. Elle avait été bouleversée par mon secret et intoxiquée, peut-être même trop, elle avait décidé de tester mon régime. Ses petites dents avaient été tachées de son propre sang et elle était tombée inconsciente. Tout près de moi, assise sur cet habituel banc, elle avait enlevé son vieux blouson, ses chaussures et n’avait finalement gardé que ses sous-vêtements et son t-shirt avant de venir se blottir dans mes bras. Ma petite adolescente avait d’une main chassé les cheveux de sa gorge et dans un murmure m’avait donné le feu vert. Vous trouvez cruel de ma part d’avoir pris la vie d’une fille de quinze ans ? Je suis plutôt fier de moi. La vie de ma beauté ténébreuse ne tenait qu’à un fil. Son sang était souillé, son corps était meurtri, son esprit était embrumé…Mes crocs déchirèrent la chair de son cou, ses doigts se crispèrent sur ma chemise, les battements de son cœur s’accélérèrent dangereusement et sa respiration changea de rythme. Je la tenais contre moi comme l’enfant blessée qu’elle était et je me nourrissais de sa souffrance, de toute cette douleur qu’elle avait accumulée au fil du temps. Ceux de ma race comprennent peut-être ce que c’est de boire le sang d’une adorable toxico, c’est un sentiment à la fois violent et enivrant. Quelque chose de sensationnel, qui éveille tous vos sens et vous embrouille l’esprit. Au bord du précipice de la mort, j’obligeai la jeune fille à boire mon sang. Vous croyiez que j’allais la tuer, n’est-ce-pas ? Je tenais beaucoup trop à Violette pour l’exterminer. Elle avait eu une vie misérable, la mort aurait été un soulagement pour elle…Mais la perspective de lui offrir une nouvelle existence était trop tentante. Je voulais lui montrer que la vie pouvait être belle malgré tout. Son corps affaibli s’effondra contre moi et son souffle court stoppa progressivement. Sur le coup, je vous avoue avoir eu extrêmement peur. Ludowick m’avait un jour expliqué que créer un vampire était une opération délicate et que certains humains étaient susceptibles de mourir au lieu de se transformer. Et Violette était faible, droguée…Elle était immobile, sans vie. Je caressais ses cheveux et embrassais son front. Soudainement, elle ouvrit les yeux. Ses pupilles dilatées donnaient à ses yeux l’air de deux grandes billes noires.

«
Violette ? »

Elle se redressa violemment, bondit sur ses pieds et regarda autour d’elle, déboussolée. Je n’avais jamais créé de vampires auparavant et même si je n’ai pas souvent peur, cette fois je croyais avoir fait une énorme bêtise. Je pris le temps d’expliquer doucement à ma petite ce qu’elle était devenue, comme Ludowick l’avait fait avec moi.

«
Tout ira bien, Violette.
-
Ne m’appelle plus Violette. »

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Fitzroy F. Holmes
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MessageSujet: Re: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:43

Elle voulait changer de nom. Je la nommais Viola. Elle trouvait cela poétique, élégant, distingué. Vous trouvez que c’est déplacé ? Que ce prénom sous-entend quelque chose ? Sachez que jamais je n’aurais fait de mal à ma petite princesse. Je l’amenais boire en ville, dans les rues achalandées. Elle n’était pas très douée, elle me faisait penser à un animal sauvage, maladroite…Elle gâchait la moitié de son repas; enroulée dans mon manteau pour cacher sa semi-nudité, elle s’était entièrement tachée de sang. À la fin de la nuit, plein d’appréhension face à la réaction de Ludowick, j’avais ramené ma protégée à la maison. J’avais eu raison de m’inquiéter. En entrant dans le hall de l’immeuble, je vis mon maître qui se tenait dans la cage d’escalier, le regard noir, montrant les dents comme un animal enragé. Je croyais alors qu’une bataille s’ensuivrait, mais mon sire se contenta de nous snober durant quelques temps. Il s’absentait durant de longues périodes et ne me parlait plus. Les choses empiraient lorsque Viola insistait pour dormir avec moi, elle n’aimait pas être enfermée toute seule. Mais éventuellement, nous nous sommes tous réconciliés, lorsque ma petite beauté a su expliquer notre relation à mon maître. Elle m’aimait comme je l’aimais lui, parce que je lui avais offert la vie qu’il m’avait offert des années auparavant. C’était tellement logique que Ludowick n’avait pu faire autrement que de me pardonner. À partir de cet instant, nous sommes devenus une famille. Nous sortions régulièrement : un soir au théâtre, puis un autre au cinéma, dans un parc, une foire de passage pour Viola, faire les boutiques. La petite adorait les boîtes de nuit, nous y allions souvent, sans Ludowick qui ne supportait pas l’ambiance glauque des endroits que nous fréquentions. Cuir, dentelle, satin, crinoline, rouge, noir, violet, blanc, plumes et draperies, grillages de fer, musique psychédélique, maquillage et faux sang; le genre de bar où on célèbre la différence et l’attrait des ténèbres. Je crois que ce fut la meilleure époque de mon existence. Jusqu’aux changements. Des changements majeurs. Je savais qu’il existait un groupe de vampires qui souhaitait que nous gardions secrète notre existence. Ce n’était pas une notion nouvelle pour moi, nous devions rester discrets. Mais des amis –connaissances, ex-compagnons, vampires quelconques- de Ludowick affluaient de tous les coins du monde pour discuter de la situation mondiale. Viola n’y comprenait rien, moi non plus d’ailleurs. Nous vivions notre petite existence tranquille et célébrions notre éternité en se nourrissant d’âmes solitaires sans histoire que personne ne chercherait. Les années passant, les vampires devinrent soudainement plus nombreux, moins prudents et je vis un jour, juste là, en sortant de chez moi, un vampire qui se nourrissait sous mes yeux, sans se cacher. Persuadé qu’il s’agissait là d’un phénomène dû à quelques vampires anglais sans la moindre once de jugeote, Ludowick décida qu’il était temps de partir.

Notre petite famille se rendit à Rennes, dans le quartier de Saint-Hélier. Quelques jours dans un motel, puis dans un autre, alors que nous constations que la chasse en public ne sévissait pas seulement en Angleterre. Et les humains, au début complètement paniqués, se regroupaient pour opposer une résistance violente. C’est durant une nuit comme les autres qu’eut lieu un évènement qui me donne envie de cesser tout de suite ce récit. Nous étions sortis pour la chasse, Viola, Ludowick et moi. Calmes, discrets, nous n’étions que trois ombres dans la nuit. Ma petite protégée leurra un couple d’adolescents au fond d’une ruelle et je la rejoignis, laissant derrière moi Ludowick à la recherche d’un repas plus copieux. Grave erreur. Je les sentis arriver, comme une nuée d’insectes. J’aidai Viola à grimper sur le premier balcon en vue et montai à sa suite. Cachés dans la pénombre, nous avons vu le fléau s’abattre sur mon sire. Des humains. Des chasseurs de sorcières du 17ème siècle, armés de torches enflammées, de haches, de pistolets, de pieux, décorés d’objets religieux et de colliers de gousses d’ail. C’était à la fois un spectacle effrayant et affligeant. Ils le tuèrent. Ce fut, sans aucun doute, le pire moment de toute mon existence. De voir son cœur transpercé, sa tête rouler sur le sol et les flammes s’élever soudainement alors que les humains criaient leur joie. Je tenais Viola contre moi, qui pleurait de manière incontrôlable, et m’obligeais à ne pas quitter notre refuge. Je ramenais la petite dans notre chambre où elle alla aussitôt se coucher, refusant de m’adresser la parole. Le soleil se leva. Je me souviens d’avoir laissé ma main trop longtemps contre la vitre et d’avoir senti la brûlure sur ma peau. Au crépuscule, je voulais amener Viola ailleurs, loin. Dans un coin où il nous serait impossible de subir le même sort. Mais elle avait disparu. « C’est trop dur », disait sa petite note. « Nous sommes brisés, évitons d’en finir. Je vais brûler mes ailes loin de toi pour ne pas te faire souffrir. Ce soir, ne m’attends pas. » Énigmatique et tellement digne d’elle. Je ne la revis jamais. Déjà cent ans ont passé et elle reste introuvable, à mon avis, elle a dû mourir dans sa lutte contre la race humaine. J’ai quitté Rennes une semaine plus tard. J’ai voyagé un peu à gauche et à droite, surtout en Italie à vrai dire, j’ai défié la mort et j’ai ressassé mon passé. Je crois que la psychologie humaine aurait qualifié mon état de dépression. Ne me prenez pas en pitié, cela n’a duré qu’une trentaine d’années au terme desquelles je me suis installé à Paris. J’ai vu la race vampirique s’élever de plus en plus haut, l’humain mourir et l’humain se soumettre. J’ai vu notre conseil se former de vampires étrangers et puissants, j’ai vu l’humain se révolter et échouer. J’ai vu l’humain s’allier à nous, j’ai vu l’humain être terrassé. En matière d’histoire, j’ai beaucoup vu. Je me suis élevé dans la hiérarchie, je suis devenu fortuné, j’ai pu me poser dans les beaux quartiers. J’avais amassé maintes pièces d’art durant mes voyages, qui décorent encore et toujours ma demeure. Une collection d’armes à feu entre 1500 et 1900, de toutes sortes, longtemps laissée dans des coffres avant d’être exposée dans une vitrine. Le règne des vampires emmena quelque chose d’encore mieux que mon nouveau statut : les esclaves. Des humains vendus comme des animaux de compagnie, prêts à faire nos tâches. J’allais régulièrement voir les disponibilités, quels humains je ramènerais à mon domicile. Je n’achetais que les plus beaux, les plus délicats, les plus jeunes. Ma toute première esclave se nommait Amelia, elle avait dix-neuf ans et ce fut la première humaine à s’étonner de ma demeure. « Mylord ? Vous…Je m’attendais à quelque chose de plus…sombre…» Elle était émerveillée de voir, non pas de la pierre noire, mais du marbre blanc et des draperies de soie couleur framboise. Pas d’argenté, mais de nombreux métaux plaqués d’or. Au petit matin, après qu’elle eut fait le tour du domicile, je la conduisais dans ma chambre. Oh mais oui, allez-y, allez-y, dites ce que vous voulez. J’avais passé quelques centaines d’années sans une humaine dans mon lit. De toute façon, je fus puni par mon avidité. Amelia ne passa pas la nuit : elle mourût dans mes bras lorsqu’emporté par la passion, ma force vampirique jusque là bien pratique tua ma petite poupée. Chacun de ses os se brisèrent sous ma main, ses côtes s’enfonçant vers l’intérieur. Sa respiration changea, son cœur manqua un bond et elle hurla de douleur lorsque je goûtai à son sang. Elle allait mourir, autant ne pas gaspiller pendant qu’elle vivait encore. Ce ne fut pas la seule à mourir de cette façon dans les premières années : j’étais maladroit envers les humains, j’avais l’habitude de tuer, pas de les côtoyer. Bientôt, je possédais en moyenne dix esclaves au manoir, tous de jeunes humains qui n’avaient même pas la vingtaine, sveltes et délicats, innocents. Ils avaient tous l’air de poupées de porcelaine; j’adorais mes humains. Je discutais longuement avec eux, j’aimais en apprendre plus sur eux, leur famille, leur condition de vie. Je voulais qu’ils aient confiance en moi, qu’ils comprennent que vivre à mon service était mille fois mieux que d’être détenus à la réserve. C’était une des raisons qui me poussaient à les prendre par paire; ils se sentaient toujours plus en sécurité avec quelqu’un qu’ils connaissaient bien. Un frère, une sœur, un ami proche : ils se réconfortaient mutuellement.

Lors de mes nombreuses visites, je trouvais de magnifiques spécimens dont deux que je n’oublierai à vrai dire jamais. Il serait difficile pour moi de faire comme s’ils n’avaient jamais existés puisque l’un d’eux est aujourd’hui vampire et me côtoie toujours, heureusement. J’avais envie de sang neuf, voyez-vous, j’avais dû exécuter l’une de mes esclaves qui avait enfreint une règle importante au manoir : une esclave enceinte est une esclave morte. Je leur laissais bien faire ce qu’ils voulaient entre eux, mais un minimum de décence, bon sang, la biologie humaine n’est pas compliqué : deux humains égal potentiel danger de progéniture. Et n’ayant aucune envie de jouer les nounous, mes esclaves avaient l’ordre de prendre les précautions nécessaires s’ils voulaient vivre une vie normale dans leurs quartiers. Que disais-je déjà ? Ah oui, je voulais donc du sang neuf pour remplacer la fautive. Mes yeux s’étaient posés sur elle tout d’abord. Puis sur lui. Ils étaient là, au milieu des autres, et je crois alors avoir vécu ce que l’on appelle un coup de foudre. Dès le premier regard, j’étais persuadé de ne jamais pouvoir me séparer d’eux. Je les voulais, il était hors-de-question de les laisser à quelqu’un d’autre. Ils étaient plus jeunes que tous ceux que j’avais eus jusqu’à présent; ils représentaient à mes yeux deux chérubins qui risquaient fort de perdre leur innocence aux mains d’un autre. De véritables petites merveilles que je m’empressais d’acquérir. Leur sang avait un parfum alléchant, ils étaient de la même famille assurément. Ils n’étaient que des enfants et pourtant l’aîné, prénommé Siriel, exécutait ses tâches avec acharnement. J’avais pitié de le voir ainsi aussi peu enjoué alors que sa cadette, Sarah, était un véritable rayon de soleil. Elle arborait constamment un sourire magnifique, ses cheveux étaient roux –oui, j’ai un faible pour les rousses si vous ne l’aviez pas encore remarqué, quoique j’aime bien les blondes aussi et les brunettes et, bref. C’était une gamine adorable; si j’avais eu des enfants de mon vivant, j’aurais voulu qu’ils soient aussi mignons qu’elle. J’aimais entendre sa voix fluette de fillette, la voir marcher d’un pas léger dans les couloirs…J’adorais la compagnie de Sarah. Je prenais soin des cadets comme j’avais autrefois pris soin de Viola et je n’avais jamais exercé autant de contrôle sur moi-même avant ce jour : je me refusais leur sang, parce qu’ils n’étaient que des enfants après tout. Mais ce fut plus fort que moi. J’ai un instinct de prédateur, je ne peux faire autrement que d’obéir lorsque la faim se présente. Je ne voulais pas, croyez-moi; elle n’avait que 13 ans, elle était jeune, elle n’en était qu’à la moitié de sa vie à mes côtés…Dès la seconde où mes crocs s’étaient enfoncés dans la chair de sa gorge, je sus que je ne pourrais pas m’arrêter. Il ne me restait qu’une seule solution pour la garder auprès de moi : la transformer. Elle était toute petite, ce serait dur, plus dur encore qu’avait été la situation de ma Viola. Mais je voulais prendre soin d’elle durant cinquante ans, cent ans, mille ans, jusqu’à ce qu’elle en ait assez de moi pourquoi pas. Elle serait éventuellement une femme dans le corps d’une gamine mais je ne la traiterais jamais avec condescendance; j’accepterais sa maturité grandissante et malgré son corps inchangé, elle serait femme comme toutes les autres. C’est à ce moment précis, ce moment crucial, que Siriel s’interposa. J’oubliai un instant sa sœur pour m’attaquer à lui, une décision irréfléchie qui scella le sort de la petite Sarah. J’entendis son cœur s’arrêter de battre. Après la lecture du mot d’adieu de Viola, ce fut l’un des pires moments de mon existence. Il était absolument hors-de-question de laisser toute trace de la jeune Sarah disparaître à jamais. Encore là, je n’avais plus qu’un seul et unique choix. C’est de cette manière que Siriel devînt vampire.

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MessageSujet: Re: Perfection } Fitzroy Fostern Holmes   Dim 19 Juil - 23:44

Contrairement à la transformation de Violette, je ne restais pas là à le regarder mourir. C’était plutôt lâche de ma part de fuir, mais je craignais la réaction du jeune homme lorsqu’en ouvrant les yeux sur sa nouvelle existence, il verrait le corps inerte de sa sœur. Moi-même, je ne supportais pas cette vue désolante. Je quittai la chambre, demandai à ce que l’on m’envoie Charlotte, mon esclave la plus âgée à cette époque, et me terrai dans l’obscurité de ma bibliothèque personnelle. Durant deux semaines, ce fut Charlotte qui s’occupait de me tenir compagnie et de m’apporter mes repas. Je ne tuais plus, ma compagne les faisait sortir avant la fin de leur vie et me laissait prendre quelques gorgées de son propre sang. Je lisais à toute heure du jour et de la nuit, je ne dormais que très peu et j’avais peur que la porte de mon refuge s’offre sur un vampire nouveau-né assoiffé de vengeance. Vous vous doutez bien qu’il n’en fut rien; à ma sortie quatorze jours plus tard, Siriel était toujours aussi calme et silencieux que de son vivant. Il m’en a toujours voulu pour cet incident regrettable, comme si je ne m’en voulais déjà pas assez. Pour être bien pathétique, je vous dirais que le soleil s’était éteint une deuxième fois avec la mort de Sarah. Je n’ai pas cessé d’acheter des esclaves, ni d’en tuer parfois d’ailleurs. Ils ne dépassent jamais les 26 ans, mon âge lors de ma métamorphose. J’aime toujours autant côtoyer les humains, je chérie toujours mon existence plus que tout. Rien n’a vraiment changé depuis cet épisode funeste de ma vie de propriétaire d’esclaves. Si ce n’est que la présence de Siriel. Bien qu’il aille aujourd’hui bien plus que ses seize années de vivant, il est toujours le même. Ce vampire discret qui ne parle que rarement, qui ne vit plus pour grand-chose. Mais je ne le laisserai pas disparaître, il est le dernier souvenir que j’ai de Sarah. Pour continuer avec la suite de ce récit, j’ai eu la bonté d’offrir à mes esclaves tout un attirail de technologie. Le téléviseur a par contre subi le même sort que celui de Ludowick. Je ne supporte pas cette boîte bruyante qui captive l’attention des gens et les pousse à m’ignorer. Je préfère nettement ma collection d’objets datant parfois d’aussi loin que ma propre époque. Cependant, les choses sont sur le point de changer. Je trouve que les humains sont plutôt agités ces derniers temps. Il y a toujours ces braves citoyens qui font ce qu’ils ont à faire et ces esclaves, discrets et dociles, qui savent où se trouve leur place. Mais depuis la création de la Fédération, l’existence des vampires dans les rues de Paris est moins sûre. Je ne dis pas que notre race est menacée, loin de là –après tout nous sommes indéniablement supérieurs- néanmoins ces chasseurs partisans d’un dieu qui n’a jamais fait quoi que ce soit pour nous pourraient s’avérer dangereux. Ils ne tueront jamais la perfection que je suis; il faut, confrères, consœurs, les exterminer rapidement avant d’être nous-mêmes abattus par ce fléau grandissant.


And now, ladies and gentlemen, let this show begins...

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