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 Salsifis et encéphalogrammes [Fini]

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Deneb Peterson
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MessageSujet: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Mar 21 Juil - 21:13

Les couloirs blancs, aseptisés ont survécu au règne vampirique. Traversé les siècles, certaines choses ne changent pas. Le système sanitaire en fait parti. Les choses sont ainsi depuis longtemps et pour toujours, il me semble. Dans ces couloirs blancs, des malades et agents en blouse blanche. La différence fondamentale entre aujourd’hui et hier est que désormais à la morgue reposent parfois des corps exsangues. Deux trous. Bref, l’endroit est aussi effrayant que s’il était délabré, vestige d’un temps passé, reflet de l’espoir dérisoire de l’humanité. Oui, bon avouons le Deneb s’applique à rendre son humeur exécrable dès qu’il passe le pas de la porte d’entrée. L’habitude lui donne l’assurance qui s’accorde si facilement à sa démarche.

Quelques regards jetés par-ci, par-là. Deneb s’accroche aux visages, aux détails parce que les murs blancs. Ces foutus murs blanc. Il va en bouffer toute la journée. Aujourd’hui on ne travaille pas, on ne chasse pas, l’entraînement est proscrit. Ce soir Deneb ne sortira pas et il n’en aura pas la force. Cette journée est l’une de celle qui rythme ses trimestres. Une de ces désagréables journées à passer d’une machine à l’autre, se laisser brancher à divers écrans. Ne pas avoir le droit de fumer, arriver à jeun … Peine perdue, s’il ne touche à rien avant de se lever pour se pointer à son rendez-vous n’allez pas imaginer qu’il va être un saint entre chacun d’eux. Habitué à ce manège ridicule il se dirige donc avec facilité à la première salle qui l’attend, non sans avoir salué la jolie réceptionniste. On lui subtilise de quoi vérifier son sang. On lui demande une boite de gélule, il tend un récipient vide comme toujours. Et pour une fois Deneb ne joue pas au séducteur, il ne peut pas tromper le monde. Du moins pas ceux là, pas ceux qui croient tout savoir. Parce qu’ils ont des preuves scientifique. Ils ont leur vérité, leur réalité et dans celle-ci Den’ n’a pas son mot à dire. Alors la journée est interminable, sans divertissement, en ayan faim.
Oui, l’endroit est trop blanc, avec sa bande de couleur par étage pour faciliter la circulation des néophytes. Dégueux les couleurs. D’ailleurs.
Comme un roi dans sa demeure Deneb rejoint le lit qu’on lui attribut aujourd’hui et laisse les infirmiers le connecter aux divers moniteurs. Ferme les yeux. Bientôt l’irlandais allait débarquer, étudier les courbes et droites. Les résultats des analyses de son sang. Peut-être même qu’il allait lui faire une transfusion de plaquette. Bientôt, dans quelques minutes, il aurait le droit aux tests d’effort. Ils n’ont pas encore compris que son cœur vieillissait comme les autres, forcément ses tests seraient moins concluants que les précédents. A moins que l’irlandais ait raison ? S’entrainer développerait ses capacités cardiaques ? Il en doutait.
Et les choses se passèrent comme Den’ l’avait prévu. Jusqu’à midi, puisqu’on n’épuise pas totalement un cardiaque. Surtout quand on en est encore qu’au stade expérimental avec le dit cardiaque. Oui jusqu'à l’heure de midi on lui avait fait plusieurs prises de sang et test relativement facile. Là c’était sa pause.
Personne dans la chambre, Deneb et son plateau repas. Autrement dit : Le pied. Il était encore torse nu affublé de nombreuse ventouses, les dites ventouses le reliant à divers moniteur, l’un d’eux ne le lâchait pas de la journée. Surveiller son rythme cardiaque selon ses activités. On s’étonnerait surement alors à la fin de la journée de voir à quel son pouls s’était accéléré au moment le plus calme de sa journée.
L’explication était simple : Deneb avait soulevé la cloche qui gardait sa pâté chaude. Parce que, oui, c’était de la pâté.


« Sans déconné le senior : Des Salsifis ! »

Le jeune homme n’avait pas attendu longtemps pour trouver son médecin, faire venir serait plus approprié, certes.
Trois minutes pendant lesquelles Deneb était resté le regard fixé sur son repas.
Là il fixait plutôt le médecin, l’air franchement indigné.


« Fao, Faolàn, vieil homme, le coup des légumes on me l’a déjà fait quand j’avais cinq ans. Ok ? Tu sais j’ai survécu. Oui j’ai survécu même sans les salsifis. »

Malheureusement pour eux Deneb était partit dans un de ces moment où il monopolise l’espace d’échange, autant par les gestes que par les mots. Questions et réponses étaient à l’instant présent une propriété signé Peterson.

« Riagal on sait tout les deux que les Salsifis sont l’œuvre des nourrices frustrés qui se vengent à l’heure du repas. Déjà pour prouver combien c’est malsain, ce truc est blanchâtre genre « je suis une endive » mais non ! Ce n’est pas une endive ! Si tu voulais me faire manger des endive je t’assure que tu t’es fait tromper l’irlandais ! Vraiment. » Deneb se pencha un peu plus vers son médecin et mentor, prenant un air des plus sérieux. « Si tu veux me tuer il suffisait de m’enlever mes médicaments. Sérieux. »

Un instant sa respiration se fit plus difficile, changement infime, qu’il masqua en soupire. Evidemment il s’était levé tôt, n’avait pas encore mangé. Mais qui mangerait des salsifis soyons sérieux ? Se laissant retombé sur ses oreillers Deneb sortit une cigarette du paquette qu’il avait réussit à garder. L’alluma l’air de rien devant son médecin qu’il avait incendié sans logique aucune. Il aspira une longue bouffé de tabac aux toxines et expira en douceur.
La neutralité de son ton et de son visage à cet instant contrastaient férocement avec son hyperactivité précédente.


« J’ai faim. »

Il passa une main dans ses cheveux déjà bien ébouriffés. Un sourire. Il retourna la cuillère à soupe inutile et y déposa la cendre de sa cigarette. Le regard fixé sur l’objet de sa scène. Deneb pris les divers comprimés qu’on avait mit sur son plateau et avala l’ensemble d’un coup. Sans oublier de marmonner un « puisqu’on me nourrit pas je vais tester leur valeur nutritionnel… »
Distraitement il se mit à jouer avec son pendentif, l’objet renfermant sa chère mère, il fumait toujours en fixant ses salsifis. Se rassurant avec sa mère, comme un enfant. Voilà ce qu’était Deneb Peterson à l’instant présent. Un gamin angoissé et sans personne, voilà pourquoi les salsifis franchement c’était de trop. Et l’irlandais qui disait rien. Le patient ne se rappelait pas avoir entendu parlé d’un vœux de silence…
Il releva les yeux vers son mentor et sourit. Le Sale Gosse.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Mar 21 Juil - 21:40

Des couloirs blancs, aseptisés qu’on ne regarde à peine, et des journées rythmées par les urgences, les opérations, les réunions, les imprévus, les accidents, les prévus, les dingues du bâtiment psy et le silence quasi religieux des chambres des pensionnaires à long terme. L’hôpital était une usine où chaque pièce avait sa place. On n’y avait pas le temps de se poser ni l’esprit assez libre pour penser à autre chose qu’au patient qu’on avait sous les yeux. Et c’était tant mieux.

Aujourd’hui cependant, Faolàn avait une arrière pensée qui venait le taquiner quand il attendait le résultat d’un examen ou la préparation d’un patient sur la salle d’op’. C’était le jour de Deneb. Cet étrange garçon qui faisait des pieds de nez à la mort depuis plusieurs dizaines d’années et avait de plus des velléités de combattant aguerrit. C’était un idiot, il fallait bien l’avouer. Doublé d’un adolescent qui semblait trouver amusant de le considérer comme une figure paternelle et l’envoyer bouler à chaque occasion. Bref, une peste, une plaie et autre noms d’oiseau tous plus féminins les uns que les autres.

Il savait bien que les français étaient sexistes.

Le Docteur Riagal laissa échapper un soupir qui fit lever les yeux à l’interne à côté de lui. Il se sentait las. Pas vraiment fatigué, il avait dormit dix heures la nuit précédente ce qui était plus que suffisant non, juste… bah, il n’avait pas de mots pour exprimer ça et c’était tant mieux.

Reprenant sa neutralité coutumière, il jeta un nouveau coup d’œil au cardiogramme d’effort qu’il tenait dans la main. C’était celui d’un homme d’environ 50 ans dont le cœur, fatigué par un surpoids conséquent donnait des signes de faiblesse. Il faudrait vérifier régulièrement que les artères ne se bouchent pas, lui parler régime et sport. Quoique. Qui pouvait se vanter de vivre aussi longtemps dans le monde d’aujourd’hui ? Peut-être le laisser vivre serait une idée. Baaah. Il allait lui parler raison, l’autre n’en ferait qu’à sa tête et de toute façon là maintenant tout de suite il ne pouvait pas faire grand-chose. L’autre n’était pas suffisamment malade pour qu’on le soigne.

Le bras du médecin saisit une autre planche contenant d’autres résultats qui n’étaient pas beaucoup plus brillants. Sauf que voila, ce patient là avait vingt ans. Il était maigre comme un clou (enfin avait une imc correcte), il avait la vie devant lui et s’il fumait un peu trop, c’étaient les poumons qui étaient censés souffrir. Pas son cœur. Et pourtant, une fois encore, ce n’était pas bien fameux. Le traitement n’avait pas eu tous les effets escomptés et c’était bien dommage. Nouveau soupir. Il ne l’avouerait jamais mais au fond il appréciait cet enfant un peu fou qu’on lui avait fourré dans les pattes pour les faire tenir tranquille. Il y avait pire comme Novice. Et, disons le, probablement pas mieux. Au moins le gamin voulait survivre. Quand il ne fumait pas.

Sans un mot, perdu dans ses pensées, l’Irlandais était sorti de la salle et marchait dans les couloirs, se poussant inconsciemment au passage d’un brancard, indifférent à ceux qui s’écartaient sur son passage, certains le saluant (il répondait d’un signe de la main), d’autre l’évitant. Dans l’immense aquarium vanille il était souvent considéré comme un requin. On le respectait mais on le craignait tout autant. Idiots. Tous autant qu’ils étaient. Aveugles d’un temps où seule la force assure la survie. Que le fretin aille frétiller, il avait mieux à faire.

Levant enfin la tête il s’arrêta devant une porte comme les autres. Il rangea les résultats dans sa poche, mit un sourire sur son visage, redressa sa colonne vertébrale et d’une main assurée repoussa ses longs cheveux en arrière avant d’ouvrir la porte, déterminé.

« Sans déconner Senior : des Salsifis ! »

Les yeux émeraude de l’enfant cherchèrent et trouvèrent les siens, emplis d’une révolte mal contenue. Faolàn, lui, ne cachait pas son amusement face à cette répartie toute française. Il n’y avait qu’eux pour se plaindre de ce qu’ils avaient dans leur assiette.

« Fao, Faolàn, vieil homme, le coup des légumes on me l’a déjà fait quand j’avais cinq ans. Ok ? Tu sais j’ai survécu. Oui j’ai survécu même sans les salsifis »

Il avait l’air plutôt en forme, se dit le médecin qui, n’écoutant que d’une oreille les récriminations de son patient l’examinait des pieds à la tête. Une santé démentie par les bilans, comme d’habitude. Comment fais-tu pour flirter ainsi avec la mort sans jamais tomber dans ses bras Deneb Peterson ? Tu lui parles de Salsifis ?

« Riagal on sait tout les deux que les Salsifis sont l’œuvre des nourrices frustrés qui se vengent à l’heure du repas. Déjà pour prouver combien c’est malsain, ce truc est blanchâtre genre « je suis une endive » mais non ! Ce n’est pas une endive ! Si tu voulais me faire manger des endive je t’assure que tu t’es fait tromper l’irlandais ! Vraiment. Si tu veux me tuer il suffisait de m’enlever mes médicaments. Sérieux. »

Ces derniers mots lui firent l’effet d’une douche froide et la lueur rieuse dans les yeux gris du médecin s’effaça pour un peu de sévérité Il y avait des choses avec lesquelles on ne pouvait plaisanter.

« J’ai faim. »

Avec ça il n’avait pas eu le temps d’en placer une. Mais maintenant le silence reprenait ses doigts. Les cheveux ébouriffés comme un chaton perdu, l’enfant jouait avec son pendentif. Lui ne savait pas vraiment ce qu’il y avait là. Il n’avait jamais posé la question, cela ne le regardait pas. Il n’était pas son père, ni même son ami. Il était responsable de sa sécurité et de son éducation en ce qui concernait la chasse… et il était médecin.


« Si tu as faim, mange. »

Il désigna le plait fumant de la main, s’adossa à la porte et croisa les bras, raide comme la justice et pas beaucoup plus ouvert à la discussion. Les salsifis étaient bons pour la santé. La cantine de l’hôpital avait pris la peine de lui faire un repas équilibré (ça devait lui changer, c’était certain) et adapté à ses besoins spécifiques. De plus, bien faits, les légumes pouvaient être délicieux. Certes, ce n’était pas le cas ici mais il ne fallait pas pousser non plus, il n’avait plus cinq ans.

« Une fois que tu auras fini ton assiette, je vais devoir te refaire une prise de sang. Il y a une incohérence dans tes résultats que je ne m’explique pas… puis on verra à réadapter ce traitement. Je crois que tes horaires décalés posent problème au niveau hormonal. Il faudrait voir à modifier les heures des prises. Tu fais attention à ce point ou tu le fais au coup par coup ?

Pour lui l’incident Salsifi était clos. Il avait donné un ordre, il allait être obéit, c’était normal et il pouvait passer à autre chose. Mais il savait également qu’avec Deneb, s’attendre à être obéit relevait du miracle. Et s’il était très croyant et savait que ceux-ci existaient, ce n’était pas dans son caractère d’être passif en espérant en être un jour témoin. L’intervention de Dieu se méritait.

« Ne fait pas l’enfant Gavroche. Mange tes machins. Il n’y a pas d’endives aujourd’hui et je n’ai pas toute la journée pour attendre que tu te décides. L’hôpital sait ce qu’il fait. S’il t’a donné des légumes c’était que tu avais besoin de légumes. »

Un sourire amusé. Les enfants de nos jours étaient vraiment mal élevés. Depuis quand refusait-on la bénédiction du Seigneur lorsqu’on avait la chance d’avoir quelque chose dans son assiette, hein. Si ce n’est pas bon, on se force et puis c’est tout. Pas de quoi en faire tout un plat.

»Où en étais-je ? Ah oui. J’ai besoin que tu répondes a quelques questions de routine. Est-ce que tu dors bien ? Pas de douleur dans le côté gauche ? Ni dans les bras ? Tu as fait des malaises récemment ? Tu te nourris correctement ? … Hum… cochons non à cette case, je doute que tu consommes assez de fibres. Peut-être devrais-je te garder une petite semaine avec un régime de légumineuses et de racines pour te redonner de l’appétit. Qu’en penses-tu le Gosse ? »


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 3:29, édité 1 fois
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Mar 21 Juil - 23:42

« Si tu as faim, mange. »

Oui dit comme ça la solution paraissait évidente. Deneb leva les yeux au plafond, l’air absolument désolé. Oui désolé pour cet homme trop terre à terre qu’était Faolàn. Tiens il y avait une fissure au plafond. On pourrait croire que finalement l’endroit n’est peut être pas immuable.
L’ordre s’était posé en douceur dans le silence de la pièce, c’était au tour de l’Irlandais de parler et puis Deneb était trop fatiguer pour se relancer dans des excentricités culinaires. Le médecin s’attendait à ête obéit comme à chaque fois qu’il annonçait quelque chose. Parce que chacun lui obéissait, oui, Faolàn s’attendait certainement à ce que Deneb mange ses salsifis. C’était mal le connaître ou être plus imbécile que croyant.
L’enfant sourit. Fuma silencieusement sa cigarette jusqu’au filtre. L’écrasa dans la cuillère retournée. Ceci fait il accorda enfin un peu d’attention aux récriminations bruyantes émisent par son abdomen, autrement dit : Il avait réellement faim. Saisissant fourchette et couteaux il mangea sans broncher et en écoutant son médecin. Tout fut découpé et ingurgité. Yaourt, fruit, viande et même le gâteau sec dans son emballage individuel. Tout fut découpé. Seul les salsifis restèrent dans l’assiette, bien visible et réduits en bouillie. Une bouillie froide et blanchâtre. Dégueulasse quoi. Avec calme et relevant enfin els yeux vers son médecin, Deneb repoussa les couverts sur le plateau repas encore occupé par l’ennemi.

Si Deneb n’avait montré aucune attention aux paroles de l’Irlandais aucune d’entre elles ne lui avait échappé. Il aurait droit à une énième prise de sang et à cette annonce il avait jeté un œil vers l’intérieur de son coude où s’étendait un bleu déjà trop imposant. Il y avait une incohérence dans son sang, pas impossible après tout il était défectueux depuis sa naissance alors bon. Non, ça n’avait certainement rien à voir avec son dernier écart. D’ailleurs si Faolàn avait vu le dit écart dans son sang il n’afficherait certainement pas cet air neutre. Non, parce qu’il pouvait être doté du plus mauvais caractère qui soit, cet Irlandais était tombé sous le charme. Alors non, le médecin n’avait certainement vu aucune trace de drogue dans le sang du jeune blond.
D’un geste nerveux Deneb passa une main dans ses cheveux. Vraiment il détestait ces journées où on l’examinait jusque derrière la peau.

« Les prises ? J’ai du oublier d’faire attention. »

Tu devrais plutôt dire que tu les prends comme des bonbons oui ! Sale bête. Et Deneb sait que ce n’est pas en jouant avec son traitement qu’il sera moins malade seulement voilà, il en à l’impression. Quand on est en sursit on se donne les illusions qu’on peut pour avancer.
Ne pas faire l’enfant. Gavroche ? Et bien d’accord, et depuis quand Deneb n’a plus le monopole des surnoms ? Il n’allait pas les manger ces salsifis même si l’hôpital estimait qu’il manquait de fibre. D’ailleurs de fibres il en mangeait, oui, il adorait les figues. C’est fibreux les figues non ? Si.

Den’ se laissa tomber sur ses oreillers et fixa le plafond alors que les questions reprenaient. Il répondit aussi neutralement qu’il est était capable. Identique à un masque de porcelaine donc. Impassible.


« Mon sommeil est médicalement homologué, bien c’est une autre histoire. Actuellement j’ai mal au bras gauche, mais j’imagine que c’est du aux innombrables aiguilles qui s’y invitent. » Il sourit moqueur, sans quitter le plafond des yeux. « Le dernier malaise que j’ai fait remonte à l’entrainement, t’es au courant donc. Jme nourri très bien et j’oubli jamais de me brosser les dents. »

Oui la dernière remarque n’était rien d’autre qu’une provocation. S’il se pliait aux exigences de son médecin il n’était pas question qu’il le fasse avec sérieux et attention.
Fallait-il qu’il évoque les bleus sur sa peau ? Non Faolàn ne les avait certainement pas laissé passé et puis ça devait être normal après tout, les entrainements pour devenir chasseurs n’était pas des simulations de combats.



« Peut-être devrais-je te garder une petite semaine avec une régime de légumineuses et de racines pour te redonner de l’appétit. Qu’en penses-tu le Gosse ? »


Impassibilité quand tu nous tiens. Un léger tic secoua la commissure gauche de ses lèvres, seul indice prouvant qu’il avait entendu. Ahah. C’est de l’humour d’outre-mer c’est ça l’idée ?

« Peut-être devrais-je te rendre visite pour te donner des leçon de français. Qu’en penses-tu Senior ? »

Faolàn, l'irlandais parlait très bien français, mais faisait des fautes de genre...Et le sarcasme résonnait dans la pièce alors que la neutralité de Deneb se fissurait pour laisser la place à un sourire mi-moqueur mi-amusé. On ne joue pas avec Deneb Peterson même quand on est l’un des meilleurs chasseurs de la fédé. Surtout quand Deneb à déjà prit place dans votre esprit.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Mar 28 Juil - 16:43

L’adolescent tout entier n’était que provocations. Lesquelles glissaient sur le médecin comme l’eau sur les écailles d’un saumon. Faolàn ne réagissait plus depuis longtemps à ces idioties. Il se disait même parfois que Ternoc avait eu bien de la patience envers lui quand ils étaient gamins. Un gosse qui ne dit que des bêtises, mettant sa santé en l’air juste par dégoût de l’autorité, c’était marrant à jouer mais beaucoup moins drôle à vivre.

C’est donc sans broncher qu’il attendit la fin de la cigarette, l’observa transformer quelque chose d’à peu près mangeable en une bouillie immonde que même le plus affamé des enfant du tiers monde refuserait. Mais Deneb finirait son assiette. Même s’il devait lui-même le gaver avec un entonnoir à oie. L’Irlandais, malgré les apparences, était un garçon de la campagne. A l’esprit très – trop diraient certain – pragmatique. Il avait l’habitude d’être obéit et de faire ce qu’il fallait pour ça.

Puis vinrent les questions. Le ton entre les deux hommes restait neutre, professionnel. Le plus aigre censeur n’aurait rien trouvé à y redire. Le contenu était déjà – du côté du garçon – plus tendancieux. Faolàn sentait l’agacement monter en lui et dut plus d’une fois recourir aux quelques trucs que ses années d’art martiaux lui avaient enseigné pour ne pas se laisser aller à sa nature violente. Ill’aimait. Même si ça lui arrachait la langue de se l’avouer, il était un peu comme un petit frère pour lui. Et le voir se détruire par bravache, refuser les miracles que Dieu lui offrait chaque jour, ça lui donnait envie de prendre le gosse et de l’attacher par les pieds au dessus de l’océan.


« Un jour tu oublieras de respirer et tu te sentira très bête lorsque tu te retrouveras à brûler pour la éternité. »

Froid et posé, comme toujours. Imperméable à la sensibilité d’autrui. Il disait toujours les faits tels qu’ils les voyaient sans envisager la possible existence d’une autre possibilité. Ses yeux clairs continuaient à examiner l’enfant. L’hématome sur la pliure de son coude (il faudrait réprimander l’infirmier incapable de faire attention), les traces de piqûres de son bras gauche, son teint si pâle et le bip bip étrange qui rythmait son corps.

« Je vois. Il va falloir que tu fasses plus attention tu sais. Je vais te donner des vitamines et des compléments alimentaires avec ton traitement alimentaire. Du magnésium aussi, je t’ai connu plus énergique. »

Si l’autre voulait des bonbons pour faire n’importe quoi, autant lui donner des trucs inefficaces, cela réduirait les risques d’overdose. Et puis avec de la chance (beaucoup de chance) Deneb les prendrait n’importe comment et ferait plus attention au traitement proprement dit.

« Je vais également renouveler ton (h)ordonnance. Une fois que tout cela pourra fait, tu sortir. A condition évidemment d’avoir terminé ta repas. »

« Peut-être devrais-je te rendre visite pour te donner des leçon de français. Qu’en penses-tu Senior ? »

Des leçons de français ? Des leçons ? A lui ? Il parlait très bien le français d’abord. Certes, il lui arrivait de faire des fautes – qui n’en fait pas – mais pour un étranger, il se débrouillait bien. Le jargon médical n’avait plus de secret pour lui. Et puis les gens civilisés parlaient l’anglais d’abord. Que l’Irlandais soit inutile, il pouvait à la rigueur l’accepter mais seulement à condition que le français ne servent pas plus. Quoique…si cela pouvait servir de monnaie d’échange…

« Inutile. Je sais déjà dire « Salsifi » je n’ai pas besoin d’en savoir plus pour le moment. »

Un sourire moqueur répondit à celui qui se dessinait déjà à moitié sur le visage de l’enfant. On ne provoque pas un Riagal. Sauf si on a envie de mourir. Et Deneb Peterson n’était pas un suicidaire. Il aimait juste le faire croire.


Dernière édition par Faolán Riagal le Sam 19 Déc - 3:30, édité 1 fois
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Deneb Peterson
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Sam 1 Aoû - 1:27

Un rire essoufflé et cristallin, s’échappait allègrement de la chambre de Deneb pour se glisser dans le couloir et étonner les infirmières en pause déjeuner. Ce rire provoqué par une remarque de l’Irlandais. Qu’est-ce qu’un médecin pouvait bien dire de si drôle ? Un rire malade, mais loin d’être plaintif. Tu te trompe Riagal, Deneb est on ne peut plus conscient du miracle qu’est chaque jour qui passe… Seulement tout est un jeu et c’est plus drôle ainsi.

« Je brûle déjà depuis longtemps tu sais. »

Et il savait. Le rire de Deneb se calma progressivement. Presque flippant ce gosse, trop contrasté pour paraitre saint d’esprit. Il lui aurait au moins fallut ça, à défaut d’être saint de corps. Den’ fixait Riagal qui l’examinait sans cesse, imperturbable, en bon médecin. Ces yeux trop clairs et trop déterminé qui ne laissait rien passer. Évidemment le médecin avait vu les multiples bleus sur le corps du jeune homme, il avait admit le rythme cardiaque décalé et la fatigue pourtant bien cachée.
Le novice se redressa doucement. Assis sur son lit il tendit les bras au dessus de sa tête ébouriffée et tira, s’étira au risque de faire tomber les capteurs sur son torse dénudé. Ces petites pastilles qui le reliaient aux moniteurs qui transmettaient à leur tour le bip bip version Peterson.


« Je vois. Il va falloir que tu fasses plus attention tu sais. Je vais te donner des vitamines et des compléments alimentaires avec ton traitement alimentaire. Du magnésium aussi, je t’ai connu plus énergique. »

« Oh tu sais cette fille. » Il fit un geste vague vers la porte. « Elle m’a juste épuisé avant ton arrivé, rien de grave. »

Le sourire moqueur du garçon ne laissait pas de doute sur la manière dont « elle » l’avait épuisé. Du moins sur ce qu’il prétendait. Les seuls efforts qu’il ferait ce jour consistent à courir sur un tapis et jouer à musclor. Gé-nial.
Malgré ses moqueries incessantes Deneb lâcha un sourire à l’Irlandais, un vrai. Celui qui veut dire merci. Il n’avait peut-être pas comprit pourquoi consommer les médicaments comme des bonbons aidait le gamin, mais il lui laissait la possibilité de le faire tout en le soignant…hm… En essayant du moins. Non. Le médecin était trop terre à terre pour comprendre ça. Trop pragmatique. Tant mieux, l’important était que Den’ ait ce qu’il voulait. On lui donnait de l’illusion et il prenait. Comme ses clients.


« Inutile. Je sais déjà dire « Salsifi » je n’ai pas besoin d’en savoir plus pour le moment. »

Un sourire ouvrit le visage de Den’. Il était drôle quand il voulait l’Irlandais.

« Bien joué. »

Assis face à son médecin et mentor Deneb avait les jambes étendues sous le drap de lin blanc, mauvais mélange de coton et de lin soit-dit en passant. Il examinait le visage de son interlocuteur comme celui-ci lisait les indications transmises par les écrans. Et dans sa tête la question. Avait-il vraiment envie de le soigner ? Comme le gamin avait eu une éducation hors standard il se permit la curiosité. Malpolie et gênante. Elle aurait au moins le mérité d’énerver un peu son mentor, virer le sujet Salsifis.
Oui, les jours d’examen faisaient partit de ces jours où Den’ était exécrable en plus d’être étrange.


« Tu t’acharne à me maintenir en vie. C’pour l’argent que j’vous donne ou par jeu ? »

Il lâcha le regard de Faolàn pour retrouver sa fissure et l’observer en tout bien tout honneur. Par jeu était plutôt à traduire dans le sens « par dévotion », « par envie », voir « acharnement ». Décidemment ces deux là n’étaient pas près de s’entendre. Si Den’ parlait de jeu c’est bien parce qu’il savait que pour l’Irlandais tout ça n’avait rien d’un jeu. Exécrable vous dis-je.

« Je sais bien que tu n’aime pas perdre. »
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Ven 28 Aoû - 10:43

Patience in all things. C’était ce que les prêtres et les sages n’arrêtaient de répéter à ceux qui voulaient atteindre un niveau supérieur. On voyait bien que ces idiots n’avaient pas eu un Deneb pour leur rire au nez lorsqu’on leur parlait d’enfer et autres atrocités. Le soupir du médecin se perdit dans l’essoufflement de son patient. Même pas trente ans et déjà incapable de rire. A ce rythme là, il ne resterait plus rien du gamin dans une dizaine d’années. Certes, son espérance de vie en tant que chasseur était encore moins élevée mais ce n’était pas une raison pour baisser les bras.

Si le gamin avait été un quidam comme les autres, Faolàn aurait de toute façon refusé de le soigner. Il était perdu pour la communauté, n’avait aucune pensée collective, se bourrait de bêtises, n’écoutait rien, se niquait les poumons pour se punir d’avoir un cœur défaillant, bref, il ne méritait ni son temps, ni l’équipement onéreux de l’hôpital. Wells en avait décidé autrement. En mettant cet idiot entre ses mains, il l’avait obligé à créer un lien. Ce n’était plus n’importe qui. C’était Gavroche. Et le gamin des rues n’avait pas le droit de se laisser mourir sur une barricade dont il ne connaissait pas la raison, narguant la mort comme un petit oiseau. Tant pis pour Voltaire, tant mieux pour Rousseau, le môme vivrait. A coup d’eau bénite et de pèlerinages à Lourdes s’il le fallait. Il se força à sourire.


« Je rajoute donc du viagra pour ton endurance et un anti-acide pour tes brûlures d’estomacs. Mais ceux-là devront être consommés avec modération, je t’en prescris pour une semaine, pas plus. Gagne ton paradis dans ce délai ou souffre. Ce ne sont pas mes agneaux. »

Des pilules bleues et des jaunes. Il allait avoir du mal à les trouver celles-là. Surtout que l’idiot n’était pas stupide et penserait peut-être à vérifier la forme des dits comprimés. Il n’allait évidement pas donner de vrai viagra à un cardiaque, ce serait du suicide, ni un anti-acide à un gamin qui avait tout sauf des symptômes gastriques. Seulement cela faisait partie du jeu. On ne devait pas voir ce qui le touchait ou pas. Qu’il réagisse à une seule blague touchant ses croyances et il perdrait tout. On était repartit sur les légumes.

« Merci. Maintenant mange et fait pas chier. »

Il désigna la bouillie blanche, froide et filandreuse du menton avant de laisser ses yeux s’égarer sur le moniteur. Il savait qu’il devait s’attendre à une riposte pas forcément loyale et le meilleur moyen de ne pas s’énerver était de se concentrer sur des faits. Les nombres et les courbes offraient le meilleur divertissement possible. Comme la télévision mais en mieux parce qu’il n’y avait pas d’imbéciles à l’intérieur pour essayer de vous lobotomiser. L’attaque réussit tout de même à le faire pâlir visiblement. Il cilla, réprimant une nouvelle attaque de violence. Comment…comment osait-il ? Il croyait peut-être que ça l’amusait de jouer les gardes malades ? Qu’il avait fait 10 ans d’études pour soigner quelque chose qui ne le pouvait pas ? Qu’il n’avait que ça à faire de perdre un temps précieux à le réparer ? C’était lui la pièce défectueuse, le déchet, le raté. Il allait falloir qu’on lui rappelle sa place et qu’on lui apprenne ce qu’était le respect. Il déglutit.

Parfois, il se dégoûtait lui-même. Ce genre de pensées n’était absolument pas les siennes. Il les refusait. Elles étaient un vestige de quelque chose de beaucoup plus profond qui n’avait rien à voir avec cet abrutit. Deneb provoquait. La seule chose intelligente à faire était de ne pas réagir. Ou en tout cas pas comme ça.


« C’est pour l’assurance vie. Plus tu restes vivant longtemps, plus je toucherais quand tu crèveras. »

Un sourire, une voix calme, posée, froide, tout était sous contrôle. Presque. Son poing partit sans qu’il ne s’en rende compte et entra droit dans l’écran du moniteur qu’il observait. Un peu de sang coula, presque rien. Une petite coupure sur le dos de la main.

Toujours apparemment tranquille, le médecin retira son bras et recula contre le mur pour laisser passer les deux infirmiers entrés en trombe. Ils essayèrent bien de lui poser des questions mais durent être retenus par le regard lointain du cardiologue. Il y avait des limites à ne pas franchir. Deneb les dépassait régulièrement et Faolàn n’arrivait pas toujours à se canaliser. Le plus souvent, c’était le matériel qui trinquait. Parfois cependant, il arrivait qu’un infirmier ne s’en sorte pas indemne. Il siffla.


« Hors de ma vue. »


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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Sam 29 Aoû - 12:21

L’irlandais ajouta deux autres médicaments pour la semaine. Entra dans le jeu du gamin pour faire passer l’information. Il arrivait à quoi ? Cinq paquets de gélules différents ? Plus ? La lassitude qui saisit le malade ne transparue pas une seconde sur ses traits. Pas le moindre signe d’agacement. Pourtant c’était exactement ce genre de moment qui rendait ces journées si pénibles. Se savoir en sursis n’est un jeu que tant qu’on est le seul à en mesurer la réalité. Deneb pouvait alors se leurrer en toute impunité, en avalant les médicaments comme des bonbons. En fumant comme un pompier. Les autres n’avaient pas besoin de savoir. Ça rendrait son illusion plus fragile.
Comme si Faolàn l’avait compris les médicaments étaient présentés avec de faux nom. De toute façon ils savaient tout deux que Deneb ne chercherait pas à savoir ce qu’il avalait. Il prendrait donc désormais un traitement à base de viagra et d’anti-acide. Pour un cardiaque, logique. S’il ne rit pas cette fois son sourire était clairement amusé. Viagra et anti-acide donc, il faudrait peut-être que Deneb pense à vérifier ce que l’irlandais lui donnait. Mourir certes, mais sans douleur. Le viagra le ferait certainement implosé. Vu comment le médecin manipulait les expressions française « ce ne sont pas mes agneaux ». Tsssk. Deneb le corrigea par automatisme. Agacer cet homme était un jeu auquel le gamin s’adonnait avec plaisir.


« Ce ne sont pas mes affaires. On dit. »

Le ton neutre. Pas une moquerie, pas un service non plus. Une constatation peut être. Faolàn est un homme fier, ça suffirait à l’ennuyer une seconde. Certes il fallait avouer que le médecin faisait preuve d’une patience exemplaire à l’égard de son patient et novice. Tout ça pour d’obscures raisons. Raisons qu’il voulait éclaircir.
D’abord le sujet « salsifis » . Deneb avait jeté un œil dédaigneux aux légumes réduits en bouille avant de provoquer son médecin. En toute objectivité il était conscient de faire un caprice. Il n’avait plus quatre ans que diable ! Il n’avait plus quatre ans, mais il ne voulait pas avaler ces choses blanchâtres et filandreuses. Des fibres c’est ça l’idée hein ? Idée stupide donc. Rejetée en toute puérilité. Et il avait réussit.

La provocation avait atteint son but. Il avait gagné. Je vous assure que les salsifis étaient désormais rayés des préoccupations irlandaises. L’énervement suintait doucement de son être alors qu’il fixait les divers écrans. Deneb, parfaitement calme, attendait que l’autre explose. Il comprit, grâce à l’habitude de l’observation, qu’il avait franchis les limites de Faolàn. De ce qu’il pouvait supporter. L’irlandais se maitrisait tout de même de manière remarquable, un instant il cilla ; blanchi ; rien de plus notable. Soit ils en restaient là, Deneb abdiquait et tout allait pour le mieux, soit Faolàn explosait maintenant.


« C’est pour l’assurance vie. Plus tu restes vivant longtemps, plus je toucherais quand tu crèveras. »

Sarcasme. Ils n’étaient pas dans les habitudes de l’irlandais. Il allait donc exploser ? Deneb ramena ses jambes vers lui. Désormais assis en tailleur il lui décocha un sourire. Ce sourire un peu las et terriblement attendrissant. L’air angélique, à son tour de se moquer. Encore. Toujours. Le ton neutre, le sourire aux lèvres. Il répondit :

« Pour l’argent donc. T’as bien raison. »

Le fracas du moniteur qui se brise ponctua sa phrase. Le contraste entre le calme apparent du médecin et son geste était saisissant. Un instant il surprit Deneb qui, pour une fois, resta bouche-bée. Ce n’était pourtant pas la première scène qu’ils vivaient ainsi. Deux infirmiers étaient déjà dans la pièce. Affolé. Qu’avait-il bien pu se passer ? Le médecin siffla. L’ordre ne souffrirait pas de refus. Les infirmiers le comprirent et s’empressèrent de s’occuper du moniteur grésillant. Deneb, lui, était parfaitement calme et d’une neutralité rare. Il prit le temps d’observer son mentor l’air las. Il nota son regard lointain et la coupure sanglante sur son poing.
Un sourire léger. Vainqueur ?
Un à un il détacha les capteurs de son torse nu. L’ordre, il le prenait pour lui. Il s’exécutait donc. Il enleva la perfusion lui-même et ne prit pas la peine de poser un coton au creux de son coude. Une goutte de sang y perlait déjà, heureusement il n’était pas hémophile. Une fois libéré des divers fils qui le reliaient à l’hôpital il se leva et prit les ordonnances rédigées par Faolàn. Se dirigea vers la porte de la chambre en passant devant le médecin. Il lui fallait récupérer ses vêtements. Il aurait du tenter des excuses, il avait besoin de ces journées d’examens. Il en avait besoin, certes, mais n’était-il pas déjà en sursis ? Qu’avait-il donc à perdre ?


« Merci pour les bonbons. »

Il secoua légèrement les ordonnances en direction de l’Irlandais. Deneb était déjà à la porte, une main sur la poigné il se retourna pour « réveiller » son médecin.

« Fao ? Tu saigne, c’est sale, va te soigner. »

La neutralité de son ton, la manière dont il avait formulé la phrase n’avaient rien d’engageant. Détrompez-vous pourtant, il n’y avait pas de mépris ou d’animosité dans cette dernière réplique. C’était une manière de se préoccuper du médecin. Attachement maladroit en quelque sorte.
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Faolán Riagal
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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Sam 5 Sep - 15:27

Vague après vague, la colère minait la surface calme du médecin. Chaque phrase de l’imbécile sur son lit de mort ajoutait de l’eau au moulin de la destruction et de la colère. Il essayait pourtant d’être un bon chrétien. Tendre l’autre joue, laisser passer les insultes comme la rivières sur les écailles d’un poisson, les prendre comme autant de compliments mais là, il n’y arrivait plus. La patience n’avait jamais été son fort, pas plus que la douceur et le self-contrôl. Il ne pensait plus. Chaque fibre de son corps tendu pour ne pas exploser.

Et finalement, cela ne suffit pas. Le bruit de verre brisé le ramena à peine à la raison. Il inspira profondément, vexé de ne pas avoir réussi à tenir toute la journée sans égorger un moniteur, impressionné par la force de sa propre haine. Il sentait ses émotions trembler en lui. Il avait envie de prendre les infirmiers et de les frapper jusqu’à ce qu’ils supplient de l’épargner. Il devenait sauvage, violent, destructeur. L’humain en lui détestait cela, repoussait cette force venue de l’aube des âges et qui l’habitait toujours malgré les siècles d’évolution. Il se contenta de siffler et ses victimes disparurent. Avec elles, un poids sur la poitrine du médecin.

La pièce n’était plus qu’une sorte de brume grise autour de lui et les mots de l’adolescent, toujours moqueur, un bruit désagréable dans son univers. Il paraissait calme mais intérieurement, il bouillonnait toujours. Il ne réagit pas en le voyant se lever, pas plus tandis qu’il prenait ses ordonnances et posait sa main sur la porte à moins d’une respiration de lui. Finalement, le merle cria son nom. Une lueur de conscience revint dans le cœur du médecin mais la phrase qui suivit réveilla sa colère. Il le saisit par le cou et le plaqua contre le mur aussi doucement qu’il lui était possible. Il savait que, l’implant aidant, il lui serait facile de lui briser la nuque au lieu de simplement gêner sa respiration. Il ne voulait pourtant pas le tuer. Au contraire.

D’un mouvement rapide du pied, il ramena vers lui le chariot de soins, prit une compresse pleine de désinfectant, nettoya la plaie de son bras et posa enfin un sparadrap. En moins de quelques secondes, il l’avait sauvé d’une quelconque infection. Il faut vraiment être idiot pour arracher ainsi une aiguille reliée à une veine sans prendre de précautions. Deneb aurait pu se vider de son sang avant d’avoir eu le temps de dire une bêtise (pourtant Dieu savait à quel point l’adolescent pouvait les enchaîner). Il dégluti à nouveau, refoulant la colère quelque part derrière son cœur. Il fallait qu’il se calme. Il devait se contrôler. Se montrer plus intelligent que la larve mourante qui pendait dans sa main droite.

Consciemment cette fois, bien que toujours violent, il relâcha la pression contre le mur et lança Gavroche au milieu de la pièce. Puis, sans regarder ce qu’il devenait, lui lança un simple mot.


« Mange »

Son regard, évocateur, tomba sur l’assiette de Salsifis qui n’avait absolument pas bougée. Il la fusilla du regard un moment puis, haussant les épaules, tourna le dos et sortit de la pièce, sans oublier de fermer la porte à clef. Une douche le ferait oublier ces bêtises. Ça et quelques heures de sport. On n’allait plus le laisser approcher de Deneb un moment de toute façon. Qu’il crève.


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MessageSujet: Re: Salsifis et encéphalogrammes [Fini]   Sam 19 Sep - 20:00

Brusquement sa main se décolla de la poigné. Les ordonnances s’échappèrent d’entre ses doigts. Deneb n’avait pas voulut les étouffer. Il les avait lâchées lorsque la main du médecin s’était abattue sur lui. Tout aussi brusquement il rencontra le mur. La poigne de l’irlandais était forte, une force probablement due à l’implant. Le malade ne résista pas, pas une seconde. Ce serait inutile et fatiguant. Il était déjà fatigué. Il s’entait presque les bleus s’étendre sur sa peau blafarde. Dans son dos qui avait heurté le mur, sous la main du médecin, dans son coude. Là où Riagal passait une compresse imbibée de désinfectant. Elle empestait, cette compresse.
Un sourire s’étendit paresseusement sur les lèvres, parfaites, de Deneb. Il savait que cette expression amusée allait déclencher de nouvelles vagues de colère chez l’irlandais. Il ne fit rien pour le réfréner. Rien du tout.

Etre au centre de l’attention, qu’on l’aime ou pas, c’était ça l’important. Ça qu’il aimait. Et il savait s’attirer l’attention. Il en faisait ce qu’il voulait ensuite. Ce n’était pas ça l’important.
Devant lui, Faolàn et le chariot de soin, aseptisé, les deux.
Avouons-le cet Irlandais se laisse facilement emporter. A moins que Deneb ne compte pour lui, rien ne justifiait qu’il réagisse si violemment à ses provocations. C’est ce sentiment qui faisait sourire le gamin. Sa respiration difficile n’avait aucune importance, pas plus que la douleur dans son dos. La sensation du sparadrap qui se colle à votre peau l’amusa encore un brin. Un instant. Le temps de se faire éjecter au milieu de la pièce.
Un ordre : Manger.

Deneb éclata de son rire étouffé rendu rauque suite à la pression sur sa gorge. Il fixait l’irlandais. L’observait le regard débordant d’un intérêt concret. Faolàn, lui, fusillait l’assiette du regard. Qui n’aurait pas tremblé devant cet homme ? Il était clairement dangereux et en colère. Quelle personne saine d’esprit aurait rit de la sorte ?
La porte claqua avalant le médecin, le bruit de la serrure qu’on verrouillait fit taire Deneb. On avait assez rit pour le moment. Inutile de feindre l’amusement. Inutile. D’ailleurs ça ne l’amusait plus. On ne laisserait probablement plus l’irlandais le soigner et ça si vous voulez son avis, c’était nul. Vraiment nul.
Il passa une main dans sa nuque endolorie et chancela un instant. Pas par faiblesse, il jouait, comme un enfant, à se balancer sur ses pieds. Tester son équilibre.

Récapitulons. Deneb était enfermé dans une chambre d’hôpital en compagnie d’une assiette de salsifis froid et décomposés et d’encéphalogrammes affolés. Il poussa un soupir. Il fallait sortir de cette pièce et ne pas changer de médecin. Il ramassa ses ordonnances abandonnées sur le carrelage froid.
Il n’allait pas frapper contre la porte close, ni s’époumoner pour qu’on lui ouvre. Il prit simplement le feutre abandonné (lui aussi) par son médecin, le paquet vide de compresses et écrit un sos l’air amusé. Certes il ne lui fallait pas grande chose pour rire, mais Deneb échappe à toute logique, ne l’oubliez pas.



« Laissez tomber les gars jvous ingérerais pas. Ja-mais. »


Une remarque pour meubler son silence clinique. Silence tout en bip en somme. Bip d’encéphalogrammes. Signaux sonores d’accord.
Contrairement à toute attente l’assiette ne répondit pas plus que les salsifis alors que Deneb glissait son « HELP » sous la porte.
Il faudrait qu’il aille vite s’entrainer pour que Faolàn voie les bleus sur son corps, qu’il regrette et qu’il s’en veuille. Se serait une bonne compensation. Oui c’est ce qu’il ferait.


[ zi end]
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